Nouveau paroxysme de l’Etna ! // Mt Etna’s new paroxysm !

Comme on pouvait s’y attendre, un nouveau paroxysme a été observé sur l’Etna dans la matinée du 19 février 2021. L’événement ayant eu lieu de jour, il a forcément été moins spectaculaire que les deux précédents.

Tout a commencé sur le coup de 10 heures (heure locale) avec une hausse du tremor et l’apparition d’une coulée de lave à partir du Cratère SE et en direction de la Valle del Bove. L’activité éruptive s’est poursuivie au cours des minutes suivantes avec naissance d’un panache de gaz au quel est venue se mêler la cendre un peu plus tard.

La fontaine de lave au sommet du Cratère SE a atteint son intensité maximale vers 11h30, avec un panache de cendre qui est monté à environ 6000 m d’altitude. Le front de la coulée de lave dans la Valle del Bove atteignait 2700  d’altitude.

A partir de 12h15, l’intensité de la fontaine de lave a faibli. Le front de lave se trouvait à 2600 m d’altitude dans la Valle del Bove. Le panache de cendre émis pendant le paroxysme a provoqué des retombées sur le versant E du volcan.

Le paroxysme a pris fin vers 13h30 (heure locale). L’INGV indique qu’une autre coulée de lave a avancé sur le flanc S du Cratère SE. Elle s’est dirigée vers le S, en direction de la zone de la Torre del Filosofo., puis vers de SO, en empruntant le même chemin que la coulée de décembre 2020. La lave a parcouru 1,5-2 km.

Source : INGV.

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As might be expected, a new paroxysm was observed on Mt Etna on the morning of February 19th, 2021. As the event took place during the day, it was inevitably less spectacular than the previous two.

It all started around 10 a.m. (local time) with a rise in the tremor and the appearance of a lava flow from the SE Crater towards the Valle del Bove. Eruptive activity continued over the next few minutes with a gas plume which mixed with ash a little later.

The lava fountain at the summit of the  SE Crater peaked at around 11:30 a.m., with an ash plume that rose to around 6,000 m elevation. The front of the lava flow in the Valle del Bove reached an altitude of 2700.

From 12:15 pm, the intensity of the lava fountain weakened. The lava front was located at an altitude of 2,600 m in the Valle del Bove. The ash plume emitted during the paroxysm caused asfall on the E side of the volcano.

The paroxysm ended around 1:30 p.m. (local time). INGV indicates that another lava flow travelled on the S flank of SE Crater. It headed S, towards the area of ​​Torre del Filosofo, then SW, following the same path as the flow of December 2020. Lava traveled 1.5-2km.

Source: INGV.

La crise éruptive vue par la webcam L.A.V.E.

Le tremor traduit parfaitement les paroxysmes à répétition (Source : INGV)

Etna (Sicile) : nouveau paroxysme! // New paroxysm

Après une pause de quelques heures, l’Etna a de nouveau connu cette nuit entre 23h30 et 02h30 un de ces paroxysmes dont il a le secret. Comme précédemment, l’activité éruptive a eu pour cadre le Cratère SE d’où ont jailli des fontaines de lave qui ont donné naissance à un épanchement de lave de de 2-3 km dans la Valle del Bove et 1 km dans la Valle del Leone. Voici 3 images de la webcam L.A.V.E., de la caméra thermique et du tremor qui résument assez bien l’événement.

Voici une petite vidéo de l’événement réalisée par Boris Behncke : https://youtu.be/1FCgLBrnhYA

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After a few hours’ pause, Mt Etna again went through anotherparoxysm. The event lasted between about 11:30 p.m. and 2:30 a.m As before, the eruptive activity took place at the SE Crater which emitted lava fountains and a lava effusion of 2-3 km in the Valle del Bove and 1 km in the Valle del Leone. Here are 3 images of the L.A.V.E. webcam, the thermal camera and the tremor that summarize the event.

