Exercice d’évacuation en cas d’éruption du Mont Fuji (Japon) // Mount Fuji eruption drill (Japan)

drapeau francaisPrès de 4000 personnes ont participé dimanche dernier à un exercice d’évacuation de grande envergure destiné à tester la réaction de la population à une possible éruption du Mont Fuji, quelques semaines après l’éruption du Mont Ontake qui a tué au moins 56 randonneurs.
Le Mont Fuji (3776 m.), à 100 kilomètres à l’ouest de Tokyo, a connu sa dernière éruption en 1707 mais les géologues l’ont inclus dans la liste des 47 volcans japonais censés entrer en éruption dans le siècle à venir.
Quelques 3900 habitants de 26 villes et villages dans les trois préfectures situées autour du volcan ont pris part à l’exercice. Ainsi, dans la ville de Gotemba, environ 800 personnes ont utilisé leurs propres véhicules et emprunté des routes prévues pour une évacuation car il y a très peu de transports en commun dans la localité. Les personnes âgées ayant besoin de soins ont été transférés par bus. Les pompiers, les policiers et soldats ont recherché les personnes qui ne pourraient pas être évacuées dans les délais.
L’exercice d’évacuation était prévu depuis trois ans mais l’éruption du Mont Ontake a obligé à l’effectuer avec encore plus de sérieux. Les autorités avaient imaginé que l’éruption avait lieu à une altitude d’environ 2000 mètres à 11 heures du matin, avec des nuages de cendre et de gaz montant à 20 km de hauteur, et des coulées de lave en provenance des cratères.
Dans les trois préfectures (Shizuoka, Yamanashi et Kanagawa), 470 000 personnes seraient obligées de quitter leurs habitations en raison de la cendre volcanique si le Mont Fuji connaissait une éruption semblable à celle prévue dans l’exercice. Les importants volumes de lave obligeraient 689 000 personnes à chercher refuge et les coulées couperaient les artères principales du pays, comme les voies ferrées à grande vitesse et les autoroutes le long de la côte Pacifique.
Source: Presse japonaise.

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drapeau anglaisNearly 4,000 people took part last Sunday in a mass evacuation drill to test responses to a possible eruption of Mount Fuji, weeks after nearby Mount Ontake erupted and killed at least 56 hikers.

Mount Fuji (3,776 m.), 100 kilometres west of Tokyo, last erupted in 1707 but geologists have included it as one of 47 volcanoes in the country believed to be at risk of eruption in the coming century.

Some 3,900 residents in 26 cities, towns and villages in three prefectures around the volcano took part in the drill. In the city of Gotemba, about 800 people used their own cars to evacuate along designated routes because public transportation is scarce there. Elderly people in need of care were moved by bus. Firefighters, police and troops searched for people who could not evacuate in time.

The Fuji drill had been planned for three years but, because of the Ontake eruption, it was conducted in a serious atmosphere. It was based on the scenario that an eruption occurred at a height of about 2,000 metres at 11 am with ash and smoke soaring 20 kilometres and lava flowing from craters.

In the three prefectures (Shizuoka, Yamanashi and Kanagawa),  470,000 people would be forced to evacuate due to volcanic ash in the event that Mount Fuji erupted on a scale similar to that envisaged in the exercise. Large amounts of lava would require 689,000 people to seek refuge and cut off the nation’s major arteries, such as a high-speed railway and an expressway, along the Pacific seaboard.

Source : Japanese newspapers.

Fuji-blog

(Crédit photo:  Wikipedia)

Philippines: Le Mayon se fait attendre ! // Philippines: Mayon volcano keeps people waiting !

drapeau francaisSelon le PHILVOCS, « les observations visuelles et aériennes ont permis d’observer une petite coulée de lave qui avance sur environ 350 mètres, lentement mais sûrement, dans la partie orientale de la ravine de Bonga, sur le flanc SE du Mayon. Le petit nombre de séismes d’origine volcanique et d’éboulements au cours des derniers jours laisse supposer que la lave avance en suivant un processus de lente extrusion du cratère. Le Mayon montre toujours des signes d’éruption imminente car la zone autour du cratère continue de se déformer, ce qui indique une accumulation constante de magma. L’édifice reste gonflé par rapport aux mesures de référence ». L’inflation atteint 17 mm depuis la mis septembre, avec une augmentation de 4,2 mm pour la seule semaine écoulée.  L’éruption de 2009 a débuté quand le gonflement avait atteint 20 millimètres. En revanche, les émissions de SO2 ne sont pas très élevées et restent en deçà des mesures de référence pour le Mayon (500 m3 par jour).

