Les forêts de l’Antarctique // Antarctica’s forests

Quand on contemple aujourd’hui l’univers immaculé de l’Antarctique, il est difficile de se faire à l’idée que ce continent n’a pas toujours été recouvert par la glace. Il y a des millions d’années, alors qu’il faisait encore partie du Gondwana, les arbres poussaient en abondance près du pôle Sud.
Des chercheurs de l’Université du Wisconsin-Milwaukee ont découvert des fossiles de certains de ces arbres ; ils nous apprennent comment les plantes ont prospéré et à quoi pourraient bientôt ressembler nos forêts qui progressent vers le nord sous l’effet du réchauffement climatique. Les scientifiques indiquent que l’Antarctique préserve une histoire écologique des biomes polaires sur environ 400 millions d’années, ce qui représente fondamentalement l’intégralité de l’évolution des plantes.
Il y a environ 400 à 14 millions d’années, le continent austral était très différent de ce qu’il est aujourd’hui ; c’était un endroit beaucoup plus vert. Le climat était plus chaud, même si les plantes qui ont survécu dans les basses latitudes méridionales ont dû faire face, comme de nos jours, à des hivers pendant lesquels le soleil disparaît à l’horizon et des étés pendant lesquels il ne se couche jamais.
Les chercheurs de l’Université du Wisconsin-Milwaukee concentrent leur étude sur une période qui se situe autour de 252 millions d’années, ce qui correspond à l’extinction massive du Permien-Trias. Au cours de cet événement, 95% des espèces sur Terre ont disparu. L’extinction a pu être causée par des émissions colossales de gaz à effet de serre produites par des éruptions volcaniques, ce qui a fait grimper les températures de la planète à des niveaux extrêmes et provoqué l’acidification des océans. Il y a des points communs évidents avec le changement climatique actuel qui est certes moins extrême mais qui est également influencé par les gaz à effet de serre.
Avant la fin de l’extinction massique du Permien, les forêts polaires du Sud étaient dominées par un type d’arbre, celui du genre Glossopteris. C’étaient de grands arbres pouvant atteindre des hauteurs de 20 à 40 mètres, avec de larges feuilles plates. Avant l’extinction du Permien, le Glossopteris dominait le paysage austral entre le 35ème  parallèle et le pôle Sud.
L’an dernier, alors qu’ils cherchaient des fossiles en Antarctique, les scientifiques ont découvert la forêt la plus ancienne de la région du pôle sud. Elle s’est probablement développée il y a environ 280 millions d’années avant de disparaître rapidement sous la cendre volcanique qui a  préservé les végétaux jusqu’au niveau cellulaire.
De nouvelles fouilles devraient être effectuées très prochainement sur deux sites qui contiennent des fossiles d’une période allant d’avant à après l’extinction du Permien. Après l’extinction, les forêts n’ont pas disparu, mais elles ont changé. Le Glossopteris n’existait plus, mais de nouveaux d’arbres à feuilles persistantes et à feuilles caduques, y compris des espèces proches des gingkos d’aujourd’hui, ont fait leur apparition. Les chercheurs essaient de comprendre ce qui a causé cette évolution.
Les plantes sont si bien conservées dans la roche que certains des blocs d’acides aminés qui composent les protéines des arbres peuvent encore être extraits. L’étude de la composition chimique de ces blocs permettra peut-être de comprendre comment les arbres ont pu s’adapter aux conditions de  lumière très particulières dans les latitudes méridionales, ainsi que les facteurs qui ont permis à ces plantes de prospérer, tout en entraînant la mort du Glossopteris.
Source: Live Science.

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When looking at Antarctica’s immaculate universe today, it is hard to imagine that this continent was not always a land of ice. Millions of years ago, when it was still part of Gondwana, trees flourished near the South Pole.

Now, newfound fossils of some of these trees by researchers at the University of Wisconsin-Milwaukee are revealing how the plants thrived, and what forests might look like as they march northward in today’s warming world. The scientists tell us that Antarctica preserves an ecologic history of polar biomes that ranges for about 400 million years, which is basically the entirety of plant evolution.

Fom about 400 million to 14 million years ago, the southern continent was a very different from what it is today, and a much greener place. The climate was warmer, though the plants that survived at the low southern latitudes had to cope with winters of 24-hour-per-day darkness and summers during which the sun never set, just as today.

The University of Wisconsin-Milwaukee researchers are focused on an era centered around 252 million years ago, during the Permian-Triassic mass extinction. During this event, as many of 95 percent of Earth’s species died out. The extinction may have been driven by massive greenhouse gas emissions from volcanoes, which raised the planet’s temperatures to extreme levels and caused the oceans to acidify. There are obvious parallels to contemporary climate change, which is less extreme but similarly driven by greenhouse gases.

