Au secours de la grenouille du Cotopaxi (Equateur) // Trying to save the Cotopaxi frog (Ecuador)

drapeau-francaisLe Cotopaxi est entré en éruption le 14 août de l’année dernière après près de 140 ans de sommeil. Aujourd’hui, le volcan s’est calmé – le niveau d’alerte est Jaune – mais il pourrait se manifester de nouveau à court terme. C’est la raison pour laquelle des scientifiques équatoriens parcourent les berges de la rivière Pita, sur les flancs du volcan, pour essayer de sauver l’une des espèces de grenouilles les plus menacées dans le pays, qui répond au nom latin de Hyloxalus jacobuspeters .
Avant même l’éruption du Cotopaxi, la grenouille était encore plus menacée de disparition que les ours polaires, pandas, baleines et autres animaux emblématiques. Beaucoup moins connue, elle n’a jamais fait la une des médias.
La grenouille est de petite taille avec moins de 2,5 centimètres de longueur. Elle était autrefois très répandue à travers les Andes du centre et du nord de l’Équateur. Les populations de grenouilles ont diminué rapidement dans les années 1980 et 1990, probablement en raison de la maladie et du changement climatique. Les scientifiques redoutaient la disparition définitive de la grenouille, jusqu’au jour où l’unique population qui avait survécu a été découverte sur les rives de la rivière Pita en 2008.
Afin d’essayer de sauver l’espèce, une équipe de scientifiques recueille des grenouilles et des têtards dans la Pita et les confie à un laboratoire à Balsa de los Sapos, sous la responsabilité du Musée Zoologique de l’Université Catholique de l’Équateur.
L’équipe scientifique a recueilli 45 des 100 têtards prévus dans le plan de sauvetage. Quelques-uns ont déjà atteint la métamorphose et les petites grenouilles semblent être en bonne santé. Elles seront relâchées dans leur environnement sauvage dès que leur condition le permettra. Si leur habitat est détruit par le volcan, les grenouilles pourront être conservés à Balsa de los Sapos pendant plusieurs années. Si le programme d’élevage est couronné de succès, la grenouille sera également réintroduite dans d’autres secteurs où les populations ont disparu il y a plusieurs décennies.
Source: Journaux équatoriens.

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drapeau anglaisCotopaxi erupted last year on August 15th, for the first time in nearly 140 years. Today the volcano has calmed down – the alert level is Yellow – but it might erupt again in the short term. That’s why Ecuadorian scientists are busy along the Pita River, on the flanks of Cotopaxi, trying to save one of the country’s most endangered frog species, Hyloxalus jacobuspeters.
Even before the emergency situation, the frog was at a higher risk of extinction than polar bears, pandas, blue whales and other iconic endangered animals.
The Quito rocket frog is small, less than 2.5 centimetres long, and was once widely distributed across the central and northern Andes of Ecuador. Populations of the frog declined rapidly in the 1980s and 1990s, probably due to disease and climate change. Scientists feared the frog had become extinct, until the only remaining population on the banks of the Pita River was discovered in 2008.
In an effort to save the species, a team of scientists are collecting individual frogs and tadpoles from the Pita River and moving them to a lab at Balsa de los Sapos maintained by the Museum of Zoology at the Catholic University of Ecuador.
The team has collected 45 of the 100 tadpoles they plan to rescue. A few have already reached metamorphosis, and the froglets appear to be healthy. The frogs will be returned to the wild as soon as possible. If their habitat is destroyed, the frogs may be kept at Balsa de los Sapos for several years. If the breeding program is successful, the frog will also be reintroduced in other locations where populations went extinct decades ago.
Source : Ecuadorian newspapers.

Cotopaxi 22 aout

Vue de l’éruption du Cotopaxi le 22 août 2015  (Source: Instituto Geofisico)

Nouvelle éruption du Karymsky (Kamchatka / Russie)

drapeau-francaisLe Karymsky a connu un nouvel épisode explosif le 1er février 2016, avec un panache de cendre jusqu’à 3.000 mètres de hauteur. La couleur de l’alerte aérienne est passée à l’Orange.
Source: KVERT.
L’événement a eu lieu moins de 48 heures après un séisme de M 7,3 dans la région, suivi d’une série d’au moins sept répliques. Plusieurs médias se demandent s’il pourrait y avoir un lien entre l’explosion et le séisme. C’est très difficile à dire car les éruptions explosives se produisent assez fréquemment sur le Karymsky. De plus, comme je l’ai écrit précédemment, le lien entre séismes et éruptions n’a jamais été vraiment établi.