Le niveau d’alerte est maintenu à 3 depuis le 15 septembre. Pour mémoire, il a fallu 149 jours en 2001 et 24 jours en 2009 pour que le PHILVOCS fasse passer le niveau d’alerte de 3 à 4.

Environ 63 000 personnes, se trouvent actuellement dans 44 centres d’évacuation à l’intérieur de la province d’Albay. Cela fait près d’un mois que les autorités ont ordonné  une évacuation massive dans les zones proches de la base du volcan. Les personnes qui ont été évacuées vivent loin de leurs foyers. Certaines n’ont pas pu retourner dans leurs fermes et la plupart ont dû entasser leur bétail loin des zones de pâturage. Beaucoup de personnes évacuées sont confrontées à des problèmes de santé dus au manque de place et à la promiscuité dans les centres d’hébergement. Combien de temps ces familles vont-elles rester dans les centres d’évacuation? Personne ne le sait. L’histoire est toujours la même quand un volcan montre des signes de réveil dans cette partie du monde. Le passé montre que ces volcans peuvent être destructeurs et tuer des milliers de personnes. Notre incapacité à prévoir les éruptions empêche les autorités locales de faire des plans. Elles préfèrent loger les gens dans des lieux sûrs loin du volcan plutôt que mettre en danger la vie de ces personnes, même si le séjour dans les centres d’évacuation pendant une longue période fait apparaître bien d’autres problèmes.

Sources: PHILVOCS & presse philippine.

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drapeau anglaisAccording to PHILVOCS, « visual and aerial observations found a short and stubby lava flow approximately 350metres in length, slowly and quietly flowing down the eastern side of Bonga Gully along the southeast slope of Mayon Volcano. The small number of volcanic earthquakes and rockfall events for the past few days suggest a sluggish movement of the lava flow, and slow extrusion of lava from the crater. Mt. Mayon continues to show signs of imminent eruption as the area around the crater continues to deform, indicating a steady build-up of magma. The edifice remains inflated compared to baseline measurements.” Inflation has been measured at 17 mm since mid September, with 4.2 mm during the past week alone. Mayon’s 2009 eruption began when its inflation reached at least 20 millimeters. SO2 emissions are not very high at the moment, lower than the baseline of 500 tons a day for this volcano.

The alert level has been kept at 3 since September 15th. It took PHILVOCS 149 days and 24 days to raise Mayon’s alert level from 3 to 4 in the 2001 and 2009 eruptions.

Around 63,000 persons are currently staying in 44 evacuation centres around the Albay province and it has been nearly a month since authorities ordered massive evacuation in the areas close to the base of the volcano.

The persons who have been evacuated are living away from their homes. Some were unable to venture to their farms and most had to cram livestock in areas far from grazing areas. Worse, many have been encountering health problems due to the cramped condition at the evacuations centres.

How long will these families stay in the evacuation centres? Nobody knows. Our inability to predict eruptions prevents local authorities from making any plans. The story is always the same when a volcano shows signs of unrest in that part of the world. The past history often shows that these volcanoes can be destructive and kill thousands of people. Authorities had rather keep people in safe places away from the volcano than put people’s lives at risk, even if staying in evacuation centres for a long time gives birth to other problems.

Sources: PHILVOCS and Philippine newspapaers.

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(Crédit photo:  Wikipedia)

Kilauea (Hawaii / Etats Unis): La lave menace Kaohe // Lava has become a threat to Kaohe

drapeau francaisLe HVO prévoit de faire passer le niveau d’alerte concernant la coulée du 27 juin de « vigilance » à « alerte » car la lave pourrait atteindre Kahoe d’ici une semaine. Jim Kauahikaua, responsable de l’Observatoire, a déclaré mardi à une foule de plus de 100 personnes rassemblée à Pahoa que la lave atteindra probablement ce secteur mercredi ou jeudi. Le changement du niveau d’alerte pourrait aussi entraîner une demande d’évacuation de Kaohe qui est à environ 2 km du front de coulée. La Protection Civile prévoit de promulguer l’avis d’évacuation au moins cinq jours avant que la lave atteingne la localité.
Lors de la réunion, certaines personnes ont suggéré de dévier la coulée. Ce n’est pas envisagé car une telle initiative pourrait menacer une autre communauté autrement épargnée par la lave. Il y a aussi des préoccupations culturelles à prendre en compte. Les tentatives visant à bloquer la coulée de 1960 à Kapoho ont échoué.
Les responsables de la Protection Civile viendront frapper aux portes des habitations de Kaohe mercredi pour informer les habitants de la situation et savoir combien d’abris temporaires seront nécessaires. Des efforts sont également en cours pour déplacer le bétail et d’autres animaux.
Sources: HVO & Hawaii Tribune Herald.