Prior to the end-Permian mass extinction, the southern polar forests were dominated by one type of tree, those in the Glossopteris genus. These were huge trees that grew from 20 to 40 metres tall, with broad, flat leaves. Before the Permian extinction, Glossopteris dominated the landscape below the 35th parallel south to the South Pole.

Last year, while looking for fossils in Antarctica, the researchers found the oldest polar forest on record from the southern polar region. It probably flourished about 280 million years ago before being rapidly buried in volcanic ash, which preserved it down to the cellular level.

More excavations are due to be performed very soon at two sites which contain fossils from a period spanning from before to after the Permian extinction. After the extinction, the forests did not disappear, but they changed. Glossopteris was out, but a new mix of evergreen and deciduous trees, including relatives of today’s gingkoes, moved in. The researchers are trying to understand what exactly caused those transitions to occur.

The plants are so well-preserved in rock that some of the amino acid building blocks that made up the trees’ proteins can still be extracted. Studying these chemical building blocks may help clarify how the trees handled the southern latitudes’ weird sunlight conditions, as well as the factors that allowed those plants to thrive but drove Glossopteris to its death.

Source : Live Science.

La photo montre une souche d’arbre datant de 280 millions d’années, encore attachée à ses racines en Antarctique. (Crédit photo: Université du Wisconsin-Milwaukee)

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3 réflexions au sujet de « Les forêts de l’Antarctique // Antarctica’s forests »

  1. Bonjour Claude,
    Sans dessus dessous.
    Cette découverte reste très intéressante du point de vue scientifique, c’est à dire qu’elle vient une nouvelle fois confirmer, si besoin était, la genèse de la surface terrestre que la tectonique des plaques lithosphériques implique. Ainsi, il y à 280MA les morceaux continentaux aujourd’hui situés au pôle sud côtoyaient des latitudes bien supérieures et donc ne subissaient pas l’effet glacial des pôles, ce qui autorisait et favorisait bien évidemment la pousse de végétaux. Ce n’est donc pas le climat qui « chauffait » l‘antarctique à cette époque, mais l’antarctique qui se trouvaient géographiquement demeurer sous un climat plus chaud. Par contre, cette découverte forestière fossile ne nous éclaire pas d’avantage sur l’échelonnage de la dynamique interne de la planète et des transferts de matière qui pourrait avoir un rôle très important en rhéologie et en volcanologie. En effet, il semblerait tout de même que mécanique gravitaire et mouvance thermodynamique interne de notre planète affiche une certaine indépendance, mais étant toutes deux très impactantes sur les oscillations du climat et de la vie sur Terre, c’est pour moi l’analyse de leur conjonctions, qui apporterait un plus dans la connaissance des mécanismes naturels, de leur maitrise et donc de leur prévision. La description d’un phénomène n’implique pas forcément son explication, et c’est trop souvent que l’on invoque le hasard comme justification à une non explication. « Faisant souvent bien les choses », c’est tout de même le hasard qui à permit, aux chercheurs de l’université du Wisconsin à Milwaukee, à la recherche de fossiles, de faire cette découverte. En poursuivant les investigations, a supposé qu’ils le fassent, il est fort probable qu’ils trouvent, un peu « nécessairement » cette fois quelques indices ou traces de la fréquentation des homos sapiens en cet endroit.
    Par ailleurs, si, Il y à 280MA, l’antarctique se trouvant plus au nord, quel est le « bout de continent » qui se trouvait en plein pôle sud ? Il semblerait qu’à l’observation des simulations de mouvance des plaques depuis la séparation du Gondwana, se soit plutôt l’Afrique, dans sa presque totalité, et aussi un morceau de la Patagonie, qui est fréquentée le pôle sud. Quelles traces ou indices de ce séjours sous les glaces, serait-il possible de trouver aujourd’hui sur les endroits du globe à la place qu’ils occupent, stérilité des sols, reliefs érodés, particularité des végétaux…N’y aurait-il pas ici un vrai sujet de recherche et de réflexion ? Et si le point chaud du Cameroun avait lui aussi puisé son origine, encore bien discutée, dans cette migration apparemment superficielle mais en fait qui serait plus générale et plus globale.
    Ne pensez-vous pas qu’il serait préférable d’assoir les sujets de recherche scientifique sur une réflexion plus profonde et cohérente que de compter sur une éventuelle intervention du hasard ?
    Amitiés
    Pierre Chabat

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      1. Claude, ne me remerciez pas, mes propos ne sont qu’un « complément » aux vôtres et c’est plutôt à moi de vous féliciter et de vous remercier de me les avoir suscités.
        Un grand bravo pour vos supers articles bilingues
        Big congratulations on your great bilingual articles

        A bientôt

        Pierre Chabat
        Peter low cat

        J'aime

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