Réchauffement climatique : records de température en série // Global warming : series of temperature records

Le record mondial de température (56,7°C le 10 juillet 1913) n’a pas été battu le dimanche 16 juillet 2023 à Furnace Creek, dans la Vallée de la Mort, mais on a tout de même relevé 53,3°C.

Comme je l’ai écrit précédemment, c’est tout l’ouest des Etats Unis qui est confronté à un dôme de chaleur. L’Arizona est l’un des Etats les plus sévèrement touchés. A Phoenix, la capitale, les températures ont atteint 43°C pendant 16 jours consécutifs, et même 47°C au cours du dernier week-end. Les hôpitaux connaissent des records d’affluence. Des gens souffrent de brûlures au second degré après être entrés en contact avec les trottoirs où la température atteint 71°C. Certains patients ont été placés dans des espèces de caissons en plastique remplis de glace. Des « lieux de fraîcheur » ont été mis en place, avec distribution de bouteilles d’eau fraîche, en particulier dans les bibliothèques, les églises et les locaux disposant de climatisation.

Le sud de l’Europe n’est pas épargné, avec des records de température en Grèce, en Espagne , ou encore en Italie

J’entendais ce matin sur la radio France Info que l’éruption du volcan Hunga Tonga Hunga-Ha’apai (janvier 2022) serait l’une des causes des vagues de chaleur actuelles. Affirmer cela est aller un peu vite en besogne ! En effet, la hausse des températures a débuté bien avant l’éruption aux Tonga. Une très forte sécheresse sévissait déjà depuis de très longs mois dans l’ouest des Etats Unis. Même en France, le manque d’eau dû au réchauffement climatique n’a pas attendu l’éruption du Hunga Tonga pour se manifester. A la limite, on pourrait penser que l’éruption du Hunga Tonga a quelque peu intensifié la hausse des températures au cours de l’été 2022, mais pour le reste, c’est bien le réchauffement climatique d’origine anthropique qui est la véritable cause du problème.

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The world temperature record (56.7°C on July 10th, 1913) was not broken on Sunday July 16th, 2023 at Furnace Creek, in Death Valley, but 53.3°C was still recorded .
As I put it previously, the entire western United States is facing a heat dome. Arizona is one of the hardest hit states. In Phoenix, the capital, temperatures reached 43°C for 16 consecutive days, and even 47°C over the last weekend. Hospitals are experiencing record crowds. People suffer second degree burns after coming into contact with pavements where the temperature reaches 71°C. Some patients were placed in plastic containers filled with ice. « Cool places » have been set up, with distribution of cold water bottles, in particular in libraries, churches and premises with air conditioning.
Southern Europe is not spared, with temperature records in Greece, Spain and Italy.
I heard this morning on France Info radio that the eruption of the Hunga Tonga Hunga-Ha’apai volcano (January 2022) would be one of the causes of the current heat waves. Saying this is a bit far-fetched ! Indeed, the rise in temperatures began long before the eruption in Tonga. A very severe drought had already been raging for very long months in the western United States. Even in France, the lack of water due to global warming did not wait for the eruption of Hunga Tonga. One might think that the Hunga Tonga eruption has somewhat intensified the rise in temperatures during the summer of 2022, but for the rest, anthropogenic global warming is the real cause of the problem.

 

Carte des anomalies ERA5 en juin 2023 par rapport à 1981-2010

Islande : réouverture du site de l’éruption // Iceland : reopening of the eruption site

Après des fermetures en raison de la qualité de l’air et des incendies de végétation, le site de l’éruption sur la péninsule de Reykjanes à Litli-Hrútur a été rouvert par les autorités. Les opérations de lutte contre les incendies se poursuivront, mais le sentier d’accès au site, connu sous le nom de Meradalaleið, est considéré comme sûr pour le grand public. Des équipes de secours et la police seront présentes dans la zone et les visiteurs sont priés d’éviter les zones dangereuses indiquées par des panneaux.

L’éruption se poursuit. Le cône sur la fissure éruptive prend de la hauteur à raison de trois mètres par jour depuis le début de l’éruption. Le Met Office islandais a indiqué qu’il mesurait 22 mètres de haut le 16 juillet 2023. Pour le moment, on aperçoit les projections de lave et les éclaboussures qui jaillissent du cratère, mais on ne peut pas voir depuis le sol ce qui se passe à l’intérieur de la bouche éruptive. Pour ce faire, il faudrait se tenir au sommet d’une colline ou d’un point haut près de l’éruption, ou utiliser un drone pour observer la lave en train de bouillonner. Pour le moment, les meilleures vues sont fournies par les webcams.
Une caméra haute résolution a été installée pour obtenir de meilleures informations sur les gaz émis par la lave dans le cratère. Des échantillons ont également été prélevés au niveau du cratère.

