Des dépôts de glace dans la région équatoriale de la planète Mars ? // Ice deposits in the equatorial region of Mars ?

Selon une nouvelle étude publiée le 14 octobre 2025 dans la revue Nature Communications, d’anciennes éruptions volcaniques explosives sur Mars pourraient expliquer la possible présence de glace enfouie dans la région équatoriale de la Planète rouge.
Des recherches antérieures ont montré que la surface de Mars est riche en glace. La plupart de ces dépôts se situent au niveau des pôles, comme on peut l’observer sur Terre.

Source: NASA / Hubble telescope

Cependant, récemment, les sondes spatiales Mars Odyssey et ExoMars Trace Gas Orbiter ont détecté des niveaux élevés d’hydrogène près du sol dans les régions équatoriales de Mars. Il se peut que cette glace soit là depuis fort longtemps si elle était enfouie sous de la poussière ou des matériaux volcaniques, et il est donc possible qu’elle soit toujours présente sous la surface de la région équatoriale de la Planète rouge.

Traces de glace près de la formation Medusae Fossae (MFF) au niveau de l’équateur martien, vues par la sonde Mars Express de l’Agence spatiale européenne.

Les scientifiques s’interrogent désormais sur l’origine de cette glace dans une zone où ils ne l’attendaient pas. Des travaux antérieurs avaient laissé supposer que l’une des origines possibles de cette glace était le volcanisme. En effet, les éruptions peuvent générer de grandes quantités de vapeur d’eau. À l’aide de modèles informatiques du climat martien, des chercheurs ont simulé des éruptions volcaniques explosives qui, selon des recherches antérieures, se seraient produites sur la Planète rouge il y a entre 4,1 et 3 milliards d’années. Ces modèles montrent que ces éruptions ont envoyé de la vapeur d’eau à haute altitude, et cette vapeur a pu geler dans l’atmosphère très froide de Mars avant de retomber sous forme de glace.

Olympus Mons et d’autres édifices montrent que le volcanisme a été très actif sur la planète Mars (Source: NASA)

Cela signifie qu’un volume considérable de glace a pu se déposer après des éruptions répétées pendant des millions d’années. Le volcanisme explosif a pu provoquer de tels dépôts de glace et de cendres à plusieurs reprises sur les basses latitudes de la planète. Cela expliquerait les signaux d’hydrogène significatifs mesurés près de l’équateur.
Cependant, les chercheurs ont averti qu’il existe d’autres possibilités et que l’hydrogène détecté par les sondes spatiales autour de l’équateur martien peut ne pas provenir de dépôts de glace, mais de divers minéraux. Les recherches futures devront rechercher des signes de glace recouverte de cendres dans les régions équatoriales de Mars afin de confirmer ou d’infirmer la présence de glace à cet endroit. Si ces poches de glace équatoriales existent vraiment sur Mars, elles pourraient s’avérer précieuses pour les futures explorations par l’Homme. Une autre hypothèse est que des éruptions volcaniques ont pu envoyer de l’acide sulfurique dans l’atmosphère martienne. Cela a pu générer des aérosols qui ont réfléchi la lumière solaire et refroidi la Planète rouge, la plongeant dans un hiver global, ce qui a pu entraîner une accumulation prolongée de glace.
Il se peut aussi que ces anciennes éruptions volcaniques martiennes aient également généré de la chaleur et des substances chimiques susceptibles de créer des environnements habitables de courte durée. Ces régions ont alors pu offrir des conditions transitoires, mais potentiellement propices à la vie. Comprendre où et comment ces dépôts de glace et de cendres se sont formés pourrait contribuer à la recherche de biosignatures passées sur Mars.
Source : space.com.

——————————————

According to a new study published on October14 2025 in the journal Nature Communications, ancient explosive volcanic eruptions on Mars could help explain mysterious hints of buried ice from the Red Planet’s equator.

Previous research found that the surface of Mars is rich in ice. Most of these deposits are located at its poles, just as seen on Earth. However, recently the Mars Odyssey and the ExoMars Trace Gas Orbiter spacecraft detected elevated levels of hydrogen near the ground on the equatorial regions of Mars. This ice could have lasted for long spans of time if buried under dust or volcanic debris, and still might exist below the surface of equatorial regions on the Red Planet.