Here is a short video of the event shot by Boris Behncke : https://youtu.be/1FCgLBrnhYA

Source : INGV

L’étude de la faille au pied de l’Etna // The study of the fault at the foot of Mt Etna

Dans une note publiée le 13 novembre 2020, j’expliquais que plusieurs instituts de recherche avaient lancé le projet «Focus» qui suppose l’installation d’un nouveau système de surveillance des failles sous-marines à 2000 mètres de profondeur au large de Catane. Le but de l’opération était.d’étudier l’évolution de la croûte terrestre dans la zone du complexe volcanique de l’Etna.

Le Journal du CNRS donne des détails sur cette mission sous-marine. La compréhension des processus à l’œuvre près de la faille sismique a été possible grâce à la technique de l’interférométrie laser qui n’avait pas encore été employée à ces fins.

La campagne océanographique « FocusX1 » a été menée à bord du navire de recherche Pourquoi Pas ? de la flotte océanographique française. Une technologie à base d’interférométrie laser a été installée au fond  de la mer Méditerranée, à 2 100 mètres de profondeur et à une trentaine de kilomètres de Catane.

La finalité de la mission était de surveiller et surtout mieux comprendre une faille sismique sous-marine, en l’occurrence la faille Alfeo Nord; à une dizaine de kilomètres du flanc est de l’Etna. Cette faille sous-marine mesure 80 km de long au fond de la mer Ionienne.

Par le passé, cette région du sud de l’Italie a déjà été secouée par plusieurs séismes meurtriers comme celui de 1693, d’une magnitude de M 7,5 au sud de Catane qui a déclenché un tsunami et tué 40 000 personnes, ou celui de Messine en 1908 et ses 72 000 victimes.

Le nouveau dispositif va permettre d’en savoir plus sur la faille Alfeo Nord qui constitue la partie nord d’un système de failles actives sur le flanc sud-est de l’Etna. D’une longueur de 150 km, ce système a été cartographié pour la première fois lors de deux campagnes océanographiques en 2013 et 2014 par les scientifiques français et allemands. La faille Alfeo Nord est dite « décrochante » car le bloc à l’est se déplace vers le sud-est, le long de la faille, en coulissant. C’est le même type de faille que la faille nord-anatolienne en Turquie ou que la faille de San Andreas en Californie. Dans la mesure ou la faille Alfeo Nord se situe à moins de 20 km de Catane et son million d’habitants, elle pose potentiellement un risque sismique majeur.

Les failles sismiques de ce type présentent plusieurs comportements possibles. Elles peuvent glisser lentement comme certaines sections de la faille de San Andreas. Elles peuvent aussi avoir de petits mouvements irréguliers, provoquant de faibles séismes. Dans le pire scénario, il peut se produire un blocage pendant une longue, voire très longue, période. Le jouroù les contraintes se relâchent brutalement, il se produit un séisme de grande ampleur. Cela ne semble pas être le cas en Sicile. En 2018, une équipe de scientifiques allemands a constaté un lent effondrement du flanc Est de l’Etna dans la mer Méditerranée, à raison de quatre centimètres d’avril 2016 à juillet 2017.

Le CNRS explique que jusqu’ici l’interférométrie laser servait à assurer le suivi précis de grands ouvrages tels que les ponts, les barrages ou les tunnels. Dans le cas présent, l’utilisation de la technique de réflectométrie laser par effet Brillouin (BOTDR) consiste à «  interroger » la fibre optique en y injectant des impulsions laser. En s’y diffusant, celles-ci donnent une « carte d’identité optique » de la fibre, sensible à la moindre perturbation mécanique ou thermique extérieure.

Ainsi, depuis le port de Catane, un opérateur peut localiser tout mouvement de l’ordre de 50 micromètres à une distance de plusieurs dizaines de kilomètres, avec une marge d’erreur d’un mètre. Cette technologie n’a jamais été appliquée à l’étude des failles sous-marines. D’ici les cinq prochaines années, le dispositif déployé va permettre d’observer la déformation du fond de la mer dans le cadre du projet ERC Focus financé par l’Europe à hauteur de 3,5 millions d’euros.

