Surpris par le réchauffement climatique ! // Caught unaware by global warming !

Le réchauffement climatique peut avoir des conséquences inattendues. Le 29 décembre 2023, 122 pêcheurs ont dû être secourus sur une plaque de glace sur l’Upper Red Lake dans le Minnesota. Les pêcheurs se sont retrouvés bloqués dans la partie sud-est du lac lorsque la plaque de glace sur laquelle ils se trouvaient s’est détachée de celle accrochée au rivage et a commencé à dériver vers le large.. Une zone de 10 mètres d’eau libre a alors séparé les pêcheurs sur la plaque de glace du reste du groupe sur la terre ferme.
Avant l’arrivée des secours, des passants ont tenté de sauver les naufragés à l’aide d’un canot, ce qui a entraîné quatre personnes dans l’eau glacée. Elles ont été rapidement ramenées sur la terre ferme et gardées au chaud dans un abri de pêche. Les sauveteurs ont atteint le groupe en détresse le soir avec des bateaux et des aéroglisseurs. Aucun blessé n’a été signalé, y compris parmi les quatre personnes tombées à l’eau.
La veille de la mésaventure, le service des Ressources naturelles du Minnesota avait publié un communiqué de presse mettant en garde contre les mauvaises conditions de la glace dans tout l’État en raison d’un temps anormalement chaud pour la saison. Au moment de l’accident, la température de l’air était de 1°C.
Source  : médias d’information américains.

Photo: C. Grandpey

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Global warming can have unexpected consequences. On December 29th, 2023, 122 anglers had to be rescued from an ice floe on the Upper Red Lake in Minnesota. The anglers were stranded in a southeastern lake area after a sheet of floating ice detached from the main shoreline. 10 meters of open water separated the stranded group from dry land after the floe broke off.

Before emergency responders arrived, bystanders attempted a rescue with a canoe, resulting in four individuals falling into the freezing water. They were quickly pulled back on to the ice floe and kept warm in a fishing shelter.

Rescuers using boats and hovercraft reached the group in the evening. There were no reported injuries, including among the four individuals who fell from the canoe into the water.

The day before the incident, the Minnesota Department of Natural Resources had shared a news release warning of poor ice conditions across the state due to unseasonably warm weather. When the incident took place, air temperature was 1°C.

Source : US news media.

Groenland : Les Inuits face aux réchauffement climatique // Greenland : Inuits and global warming