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drapeau anglaisThe Hawaiian Volcano Observatory plans to soon increase the lava threat level from a watch to a warning as a lava flow could be a week away from reaching Kaohe Homesteads. Jim Kauahikaua, HVO scientist-in-charge, told a crowd of over 100 people at Pahoa on Tuesday evening the change will likely occur either Wednesday or Thursday. The threat level change also could prompt an evacuation request for Kaohe, which is about 2 km from the flow. Civil Defense plans to provide an evacuation notice at least five days before lava hits the community.
During the meeting, a couple people asked about diverting the flow. It is not being considered since such actions may threaten another community. There are also cultural concerns to consider. Attempts to block the 1960 flow from Kapoho failed.
Civil Defense will be knocking on doors in Kaohe on Wednesday to inform residents of the situation and find out how many need temporary shelter. Efforts are also underway to relocate livestock and other animals.
Sources: HVO & Hawaii Tribune Herald.

Réduction du risque volcanique en Indonésie // Reducing the volcanic risk in Indonesia

drapeau francaisL’activité du Merapi signalée ces derniers jours remet à l’ordre du jour la politique de gestion des risques en Indonésie. L’évacuation des millions d’Indonésiens qui vivent près des nombreux volcans actifs du pays est un véritable défi quand se produit une éruption à grande échelle. Le Merapi, le Sinabung ou le Kelut sont de bons exemples de ce problème. Il est souvent très difficile de dissuader les paysans de quitter leurs fermes car ils se réfèrent à des systèmes d’alerte ou des croyances qui sont incompatibles avec les données scientifiques.

Les villageois ont leurs propres systèmes d’alerte qui s’appuient sur la tradition et les indices naturels et ils ne font guère confiance aux données scientifiques. Beaucoup d’habitants près du Merapi sont persuadés que des entités surnaturelles – ou «créatures» – vivent au sommet du volcan et contrôlent son comportement. D’autres pratiquent des rituels tels que l’enfouissement d’une tête de buffle près du sommet. Quand les gens meurent,  il se dit souvent que ce sont les «créatures» qui les ont emportés, ou qu’ils sont morts parce qu’ils n’ont pas suivi les règles ou les tabous nécessaires pour rendre les « créatures » heureuses.
Les signes éruptifs pris en compte localement comprennent « les panaches de fumée  » qui s’échappent du cratère sommital, les petits tremblements de terre, la fuite des singes qui dévalent les collines, ainsi que les orages causés par l’émission de cendre dans l’atmosphère. Les volcanologues disent que ces signes ne représentent qu’une partie de ceux que les gens devraient prendre au sérieux pour leur sécurité. En 2006, bien que les autorités aient demandé aux habitants du village de Nargomulyio, situé à moins de 5 km de Merapi, de partir parce que le volcan avait atteint le niveau d’alerte 5, ils ont refusé, invoquant l’absence de signaux qui leur étaient familiers.

Le bétail constitue un autre obstacle à l’évacuation. Il  est, pour de nombreux agriculteurs, la seule richesse à côté de leur terre et de leur maison. La vache représente souvent tout leur compte en banque ; la mort de cette vache signifierait la perte de tout leur revenu. Alors que les villageois savent avec une totale certitude que, s’ils évacuent, leur terre ne sera pas cultivée et leur vache ne sera pas nourrie, la date et l’importance de l’éruption restent une incertitude, de sorte que les gens sont souvent prêts à prendre ce risque.
Lors de la dernière éruption du Merapi en 2010, les villageois, après avoir quitté leurs fermes, sont souvent revenus furtivement visiter leurs exploitations tandis que l’éruption continuait, pour nourrir les vaches tout en mettant leur vie en danger.
Depuis 2010, afin de répondre à ce dilemme, le gouvernement a intégré l’évacuation du bétail dans les plans d’urgence de plusieurs districts. Les vaches sont transportées par camion en même temps que les gens. Cependant, le défi est de trouver un centre d’évacuation approprié pour le bétail avec des abris disposant de nourriture et d’eau, et que les familles puissent contrôler en toute sécurité, sans risquer leur vie.