Deux années ont été nécessaires pour concevoir et rassembler l’ensemble du matériel et des instruments optiques et acoustiques. Le cable a nécessité la mise au point d’une connectique spéciale, adaptée à la pression des grands fonds et aussi à l’observatoire câblé sous-marin déjà existant, le Test Site South (TSS) de l’Institut de physique de Catane (INFN-LNS). Pour calibrer ce dispositif technologique et être capable d’interpréter les signaux laser en termes de déformation du sous-sol sous-marin, huit balises acoustiques Canopus ont aussi été déployées de part et d’autre de la faille. Pour être certains de la fiabilité des signaux reçus, les scientifiques ont aussi prévu des boucles de mesures.

Le déploiement de tout ce matériel au fond de la mer a été réalisé du 6 au 21 octobre 2020. Partie de Toulon (Var), l’équipe a piloté le robot sous-marin Victor 6000 de l’Ifremer, chargé d’enfouir le câble de près d’un centimètre de diamètre, dans 20 cm de profondeur de sédiments, et à l’aide d’une charrue spécialement mise au point (voir image ci-dessous).

La campagne est un succès. Drâce au matériel déposé au fond de la mer Méditerranée, l’observatoire du port de Catane reçoit désormais en temps réel les échos des signaux lumineux circulant dans la fibre. Les techniciens scrutent maintenant le moindre signal susceptible d’indiquer un mouvement de la faille (entre 1 et 2 cm) et son activité.

On espère maintenant pouvoir mener deux nouvelles campagnes océanographiques. 1) « Focus G1 », à l’horizon de l’été 2021, effectuera des levés géodésiques du fond. 2) « Focus X2 », au début de l’année 2022, déploiera un réseau de 25 sismomètres au fond de la Méditerranée. Sont également prévus le carottage de sédiments, de la sismique légère et de la paléosismologie, c’est-à-dire la caractérisation de la sismicité à long terme, ou bien encore l’image de la déformation enregistrée dans les sédiments des fonds marins peu profonds.

Si cette percée technologique au large de la Sicile se confirme dans les prochaines années, on pourrait imaginer mettre à profit les réseaux de câbles de télécommunication mondiaux en un réseau sismologique à l’échelle de la planète.

Source : Journal du CNRS.

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In a post published on November 13th, 2020, I explained that several research institutes had launched the “Focus” project which involves the installation of a new system for monitoring underwater faults at 2000 metres deep off Catania. . The purpose of the operation was to study the evolution of the Earth’s crust in the area of ​​the Mt Etna volcanic complex.

The CNRS Journal gives details of this submarine mission. Understanding the processes at work near the seismic fault was made possible by the technique of laser interferometry which had not yet been used for these purposes. The “FocusX1” oceanographic campaign was carried out aboard the research vessel Pourquoi Pas? of the French oceanographic fleet. A technology based on laser interferometry has been installed at the bottom of the Mediterranean Sea, at a depth of 2,100 metres and about 30 kilometres from Catania.

The purpose of the mission was to monitor and above all better understand an underwater seismic fault, in this case the Alfeo Nord fault; about ten kilometeres from Mt Etna’s eastern flank. This submarine fault is 80 km long at the bottom of the Ionian Sea. In the past, this region of southern Italy was shaken by several deadly earthquakes like the one of 1693, with a magnitude of M 7.5 in the south of Catania, which triggered a tsunami and killed 40,000 people, or that of Messina in 1908 and its 72,000 victims. The new device will shed light on the Alfeo Nord fault, which forms the northern part of an active fault system on the southeast flank of MEtna. With a length of 150 km, this system was mapped for the first time during two oceanographic campaigns in 2013 and 2014 by French and German scientists. The Alfeo Nord fault is said to be « strike-slip » because the block to the east is sliding southeast along the fault. It is the same type of fault as the North Anatolian fault in Turkey or the San Andreas fault in California. As the Alfeo Nord fault is located less than 20 km from Catania and its million inhabitants, it potentially poses a major seismic risk.

Seismic faults of this type present several possible behaviours. They can slide slowly like some sections of the San Andreas Fault. They can also have small irregular movements, causing low intensity earthquakes. In the worst case scenario, a blockage can occur for a long or even a very long time. The day when the constraints are suddenly relaxed, there is a large-scale earthquake. This does not appear to be the case in Sicily. In 2018, a team of German scientists observed a slow collapse of Mt Etna’s eastern flank in the Mediterranean Sea, at a rate of four centimetres from April 2016 to July 2017.

