Attention ! Un supervolcan peut rester dangereux pendant des milliers d’années // Warning : a supervolcano can stay dangerous for thousands of years

Une nouvelle étude menée par une équipe scientifique internationale incluant des chercheurs issus de l’université australienne Curtin, de l’université d’État de l’Oregon, de l’université de Heidelberg et de l’Agence géologique d’Indonésie vient de révéler que la super-éruption du Toba, survenue il y a 74 000 ans, n’a pas marqué la fin de sa dangerosité. Le magma sous la caldeira a continué de provoquer des éruptions pendant des milliers d’années, même après que certaines parties du système se soient refroidies pour former de la roche solide.

Les chercheurs ont étudié le comportement de ce système volcanique après l’éruption dite du « Youngest Toba Tuff » (tuf du Jeune Toba). Cet événement a expulsé au moins 2 800 kilomètres cubes de magma rhyolitique. Il s’agissait donc bien d’une super-éruption. Rappelons qu’une éruption mérite le qualificatif de « super-éruption » — et le volcan celui de « supervolcan » — lorsqu’elle expulse plus de 1 000 kilomètres cubes de matériaux. À ce titre, elle est classée au niveau 8 (le maximum) sur l’indice d’explosivité volcanique (Volcanic Explosivity Index – VEI).
Les travaux des chercheurs se sont concentrés sur le phénomène de résurgence, qui survient lorsqu’une caldeira commence à se réajuster après son effondrement lors d’une éruption majeure. Dans le cas du Toba, ce processus de rétablissement a inclus un soulèvement du sol et une reprise de l’activité volcanique bien après la fin de l’éruption principale.

 Crédit photo : Wikipedia

Les grandes caldeiras, comme celles du Toba et de Yellowstone, peuvent rester instables après leurs éruptions les plus puissantes. Des émissions de gaz, des séismes, des modifications structurelles et des éruptions de moindre ampleur peuvent se poursuivre à mesure que le système se rééquilibre. Pour le Toba, l’équipe scientifique a étudié trois dômes de lave formés après l’éruption principale, en s’appuyant sur deux « horloges naturelles » préservées dans les minéraux volcaniques : l’argon présent dans le feldspath et l’hélium dans le zircon sont piégés à des températures différentes, ce qui a permis aux chercheurs de reconstituer le processus de refroidissement des roches.

 Carte de la caldeira de Toba montrant les dômes de lave formés après l’éruption du « Youngest Toba Tuff ». (Crédit : Martin Danišík et al., Nature – Earth and Environmental Sciences)

Les échantillons issus de l’éruption du « Youngest Toba Tuff » ont révélé des âges concordants – environ 74 000 ans – selon les méthodes de datation argon et zircon-hélium. Cette concordance correspond au refroidissement rapide attendu après une éruption cataclysmale.
Les dômes de lave plus récents ont révélé une histoire différente. Les datations zircon-hélium ont situé ces éruptions il y a environ 70 000, 67 100 et 61 800 ans. En revanche, les âges obtenus par la méthode argon sur le feldspath sont restés proches de ceux de l’éruption principale.
D’une manière globale, le laps de temps séparant l’éruption principale des éruptions ultérieures des dômes a été estimé entre 4 600 et 13 600 ans environ. Les modèles thermiques ont permis d’estimer des durées maximales de stockage pré-éruptif d’environ 4 500 et 7 400 ans pour les deux dômes de Samosir, et de 12 700 ans pour le dôme de Pardepur.
La modélisation indique que le matériau à l’intérieur des dômes a séjourné pendant de longues périodes à des températures comprises approximativement entre 300 et 425 °C, avec une fourchette plus large allant d’environ 280 à 500 °C. À ces températures, une grande partie du matériau se trouvait en dessous du solidus, le seuil à partir duquel la roche fond suffisamment pour se comporter comme du magma. Le matériau échantillonné au niveau des dômes plus tardifs était donc en grande partie solide et ne peut normalement pas être émis lors d’une éruption
Les chercheurs estiment que l’immense réservoir de Toba présentait une grande hétérogénéité thermique. Un cœur plus chaud a pu coexister avec une zone périphérique plus froide, où des matériaux riches en cristaux s’étaient suffisamment refroidis pour retenir l’argon.
Les dômes formés après l’éruption du Toba étaient minuscules comparés à la super-éruption elle-même. À eux deux, les dômes de Samosir représentaient moins d’un kilomètre cube de matériau, soit environ 0,04 % des 2 800 kilomètres cubes éjectés lors de l’épisode du « Youngest Toba Tuff. ».
La chronologie de la formation de ces dômes permet également de préciser le moment où a débuté la résurgence du Toba. Deux dômes de Samosir sont entrés en éruption plusieurs milliers d’années après la super-éruption, durant une période où le soulèvement du sol a remodelé le plancher de la caldeira. Les preuves géologiques indiquent que ce soulèvement s’est poursuivi pendant une durée comprise entre 36 000 et 42 000 ans au minimum.