Avec une hausse des températures plus rapide qu’ailleurs sur Terre, la calotte glaciaire arctique fond à une vitesse incroyable et les populations indigènes du Groenland sont confrontées à de nombreux problèmes.
Dans le village d’Ittoqqortoormiit, qui abrite l’une des dernières communautés de chasseurs inuits du Scoresby Sound, les 350 habitants se demandent où ils trouveront de l’eau. La calotte glaciaire du Groenland contient un douzième de l’eau douce de la planète, ce qui serait suffisant pour faire monter le niveau de la mer de sept mètres si elle venait à fondre. Malgré cela, le réchauffement climatique menace l’approvisionnement en eau du village.
Des hivers froids, une glace solide et une neige abondante sont indispensables pour assurer la nourriture et l’approvisionnement en eau des Inuits de Scoresby Sound qui vivent en relation étroite avec la Nature. Aujourd’hui, les températures dans l’Arctique augmentent jusqu’à quatre fois plus vite qu’ailleurs dans le monde.
Jusqu’à présent, les habitants d’Ittoqqortoormiit tiraient leur eau douce d’une rivière alimentée par un glacier qui fond rapidement et qui n’existera plus dans quelques années. À l’avenir, les Inuits devront probablement puiser l’eau potable dans l’océan. D’autres communautés isolées du Groenland se tournent déjà vers le dessalement de l’eau de mer.
Le Scoresby Sound, où se trouve Ittoqqortoormiit, n’est libre de glace que pendant un mois par an et les habitants dépendent de la viande apportée par les chasseurs pour survivre à la longue nuit polaire. Les navires d’approvisionnement ne jettent l’ancre à Ittoqqortoormiit qu’une fois par an en raison du danger causé par les énormes icebergs dans le fjord. C’est pourquoi le village dépend essentiellement de la viande apportée par les chasseurs.
La hausse des températures fragilise la glace, et la chasse traditionnelle au phoque, qui consiste à traquer leurs trous de respiration sur la glace, est devenue plus difficile et plus dangereuse. La faible quantité de neige rend également difficile l’utilisation des traîneaux à chiens dont dépendent les chasseurs.
Les humains ne sont pas les seuls à être confrontés à des défis. La disparition de la glace de mer pousse de plus en plus les ours polaires affamés à chercher de la nourriture dans le village. Les gens doivent donc être prudents.
Avec les montagnes voisines en toile de fond, les glaciers qui avancent dans la mer dans les territoires de chasse des Inuits sont essentiels à l’écosystème, mais il est à craindre que leur recul appauvrisse l’écosystème du Scoresby Sound. En effet, avec leur eau de fonte froide, les glaciers qui viennent vêler dans la mer déclenchent des remontées d’eaux riches en nutriments. Le problème, c’est qu’à mesure que les glaciers fondent, ils reculent vers l’intérieur des terres et l’écosystème perd ces nutriments qui alimentent le plancton qui nourrit la morue polaire, qui à son tour nourrit le phoque et l’ours dont dépendent les Inuits d’Ittoqqortoormiit.
Avec la hausse des températures et le retrait des glaciers, il y a moins de morues polaires dans la région. Cela signifie que la chaîne alimentaire sera bientôt rompue et qu’il n’y aura plus de nourriture pour les phoques, puis pour les ours polaires. La disparition de la morue polaire, et avec elle celle des phoques et des ours, pourrait avoir des conséquences catastrophiques pour la population locale qui dépend de ces espèces pour se nourrir grâce à la pêche et la chasse. Un mode de vie unique pourrait disparaître.
Les dernières études scientifiques donnent des résultats pessimistes quant à l’avenir des glaciers de la région. Dans le fjord qui se réchauffe, une teinte rougeâtre est apparue sur la glace ; elle a été baptisée « neige de sang ». (voir ma note du 21 juin 2021 à ce sujet). Le problème est que ce pigment rouge diminue la réflectivité de la neige et accélère sa fonte. Les chercheurs affirment que la « neige de sang » est responsable de 12 % de la fonte annuelle de la calotte glaciaire du Groenland, soit l’équivalent de 32 milliards de tonnes de glace.
Alors que les algues ont tendance à se propager, les scientifiques expliquent que nous serons pris dans un cercle vicieux également appelé « boucle de rétroaction » : la hausse des températures accélère la fonte de la glace et favorise la croissance des algues qui, à son tour, accélère encore davantage la fonte de la glace.
Source : médias d’information internationaux.

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With temperatures rising faster than anywhere else on Earth, the Arctic ice sheet is melting at an incredible speed and the native populations of Greenland are confronted with numerous problems.

In the village of Ittoqqortoormiit — home to one of the last Inuit hunting communities on the Scoresby Sound – the 350 residents worry where they will get water. Greenland’s ice sheets are said to hold one 12th of the world’s fresh water — enough to raise the sea level up seven metres if they were to melt — but global warming is already threatening the village’s watersupply.

Cold winters, robust ice and snow are vital for both food and water for the Inuit of the Scoresby Sound, who live deeply intertwined with the natural world. But temperatures in the Arctic are rising up to four times faster than the global average.

Up to now, the residents of Ittoqqortoormiit got their fresh water from a river fed by a glacier that is melting fast and that will no longer exist in a few years. In the future, the Inuits will probably have to get drinking water from the ocean. Other isolated Greenland communities are already turning to desalination.

The Scoresby Sound where Ittoqqortoormiit is located is only free of ice for a month a year, with the locals within it relying on the meat provided by the hunters to survive the long polar night. Cargo ships only get to Ittoqqortoormiit only once a year because of the danger caused by the huge icebergs in the fjord. This is why the village mainly depends on the meat brought by the hunters.

But as rising temperatures weaken the ice, traditional seal hunting by stalking their breathing holes on the ice has become more difficult and dangerous for the local hunters. Less snow also makes it difficult for the dog sleds the hunters rely on.

It is not only humans who are facing challenges. The weakening sea ice is also increasingly pushing hungry polar bears to search for food within the village, so people need to be careful.

Framed by nearby mountains, the blue walls of glaciers that rise from the sea in the Inuit hunting grounds are vital to the ecosystem. It is feared that the receding glaciers will make the Scoresby Sound a less rich ecosystem. Indeed, glaciers that terminate in the sea trigger « upwelling » which pushes the nutrient-rich water from the bottom of the fjord upwards with their cold meltwater. But as the glaciers melt, they recede inland and the ecosystem loses these nutrients for the plankton that feed the polar cod, which in turn feed the seal and bear that the Inuit of Ittoqqortoormiit rely on.

With the rising temperatures and the retreat of the glaciers, there is less polar cod in the area. This means the food chain will soon be broken with no more food for the seals and then the polar bears. The potential collapse of polar cod could have catastrophic consequences for the local population that relies on both for their food from hunting. A unique way of life might disappear.