Scientists are now wondering how this ice might have originated in this unexpected area. Prior work noted one possible origin of this ice was volcanism, which could generate large amounts of water vapor.

Using computer models of the Martian climate, researchers simulated explosive volcanic eruptions that previous research found happened on the Red Planet between 4.1 billion and 3 billion years ago. The models suggested that the eruptions released water vapor into high altitudes, which could have frozen in the cold Martian atmosphere and later fallen as ice.

This means that a huge volume of ice could have been delivered after repeated eruptions over the course of millions of years. Explosive volcanism could have repeatedly seeded low latitudes with ice and ash, producing buried or insulated ice deposits that help explain the excess hydrogen signals measured near the equator.

However, the researchers cautioned that the hydrogen that spacecraft have detected around the Martian equator might not come from deposits of ice, but a range of minerals, among other possibilities. Future research will need to look for signs of ash-covered ice in the equatorial regions of Mars to support or refute the chances of ice there. If these equatorial ice pockets exist on Mars, they could prove valuable for human explorers there.

Another hypothesis is that volcanic eruptions could have spewed out sulfuric acid into the Martian atmosphere. This could have generated sunlight-reflecting aerosols that cooled the Red Planet, plunging it into a global winter that could in turn have let ice accumulate for a prolonged time.

But these ancient Martian volcanic eruptions might have also generated heat and chemicals that could create short-lived habitable environments. Those regions might have offered transient but potentially life-supporting conditions. Understanding where and how these ice–ash deposits formed could help guide the search for past biosignatures on Mars.

Source : space.com.

https://www.space.com/

Deux éruptions jumelles au 15ème siècle ont déclenché des décennies de froid autour de la Terre // Twin 15th-century eruptions triggered decades of cold around Earth

Une nouvelle analyse de carottes de glace prélevées en Antarctique révèle qu’il y a près de 600 ans, vers 1458-1459, deux volcans sont entrés en éruption presque simultanément, enveloppant la planète d’un voile de cendres et de soufre. Ce phénomène a déclenché l’une des décennies les plus froides du dernier millénaire et modifié le climat dans les deux hémisphères.
De nouvelles preuves qui se dissimulaient dans la glace de l’Antarctique montrent aujourd’hui que l’événement, longtemps attribué à un seul volcan du Pacifique, était en réalité le résultat d’une double éruption. L’une provenait du Kuwae, un volcan sous-marin situé entre les îles Epi et Tongoa au Vanuatu, l’autre d’un volcan non identifié quelque part dans l’hémisphère sud.

 

Source : Oregon State University

L’étude, publiée dans Communications Earth & Environment en 2025, est le fruit d’une collaboration entre des scientifiques coréens et russes qui ont analysé du verre volcanique microscopique emprisonné au cœur de la glace antarctique. Ces fragments contiennent des indices chimiques qui révèlent à la fois la chronologie et l’origine des éruptions anciennes.
Les années 1450 comptaient déjà parmi les décennies les plus froides de notre ère. Les archives historiques décrivent de très mauvaises récoltes, l’avancée des glaciers et des gelées soudaines de l’Europe à l’Asie.

Pendant des décennies, ces anomalies ont été imputées à l’éruption du Kuwae dont l’éruption remonterait à 1452. Cependant, les carottes de glace de l’Antarctique et du Groenland révèlent deux pics de soufre bien distincts : l’un en 1452 et l’autre en 1458. Le signal le plus fort de 1458 laisse supposer que le refroidissement principal a commencé plusieurs années plus tard qu’on ne le pensait. Les scientifiques ont alors émis l’hypothèse qu’un autre volcan en était responsable.
La dernière étude confirme ces soupçons. Ses auteurs ont découvert que les éclats de verre présents dans la glace antarctique de 1458-1459 présentaient deux compositions chimiques distinctes : l’une dacitique, correspondant à Kuwae, et l’autre rhyolitique, donc d’origine différente. Cela signifie que deux grandes éruptions ont eu lieu sur la planète à quelques mois d’intervalle. Elles ont épaissi le voile d’aérosols qui recouvrait la Terre et amplifié le refroidissement qui a suivi.
Ensemble, ces deux panaches ont réduit les températures mondiales d’environ 0,4 °C pendant plusieurs années. Les cernes des arbres d’Asie, d’Europe et d’Amérique du Nord confirment une période de croissance raccourcie et des étés exceptionnellement froids qui a duré jusqu’à la fin des années 1460.
Les preuves de cette double éruption proviennent d’une carotte de 30,18 m prélevée près de la station Vostok, en Antarctique oriental, en 2021.