Les résultats de cette étude remettent en question une approche courante de l’évaluation des risques volcaniques, qui privilégie largement la détection de magma liquide sous un volcan. Ils démontrent qu’il faut désormais envisager la possibilité d’éruptions même en l’absence de magma liquide décelable sous l’édifice volcanique.
Cela ne signifie pas pour autant que tout réservoir magmatique solidifié est prêt à entrer en éruption. Les travaux menés sur le Toba révèlent plutôt que les systèmes de caldeira pérennes peuvent demeurer mécaniquement actifs alors même que les différentes zones de leurs réservoirs magmatiques présentent des températures très disparates.

Cette découverte élargit l’éventail des signaux que les scientifiques doivent prendre en compte pour contrôler les super volcans potentiellement actifs. Outre la recherche de roches en fusion, des phénomènes tels que le soulèvement structurel, les mouvements de failles et le comportement des vestiges solidifiés peuvent s’avérer déterminants.
Si une super-éruption peut avoir des répercussions à l’échelle régionale comme mondiale et nécessiter des décennies, voire des siècles, pour un retour à la normale, cette étude montre que le danger ne s’éteint pas avec l’éruption elle-même : la menace de risques ultérieurs persiste pendant des milliers d’années. Le cas du Toba illustre que la période suivant une super-éruption peut durer bien plus longtemps que l’éruption qui en est à l’origine.
Bien qu’exceptionnellement rares, les super-éruptions peuvent engendrer des conséquences bien au-delà du site éruptif, notamment des retombées de cendres à grande échelle et des perturbations climatiques à l’échelle mondiale.
Source : Yahoo Actualités.

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A new study by an international team os scientists from Curtin University, Oregon State University, Heidelberg University and the Geological Agency of Indonesia has just revealed that Toba’s 74,000-year-old super-eruption did not mark the end of its danger. Magma beneath the Indonesian caldera remained capable of driving eruptions for thousands of years, even after parts of the system had cooled into solid rock.

The researchers examined how the giant volcanic system behaved after the Youngest Toba Tuff eruption. That event expelled at least 2,800 cubic kilometers of rhyolite magma. This was indeed a super eruption. It is useful to remind people that an eruption deserves to be called a ‘super eruption’ and a volcano a ‘super volcano’ when it expels more than 1,000 cubic meters of material. As such, it is classified 8 (the maximum) on the Volcano Explosivity Index (VEI).

The researchers work focused on resurgence, when a collapsed caldera begins adjusting after a major eruption. At Toba, that recovery included uplift and renewed volcanic activity long after the main eruption ended.

Large calderas such as Toba and Yellowstone can remain restless after their biggest eruptions. Gas emissions, earthquakes, structural changes and smaller eruptions can continue as the system readjusts. At Toba, the scientific team investigated three post-eruption lava domes using two natural clocks preserved in volcanic minerals. Argon in feldspar and helium in zircon become trapped at different temperatures, allowing researchers to reconstruct how the rocks cooled.

The Youngest Toba Tuff samples gave matching argon and zircon-helium ages near 74,000 years. That agreement fits the rapid cooling expected after a catastrophic eruption.

The younger lava domes told a different story. Zircon-helium ages placed eruptions at about 70,000, 67,100 and 61,800 years ago. Their feldspar argon ages remained close to the age of the main eruption.