CNRS explains that until now laser interferometry has been used for the precise monitoring of large structures such as bridges, dams or tunnels. In the case of the fault, the use of the Brillouin effect laser reflectometry (BOTDR) technique consists in « interrogating » the optical fiber by injecting laser pulses into it. By diffusing there, they give an « optical identity card » of the fiber, sensitive to the slightest external mechanical or thermal disturbance.

Thus, from the port of Catania, an operator can locate any movement of the order of 50 micrometres at a distance of several tens of kilometres, with a margin of error of one metre. This technology has never been applied to the study of underwater faults. Over the next five years, the device that has been deployed will make it possible to observe the deformation of the seabed as part of the3.5-million euro ERC Focus project funded by Europe.

It took two years to design and assemble all the optical and acoustic equipment and instruments. The cable required the development of a special connection, adapted to the pressure of the deep sea and also to the already existing underwater cable observatory, the Test Site South (TSS) of the Institute of Physics of Catania ( INFN-LNS). To calibrate this technological device and be able to interpret the laser signals in terms of deformation of the seabed, eight Canopus acoustic beacons were also deployed on either side of the fault. To be sure of the reliability of the received signals, the scientists have also planned measurement loops.

The deployment of all this equipment at the bottom of the sea was carried out from October 6th to 21st, 2020. Departing from Toulon (Var), the team piloted Ifremer’s Victor 6000 submarine robot, in charge of burying the cable – nearly one centimetre in diameter – in 20 cm depth of sediment, using a specially developed plow (see image below).

The campaign is a success. Thanks to the material installed at the bottom of the Mediterranean Sea, the observatory at the port of Catania now receives in real time the echoes of the light signals circulating in the fiber. Technicians are now scrutinizing the slightest signal likely to indicate movement of the fault (between 1 and 2 cm) and its activity. Scientists now hope to be able to conduct two new oceanographic cruises. 1) « Focus G1 », by summer 2021, will carry out geodetic surveys of the bottom. 2) « Focus X2 », at the start of 2022, will deploy a network of 25 seismometers at the bottom of the Mediterranean. Also planned are sediment coring, light seismic and paleoseismology, that is to say the characterization of long-term seismicity, or even the image of the deformation recorded in the sediments of the shallow seabed. If this technological breakthrough off the coast of Sicily is confirmed in the coming years, one could imagine harnessing the world’s telecommunication cable networks into a seismological network on a planet scale.

Source: CNRS Journal.

Le câble de six kilomètres de long a été déployé et ensouillé en utilisant une charrue conçue par l’Ifremer et déplacée par le ROV Victor 6000. (Source : IFREMER),

 

 

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

L’INSIVUMEH indique que l’activité du Pacaya (Guatemala) a augmenté ces derniers jours, et le niveau d’alerte volcanique a été élevé à la couleur Jaune.

En particulier, l’activité strombolienne est assez intense au niveau du cône McKenney à l’intérieur du cratère. Les explosions génèrent d’épaisses colonnes de cendres et de gaz qui atteignent une altitude d’environ 3,8 km. Il est fait état de retombées de cendres dans plusieurs localités.

https://youtu.be/tebs3_l__j0

Comme pendant les semaines précédentes, on observe plusieurs coulées de lave pouvant atteindre 1,2 km de longueur.

Les personnes vivant à proximité de Pacaya doivent prêter attention aux informations diffusées par les autorités locales et avoir 72 heures de provisions prêtes à être emportées par chaque membre de la famille en cas d’évacuation.

Les habitants et les touristes sont priés de ne pas s’approcher du volcan.

Source: INSIVUMEH.

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L’Etna (Sicile) reste très actif. Les scientifiques de l’IGNV ont visité la zone sommitale le 5 Février 2021 et constaté que l’activité strombolienne se poursuit au niveau du Cratère sud-est. De la même façon, une intense activité strombolienne continue à partir de plusieurs bouches au fond de la Bocca Nuova (voir vidéo ci-dessous), avec des projections qui dépassent la lèvre du cratère. Une activité strombolienne et effusive est observée dans la Voragine, avec une petite coulée de lave intra-cratèrique qui se dirigeait vers la Bocca Nuova. Une activité explosive a également été observée à l’intérieur du Cratère nord-est. Le tremor est stable à des valeurs relativement élevées. Aucune déformation du sol n’est enregistrée.

https://youtu.be/4RMyJvUdyNE

Source : INGV.