 Vue de la station Vostok (Crédit photo : Arctic and Antarctic Research Institute)

La glace à cette profondeur s’est formée il y a environ six siècles tout en capturant les empreintes chimiques de l’événement de 1458-1459. Les scientifiques ont extrait 14 éclats de verre volcanique de cette glace. Chaque particule étant trop petite pour être analysée avec les techniques de laboratoire conventionnelles, les chercheurs ont eu recours à la microscopie électronique avec spectrométrie de rayons X à dispersion d’énergie. Ils ont mesuré la composition chimique de chaque éclat de verre volcanique. La moitié des éclats présentait une composition dacitique typique de Kuwae, tandis que les autres étaient rhyolitiques, ce qui ne correspondait pas, non plus, aux échantillons du Reclus, un volcan chilien autrefois soupçonné d’être la deuxième source éruptive. Cela signifiait que les éclats rhyolitiques provenaient d’un volcan non répertorié, situé dans l’extrême sud. Les candidats probables se trouvent dans le sud de l’Amérique du Sud, dans les îles subantarctiques, voire dans la péninsule Antarctique proprement dite.
L’analyse des cendres et du dioxyde de soufre (SO2) émis dans l’atmosphère a révélé un schéma compatible avec deux éruptions distinctes. Au final, les preuves plaident en faveur d’un scénario d’éruptions quasi simultanées, où la charge atmosphérique combinée a intensifié le refroidissement au-delà de ce que chacune des éruptions aurait pu produire individuellement.

Concernant l’effet sur le climat, ces éruptions jumelles ont prolongé le refroidissement en bloquant simultanément la lumière du soleil dans les deux hémisphères. Cela explique pourquoi le refroidissement des années 1450 a été plus fort et plus durable. L’intégration du comportement du double panache dans les modèles climatiques pourrait améliorer les prévisions des variations de température et des délais de récupération de l’atmosphère après une éruption. L’étude montre également qu’il est important de combiner les données des deux régions polaires.
Source : The Watchers.

Références scientifiques :

1 Antarctic ice reveals two volcanoes erupting simultaneously may have caused 15th-century cooling – Phys.org – October 22, 2025

2 Origin of the 1458/59 CE volcanic eruption revealed through analysis of glass shards in the firn core from Antarctic Vostok station – Seokhyun Ro et al. – Nature – October 20, 2025 – https://doi.org/10.1038/s43247-025-02797-x – OPEN ACCESS.

——————————————–

A new analysis of Antarctic ice cores reveals that nearly 600 years ago, around 1458–1459 CE, two massive volcanoes erupted almost simultaneously, shrouding the planet in a veil of ash and sulfur that triggered one of the coldest decades of the last millennium and altered weather across both hemispheres.

New evidence preserved in Antarctic ice now shows that the event long attributed to a single volcano in the Pacific was in fact a dual eruption, one from Kuwae in Vanuatu and another from an unidentified volcano somewhere in the Southern Hemisphere.

The study, published in Communications Earth & Environment in 2025, was the result of a collaboration between Korean and Russian scientists who analyzed microscopic volcanic glass trapped deep inside Antarctic ice. These fragments hold chemical clues that reveal both the timing and origin of ancient eruptions.

The 1450s were already one of the coldest decades in the Common Era. Historical records describe failed harvests, advancing glaciers, and sudden frosts stretching from Europe to Asia. For decades, these anomalies were blamed on the eruption of Kuwae, a massive submarine volcano in the Pacific, believed to have erupted in 1452

However, Antarctic and Greenland ice cores reveal two distinct sulfur spikes: one in 1452 and another in 1458. The stronger signal in 1458 suggestd the main cooling began several years later than previously thought. Scientists began to believe that another volcano, was responsible.