Globally, the delays between the main eruption and later dome eruptions were estimated at about 4,600 to 13,600 years. Thermal models allowed maximum pre-eruptive storage periods of about 4,500 and 7,400 years for the two Samosir domes, and 12,700 years for the Pardepur dome.

The modelling indicated that the dome material spent long periods at roughly 300 to 425 degrees Celsius, with broader possible limits between about 280 and 500 degrees. At those temperatures, much of the material would have been below the solidus, the point at which rock becomes sufficiently molten to behave as magma. The material sampled by the later domes was therefore largely solid and would normally be considered non-eruptible.

The researchers argue that the enormous Toba reservoir was thermally uneven. A warmer interior could exist alongside a colder outer area where crystal-rich material had cooled enough to retain argon.

The post-Toba domes were tiny compared with the super-eruption. The Samosir domes together represented less than one cubic kilometer of material, about 0.04 percent of the 2,800 cubic kilometers expelled during the Youngest Toba Tuff event.

The timing of the domes also helps define when Toba’s resurgence began. Two Samosir domes erupted several thousand years after the super-eruption, during a period when uplift was reshaping the caldera floor. Geological evidence indicates that uplift continued for at least 36,000 to 42,000 years.

The results of the study challenge a common approach to volcanic hazard assessment that places heavy emphasis on detecting liquid magma beneath a volcano. This shows that we must now consider that eruptions can occur even if no liquid magma is found underneath a volcano.

That does not mean every solidified volcanic reservoir is ready to erupt. The Toba work instead shows that long-lived caldera systems can remain mechanically active while different parts of their magma reservoirs exist at very different temperatures.

For monitoring active supervolcanoes, that widens the range of signals scientists may need to consider. Structural uplift, fault movement and the behavior of solidified remnants may matter alongside searches for molten rock.

While a super-eruption can be regionally and globally impactful and recovery may take decades or even centuries, the results of the study show the hazard is not over with the super-eruption and the threat of further hazards exists for many thousands of years after. Toba shows that a supervolcano’s aftermath can last far longer than the eruption that created it.

Supereruptions are exceptionally rare but can have consequences extending far beyond the eruption site, including widespread ashfall and global climate disruption.

Source : Yahoo News.

Tunnel en Islande : le projet suit son cours // Tunnel in Iceland: the project is progressing

Dans une note publiée le 24 mars 2026, j’évoquais un projet de tunnel reliant l’Islande continentale aux îles Vestmann. Aujourd’hui, le projet progresse et des forages sont sur le point de commencer dans les îles Vestmann pour une durée d’environ un mois, afin de prélever des carottes de sédiments et de les analyser. Ensuite, la foreuse sera déplacée à Landeyjasandur, sur l’Islande continentale, pour y effectuer des prélèvements semblables.
On estime que les travaux de forage dureront environ deux mois. Par la suite, un navire équipé d’un sonar sera utilisé pour mesurer l’épaisseur des couches géologiques sous le plancher océanique entre le continent et les îles. À partir des résultats de ces trois séries de mesures, une étude de faisabilité du projet de tunnel sera réalisée. Elle devrait être finalisée d’ici la fin de l’année.
Source : Iceland Monitor.

Landeyjasandur, près de la ferme de Kross, sera le point de départ du tunnel en Islande continentale

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In a post relaesed on 24 March 2026, I told about a tunnel project to connect mainland Iceland and the Westmann Islands. Today, the project is moving forward and drilling is about to srart in the Westman Islands for about a month in order to collect core samples and analyze them. After that, the drill will be moved to Landeyjasandur on mainland Iceland so as to take samples there.

It is estimated that the drilling work will take about two months. After that, a vessel equipped with a sonar device will be used to measure the depth of geological layers beneath the seabed between the mainland and the islands. Using the results from these three sets of measurements, a feasibility report on the tunnel project will be prepared. It is expected to be ready by the end of the year.

Source : Iceland Monitor.

