La Soufrière de la Guadeloupe depuis 1976 : les progrès de la volcanologie

Alors que vient de se terminer à la Guadeloupe le colloque SOUFRIÈRE_50 organisé par l’IPGP et l’Observatoire volcanologique et sismologique (OVSG), un article publié sur le site Guadeloupe la 1ère montre l’évolution de la volcanologie au cours des 50 années qui se sont écoulées depuis l’éruption de La Soufrière en juillet 1976. On se souvient que cette éruption avait été marquée pat la relation conflictuelle entre Haroun Tazieff et Claude Allègre, ce dernier ayant décrété une évacuation qui n’était pas justifiée au vu des observations scientifiques effectuées par l’équipe Tazieff.

Source : Radio France, INA

Aujourd’hui, à la Guadeloupe comme ailleurs dans le monde, les moyens de surveillance volcanique n’ont plus grand-chose à voir avec ceux de 1976, mais force est tout de même de reconnaître que la prévision éruptive est toujours loin d’être parfaite. On l’a constaté lors d’éruptions récentes comme celle du Fuego (Guatemala) en 2018 qui a été particulièrement meurtrière.

L’OVSG installé à Gourbeyre, dans le sud de l’île, est depuis quelques années en état de « vigilance renforcée » face au volcan, qui domine l’archipel du haut de ses 1 467 mètres.

Crédit photo : Wikiprdia

La Soufrière est sous étroite surveillance car le volcan montre des signes de réveil. Le bulletin publié par l’Observatoire rappelle que depuis mai 2021, la zone active du sommet est devenue « plus dangereuse qu’auparavant », en raison des gaz toxiques, des projections de vapeur et de matière à haute température et des effondrements de sol. La directrice de l’Observatoire a toutefois fait remarquer en novembre 2025 que « la micro-sismicité est moins forte en ce moment. » Selon elle, le canal par lequel remonte la vapeur d’eau serait aujourd’hui bien ouvert. Cette vapeur ne fracture donc plus les entrailles du volcan, un phénomène qui provoque des séismes. Le risque d’une éruption phréatique semble donc écarté pour le moment.

Crédit photo : CNRS

En cas d’éruption, la première question qui se poserait serait celle des évacuations. En novembre, un exercice grandeur nature a simulé l’évacuation d’une partie de Saint-Claude, commune installée sur les flancs du volcan, vers des centres d’accueil du nord de l’île.

En 1976, Claude Allègre, alors directeur de l’IPGP, avait décrété une évacuation d’ampleur, faisant fi des résultats des observations de l’équipe Tazieff qui n’avait détecté aucun magma juvénile dans les matériaux éjectés par le volcan. Quelque 73 000 personnes avaient finalement été évacuées de l’île de Basse-Terre à la mi-août et la commune, chef-lieu de la Guadeloupe, ne s’en est jamais vraiment remise. L’éruption a précipité son déclin au profit de Pointe-à-Pitre, la capitale économique.

D’un point de vue scientifique, les chercheurs considèrent désormais la Soufrière comme un volcan similaire à la Montagne Pelée en Martinique, et à La Soufriere de Montserrat, capable de produire des éruptions phréatiques, mais aussi magmatiques. [NDLR : Il ne faudrait pas oublier que chacun de ces volcans a son propre dynamisme éruptif. La lecture du livre d’Alfred Lacroix sur les éruptions de la Montagne Pelée, comme l’a fait le professeur Brousse en 1976 au moment de la crise de la Soufrière n’était pas forcément le meilleur moyen de comprendre l’éruption à la Guadeloupe].

L’article paru sur le site Guadeloupe le 1ère explique qu’en un demi-siècle, la connaissance du passé éruptif de La Soufrière et la densification d’instruments toujours plus précis ont changé la façon de voir le volcan. Depuis fin 2024, les scientifiques disposent en outre de l’imagerie matricielle qui permet d’obtenir une sorte d’échographie du volcan. Cette nouvelle méthode repose sur la disposition d’un réseau de géophones qui captent non seulement les fortes secousses sismiques, mais aussi le bruit sismique induit par le vent, l’océan et l’activité humaine.  Les ondes émises par le volcan ont permis de représenter son sous-sol en image, jusqu’à 10 km de profondeur et environ 6 km de large. C’est ainsi qu’est apparu un conduit hélicoïdal sur les cinq premiers kilomètres de profondeur, qui se connecte à des réservoirs de magma plus en profondeur, un peu comme une éponge alvéolée. [NDLR : Une image semblable de l’intérieur de La Soufriàre avait été obtenue grâce à la tomographie muonique dans le cadre du projet Diaphane. Voir ma note du 9 mai 2016]

Selon un scientifique de l’arc antillais, cette technique permet de mieux comprendre le fonctionnement du volcan et pourrait aider à mieux anticiper les éruptions, en révélant à l’image d’éventuels changements du régime magmatique ou gazeux du volcan.