The new study confirms that suspicion. It found that glass shards in the 1458–1459 layer of Antarctic ice have two distinct chemical compositions: one dacitic, matching Kuwae, and another rhyolitic, belonging to a different source.This means two large eruptions struck the planet within months of each other, thickening the global aerosol haze and amplifying the cooling that followed.

Together, the twin plumes reduced global temperatures by roughly 0.4°C for several years. Tree rings from Asia, Europe, and North America confirm a period of shortened growing seasons and unusually cold summers that lasted well into the late 1460s.

The evidence comes from a 30.18 m firn core drilled near Vostok Station in East Antarctica in 2021. The ice at that depth formed roughly six centuries ago, capturing the chemical fingerprints of the 1458/59 event. Scientists in their labs later extracted 14 volcanic glass shards from that layer. As each particle was too small to analyze using conventional laboratory techniques, the researchers resorted to electron microscopy with energy-dispersive X-ray spectrometry. They measured the chemical composition of each shard. Half of the shards showed a dacitic composition typical of Kuwae, while the rest were rhyolitic, inconsistent with samples from Reclus, a Chilean volcano once suspected of being the second source. This meant the rhyolitic shards came from an undocumented volcano somewhere in the far south. The likely candidates lie in southern South America, the sub-Antarctic islands, or even the Antarctic Peninsula itself.

The analysis of the ash and sulfur dioxide (SO2) sent into the atmosphere revealed a pattern consistent with two separate eruptions. In the end, the evidence strongly supports a near-simultaneous eruption scenario, where the combined atmospheric load intensified cooling beyond what either eruption could have achieved alone.

As far as the effect on the climate is concerned, such dual eruptions prolong cooling by keeping sunlight blocked from both hemispheres simultaneously. This helps explain why the 1450s cooling was stronger and longer-lasting than expected from Kuwae alone. Including dual-plume behavior in climate models could improve predictions of post-eruption temperature changes and recovery times. The research also shows the importance of combining data from both polar regions.

Source : The Watchers.

Scientific references:

1 Antarctic ice reveals two volcanoes erupting simultaneously may have caused 15th-century cooling – Phys.org – October 22, 2025

2 Origin of the 1458/59 CE volcanic eruption revealed through analysis of glass shards in the firn core from Antarctic Vostok station – Seokhyun Ro et al. – Nature – October 20, 2025 – https://doi.org/10.1038/s43247-025-02797-x – OPEN ACCESS.

Une meilleure prévision éruptive sur l’Etna (Sicile) ? // Better eruptive prediction on Mt Etna (Sicily) ?

Alors que l’Etna est vivement critiqué par l’UNESCO pour la mauvaise gestion de son Parc, une nouvelle méthode de surveillance des mouvements de magma sous le volcan pourrait permettre aux scientifiques de mieux prévoir une éventuelle éruption.
L’éruption la plus récente de l’Etna, le 2 juin 2025, a éjecté un énorme nuage de cendres de 6,5 kilomètres de haut et déclenché une avalanche de blocs de lave et autres matériaux.