Le Groenland hier, la Terre demain // Yesterday’s Greenland, tomorrow’s Earth

On sait depuis longtemps qu’il y a environ 400 000 ans, une grande partie du Groenland était dépourvue de glace. La toundra baignait dans la lumière du soleil sur les hautes terres du nord-ouest de l’île. On sait aussi qu’une forêt d’épicéas, bourdonnant d’insectes, couvrait la partie sud du Groenland. Le niveau de la mer dans le monde était alors beaucoup plus élevé qu’aujourd’hui, entre 6 et 12 mètres au-dessus du niveau actuel. Des terres qui abritent aujourd’hui des centaines de millions de personnes étaient sous l’eau.
Les scientifiques savaient depuis un certain temps que la calotte glaciaire du Groenland avait pratiquement disparu à un moment donné au cours du dernier million d’années, mais ils ne savaient pas précisément quand. Dans une nouvelle étude publiée dans la revue Science, des scientifiques des universités du Vermont et de l’Utah ont déterminé cette date en analysant des carottes de sol gelé extraites d’une section d’un kilomètre d’épaisseur de la calotte glaciaire du Groenland.
L’histoire commence en juillet 1966 quand des scientifiques américains et des ingénieurs de l’armée américaine ont réussi, au bout de 6 années d’efforts, à forer la calotte glaciaire du Groenland. Le forage a eu lieu à Camp Century, une base militaire dans le nord-ouest du pays, dotée d’une série de tunnels creusés dans la calotte glaciaire. Le site de forage se trouvait à 220 km de la côte et reposait sur 1370 mètres de glace. Une fois atteint le soubassement rocheux, l’équipe a continué à forer 3,60 mètres supplémentaires.
En 1969, le travail d’un géophysicien sur la carotte de glace de Camp Century a montré pour la première fois que le climat de la Terre avait radicalement changé au cours des 125 000 dernières années. Des périodes glaciaires froides prolongées avaient alterné avec des périodes interglaciaires chaudes, avec fonte de la glace et hausse du niveau de la mer, et inondations de zones côtières dans le monde entier.
Pendant près de 30 ans, les scientifiques ont prêté peu d’attention aux 3,60 mètres de sol gelé de Camp Century. Une étude avait analysé les galets dans la carotte pour comprendre le substrat rocheux sous la calotte glaciaire. Une autre avait montré que le sol gelé conservait la preuve d’une époque plus chaude qu’aujourd’hui. Toutefois, sans aucun moyen de dater ces matériaux, peu de gens ont prêté attention à ces études.

Dans les années 1990, la carotte de sol gelé prélevée à Camp Century a disparu.
Il y a quelques années, des scientifiques danois l’ont retrouvée au fond d’un congélateur de Copenhague. Ils ont alors formé une équipe internationale pour analyser cette archive climatique unique.

Dans la partie supérieure de l’échantillon, les chercheurs ont trouvé des plantes fossilisées parfaitement préservées, preuve irréfutable que la terre en dessous de Camp Century, avait été libre de glace à une certaine époque, mais on ne savait pas quand.
Avec des échantillons prélevés au centre de la carotte de sédiments et analysés dans l’obscurité afin que le matériau conserve une mémoire précise de sa dernière exposition au soleil, les observations ont révélé que la calotte glaciaire couvrant le nord-ouest du Groenland – elle fait près de 1,6 km d’épaisseur aujourd’hui – avait disparu pendant la période chaude connue des climatologues sous le nom de Marine Isotope Stage 11, ou MIS 11, il y a entre 424 000 et 374 000 ans.
Pour déterminer plus précisément quand la calotte glaciaire avait fondu, l’un des chercheurs a utilisé la datation par luminescence. Au fil du temps, les minéraux accumulent de l’énergie lorsque des éléments radioactifs comme l’uranium, le thorium et le potassium se désintègrent et libèrent des radiations. Plus le sédiment est enfoui longtemps, plus le rayonnement s’accumule sous forme d’électrons piégés. Dans le laboratoire, les instruments mesurent de minuscules particules d’énergie, libérés sous forme de lumière par ces minéraux. Ce signal peut être utilisé pour calculer combien de temps les grains ont été enterrés puisque la dernière exposition au soleil aurait libéré l’énergie piégée.
Les modèles de calotte glaciaire obtenus grâce à ces expériences montrent que la calotte glaciaire du Groenland a probablement rétréci considérablement à cette époque. Au minimum, les scientifiques pensent que la bordure de glace s’est retirée de dizaines à centaines de kilomètres autour d’une grande partie de l’île au cours de cette période. L’eau de fonte a fait s’élever le niveau de la mer dans le monde d’au moins 1,50 mètre et peut-être même 6 mètres par rapport à aujourd’hui.