Un autre obstacle à l’évacuation est le pouvoir des chefs locaux, comme le « gardien» du volcan. En 2010, certaines communautés autour du Merapi faisaient totalement confiance à Mbah Maridjan qui a refusé de partir après le début de l’éruption, disant qu’il préférait « mourir sur le volcan », et il a incité des dizaines d’autres personnes à faire de même. Mbah Maridjan est mort mais, heureusement, il avait conseillé aux villageois d’obéir aux ordres d’évacuation des autorités, de sorte que le nombre de décès fut moins élevé.
Le gouvernement tente de lutter contre cette influence des chefs locaux en créant des « héros du volcan », des leaders dont la position sociale peut influencer le comportement de la communauté. Bas Surono, responsable du centre de gestion des catastrophes, est devenu l’un de ces héros influents. Il diffuse des informations à la télévision et à la radio et atteint ainsi environ 70 millions de téléspectateurs et d’internautes en Indonésie. Il semble que Surono fasse un bon travail et qu’il ait acquis une certaine influence au sein de la population.
Source : IRIN (Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires)

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drapeau anglaisThe eruptive activity of Mount Merapi during the past days sheds light on the importance of risk management in Indonesia. Evacuating the millions of Indonesians who live near the country’s 130 active volcanoes is a real challenge when a large-scale eruption occurs. Merapi, Sinabung or Kelut are good examples of this difficulty. It is often very hard to deter the villagers from evacuating their farms.

Communities have their own early warning systems based on tradition and natural signs, and they are reluctant to believe scientific monitoring. Many villagers near Merapi believe supernatural entities – or “creatures” – live at the summit of the volcano and control its behaviour. Other residents conduct rituals such as burying a severed buffalo head near the summit. When people die, it is often said that the “creatures” took them, or that it was because they didn’t follow the rules or taboos required to make the “creatures” happy.
As far as the indigenous warning signs are concerned, they include: “Smoke plumes” from the summit crater, small earthquakes, the descent of monkeys from the hills, and lightning storms caused by the emission of ash into the atmosphere. Experts say these represent only some of the signals people need to take seriously in order to stay safe. In 2006, although government officials had warned residents of Nargomulyio village, less than 5 km from Merapi, to evacuate because the volcano had reached the Level 5 alert, they refused to leave, citing the lack of signals they were familiar with.

Another obstacle to the evacuations lies with the livestock which is for many farmers their sole asset with their land and home. The cow is often their entire bank account; if that cow starves to death their entire income is lost. While villagers know with 100 percent certainty that if they evacuate, their land will not be farmed and the cow will not be fed, when and to what extent the volcano will erupt is uncertain, so people are often willing to take that risk.
During the last eruption of Mount Merapi in 2010, farmers, after evacuating, often sneaked back to their farms while the eruption continued, to feed cows, putting their lives at risk.
Since 2010, in order to address this dilemma, the government has incorporated the evacuation of livestock into the contingency plans of several districts. Cows are transported by truck at the same time as people. However, the challenge is finding a suitable evacuation centre for the livestock with shelters that have food and water, and that families can safely check on them without risking their lives.

Another obstacle to the evacuation is the power of local community leaders such as the « gatekeeper” of the volcano.  In 2010, some communities around Mount Merapi had strong faith in Mbah Maridjan who refused to evacuate after the eruption, saying he preferred to “die on the volcano”, and influenced dozens of others to do the same. Mbah Maridjan died but fortunately he had advised the villagers to obey the authorities’ orders to evacuate so that the number of deaths was less high.
The government is trying to combat this influence of local community leaders by creating “volcano heroes” – leaders whose social position can influence community behaviour. Bas Surono, Head of the Volcanology and Geological Disaster Mitigation Centre is becoming one such influential hero. He spreads information on TV and radio, and the reach is good, with roughly 70 million TV and Internet users in Indonesia. It looks as if Surono is doing well and that he has become fairly influential among the population.

Source: IRIN (UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs).

Panache-Semeru

Photo:  C.  Grandpey