https://www.youtube.com/shorts/T8FxmsaoqQc?feature=share

L’éruption était annoncée ; les autorités ont donc pu émettre des bulletins d’alerte le matin même, mais les prévisions sont rarement aussi fiables.
Selon une nouvelle étude publiée par des scientifiques de l’INGV le 8 octobre 2025 dans la revue Science Advances, la nouvelle méthode de surveillance pourrait faciliter la prévision des éruptions de l’Etna. Les chercheurs ont analysé un paramètre, la valeur b, qui décrit le rapport entre les séismes de faible et de forte magnitude dans une région de la croûte terrestre. Ce rapport peut changer à mesure que le magma remonte à travers la croûte jusqu’au sommet d’un volcan. Un géophysicien de l’Etna Osservatorio explique que « l’évolution de la valeur b au fil du temps reflète l’évolution des contraintes à l’intérieur du volcan. Puisque la remontée du magma induit des variations de contraintes au sein de la croûte, le suivi de la valeur b peut révéler les différentes étapes du transfert du magma des profondeurs vers la surface.»
La valeur b est un paramètre établi en volcanologie, mais les chercheurs l’ont étudiée d’une manière innovante, à l’aide d’un modèle statistique actualisé. En compilant 20 années de données sismiques sur l’Etna, ils ont constaté une forte corrélation entre la valeur b et l’activité volcanique de l’Etna.
L’Etna se situe dans la zone de collision entre les plaques tectoniques africaine et européenne. De ce fait, une fracture verticale dans la croûte terrestre sous le volcan facilite la remontée du magma à la surface. La croûte sous l’Etna atteint 30 km d’épaisseur. Le magma remonte à travers la croûte avant une éruption, mais au lieu de réalimenter une seule chambre magmatique, la roche en fusion alimente une série de zones de stockage interconnectées, logées dans la croûte à différentes profondeurs. La zone de stockage magmatique la plus profonde se situe à 11 km sous le niveau de la mer et alimente un système de stockage intermédiaire composé de différentes zones s’étendant probablement de 3 à 7 km de profondeur. À mesure que le magma remonte, il traverse un réseau complexe de fractures et atteint finalement la dernière zone de stockage, située au-dessus du niveau de la mer, à l’intérieur de l’édifice volcanique.

Modèle sismique-tectonique 3D mettant en évidence la corrélation entre les clusters sismiques et les principales structures géologiques. Source : INGV)

Les chercheurs ont analysé les schémas sismiques des 30 kilomètres de croûte sous le volcan de 2005 à 2024, en accordant une attention particulière à la variation de ces schémas selon les régions de la croûte. En général, les régions de la croûte terrestre comportant des zones de stockage magmatique actives présentent des valeurs b plus élevées que les régions plus stables, car les zones actives connaissent plutôt de petits séismes. À l’inverse, les régions plus stables de la croûte terrestre subissent généralement plus de séismes importants car la force nécessaire pour briser la roche est plus importante.
Ainsi, en suivant la valeur b au fil du temps, les chercheurs pourraient suivre le mouvement du magma à travers la croûte profonde jusqu’à la première zone de stockage, puis vers le système de stockage intermédiaire, et enfin vers la zone de stockage peu profonde. Cette méthode pourrait permettre aux scientifiques d’estimer la chronologie des éruptions de l’Etna.
Source : Live Science via Yahoo News.

——————————————–

While Mount Etna is under sharp criticism from the UNESCO for the poor management of its Park, a newly discovered way to monitor magma movements beneath the volcano could help scientists forecast when it might erupt.

Etna’s most recent eruption, in June 2025, ejected a huge 6.5-kilometer-high cloud of ash and triggered an avalanche of hot lava blocks and other debris. The eruption was expected, so officials were able to issue warnings on the morning of the event, but predictions are rarely as reliable.

According to a new study published by INGV scientists on October 8 2025 in the journal Science Advances , the novel method could make it easier to predict Mount Etna’s eruptions. The researchers analyzed a parameter called the b value, which describes the ratio of low-magnitude to high-magnitude earthquakes in a region of Earth’s crust. This ratio can change as magma rises through the crust to the summit of a volcano.

A geophysicist at INGV’s Etna Observatory explains that « changes in the b value over time reflect how the stress inside the volcano is evolving. Since magma ascent induces stress changes within the crust, tracking the b value can help reveal different stages of magma transfer from depth to the surface. »

The b value is an established parameter in volcanology, but the researchers examined it in a novel way, with an updated statistical model. By compiling 20 years’ worth of earthquake data from Mount Etna, they found a very strong correlation between the b value and Etna’s volcanic activity.

Mount Etna sits in the collision zone between the African and European tectonic plates. As a result, a vertical fracture in Earth’s crust underlies the volcano, thus facilitating the rise of magma to the surface. The crust beneath Mount Etna is up 30 km thick. Magma rises through this volume before an eruption, but instead of replenishing a single magma chamber, the molten rock feeds a series of interconnected storage zones that are embedded in the crust at different depths. The deepest magma storage zone is 11 km below sea level, and it feeds an intermediate storage system with different zones likely extending 3 to 7 km deep. As magma rises, it travels through an intricate network of fractures and eventually reaches the last storage zone, which is located above sea level inside the volcano edifice.