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After closures due to air quality and wildfires, the Reykjanes eruption site at Litli-Hrútur has been reopened by authorities. Firefighting operations will continue, but the hiking path known as Meradalaleið is considered safe for the general public. Police and rescue teams will be present in the area and visitors are instructed to avoid designated hazardous areas.

The eruption continues. The cone on the eruptive fissure has been growing at a rate of three meters per day since the eruption began, The Icelandic Met Office indicated it was 22 meters high on July 16th, 2023. At the moment, one cannot see from the ground what is happening inside the eruptive vent. To do that, one would need to stand on top of a hill close to the eruption, or use a drone to get niws of the bubbling lava. For the moment, the best views are provided by the webcams.

A high-resolution camera has been installed to get better information on how the gas is being released from the lava in the crater. Samples were also taken at the crater.

Catastrophe corallienne en cours au large de la Floride // Coral disaster underway off the Florida coast

Voici une autre conséquence très inquiétante du réchauffement climatique. Une soudaine vague de chaleur a affecté l’océan au large des côtes de Floride ; elle a surpris les scientifiques et fait grimper la température de l’eau à des niveaux encore jamais vus, avec l’un des plus graves épisodes de blanchissement de coraux que l’État ait jamais connus.
Les températures de surface de la mer autour de la Floride ont atteint les niveaux les plus élevés jamais enregistrés depuis que les satellites collectent des données sur les océans. Le plus inquiétant, c’est que le réchauffement se produit beaucoup plus tôt que d’habitude. Selon les scientifiques, il s’agit là d’un nouvel exemple de la chaleur des océans amplifiée par la crise climatique causée par l’homme et des conditions météorologiques extrêmes qu’elle entraîne.
La température exceptionnellement haute de la mer – près de 36 degrés Celsius dans certaines zones – représente plus qu’un nouveau record inquiétant ; la chaleur extrême des océans et sa durée sont déterminantes pour la survie des récifs coralliens. Des températures trop élevées pendant trop longtemps provoquent le blanchissement du corail qui prend une affreuse couleur blanche lorsqu’il expulse sa source de nourriture – les algues – et meurt lentement. Le corail qui blanchit ne meurt pas toujours, mais plus la chaleur est intense et plus elle dure, plus la mort devient inévitable.
Il suffit d’un réchauffement de la surface de la mer de 1°C au-delà de la température maximale acceptable pour un récif pour déclencher le stress thermique qui conduit au blanchissement. La température de surface de la mer autour de la Floride est supérieure de plus de 2 degrés Celsius à cette fourchette normale, et ce depuis une à deux semaines.

Les récifs coralliens les plus importants se trouvent à l’est et au sud des Keys de Floride. Les mesures effectuées par les balises montrent à quel point la chaleur a été extrême en Floride, et ce dès le début de l’été. La température de l’océan autour de la Floride augmente généralement au fur et à mesure que l’été avance et n’atteint son maximum qu’à la fin du mois d’août ou en septembre. Cette vague de chaleur précoce signifie que la température de l’océan pourrait encore augmenter, ce qui entraînerait la mort inévitable d’un plus grand nombre de coraux.
Le blanchissement a déjà été observé dans les Keys de Floride, qui abritent 6 000 récifs. Onze observations de blanchissement partiel ont été confirmées par le Mote Marine Laboratory en juin 2023. Les scientifiques ont déclaré qu’ils s’attendaient à ce que ce nombre augmente de façon exponentielle dans les semaines à venir.
Selon une étude de la NOAA publiée en 2022, les maladies coralliennes et le blanchissement provoqués par le réchauffement climatique ont déjà affecté 70 % des récifs coralliens de Floride qui perd bien plus que le corail proprement dit. En effet, les récifs coralliens génèrent des milliards de dollars pour l’économie de la Floride grâce à des activités telles que la pêche et le tourisme, qui ne seraient pas possibles sans les récifs. D’un point de vue écologique, environ 25 % des espèces marines dépendent des récifs coralliens à un moment ou à un autre de leur vie.
La crise corallienne actuelle en Floride n’est qu’un symptôme supplémentaire de la menace plus générale que fait peser le réchauffement climatique. Selon une étude récente, le réchauffement climatique pourrait entraîner la disparition de tous les récifs coralliens de la planète d’ici 2100.
Source : Accuweather, NOAA, médias américains.

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Here is another severe consequence of global warming. A sudden marine heat wave off the coast of Florida has surprised scientists and sent water temperatures soaring to unprecedented highs, threatening one of the most severe coral bleaching events the state has ever seen.