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Le nouveau dôme de La Soufrière de Saint-Vincent continue de croître en progressant latéralement vers le nord et le sud. Le volume du dôme a été estimé à 5,93 millions de mètres cubes le 1er février 2021. La présence de dioxyde de soufre (SO2) a été détectée par les instruments. L’absence de SO2 dans les premiers stades de l’éruption était due à l’interaction du gaz avec les eaux souterraines (le SO2 se dissolvait dans les eaux souterraines). Le fait que le SO2 soit maintenant émis par le volcan révèle un assèchement de la nappe phréatique. Les émissions de gaz les plus actives se situent au niveau des zones de contact entre le dôme de 1979 et le dôme actuel, ainsi qu’au sommet du nouveau dôme. Les gaz acides émis par le dôme continuent à causer des dégâts à la végétation en aval du sommet.

Source: UWI

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L’éruption du Kilauea continue. La lave sort d’une bouche qui perce la paroi intérieure nord-ouest de l’Halema’uma’u. Le 9 février 2021, la lave avait comblé une profondeur d’environ 215 m du cratère. Le HVO explique que seule la partie ouest du «lac de lave» est active.

En fait, ce qui se passe sur le Kilauea n’est pas vraiment un lac de lave au sens où on l’entend habituellement, avec des courants de convection qui font se déplacer la surface. Ici, c’est plutôt une énorme accumulation de lave qui pourrait devenir un lac de lave si le niveau de la surface s’élève au-dessus de la bouche d’alimentation.

Les dernières mesures de SO2 font état d’environ 2 200 tonnes par jour.

Source: HVO.

On notera que la tête du HVO vient de changer. Ken Hon, qui a récemment pris sa retraite en tant que professeur de géologie à l’Université d’Hawaï à Hilo, succède à Tina Neal qui est retournée travailler à l’Alaska Volcano Observatory (AVO). Hon a déjà effectué des recherches au sein du HVO de1987 à 1990 : études pétrologiques, cartographie géologique de grandes caldeiras aux États-Unis et en Russie, formation et mise en place des coulées et tunnels de lave.

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Dans son dernier bulletin hebdomadaire (29 janvier-5 février 2021) concernant la Montagne Pelée, l’observatoire volcanologique et sismologique de Martinique (OVSM) indique que la sismicité d’origine volcanique a augmenté au cours de cette dernière semaine, mais aucun événement n’a été ressenti par la population.

Depuis le 29 janvier, l’OVSM a enregistré au moins 73 séismes, contre 14 la semaine précédente. Ils étaient de type volcano-tectonique, d’une magnitude inférieure à M 1, et localisés à faible profondeur à l’intérieur de l’édifice volcanique, entre 1600 m sous le niveau de la mer et 1000m au-dessus du niveau de la mer. L’OVSM précise que cette sismicité de type volcano-tectonique, caractérisée par des signaux haute fréquence, est associée à de la micro-fracturation dans l’édifice volcanique.

Durant la période de ce rapport, les instruments ont enregistré 2 séismes de type hybride (basse et haute fréquence). Les signaux basse fréquence sont associés à la migration de fluides à l’intérieur de l’édifice volcanique.
La sismicité d’origine volcanique reste au-dessus du niveau de base moyen enregistré entre le 1er janvier 2015 et avril 2019 (date du début de la hausse de la sismicité).
Le niveau d’alerte reste Jaune : Vigilance.

Source : OVSM.

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Selon le PVMBG, l’éruption du Raung (Indonésie) se poursuit avec des explosions qui génèrent des panaches de cendres jusqu’à 5,5 km d’altitude. On a souvent observé de l’incandescence au niveau du cratère début février, ainsi que des épisodes de grondement et de rugissement du volcan. La couleur de l’alerte aérienne est Orange et le niveau d’alerte volcanique à 2 (sur une échelle de 1 à 4) depuis le 20 janvier 2021. Il est conseillé aux visiteurs de rester à au moins 2 km du cratère.