The researchers analyzed seismic patterns in the 30 kilometers of crust beneath the volcano from 2005 to 2024, paying particular attention to how these patterns varied between crustal regions. Generally, regions of Earth’s crust with active magma storage zones show higher b values than more stable regions do, because the active zones experience more small earthquakes than bigger ones. Conversely, regions of Earth’s crust that are more stable typically experience more big earthquakes than smaller ones, because it takes more force to break the rock.

So, by tracking the b value over time, it may be possible for researchers to follow the movement of magma through the deep crust to the first storage zone, up from there to the intermediate storage system, and up again to the shallow storage zone. This method could help experts estimate the timings of eruptions at Mount Etna.

Source : Live Science via Yahoo News.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Selon le Met Office islandais, une nouvelle éruption est susceptible de se produire en Islande le long de la chaîne de cratères de Sundhnúkur dans quelques semaines. On estime que le volume minimum de 11 millions de mètres cubes requis pour le déclenchement d’une éruption a été atteint le 27 septembre 2025 et le volume maximum de 23 millions de m3 sera atteint le 18 décembre, sous réserve qu’il n’y ait pas de fluctuations dans le système d’alimentation. Une fois le volume minimum atteint, on considère qu’il existe une forte probabilité d’intrusion magmatique et d’éruption sur la chaîne de cratères de Sundhnúkur. Une éruption peut survenir à tout moment une fois le volume minimum atteint.

Source : Met Office.

Source: Met Office

++++++++++

L’Épisode 34 de l’éruption du Kilauea (Hawaï) a débuté le 30 septembre 2025 vers 26h45 avec une activité strombolienne dans la bouche nord et des débordements de lave. L’activité s’est intensifiée et les premières fontaines de lave sont apparues environ 30 minutes plus tard, le 1er octobre. D’abord obliques, elles sont devenues verticales et mesuraient environ 150 mètres de hauteur. Vers 2 heures du matin (heure locale), une petite activité strombolienne avec débordement de lave est apparue dans la bouche sud. Des fontaines de plusieurs dizaines, puis centaines de mètres, de hauteur (jusqu’à 400 m selon le HVO) ont ensuite jailli de cette bouche. On a alors assisté à un superbe duo de fontaines de lave. Elles ont brusquement cessé à 7h01 à la bouche sud et 7h03 à la bouche nord, et l’Épisode 34 a pris fin après plus de 6 heures d’activité intense. On estime à environ 8,9 million de mètres cubes le volume de lave émis pendant l’épisode. Comme lors des épisodes précédents, la fin du 34ème a été marquée par un passage de la déflation à l’inflation au sommet du Kilauea. Un 35ème épisode est donc probable d’ici quelques jours.

À noter que le 2 octobre 2025, à 20h28 (heure locale), un séisme de magnitude 3,9 s’est produit à 2 km au sud-sud-ouest de Pāhala, sur l’île d’Hawaï, à une profondeur de 30 km sous le niveau de la mer. Le séisme n’a eu aucun impact apparent sur le Mauna Loa et le Kīlauea.

Source : HVO.

Image webcam de l’éruption

++++++++++

Des panaches de gaz et de vapeur s’élèvent encore de 300 à 1300 m au-dessus du cratère du Sabancaya (Pérou). Des anomalies thermiques sont détectées presque quotidiennement au fond du cratère sommital. Le niveau d’alerte reste Orange (niveau 3 sur une échelle de quatre couleurs) et le public est prié de rester en dehors d’un rayon de 12 km autour du sommet.
Source : IGP.

Crédit photo: IGP

++++++++++

C’est toujours la même histoire sur le Fuego (Guatemala), où les explosions stromboliennes génèrent des panaches de gaz et de cendres qui s’élèvent jusqu’à 1,1 km au-dessus du sommet. Les explosions déclenchent des ondes de choc qui ébranlent les bâtiments et les structures dans les zones habitées des flancs sud-ouest et ouest. Elles projettent des matériaux incandescents à 100-200 m au-dessus du sommet. Des avalanches de blocs dévalent les flancs du volcan dans plusieurs ravines. De fortes pluies génèrent parfois des lahars qui dévalent eux aussi les ravines, charriant sédiments, branches d’arbres, troncs et blocs atteignant 3 m de diamètre.
Source : INSIVUMEH.