L’ancien sol gelé sous la calotte glaciaire du Groenland donne de bonnes indications sur les problèmes qui nous attendent. Pendant l’interglaciaire MIS 11, la Terre était chaude et les calottes glaciaires se limitaient aux hautes latitudes, un peu comme aujourd’hui. Le niveau de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère est resté entre 265 et 280 parties par million (ppm) pendant environ 30 000 ans. Le MIS 11 a duré plus longtemps que la plupart des interglaciaires en raison de l’impact de la forme de l’orbite terrestre autour du soleil et son effet sur le rayonnement solaire atteignant l’Arctique. Au cours de ces 30 millénaires, le niveau de dioxyde de carbone a provoqué un réchauffement suffisant pour faire fondre une grande partie de la glace du Groenland.
Aujourd’hui, notre atmosphère contient 1,5 fois plus de dioxyde de carbone qu’au MIS 11, soit environ 420 parties par million, une concentration qui augmente chaque année. Le dioxyde de carbone emprisonne la chaleur et réchauffe la planète. Une trop grande quantité dans l’atmosphère augmente la température globale, comme on peut le constater actuellement.
Au cours de la dernière décennie, alors que les émissions de gaz à effet de serre continuaient d’augmenter, nous avons connu les huit années les plus chaudes jamais enregistrées. Juillet 2023 a vu la semaine la plus chaude jamais enregistrée. Une telle chaleur fait fondre les calottes glaciaires et réduit l’albédo, la faculté de la glace à réfléchir la lumière du soleil.
Comme je l’ai écrit dans des notes précédentes, même si nous arrêtions soudainement de brûler des combustibles fossiles, le niveau de dioxyde de carbone dans l’atmosphère resterait élevé pendant des siècles, voire des millénaires. En effet, il faut beaucoup de temps au dioxyde de carbone pour être absorbé par les sols, les plantes, l’océan et les roches. Nous créons des conditions propices à une très longue période de chaleur, tout comme lors du MIS 11.
Nos efforts pour réduire les émissions de carbone et séquestrer le carbone qui est déjà dans l’atmosphère augmenteront les chances de survie d’une plus grande partie de la glace du Groenland. Si nous ne faisons pas ces efforts, nous serons confrontés à un monde qui pourrait ressembler beaucoup au MIS 11, ou même être plus extrême : une Terre chaude, des calottes glaciaires qui disparaissent, le niveau de la mer qui monte et des vagues qui viennent déferler sur Miami, Mumbai et Venise.
Source : The Conversation, Yahoo Actualités,

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It has been known for quite a long time that about 400,000 years ago, large parts of Greenland were ice-free. The tundra basked in the Sun’s rays on the island’s northwest highlands. Evidence suggests that a forest of spruce trees, buzzing with insects, covered the southern part of Greenland. Global sea level was much higher then, between 6 and 12 meters above today’s levels. Around the world, land that today is home to hundreds of millions of people was under water.

Scientists have known for some time that the Greenland ice sheet had mostly disappeared at some point in the past million years, but not precisely when. In a new study in the journal Science, scientists from the Vermont and Utah universities determined the date, using frozen soil extracted from beneath a one kilometer-thick section of the Greenland ice sheet.

In July 1966, American scientists and U.S. Army engineers completed a six-year effort to drill through the Greenland ice sheet. The drilling took place at Camp Century, a military base in the northwestern part of the country, made up of a series of tunnels dug into the Greenland ice sheet. The drill site was 220 km from the coast and underlain by 1370 meters of ice. Once they reached the bottom of the ice, the team kept drilling 3.6 more meters into the frozen, rocky soil below.

In 1969, a geophysicist’s analysis of the ice core from Camp Century revealed for the first time the details of how Earth’s climate had changed dramatically over the last 125,000 years. Extended cold glacial periods when the ice expanded quickly gave way to warm interglacial periods when the ice melted and sea level rose, flooding coastal areas around the world.