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drapeau anglaisKarymsky volcano went through another explosive episode on February 1st 2016, with an ash plume up to 3,000 metres. The aviation colour code was raised to Orange.
Source: KVERT.
The event came less than 48 hours after an M 7.3 earthquake struck the region, followed by a series of at least seven aftershocks. Several news media wonder whether there might be a link between the explosion and the earthquake. This is very difficult to say as explosive eruptions occur quite frequently at Karymsky. Besides, as I put it previously, the link between earthqkes and eruptions has never been really proved.

Vidéo de l’éruption du volcan Big Ben (Ile Heard / Australie) // Video of the eruption of Big Ben volcano (Heard Island / Australia)

drapeau-francaisBig Ben n’est pas le volcan le plus connu au monde. Ces deux mots sont en général associés à l’horloge du Parlement britannique à Londres. Cependant, un volcan porte ce nom sur l’île Heard, un territoire australien qui se trouve 4100 kilomètres au sud-ouest de Perth et à 1750 kilomètres au nord de base australienne Davis en Antarctique. Le volcan est la plus haute montagne sur le territoire australien et on sait qu’il est entré en éruption au moins trois fois au cours des 15 dernières années. Les îles McDonald à proximité abritent également un volcan actif.
Les scientifiques à bord du navire de recherche Investigator ont eu l’occasion de filmer une éruption du volcan Big Ben lors d’une mission sur le Plateau de Kerguelen. L’éruption a été téléchargée sur YouTube et peut être vue en utilisant le lien ci-dessous. On peut voir une coulée de lave qui descend sur le flanc du volcan, tandis qu’un panache de gaz s’échappe du sommet.

Le but de la mission australienne est d’étudier le lien entre les volcans actifs sur les fonds marins et de la mobilisation du fer qui est essentiel à la vie dans l’Océan Austral. Les conclusions contribueront à une meilleure connaissance du système et du changement climatique sur Terre.
Source: ABC News.

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drapeau anglaisBig Ben is not the most popular of the world’s volcanoes. These two words are most often associated with the clock of the British Parliament in London. However, there is a volcano with this name on Heard Island, an Australian territory that lies 4,100 kilometres south west of Perth and 1,750 kilometres north of Australia’s Antarctic base at Davis Station. It is the highest mountain on Australian territory and is known to have erupted at least three times in the past 15 years. The neighbouring McDonald Islands are also home to an active volcano.
Scientists on board the research vessel Investigator have taken a video footage of an eruption of the Big Ben volcano during a mission to the Kerguelen Plateau. The eruption was uploaded to YouTube and can be seen using the following link. One can see a lava flow travelling down the volcano’s flank while a gas plume is escaping from the summit.

The purpose of the mission is to study the link between active volcanoes on the seafloor and the mobilisation of iron, which supports life in the Southern Ocean. Their findings will become part of a greater understanding of the Earth’s climate system and climate change.
Source: ABC News.

Big Ben

Capture d’écran de la vidéo diffusée sur YouTube, avec la coulée de lave et le panache sommital

Chaleur et explosivité du magma // Magma heat and explosivity

drapeau-francaisUn article intitulé « Vésiculation thermique lors des éruptions volcaniques» et publié dans la revue Nature a récemment démontré le «rôle essentiel des variations de chaleur pendant l’ascension du magma ». L’article est l’aboutissement d’une étude menée par des chercheurs de l’Ecole des Sciences de l’Environnement, dans l’enceinte de l’Université de Liverpool en Angleterre.