Vue di Fuego et de l’Acatenango (Crédit photo: INSIVUMEH)

++++++++++

Des panaches de vapeur et de cendres s’élèvent jusqu’à 2 km au-dessus du sommet du Lewotobi Laki-laki (Indonésie). Selon un article de presse, l’aéroport Fransiskus Xaverius Seda (60 km à l’ouest du volcan) a été fermé du 26 septembre au début du 27 septembre 2025. Les cendres volcaniques ont entraîné l’annulation de six vols. Suite à une diminution du nombre de séismes volcaniques profonds, le niveau d’alerte a été abaissé à 3 (sur une échelle de 1 à 4) le 29 septembre 2025. Il est recommandé au public de se tenir à au moins 6 km du centre de Laki-laki.
Source : PVMBG.

Crédit photo: GVN

++++++++++

L’activité volcanique reste intense sur le Yasur (Vanuatu) et le volcan est maintenu au niveau d’alerte 2 (sur une échelle de 0 à 5). Des émissions de SO₂ ont été identifiées sur des images satellite, ainsi que des anomalies thermiques de faible intensité. Des photos prises sur le terrain et des images de la webcam indiquent que des explosions se poursuivent périodiquement, avec des émissions de gaz, de vapeur et de cendres. Les données sismiques confirment une activité volcanique continue, avec des explosions parfois fortes. Les matériaux éjectés par les explosions peuvent retomber dans et autour du cratère. Il est rappelé au public de ne pas pénétrer dans la zone réglementée, et à moins de 600 m des limites de la zone d’exclusion permanente.
Source : Département de météorologie et des géorisques du Vanuatu (VMGD).

Source: Vanuatu Geohazards

++++++++++

Dernière minute : Un volcan de boue situé à Jarawa Creek, sur l’île de Baratang (îles Andaman-et-Nicobar), est entré en éruption le 2 octobre 2025, après deux décennies d’inactivité. L’éruption a projeté de la boue, des gaz et de l’eau sur plus de 1 000 m², formant un monticule d’environ 3 à 4 m de hauteur. Les autorités ont fermé toutes les voies d’accès au volcan de boue, suspendu l’accès des visiteurs et demandé aux opérateurs de transport locaux de cesser d’acheminer des touristes vers la zone.
Les volcans de boue de Baratang sont le résultat de processus tectoniques dans la zone de subduction d’Andaman, où la plaque indienne plonge sous la plaque birmane, libérant des fluides et des gaz tels que le méthane et le sulfure d’hydrogène. Ces gaz mobilisent la boue souterraine et la poussent vers le haut à travers des fractures. Contrairement aux volcans magmatiques, les volcans de boue entrent en éruption en raison de la surpression des couches sédimentaires, parfois amplifiée par l’activité sismique.

Source : The Watchers.

Volcan de boue dans les Maccalube di Aragona (Sicile)

++++++++++

L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

°°°°°°°°°°

Flux RSS

Petit rappel : on me demande parfois comment il est possible de recevoir et lire mes articles au moment de leur parution. Pour cela, rendez-vous en haut de la colonne de droite de mon blog où figure le flux RSS qui permet de recevoir automatiquement des mises à jour du blog.

Vous pouvez également cliquer sur « Suivre Claude Grandpey : Volcans et Glaciers ».

——————————————-

Here is some news about volcanic activity in the world:

According to the Icelandic Met Office, a new eruption is likely to occur in Iceland along the Sundhnúkur crater row in a few weeks. It is assessed that the lower volume of 11 million cubic meters required for the start of an eruption was reached on 27 September 2025 and the upper vomume of 23 million m3 will be reached on 18 December, provided no fluctuations occur in the feeding system. Once the lower volume is reached, it is considered that we have entered a period with increased likelihood of a new intrusion and/or eruption. An eruption may occur any time after this lower volume is reached.

Source : Met Office.