New research gives pessimistic results about the future of the glaciers. In the warming fjord, a reddish hue is spreading across the ice ; it has been dubbed « blood snow ». (see my post of 21 June 2021 about this topic). The problem is that this red pigment lowers the reflectivity of the snow and speeds up its melting. Researchers say that the « blood snow » is responsible for 12 percent of the total annual surface melt of the Greenland ice sheet, the equivalent of 32 billion tons of ice.

With the algae seemingly spreading, scientists say we will be caught in a vicious circle also called a « feedback loop » : rising temperatures speed glacier melting and promote the growth of the algae,which further accelerates the melting.

Source : international news media.

La flèche rouge sur la carte montre l’emplacement du village de Ittoqqortoormiit

Le village d’Ittoqqortoormiit en août 2007. (Crédit photo :Hannes Grobe / Wikipedia)

La plus vieille glace du monde // The oldest ice in the world

Quand on parle de vieille glace, on pense généralement à l’Arctique ou à l’Antarctique. Cependant, une étude récente montre que la glace la plus ancienne sur Terre se trouve probablement en Afrique du Sud. Des preuves du plus ancien glacier du monde se cachent près des champs aurifères de ce pays. Les chercheurs des universités de l’Oregon et de Johannesburg parlent de sédiments glaciaires remontant à 2,9 milliards d’années, dans un article publié le 13 juin 2023 dans la revue Geochemical Perspectives Letters.
Pour leur étude, les scientifiques ont foré des gisements de schiste et analysé des échantillons de carottes provenant de sites dans le nord-est de l’Afrique du Sud. Ils font partie du supergroupe de Pongola, une épaisse succession de roches volcaniques et sédimentaires qui se sont formées à l’ère mésoarchéenne, il y a 3,2 milliards à 2,8 milliards d’années.
Dans le passé, d’autres chercheurs avaient découvert des échantillons laissant supposer une glaciation ancienne dans cette région. Cependant, les preuves avaient été vivement débattues.
Pour effectuer leur étude, les scientifiques américains et sud-africains ont recueilli des échantillons de roches sédimentaires sur le terrain du craton de Kaapvaal, un ancien ensemble rocheux situé dans la région sud-est de l’Afrique du Sud qui contient des dépôts du supergroupe de Pongola. Ils ont également analysé des échantillons de carottes de la même région, aimablement fournis par la société minière AngloGold-Ashanti. Dans ces échantillons, les chercheurs ont découvert les plus anciennes moraines glaciaires connues au monde. Selon l’étude, ce sont « essentiellement les débris laissés par un glacier lorsqu’il fond et se contracte progressivement.  »
Pour déterminer les conditions climatiques présentes au moment de la formation des sédiments, les scientifiques ont utilisé une technique appelée ‘triple analyse isotopique de l’oxygène’, grâce à laquelle ils ont mesuré trois isotopes de l’oxygène présents dans les sédiments. Ils ont constaté que le niveau de certains isotopes dans les échantillons correspondait à ceux présents dans une période glaciaire.
La présence de ce matériau glaciaire pourrait offrir des indices sur le climat et la géographie de la Terre au cours de la période en question. Selon une théorie, cette région de l’Afrique du Sud pourrait avoir été proche de l’un des pôles il y a 2,9 milliards d’années. Une autre possibilité est que la Terre entière se trouvait dans une période de « boule de neige », lorsque de faibles concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre – dioxyde de carbone et méthane – ont entraîné un « effet de serre inversé », provoquant le gel d’une grande partie de la planète. Si c’est le cas, ce serait la première période de refroidissement enregistrée sur Terre.
Source : Live Science via Yahoo News.

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When we talk about old ice, we usualy think about Arctic or Antarctica. However, a recent study thends to shw that Earth’s oldest ice lies in South Africa. Evidence of the world’s oldest glacier is hiding near South Africa’s gold fields. The researchers from the Universities of Oregon and Johannesburg explain that glacial sediments date back 2.9 billion years, in a paper published on June 13th, 2023 in the journal Geochemical Perspectives Letters.

For their study, the scientists unearthed shale deposits and analyzed core samples from field sites in northeastern South Africa that are part of the Pongola Supergroup, a thick succession of volcanic and sedimentary rocks that formed in the Mesoarchaean era, 3.2 billion to 2.8 billion years ago.

In the past, other researchers had uncovered some physical samples that suggested ancient glaciation in this region. However, evidence of glaciation during this era billions of years ago was hotly debated.

