Mt Agung (Bali / Indonésie) [suite / continued]

Il n’est pas facile de savoir ce qui se passe exactement sur l’Agung. A ma connaissance, il n’y a pas de webcam pour observer les panaches de gaz et/ou de cendre qui s’échappent du cratère. On ne peut se fier qu’au sismographe en ligne.

Le dernier bulletin du VSI indique que le panache présente une hauteur de 300 à 800 mètres. On enregistre des épisodes de tremor dont l’amplitude dominante est de 3 mm.  S’agissant de la sismicité proprement dite, comme je l’ai écrit précédemment, les séismes volcaniques superficiels ou profonds restent peu nombreux. Cela semble donc indiquer qu’il n’y a pas de fracturation de roches sous la poussée du magma. C’est la raison pour laquelle le niveau d’alerte volcanique est maintenu à 3 (Siaga).

Les périodes de hausse d’intensité que l’on distingue sur le sismogramme ci-dessous correspondent probablement à des émissions de bouffées de gaz et/ou de cendre. Il se peut aussi que cette agitation soit causée par des phénomènes extérieurs tels que les fortes pluies ou des vents violents. Un sismographe est un instrument très sensible. Par exemple, les sismos installés à Lipari il y a quelques années étaient capables d’enregistrer les sirènes des ferries qui passaient au large de l’île de Vulcano. Il faut donc se montrer prudent pour interpréter ces signaux quand on n’est pas sur place.

A noter qu’un survol du cratère de l’Agung à l’aide d’un drone capable de détecter les quantités de SO2 et H2S a été effectué le 23 novembre, mais les résultats n’ont pas été rendus publics.

Suite à l’émission de panaches de cendre le 21 novembre dernier, qualifiée par une certaine presse de « première éruption depuis celle de 1963 », certaines personnes qui ont été autorisées à revenir vivre près du volcan ont à nouveau quitté les lieux et rejoint les 30 000 qui continuent à vivre dans des centres d’hébergement provisoires.

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It is not easy to know what exactly is happening on Mt Agung. As far as I know, there is no webcam to observe the plumes of gas and / or ash coming out of the crater. We can only rely on the online seismograph.
The latest VSI bulletin indicates that the plume has a height of 300 to 800 metres. There are episodes of tremor with a dominant amplitude of 3 mm. With regard to seismicity, as I have put it previously, shallow or deep volcanic earthquakes are few in number. This seems to indicate that there is no fracturing of rocks under the pressure of magma. This is the reason why the volcanic alert level is kept at 3 (Siaga).
The periods of seismic intensity that can be seen on the seismogram below probably correspond to pulses of gas and / or ash. It is also possible that this unrest is caused by external phenomena such as heavy rain or high winds. A seismograph is a very sensitive instrument. For example, the ones installed in Lipari a few years ago were able to record the sirens of the ferries that passed off the island of Vulcano. So you have to be careful to interpret these signals when you’re not there.
It should be noted that an overflight of Mt Agung’s crater using a drone capable of detecting the quantities of SO2 and H2S was carried out on November 23rd, but the results were not made public.
Following the emission of ash plumes on November 21st, described by a certain press as « the first eruption since 1963, » some people who were allowed to return to live near the volcano left the scene and joined the 30,000 other residents who continue to live in temporary shelters.

Source: VSI

Mt Agung (Bali / Indonésie)

Pour le moment, l’épisode d’émission de cendre observé sur l’Agung le 21 novembre en début de soirée ne semble pas annoncer un événement plus conséquent. Il faut remarquer que de telles émissions ponctuelles de cendre n’ont rien d’exceptionnel sur les volcans indonésiens. D’un point de vue sismique, l’activité reste faible. Le 21 novembre, on a relevé seulement 5 événements superficiels et 8 secousses plus profondes, ce qui n’a rien à voir avec la sismicité observée il y a quelques semaines quand les autorités ont décidé de procéder à une évacuation massive de la population.

Suite à l’émission de cendre du 21 novembre, la couleur de l’alerte aérienne est passée du Jaune à l’Orange, mais le niveau d’alerte volcanique est maintenu à 3 (SIAGA). Il le sera probablement au cours des prochaines semaines, par précaution. De toute évidence, l’Agung n’est pas stabilisé. D’autres émissions de cendre, voire une éruption plus importante, ne sauraient être exclues. La zone d’exclusion reste inchangée.

Voici quelques images de l’épisode éruptif du 21 novembre:

http://www.thejakartapost.com/multimedia/2017/11/22/mount-agung-in-bali-erupts.html

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For the moment, the ash emission observed on Mt Agung on November 21st in the early evening does not seem to announce a more significant event. It should be noted that such punctual ash emissions are not exceptional on Indonesian volcanoes. From a seismic point of view, activity remains weak. On November 21st, only 5 shallow events and 8 deeper quakes were recorded, which is quite different from the seismicity observed a few weeks ago when the authorities decided to trigger a mass evacuation of the population.
Following the November 21st ash emission, the aviation colour code changed from Yellow to Orange, but the volcanic alert level was kept at 3 (SIAGA). It will probably remain at 3 over the next few weeks, as a precaution. Mt Agung does not seem to have stabilized. More ash emissions, or even a larger eruption, can not be ruled out. The exclusion zone remains unchanged.