Sommet du Raung vu depuis le Kawah Ijen. On remarquera les flancs supérieurs dépourvus de végétation et la lèvre de la caldeira de 2km de diamètre (Photo : C. Grandpey)

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Quand un lahar se déclenche en Indonésie suite à de fortes pluies, ce n’est pas de la rigolade ! Vous vous en rendrez compte en cliquant sur ce lien qui montre un lahar survenu le 8 février 2021 au matin sur le Semeru. Par bonheur le conducteur du véhicule emporté par le courant avait réussi à s’extirper à temps.

https://youtu.be/YwOzvprEN8I

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Le dôme de lave du Merapi (Indonésie) continue de croître, avec des coulées pyroclastiques qui parcourent plus de 600 mètres sur le flanc SO du volcan. Le volume du dôme a été estimé à 117 400 mètres cubes le 4 février 2021, avec une vitesse de croissance d’environ 12 600 mètres cubes par jour. 537 personnes restaient évacuées le 3 février. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de rester à 5 km du sommet.

Source: BPPTKG.

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La situation est inchangée au Kamchatka. La couleur de l’alerte aérienne reste Orange pour l’Ebeko, le Karymsky, le Klyuchevskoy et le Sheveluch. Elle est Jaune pour le Bezymianny et le Sarychev. Des explosions peuvent se produire à tout moment et faire passer cette couleur au Rouge. En effet, la région est survolée par les lignes aériennes entre l’Amérique et l’Asie.

Source : KVERT.

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Les dernières images satellites (6 février 2021) montrent deux dépôts de cendres sur une distance d’au moins de 3 km au nord du cratère North Cerebus du Semisopochnoi (Aléoutiennes / Alaska). Selon l’AVO, il n’y a aucun signe d’une activité continue, mais les dépôts de cendre laissent supposer que le volcan n’est pas endormi et peut se réveiller à tout moment. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne est passée à l’Orange et le niveau d’alerte volcanique a été élevé à « Watch » (Vigilance).

La dernière activité significative du Semisopochnoi remonte à juin 2020.

Source: AVO.

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Here is some news of volcanic activity around the world :

INSIVUMEH indicates that activity at Pacaya (Guatemala) has increased over the past few days, prompting authorities to raise the Alert Level to Yellow.

In particular, Strombolian activity is quite intense at the McKenney cone within the crater. The explosions generate dense columns of ash and gas, reaching a height of about 3.8 km above sea level. Ashfall has been observed in several communities.

https://youtu.be/tebs3_l__j0

Like during the previous weeks, effusive activity is generating several lava flows as long as 1.2 km.

People living in the vicinity of Pacaya should pay attention to the information shared by local authorities, and have the 72-hour backpack ready for each member of the family in case of an evacuation.

Residents and tourists are asked not to approach the area around the volcano.

Source: INSIVUMEH.

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Mt Etna (Sicily) remains very active. INGV scientists visited the summit area on February 5th, 2021 and noted that Strombolian activity continues at the Southeast Crater. Likewise, intense Strombolian activity continues from several vents at the bottom of Bocca Nuova (see video below), with projections that rise beyond the crater rim. Strombolian and effusive activity is observed in the Voragine, with a small intracrateric lava flow which was heading towards Bocca Nuova. Explosive activity was also observed inside the Northeast Crater. The tremor is stable at fairly high values. No soil deformation is recorded. https://youtu.be/4RMyJvUdyNE

Source: INGV.

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The new dome at St Vincent’s La Soufriere  continues to grow with lateral spreading of material towards the north and south. The volume of the dome was measured at 5.93 million cubic metres on February 1st, 2021. The presence of sulphur dioxide (SO2) has been detected by the instruments. The absence of SO2 in the early stages of the eruption was due to the interaction of the gas with the groundwater (SO2 was dissolving in the groundwater). The fact that SO2 is now coming out of the volcano suggests that the groundwater is drying up.