For nearly 30 years, scientists paid little attention to the 3.6 meters of frozen soil from Camp Century. One study analyzed the pebbles to understand the bedrock beneath the ice sheet. Another suggested that the frozen soil preserved evidence of a time warmer than today. But with no way to date the material, few people paid attention to these studies. By the 1990s, the frozen soil core had vanished.

Several years ago, Danish scientists found the lost soil buried deep in a Copenhagen freezer, and they formed an international team to analyze this unique frozen climate archive. In the uppermost sample, they found perfectly preserved fossil plants, proof positive that the land far below Camp Century had been ice-free some time in the past, but when?

Using samples cut from the center of the sediment core and analyzed in the dark so that the material retained an accurate memory of its last exposure to sunlight, observations revealed that the ice sheet covering northwest Greenland – nearly 1.6 km thick today – vanished during the extended natural warm period known to climate scientists as Marine Isotope Stage 11, or MIS 11, between 424,000 and 374,000 years ago.

To determine more precisely when the ice sheet melted away, one of the researchers used a technique known as luminescence dating. Over time, minerals accumulate energy as radioactive elements like uranium, thorium, and potassium decay and release radiation. The longer the sediment is buried, the more radiation accumulates as trapped electrons. In the lab, specialized instruments measure tiny bits of energy, released as light from those minerals. That signal can be used to calculate how long the grains were buried, since the last exposure to sunlight would have released the trapped energy.

The ice sheet models obtained through the experiments show that Greenland’s ice sheet must have shrunk significantly then. At minimum, the edge of the ice retreated tens to hundreds of kilometers around much of the island during that period. Water from that melting ice raised global sea level at least 1.50 meters and perhaps as much as 6 meters compared to today.

The ancient frozen soil from beneath Greenland’s ice sheet warns of trouble ahead. During the MIS 11 interglacial, Earth was warm and ice sheets were restricted to the high latitudes, a lot like today. Carbon dioxide levels in the atmosphere remained between 265 and 280 parts per million for about 30,000 years. MIS 11 lasted longer than most interglacials because of the impact of the shape of Earth’s orbit around the sun on solar radiation reaching the Arctic. Over these 30 millennia, that level of carbon dioxide triggered enough warming to melt much of the Greenland’s ice.

Today, our atmosphere contains 1.5 times more carbon dioxide than it did at MIS 11, around 420 parts per million, a concentration that has risen each year. Carbon dioxide traps heat, warming the planet. Too much of it in the atmosphere raises the global temperature, as the world is seeing now.

Over the past decade, as greenhouse gas emissions continued to rise, humans experienced the eight warmest years on record. July 2023 saw the hottest week on record, based on preliminary data. Such heat melts ice sheets, and the loss of ice further warms the planet as dark rock soaks up sunlight that bright white ice and snow once reflected.

As I put it in previous posts, even if everyone stopped burning fossil fuels tomorrow, carbon dioxide levels in the atmosphere would remain elevated for hundreds and even thousands of years. Indeed, it takes a long time for carbon dioxide to move into soils, plants, the ocean and rocks. We are creating conditions conducive to a very long period of warmth, just like MIS 11.

Everything we can do to reduce carbon emissions and sequester carbon that is already in the atmosphere will increase the chances that more of Greenland’s ice survives. The alternative is a world that could look a lot like MIS 11, or even more extreme: a warm Earth, shrinking ice sheets, rising sea level, and waves rolling over Miami, Mumbai and Venice.

Source : The Conversation, Yahoo News,

 

Evolution des concentrations de CO2, avec leur accélération au cours des dernières décennies.

La calotte glaciaire du Groenland réussira-t-elle à survivre aux assauts du réchauffement climatique ? (Photo : C. Grandpey)