To investigate, the American and South African scientists gathered sedimentary rock samples in the field from the Kaapvaal Craton, an ancient rock body located in the southeastern region of South Africa that contains deposits from the Pongola Supergroup. They also analyzed core samples from the same region that were contributed by the AngloGold-Ashanti mining company. Within these samples, the researchers discovered the world’s oldest known glacial moraines, which are « basically the debris left by a glacier as it gradually melts and contracts, » according to the study.

To determine the climatic conditions present at the time the sediments formed, the scientists used a technique called triple oxygen isotope analysis, in which they measured three isotopes of oxygen present in the sediment. They found that the level of certain isotopes in their samples matched those common in an icy climate.

The presence of this glacial material could offer clues into Earth’s climate and geography during the time period. One theory is that this area of South Africa may have been close to one of the poles 2.9 billion years ago. Another possibility is that the whole Earth was in a ‘snowball Earth’ period, when low atmospheric concentrations of greenhouse gases carbon dioxide and methane led to a ‘reverse greenhouse effect,’ causing much of the planet to freeze. If so, this would be the earliest such global cooling period recorded.

Source : Live Science through Yahoo News.

Photo: C. Grandpey

L’agitation de l’Askja (Islande) [suite] // Unrest at Askja Volcano (Iceland) [continued]

Dans une note publiée le 12 février 2023, j’indiquais que des images satellites de l’Askja montrent des trous dus à la fonte de la glace à la surface de l’Oskjuvatn ; ils sont plus grands que les années précédentes. Les scientifiques ont déclaré que les trous ne peuvent s’expliquer que par une augmentation de l’activité hydrothermale dans le lac.
Des scientifiques de l’Université d’Islande ont survolé l’Askja à bord d’un avion de la Garde côtière le 16 février et ont pu observer la fonte anormalement rapide de la glace sur Öskjuvatn. D’habitude, l’eau est gelée jusqu’en avril. Une image satellite du 13 février (voir ci-dessous) montre que la neige a fondu sur les pentes à l’est d’Öskjuvatn. La glace a également fondu sur la moitié du lac, qui couvre une superficie de 1 100 hectares.
Les scientifiques sont convaincus que la fonte de la glace est causée par la chaleur due à l’activité hydrothermale. Ils attendent maintenant les résultats des instruments qui étaient à bord de l’avion de la Garde côtière, tels que les données radar et de température. L’équipe scientifique a largué un appareil GPS, une balise et un thermomètre depuis l’avion dans l’Öskjuvatn. Comme je l’ai déjà écrit, la terre s’est élevée de 50 centimètres depuis août 2021 et une chambre magmatique s’est formée sous le volcan. Des chercheurs de l’Université de Cambridge pensent qu’il y a au moins dix kilomètres cubes de magma sous le volcan
Les volcanologues islandais ne s’attendent pas à une éruption à court terme, mais reconnaissent leur incapacité à prévoir un tel événement. Ils pensent qu’ils en verront les signes annonciateurs sur les sismomètres du MET Office quelques heures ou quelques jours avant qu’il se produise.
Les touristes ne visitent pas l’Askja à cette période de l’année. Il faudra intensifier la surveillance du volcan lorsque le printemps arrivera et les touristes aussi.
Source : Iceland Review.

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In a post published on February 12th, 2023, I indicated that a series of satellite images of Askja showed large thaw holes in the ice on Oskjuvatn, as compared to previous years. Scientists then said that the holes were big and could only be explained by increased geothermal heat in the water.

University of Iceland scientists flew a Coast Guard plane over Askja on February 16th and could observe the unusually quick melting of ice on Öskjuvatn. The water is normally frozen until April. A satellite image from February 13th (see below) shows that snow had melted on the slopes east of Öskjuvatn. Ice had also melted from half of the lake, which covers an area of 1,100 hectares.

Scientists are convinced that the melting is caused by geothermal heat. They are now waiting for the results from instruments on board the Coast Guard plane, such as radar and temperature data. The team also dropped a GPS device, a buoy, and a thermometer from the plane into Öskjuvatn lake. As I put it before, the land has risen by a total of 50 centimetres since August 2021, and a magma chamber has formed underneath. Researchers at Cambridge University assume that there are at least ten cubic kilometres of magma beneath the volcano

Icelanding volcanologists do not expect an eruption in the short term, but they don’t know for sure. They think they will see the signs of an eruption on the seismometers at the MET Office some hours or days before it happens.

Tourists are not visiting the Askja volcano at this time of year. It will be necessary to monitor conditions closely when spring comes and tourists arrive.

Source : Iceland Review.

 

Image satellite des zones de fonte dans l’Oskjuvatn le 13 février 2023 (Source : Iceland Review)