Source » : Guadeloupe la 1ère.

Nouvelles de l’Etna et de l’aéroport de Catane

Comme cela était prévisible au vu du déclin du trémor éruptif et de la diminution des émissions de cendre (voir ma note du 6 juillet 2026), la couleur de l’alerte aérienne pour l’Etna a été abaissée de Rouge à Orange. Le bulletin VONA à destination le l’aviation civile publié ce 7 juillet, indique que l’activité strombolienne des cratères sommitaux diminue et que les émissions de cendres s’atténuent. L’INGV précise que le phénomène se limite à la zone des cratères.
Cette modification du niveau d’alerte intervient alors que l’aéroport de Catane-Fontanarossa est fermé. L’interdiction totale des arrivées et des départs, annoncée ce matin par le SAC est prolongée jusqu’à 14h00 aujourd’hui en raison des émissions de cendres ;

Le changement de couleur de l’alerte aérienne n’entraîne pas automatiquement la réouverture de l’aéroport de Catane. Elle dépend des inspections techniques des pistes et des évaluations du SAC, en coordination avec les autorités de l’aviation civile. Il est conseillé aux passagers de ne pas se rendre à l’aéroport sans avoir préalablement vérifié le statut de leur vol auprès de leur compagnie aérienne.

Source : INGV, La Sicilia.

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Dernière minute (7 juillet à midi) :

L’aéroport de Catane-Fontanarossa vient de rouvrir ses portes. La SAC (Agence spatiale italienne) l’a annoncé dans un communiqué. Suite à la décision de l’INGV d’abaisser le niveau d’alerte volcanique de Rouge à Orange, le trafic aérien a repris immédiatement. Comme écrit précédemment, on observe une diminution de l’activité strombolienne au niveau des cratères sommitaux de l’Etna et une réduction des émissions de cendres, désormais concentrées dans la zone de la Voragine.

L’Etna le 7 juillet 2026 vers 11h15 (Image webcam)

La cendre de la Voragine (Etna) empoisonne le trafic aérien en Sicile // Ash from the Voragine (Mount Etna) disrupts air traffic in Sicily

Comme je l’ai indiqué précédemment, une intense activité strombolienne a débuté le 26 juin dans la Voragine, le cratère central de l’Etna et se poursuit actuellement avec de volumineux panaches de cendres qui perturbent sérieusement le trafic aérien de l’aéroport international de Catane-Fontanarossa. La couleur de l’alerte aérienne est passée de l’Orange au Rouge le 4 juillet, contraignant la société de gestion SAC à mettre en œuvre une série de restrictions progressives : d’abord, la fermeture de l’espace aérien au sud, en direction du nuage de cendres, avec une limitation à cinq vols par heure ; puis l’arrêt total de tout trafic aérien à l’arrivée, à l’exception des départs des avions déjà au sol. L’espace aérien du secteur Sud-Ouest devait rester fermé jusqu’à 5 h du matin le 6 juillet. Au total, 154 vols ont été affectés, ce qui donne une idée de l’impact du nuage de cendres volcaniques sur le trafic aérien à destination et en provenance de Catane.
L’aéroport Falcone-Borsellino de Palerme, géré par Gesap, a annoncé avoir accueilli 23 vols déroutés de Catane le 5 juillet. Une assistance a été mise en place pour tous les passagers des vols déroutés de Catane, qui seront transférés à l’aéroport de Fontanarossa par des bus mis à disposition par les compagnies aériennes. Certains vols ont également été déroutés vers les aéroports de Comiso et de Trapani, entraînant d’importants retards pour les passagers. Des milliers de personnes à l’étranger sont également touchées par cette crise,car elles n’ont pu pu rejoindre la Sicile et leurs lieux de vacances.

Image webcam de l’Etna le 6 juillet 2026 au matin

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6 juillet 2026 – 10 heures : L’aéroport de Catane reste fermé, au moins jusqu’au 6 juillet à 12 heures. Le nuage de cendres reste dirigé vers le sud-est aujourd’hui, affectant ainsi l’aéroport de Catane. Les dernières données font état de 129 vols annulés (départs et arrivées confondus) et de 61 vols déroutés entre Palerme, Trapani et Comiso, lorsque cela était possible. Aujourd’hui 6 juillet, l’aéroport de Comiso est de nouveau opérationnel.

Le dernier rapport de l’INGV indique que, bien qu’en légère baisse par rapport à hier, l’amplitude moyenne du trémor volcanique demeure élevée, signe que l’activité volcanique reste intense.

Source : INGV, La Sicilia.

Selon les guides de l’Etna dans les réseaux sociaux, la lave de la Voragine se déversait le 6 juillet dans le Cratère Nord-Est.

À midi ce 6 juillet, le trémor volcanique semble avoir amorcé sa décrue. En parallèle, les webcams montrent que le panache de cendres est moins dense. On peut donc espérer que la situation du trafic aérien s’améliorera dans les prochaines heures. L’aéroport de Catane reste toutefois fermé au moins jusqu’à 20 heures ce 5 juillet.