Here are a few images of the eruptive episode of November 21st:

http://www.thejakartapost.com/multimedia/2017/11/22/mount-agung-in-bali-erupts.html

Crédit photo: Wikipedia

Petite éruption de l’Agung (Ile de Bali / Indonésie) // Small eruption of Mt Agung (Bali / Indonesia)

Une éruption de faible ampleur a débuté sur le Mont Agung (Ile de Bali) le mardi 21 novembre 2017 à 17h05 (heure locale). Le volcan, qui montrait un regain d’activité ces derniers temps, a émis un panache de cendre qui atteignait une hauteur de 700 à 800 mètres au-dessus du cratère.
Les habitants sont priés de rester calmes et de rester à l’écart d’un rayon de 6-7 kilomètres autour du volcan.
La  couleur de l’alerte aérienne est passé du jaune à l’Orange.
Le niveau d’alerte volcanique est maintenu à 3 (SIAGA). Il a été abaissé à la fin du mois dernier, mais les autorités avaient déclaré qu’une éruption était toujours possible.

Source: The Jakarta Post.

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A small-scale eruption started on Mount Agung (Bali) on Tuesday afternoon at17:05 (local time). The volcano, which had been rumbling during the past months, emitted an ash plume that reached a height of 700 – 800 metres above the crater.

Residents are advised to remain calm and stay away from areas within a 6-7 kilometre radius from the volcano.

The Aviation Colour Code has been raised from Yellow to Orange.

The volcanic alert level is kept at 3 (SIAGA). It was lowered late last month, though authorities said there was still a chance it could erupt.

Source: The Jakarta Post.

L’éruption du 21 novembre 2017 vue par le sismographe (Source: VSI)

La cendre du Novarupta (Alaska) // Novarupta’s ash (Alaska)

Le 6 juin 1912, une violente éruption a secoué le Novarupta en Alaska, à l’intérieur de ce qui est aujourd’hui le Parc National du Katmai. Pendant trois jours, le volcan a vomi 100 fois plus de matériaux que l’éruption du Mont St. Helens, avec des panaches qui sont montés jusqu’à plus 30 kilomètres dans le ciel avant de retomber sur la vallée qui a été enfouie par endroits sous plus de 150 mètres de cendres et de roches volcaniques. Le Mont Katmai s’est effondré pendant l’éruption. Quatre ans plus tard, quand le botaniste Robert Griggs a visité la région, des gaz continuaient à s’échapper de la cendre qui recouvrait la vallée, et il lui a donné le nom de Vallée des 10 000 Fumées.
Aujourd’hui, quelques jours chaque année, le vent rappelle à la population de la région cette impressionnante éruption. Cela se passe le plus souvent à l’automne, lorsque les tempêtes balayent la région, avant l’arrivée de la neige.
La semaine dernière, de forts vents de nord-ouest ont soulevé la cendre de l’éruption du 20ème siècle, affectant la visibilité sur l’Ile Kodiak. Le Service Météorologique a publié un bulletin spécial pour Kodiak, avertissant les habitant que le vent avait soulevé la cendre qui se dirigeait essentiellement vers la partie ouest de l’île.
Aujourd’hui, une éruption semblable à celle du Novarupta affecterait gravement le trafic aérien. Au début du 20ème siècle, quand le Novarupta est entré en éruption, il n’y avait aucun avion dans le ciel; le premier aéronef a volé en Alaska seulement un an après l’éruption. De nos jours, le Pacifique Nord est l’un des couloirs aériens les plus fréquentés au monde, avec plus de 200 vols par jour.
Pour calculer les effets qu’aurait aujourd’hui une éruption du Novarupta sur le trafic aérien, un chercheur américain a utilisé un modèle informatique appelé Puff développé par des scientifiques de l’Université de l’Alaska et affiné par un scientifique de l’Institut de Géophysique. A l’aide de ce modèle, le chercheur a imaginé que le Novarupta émettait de la cendre une fois par semaine pendant cinq ans. Il a constaté que la plupart des aéroports de l’hémisphère Nord fermeraient, mais aussi que la cendre de l’éruption atteindrait probablement l’Australie. Le pire scénario coûterait plus de 300 millions de dollars uniquement en termes de passagers et de vols retardés.
Source: Alaska Dispatch News.

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On June 6th 1912, a violent eruption shook Mt Novarupta in Alaska, in what is now Katmai National Park and Preserve. For three days, the volcano spewed 100 times more material than the Mount St. Helens eruption, shooting plumes 30 kilometres into the air and burying the valley downwind in over 150 metres of ash and volcanic rock. Mount Katmai collapsed during the explosion. Four years later, when botanist Robert Griggs visited the region, steam still poured from vents across the valley, prompting the crew to name it the Valley of 10,000 Smokes.

Today, a few times every year, the wind reminds the population of the region of that impressive eruption. It is most commonly seen in fall, when storms are passing through the area, and before snow has settled.

Last week, strong northwestern winds kicked up ash from the 20th century eruption, impacting visibility on Alaska’s Kodiak Island. The National Weather Service issued a special weather statement for Kodiak, letting locals know that loose ash had been stirred up, particularly toward the west side of the island.

Today, an eruption similar to Novarupta’s would severely affect air traffic. In the early 20th century, when Novarupta erupted, there were no planes in the air; the first plane didn’t fly in Alaska until one year after the eruption. Now, the North Pacific is one of the busiest air corridors in the world, with more than 200 flights a day.

To calculate the effects of a modern-day Novarupta on today’s air travel, a U.S. researcher used a computer model called Puff developed by University of Alaska scientists and refined by a scientist at the Geophysical Institute. The researcher used the model to spew ash from Novarupta’s vent once a week for five years and discovered that most airports in the Northern Hemisphere would close, but ash would also likely reach Australia. The worse case scenario would cost in excess of 300 million dollars just in terms of passengers and delayed flights.

Source: Alaska Dispatch News.

Falaises de cendre dans la Vallée des 10 000 Fumées (Photos: C. Grandpey)