Il est bien connu que les volcans connaissent des éruptions explosives lorsque le magma chargé de gaz atteint la surface de la Terre. Plusieurs techniques sont utilisées pour expliquer la formation et la croissance des bulles de gaz au sein du magma. Par exemple, certains scientifiques examinent attentivement de minuscules cristaux pour mesurer des quantités infimes de gaz dissous à l’intérieur, tandis que d’autres utilisent la spectroscopie pour mesurer les panaches de gaz émis par une bouche volcanique. D’autres volcanologues font fondre les roches volcaniques et y insufflent des gaz.
Le magma stocké dans les profondeurs d’un volcan commence son ascension lentement et accélère quand il s’approche de la surface de la Terre. En effet, au cours de l’ascension, il échappe à la surpression, ce qui permet à des bulles de se développer.
Au début, quand le magma commence à monter sous l’édifice volcanique, il est soumis à près d’un millier de fois la pression atmosphérique. À de telles profondeurs, le magma est un fluide visqueux avec abondance de cristaux à l’intérieur, mais il est en grande partie dépourvu de bulles. L’absence de bulles ne veut pas dire qu’il n’y a pas de gaz, mais ce dernier est principalement dissous dans le magma. On estime qu’entre 1 et 5 % de la masse de magma à cette profondeur est composée de gaz piégé à l’intérieur.
Le magma, même dépourvu de bulles, monte en raison de la flottabilité. Il est moins dense que la roche encaissante plus froide qui l’entoure. Au début, il s’élève en général péniblement, mais il accélère en atteignant des profondeurs plus faibles. Des changements importants se produisent dans la masse en fusion, en même temps que la pression de confinement diminue. De plus en plus de bulles commencent à apparaître, qui font chuter la densité globale du fluide. En se dilatant, ces bulles accentuent la perte de densité, ce qui facilite l’ascension du magma. Les bulles transforment ensuite le magma en lambeaux, jusqu’à son expulsion hors du cratère.
La nouvelle étude a essayé de démontrer que si le magma dégaze effectivement durant la phase de décompression, il dégaze encore davantage sous l’effet de sa montée en chaleur. Tout d’abord, le magma dégage de la chaleur lorsque certaines parties commencent à se figer. Tout comme pour l’eau, ce « gel » produit des cristaux, qui libèrent de la chaleur au cours de leur formation. Cette chaleur ajoutée peut inciter le gaz à s’échapper du magma fluide. De plus, le magma monte en température lors de son passage le long de conduits étroits, suite au frottement le long des parois.
Une confirmation des résultats théoriques de l’étude a été obtenue sur le dôme du Santiaguito au Guatemala. Les chercheurs ont étudié des roches qui portent en elles les signes de la chaleur produite par frottement. Ils ont recueilli des roches avec des fissures qui portent en elles les passages fossiles du gaz en train de s’échapper. De retour au laboratoire, ils ont examiné les échantillons au microscope électronique. Les textures des fissures ont révélé des fragments de cendres figés sur place suite à leur transport par des courants de gaz chaud en provenance des bordures des fissures. D’autres manipulations ont appuyé cette hypothèse. Les scientifiques ont utilisé des échantillons de lave de la grosseur du poing et les ont soumis à des forces très importantes. Ils ont ensuite fait lentement tourner un échantillon de roche contre un autre. Cela a généré un frottement et une chaleur intense suffisante pour faire fondre la roche et libérer les gaz emprisonnés à l’intérieur.
Lorsqu’ils étaient sur le terrain, les chercheurs ont observé le comportement d’une partie active du dôme du Santiaguito, là même où les échantillons avaient été prélevés. Quelques secondes après le début d’une séquence éruptive, des colonnes de cendre et des panaches de gaz montaient jusque parfois à plus d’un kilomètre de hauteur. Des blocs incandescents étaient projetés vers le ciel et venaient ensuite se briser sur les flancs du volcan dont ils dévalaient les pentes. Les géophysiciens ont pu observer l’activité interne du Santiaguito en utilisant une batterie d’instruments comme des sismomètres et inclinomètres. Les capteurs ont révélé la profondeur et l’ampleur des mouvements de roche, des données que les chercheurs ont utilisées pour estimer la quantité de gaz accumulée pendant les cycles éruptifs.
Il semble que les mouvements de roches et de magma peuvent induire des gains de température de plusieurs centaines de degrés, ce qui favorise la volatilisation du magma préalablement «stable» et le dégazage violent qui s’ensuit. Les roches émises lors des éruptions du dôme du Santiaguito montrent dans quelle mesure la chaleur produite par le frottement du magma peut conduire à des explosions volcaniques.
Le comportement de Santiaguito pourrait aider à mieux comprendre les processus essentiels qui jouent un rôle dans l’activité explosive d’autres volcans semblables à travers le monde.
Source: Live Science: http://www.livescience.com/