++++++++++

Episode 34 of the Kilauea eruption (Hawaii) began on September 30, 2025, at around 12:45 p.m., with Strombolian activity at the north vent and lava overflows. The activity intensified, and the first lava fountains appeared about 30 minutes later, on October 1. Initially oblique, they became vertical and measured about 150 meters in height. Around 2 a.m. (local time), a small Strombolian activity with lava overflows appeared at the south vent. Fountains several tens, then hundreds of meters high (up to 400 m according to HVO) then gushed from this vent. We then witnessed a superb duo of lava fountains. They abruptly ceased at 7:01 a.m. at the south vent and 7:03 a.m. at the north vent, and Episode 34 ended after more than 6 hours of lava fountaining. The volume of lava emitted during the episode is estimated at approximately 8.9 million cubic meters. As with previous episodes, the end of Episode 34 was marked by a transition from deflation to inflation at Kilauea’s summit. A 35th episode is therefore likely within a few days.

It should be noted that on October 2 2025, at, 8:28 p.m. (local time), an M3.9 earthquake occurred 2 km south-southwest of Pāhala on the Island of Hawaiʻi at a depth of 30 km below sea level. The earthquake had no apparent impact on either Mauna Loa or Kīlauea volcanoes.

Source : HVO.

++++++++++

Gas-and-steam plumes at Sabancaya (Peru) still rise 300-1,300 m above the crater. Thermal anomalies are detected almost daily on the summit crater floor. The Alert Level remains at Orange (level 3 on a four-color scale) and the public is asked to stay outside of a 12 km radius from the summit.

Source : IGP.

++++++++++

It is still the same story at Fuego (Guatemala) where Strombolian explosions generate gas-and-ash plumes that rise as high as 1.1 km above the summit. Explosions triggrer shock waves that rattle buildings and structures in communities on the SW and W flanks. Explosions eject incandescent material 100-200 m above the summit. Block avalanches descend the flanks of the volcano in several drainages. Heavy rains sometimes generate lahars that rush down the drainages carrying sediments and tree branches, trunks, and blocks as large as 3 m in diameter.

Source : INSIVUMEH.

++++++++++

Steam and ash plumes rise as high as 2 km above the summit of Lewotobi Laki-laki (Indonesia). According to a news article the Fransiskus Xaverius Seda Airport (60 km W) was closed on 26 September through early 27 September 2025. Volcanic ash caused six flights to be canceled. Following a decline in the number of deep volcanic earthquakes, on 29 September 2025 the Alert Level was lowered to 3 (on a scale of 1-4) and the public was advised to stay 6 km away from the center of Laki-laki

Source : PVMBG.

++++++++++

Activity is still intense at Yasur (Vanuatu) and yjhe volcano is kept at Alert Level 2 (on a scale of 0-5). SO2 emissions have been identified in satellite images, as well as low-level thermal anomalies. Field photos and webcam images indicate that explosions continue periodically, producing emissions of gas, steam, and ash. Seismic data confirm continuing volcanic activity with explosions that are occasionally strong. Ejected material from explosions can fall in and around the crater. The public is reminded to not enter the restricted area within 600 m around the boundaries of the Permanent Exclusion Zone.

Source: Vanuatu Meteorology and Geohazards Department (VMGD).

++++++++++

Latest : A mud volcano at Jarawa Creek, Baratang Island, Andaman and Nicobar Islands, erupted on October 2, 2025, after lying dormant for two decades. The eruption released mud, gases, and water across more than 1 000 m2, forming a mound about 3–4 m (10–13 feet) high. Authorities closed all approach routes to the volcano, suspended visitor access, and informed local transport operators to stop ferrying tourists to the area.

Mud volcanoes in Baratang are formed by tectonic processes in the Andaman subduction zone, where the Indian Plate descends beneath the Burmese Plate, releasing fluids and gases such as methane and hydrogen sulfide. The gases mobilize underground mud, forcing it upward through fractures. Unlike magmatic volcanoes, mud volcanoes erupt due to overpressure in sediment layers, sometimes intensified by seismic activity.

Source : The Watchers.

++++++++++

Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

°°°°°°°°°°

RSS feed

Quick reminder: I am sometimes asked how it is possible to receive and read my posts when they are published. Just go to the top of the right column of my blog where you can see the RSS feed. It will allow you to automatically receive updates from the blog.
You can also click on “Suivre Claude Grandpey: Volcans et Glaciers”.