Source: INGV

Ce n’est pas la première fois que l’Etna se racle la gorge. Dans les années 1990, je me trouvais au sommet au cours de l’une de ces phases de débourrage…

Photo: C. Grandpey

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As previously noted, intense Strombolian activity began on June 26 2026 in the Voragine—Mount Etna’s central crater—and is currently ongoing, producing massive ash plumes that are seriously disrupting air traffic at Catania-Fontanarossa International Airport. The aviation color code was raised from Orange to Red on July 4, forcing the airport operator, SAC, to implement a series of progressive restrictions: initially, closing the airspace to the south (towards the ash cloud) and limiting operations to five flights per hour, followed by a complete halt to all incoming air traffic, with departures permitted only for aircraft already on the ground. The airspace in the southwest sector was scheduled to remain closed until 5:00 a.m. on July 6. A total of 154 flights were affected, illustrating the significant impact of the volcanic ash cloud on air traffic to and from Catania.
Palermo’s Falcone-Borsellino Airport, managed by Gesap, reported receiving 23 flights diverted from Catania on July 5. Assistance was arranged for passengers on these diverted flights, who were to be transferred to Fontanarossa Airport via buses provided by the airlines. Some flights were also diverted to Comiso and Trapani airports, causing major delays for passengers. Thousands of travelers abroad have also been affected by the crisis, as they were unable to reach Sicily and their holiday destinations.

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July 6, 2026 – 10:00 AM: Catania Airport remains closed, at least until 12:00 PM on July 6. The ash cloud continues to drift southeast today, affecting Catania Airport. The latest data show 129 cancelled flights (combined departures and arrivals) and 61 flights diverted to Palermo, Trapani, and Comiso, when possible. As of today, July 6, Comiso Airport is operational again. The latest INGV report indicates that, although slightly lower than yesterday, the amplitude of the volcanic tremor remains high, a sign that volcanic activity continues to be intense.

Source: INGV, La Sicilia.

As of noon on July 6, the volcanic tremor appears to be subsiding. At the same time, webcams show that the ash plume is less dense. There is therefore reason to hope that the air traffic situation will improve in the coming hours. However, Catania airport will remain closed until at least 8:00 PM tonight.

Hausse de l’activité strombolienne sur l’Etna (Sicile) // Increase in Strombolian activity on Mt Etna (Sicily)

Vers 5 h 45 UTC (7h45 heure locale), des émissions de cendres ont débuté sur l’Etna au niveau de la bouche située dans la partie supérieure du flanc est de la Voragine. Ces émissions se sont intensifiées vers 6 h 45, générant un nuage éruptif à environ 1,5 km au-dessus du sommet du volcan et dirigé vers les secteurs sud et sud-sud-est. Les modèles de prévision indiquaient une dispersion des cendres vers le sud au cours des prochaines heures. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne est passée de l’Orange au Rouge.

Ces derniers jours, l’activité strombolienne s’est poursuivie au niveau de la bouche éruptive, tandis que l’activité effusive produite parla bouche située à 3 030 m d’altitude, qui avait débuté le 26 juin, s’est progressivement estompée, avant de prendre fin le 4 juillet. Par ailleurs, une seconde coulée de lave, de faible ampleur, s’est formée dans la nuit du 2 au 3 juillet à partir d’un point situé entre le site strombolien actif et son homologue effusif, La lave a parcouru une centaine de mètres avant de s’arrêter le matin du 3 juillet.
L’amplitude moyenne du trémor volcanique demeure élevée, avec une tendance à la hausse constante suivie de de fortes fluctuations à partir du 4 juillet. La source du trémor demeure dans la zone de la Voragine, à une altitude d’environ 3 000 mètres.
Aucune déformation significative de l’édifice volcanique n’est enregistrée.

Source : INGV.

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Around 05:45 UTC (07:45 local time), ash emissions began at Mount Etna from the vent located on the upper eastern flank of the Voragine crater. These emissions intensified around 06:45, generating an eruption cloud that rose approximately 1.5 km above the volcano’s summit and drifted toward the south and south-southeast. Forecast models indicated that ash would disperse southward over the following hours. Consequently, the aviation alert level was raised from Orange to Red.
In recent days, Strombolian activity continued at the eruptive vent, while the effusive activity from the vent at an elevation of 3,030 m—which had begun on June 26—gradually subsided before ceasing on July 4. Additionally, a short lava flow formed overnight between July 2 and 3, originating from a point between the active Strombolian site and the effusive vent; the lava traveled about 100 meters before stopping on the morning of July 3.
The average amplitude of volcanic tremor remains high, showing a steady upward trend followed by significant fluctuations starting July 4. The tremor source remains located in the Voragine area, at an elevation of approximately 3,000 meters.
No significant deformation of the volcanic edifice has been recorded.
Source: INGV.