The most active gas emissions are at the contact areas between the pre-existing 1979 dome and the current dome, as well as the top of the new dome. Damage to vegetation, from acidic gases emitted from the growing dome, downslope of the summit, continues to be observed.

Source: UWI

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Kilauea is erupting, with lava erupting from a vent on the northwest side of Halema’uma’u Crater. On February 9th lava had filled a depth of about 215 m of the crater. HVO explains thatonly the western portion of the “lava lake” is active.

Actually, what is happening at Kilauea is not really a lava lake which usually moves thanks to convection currents. Here, it is rather a huge accumulation of lava. It might become a lava lake if the level of the surface rises higher than the supply vent.
The most recent SO2measurements reached about 2,200 tons per day.

Source: HVO.

It should be noted that a new Scientist-in-Charge has been named for the Hawaiian Volcano Observatory.

Ken Hon, recently retired from his position as a geology professor in the Geology Department at the University of Hawaii at Hilo, succeeds Tina Neal, who returned to the Alaska Volcano Observatory. Hon was a volcanologist at HVO from 1987 to 1990. His research has focused on petrologic studies, geologic mapping of large calderas in the United States and Russia, formation and emplacement of lava flows and lava tubes.

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 In its latest weekly report (January 29th – February 5th, 2021) concerning Montagne Pelée, the volcanological and seismological observatory of Martinique (OVSM) indicates that volcanic seismicity increased last week, but no event was felt by the population.

Since January 29th, OVSM has recorded at least 73 earthquakes, up from 14 the previous week. They were volcano-tectonic, with a magnitude less than M 1, and located at a shallow depth inside the volcanic edifice, between 1600 m below sea level and 1000 m above sea level. sea. The OVSM specifies that this volcano-tectonic seismicity, characterized by high frequency signals, is associated with micro-fracturing in the volcanic edifice.

During the same period, the instruments recorded 2 hybrid earthquakes (low and high frequency). The low frequency signals are associated with the migration of fluids within the volcanic edifice.

Volcanic seismicity remains above the average background level recorded between January 1st, 2015 and April 2019 (when seismicity started to increase).

The alert level remains Yellow: Watch.

Source: OVSM.

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According to PVMBG, the eruption of Raung (Indonesia) continues with explosions ejecting ash up to 5.5 km above sea level. Incandescence was often seen at the crater in early February, as well as rumbling and roaring episodes.

The Aviation Colour Code has been at Orange and the Alert Level at 2 (on a scale of 1 – 4) since January 20th 2021. Visitors are advised to stay away at least 2 km from the crater.

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When a lahar is triggered by heavy rains in Indonesia, the situation is very serious.You will realize it by clicking on this link which shows a lahar which occurred on the morning of February 8th, 2021 on Mt Semeru. Fortunately, the driver of the vehicle that was swept away by the current had managed to get out in time.

https://youtu.be/YwOzvprEN8I

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Mt Merapi’s lava dome (Indonesia) continues to grow with pyroclastic flows travelling over 600 metres on the SW flank of the volcano. The volume of the dome was estimated at 117,400 cubic metres on February 4th, 2021, with a growth rate of about 12,600 cubic metres per day. 537 people remained evacuated as of February 3rd. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay 5 km away from the summit.

Source: BPPTKG.

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The situation is unchanged in Kamchatka. The aviation colour code remains Orange for Ebeko, Karymsky, Klyuchevskoy and Sheveluch. It is Yellow for Bezymianny and Sarychev. Explosions can occur at any time and cause this colour to change to Red. Indeed, the region is on the routes of airlines between America and Asia.

Source: KVERT.

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The latest satellite images (February 7th, 2021) showed two ash deposits extending at least 3 km to the north from North Cerebus Crater on Semisopochnoi (Aleutians / Alaska). According to AVO, there is no evidence for continuing activity, but observation of a new deposit suggests renewed unrest and that the volcano may erupt at any time. As a consequence, the Aviation Colour Code has been raised to Orange and the Volcano Alert Level to Watch.

Semisopochnoi’s last detected activity was in June 2020.

Source : AVO.

Nouvelle photo du cratère de La Soufrière de St Vincent avec le nouveau dôme au premier plan et l’ancien juste derrière (Source : UWI)