La plus vieille glace du monde // The oldest ice in the world

Quand on parle de vieille glace, on pense généralement à l’Arctique ou à l’Antarctique. Cependant, une étude récente montre que la glace la plus ancienne sur Terre se trouve probablement en Afrique du Sud. Des preuves du plus ancien glacier du monde se cachent près des champs aurifères de ce pays. Les chercheurs des universités de l’Oregon et de Johannesburg parlent de sédiments glaciaires remontant à 2,9 milliards d’années, dans un article publié le 13 juin 2023 dans la revue Geochemical Perspectives Letters.
Pour leur étude, les scientifiques ont foré des gisements de schiste et analysé des échantillons de carottes provenant de sites dans le nord-est de l’Afrique du Sud. Ils font partie du supergroupe de Pongola, une épaisse succession de roches volcaniques et sédimentaires qui se sont formées à l’ère mésoarchéenne, il y a 3,2 milliards à 2,8 milliards d’années.
Dans le passé, d’autres chercheurs avaient découvert des échantillons laissant supposer une glaciation ancienne dans cette région. Cependant, les preuves avaient été vivement débattues.
Pour effectuer leur étude, les scientifiques américains et sud-africains ont recueilli des échantillons de roches sédimentaires sur le terrain du craton de Kaapvaal, un ancien ensemble rocheux situé dans la région sud-est de l’Afrique du Sud qui contient des dépôts du supergroupe de Pongola. Ils ont également analysé des échantillons de carottes de la même région, aimablement fournis par la société minière AngloGold-Ashanti. Dans ces échantillons, les chercheurs ont découvert les plus anciennes moraines glaciaires connues au monde. Selon l’étude, ce sont « essentiellement les débris laissés par un glacier lorsqu’il fond et se contracte progressivement.  »
Pour déterminer les conditions climatiques présentes au moment de la formation des sédiments, les scientifiques ont utilisé une technique appelée ‘triple analyse isotopique de l’oxygène’, grâce à laquelle ils ont mesuré trois isotopes de l’oxygène présents dans les sédiments. Ils ont constaté que le niveau de certains isotopes dans les échantillons correspondait à ceux présents dans une période glaciaire.
La présence de ce matériau glaciaire pourrait offrir des indices sur le climat et la géographie de la Terre au cours de la période en question. Selon une théorie, cette région de l’Afrique du Sud pourrait avoir été proche de l’un des pôles il y a 2,9 milliards d’années. Une autre possibilité est que la Terre entière se trouvait dans une période de « boule de neige », lorsque de faibles concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre – dioxyde de carbone et méthane – ont entraîné un « effet de serre inversé », provoquant le gel d’une grande partie de la planète. Si c’est le cas, ce serait la première période de refroidissement enregistrée sur Terre.
Source : Live Science via Yahoo News.

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When we talk about old ice, we usualy think about Arctic or Antarctica. However, a recent study thends to shw that Earth’s oldest ice lies in South Africa. Evidence of the world’s oldest glacier is hiding near South Africa’s gold fields. The researchers from the Universities of Oregon and Johannesburg explain that glacial sediments date back 2.9 billion years, in a paper published on June 13th, 2023 in the journal Geochemical Perspectives Letters.

For their study, the scientists unearthed shale deposits and analyzed core samples from field sites in northeastern South Africa that are part of the Pongola Supergroup, a thick succession of volcanic and sedimentary rocks that formed in the Mesoarchaean era, 3.2 billion to 2.8 billion years ago.

In the past, other researchers had uncovered some physical samples that suggested ancient glaciation in this region. However, evidence of glaciation during this era billions of years ago was hotly debated.

To investigate, the American and South African scientists gathered sedimentary rock samples in the field from the Kaapvaal Craton, an ancient rock body located in the southeastern region of South Africa that contains deposits from the Pongola Supergroup. They also analyzed core samples from the same region that were contributed by the AngloGold-Ashanti mining company. Within these samples, the researchers discovered the world’s oldest known glacial moraines, which are « basically the debris left by a glacier as it gradually melts and contracts, » according to the study.

To determine the climatic conditions present at the time the sediments formed, the scientists used a technique called triple oxygen isotope analysis, in which they measured three isotopes of oxygen present in the sediment. They found that the level of certain isotopes in their samples matched those common in an icy climate.

The presence of this glacial material could offer clues into Earth’s climate and geography during the time period. One theory is that this area of South Africa may have been close to one of the poles 2.9 billion years ago. Another possibility is that the whole Earth was in a ‘snowball Earth’ period, when low atmospheric concentrations of greenhouse gases carbon dioxide and methane led to a ‘reverse greenhouse effect,’ causing much of the planet to freeze. If so, this would be the earliest such global cooling period recorded.

Source : Live Science through Yahoo News.

Photo: C. Grandpey