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drapeau anglaisAn article entitled « Thermal vesiculation during volcanic eruptions » and published in the journal Nature recently demonstrated the « critical influence of heat variations in rising magmas. » The article was the result of a study led by researchers within the School of Environmental Sciences at the University of Liverpool in England.

It is well known that volcanoes erupt explosively when gas-charged magma reaches Earth’s surface. Several techniques are used to explain the formation and growth of gas bubbles within the magma. For instance, some scientists carefully examine tiny crystals to measure minuscule amounts of dissolved gas, while others use spectroscopy to measure the gas plumes escaping from a vent. Other volcanologists melt volcano rocks and infuse them with gases.
Magma deep within a volcano starts its ascent slowly, but eventually, it accelerates toward the Earth’s surface. Indeed, as magma rises, it escapes from overpressure and bubbles grow.
When magma starts rising deep beneath the volcanic edifice, it is subjected to nearly a thousand times the pressure that exists in the atmosphere. At such depths, magma is an extremely viscous fluid, often swimming with crystals, but it is largely devoid of bubbles. The absence of bubbles doesn’t mean there is no gas, but that it is mostly dissolved, within the magma. One estimates that between 1 and 5 per cent of the mass of magma at this depth is trapped gas.
Magma, even when devoid of bubbles, ascends because of buoyancy. It is less dense than the colder rock surrounding it. At first, it may rise sluggishly, but as it reaches shallower levels, it can accelerate. Significant changes occur in the melt as the confining pressure diminishes. More bubbles start to appear, and they diminish the overall density of the fluid. As these bubbles expand, the density decreases further, which facilitates a quicker ascent. This cycle continues until the bubbles rend the surrounding magma to shreds, and expel it out of the crater.
The new study tried to demonstrate that while decompressing magma is prone to degas, it further degasses when it heats up. Firstly, magma gives off heat when portions of it start to freeze. Just like in water, the freezing produces crystals, and as the crystals form, they give off heat. That added heat can induce gas to come out of the fluid magma. Secondly, magma heats up as it flows through constricted conduits, due to friction.
A confirmation of the theoretical results of the study was obtained on the dome of Santiaguito volcano in Guatemala. The researchers looked for rocks that bear testament to frictional heating. They collected rocks with cracks which would represent fossil passageways of escaping gas. Back in the laboratory, they examined the samples under an electron microscope. The textures of the cracks revealed ash shards frozen in place following their transport by currents of hot gas originating on the cracks’ margins. More lab experiments also supported the theory. The scientists took fist-size rock samples of lava and pushed them together with tremendous force, then rotated one rock sample slowly against another. This generated intense friction and heat, enough to melt rock and release abundant, previously locked-in gas.
When on the field, the researchers observed the behaviour of an active portion of Santiaguito’s dome where the samples were collected. Within seconds of an eruption’s onset, columns of ash and gas plumes rise to hundreds of meters and eventually reach more than a kilometre high. Incandescent blocks are blown skyward and then crash onto the volcano’s flanks, breaking open and cascading downward. The geophysicists captured the behaviour of Santiaguito using an array of instruments, including seismometers and tiltmeters. These sensors reveal the depth and magnitude of rock movements – data the researchers used to estimate the amount of gas that accumulates during eruptive cycles.
It seems rock and magma movements can induce temperature gains of hundreds of degrees, promoting volatilization of the previously « flat » magma and subsequent violent degassing. The dome rocks and eruptions at Santiaguito serve as en evidence of how frictional heating can lead to volcanic explosions.
Santiaguito’s behaviour might help to understand vital processes that influence volcanic explosivity at other analogous volcanoes.
Source : Live Science : http://www.livescience.com/

Santiaguito 02

Santiaguito 03

Vues du dôme Caliente du Santiaguito (Photos: C. Grandpey)