Sea surface temperatures around Florida have reached the highest levels on record since satellites began collecting ocean data. And the warming is happening much earlier than normal. Accordong to scientists, this is another example of ocean heat being amplified by the human-caused climate crisis and the extreme weather it brings.

The exceptional sea temperatures – close to 36 degrees Celsius in some areas – are more than just another alarming climate record; extreme ocean heat and its duration are critical in deciding the survival of coral reefs. Temperatures that are too hot for too long cause coral to bleach, turning a ghastly white as they expel their algal food source and slowly starve to death. Coral that bleaches won’t always die, but the more intense the heat and the longer it lasts, the more inevitable death becomes.

All it takes is sea surface warming of 1 degree Celsius beyond the reef’s normal highest temperature to trigger the heat stress that leads to bleaching. The sea surface temperatures around Florida are more than 2 degrees Celsius above that normal range and have been for one to two weeks.

The more ecologically vital and expansive coral reefs are located east and south of the Florida Keys. The buoy measurements indicate just how extreme the heat in Florida has been so unusually early in the summer. Ocean temperatures around Florida usually get hotter as the summer progresses and don’t reach their peak until late August into September. The early heat wave means that ocean temperatures could rise further, with more coral deaths.

The bleaching is already happening in the Florida Keys, which is home to 6,000 individual reefs. Eleven observations of partial bleaching were confirmed by the Mote Marine Laboratory in June. Experts said they expected that number to grow exponentially in the weeks to come.

A NOAA study published in 2022 found that global warming-fueled coral disease and bleaching had already eroded 70% of Florida’s coral reefs. Florida is losing more than just the coral. Coral reefs generate billions of dollars for Florida’s economy through activities like fishing and tourism, which wouldn’t be possible without the reefs. From an ecological standpoint, about 25% of the marine species depend on coral reefs at some point in their lives.

Florida’s latest coral crisis is just another symptom of the broader threat of global warming. A recent study has found it could wipe out all of Earth’s coral reefs by 2100.

Source : Accuweather, NOAA, U.S. news media.

La zone de mer au large des côtes du sud-ouest de la Floride présentait une température de surface de 32,7°C le 10 juillet 2023 (Source : NOAA)

Volcans du monde (suite) // Volcanoes of the world (continued)

Voici un complément d’information sur l’activité éruptive dans le monde :

L’éruption se poursuit sur la péninsule de Reykjanes (Islande). La sismicité est faible sur la péninsule et le tremor éruptif est relativement stable, ce qui signifie que l’éruption devrait se poursuivre pendant un certain temps. Un cône continue à s’édifier sur la fissure éruptive et on aperçoit maintenant à peine les projections depuis le sol. L’une des webcams permet d’avoir une meilleure vue du bouillonnement à l’intérieur du cône. Le problème pour les visiteurs potentiels réside dans la fumée et les gaz produits à la fois par l’éruption et par les incendies de végétation sur le site éruptif. En effet, la lave brûle une épaisse couche de mousse typique de la région et envoie parfois des panaches volumineux sur le sentier d’accès. Par mesure de sécurité, les autorités islandaises ont décidé de fermer le site éruptif les 14 et 15 juillet 2023. La police islandaise vient d’indiquer que le site reste fermé le 16 juillet. La situation sera réévaluée le 17.

Cette incertitude sur l’ouverture ou la fermeture du site inquiète les agences de voyage qui ont du mal à prévoir les voyages en Islande sans savoir si le site sera ouvert ou non.

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Dans une mise à jour de dernière minute du 14 juillet 2023, j’indiquais qu’une importante explosion s’était produite sur le Shishaldin (2857 m) sur l’île Unimak (Aléoutiennes / Alaska). Le Shishaldin est le plus haut et l’un des volcans les plus actifs des Aléoutiennes.
Le 14 juillet, une première explosion a produit un nuage de cendres qui a atteint 9 à 12 km d’altitude. Une deuxième explosion de moindre intensité s’est produite quelques heures plus tard avec un panache qui a atteint environ 4,5 km au-dessus du niveau de la mer.
L’AVO avait déjà relevé la couleur de l’alerte aérienne à Orange et le niveau d’alerte volcanique à Watch (Vigilance) le 13 juillet suite à une hausse d’activité du Shishaldin.

L’activité explosive du Shishaldin se poursuit ce 16 juillet 2023. Le panache de cendres s’étire désormais sur 125 km au SSE du volcan à une altitude d’environ 4,9 km. La sismicité reste élevée et des signaux d’explosion sont fréquemment détectés. Certaines explosions envoient des panaches de cendres jusqu’à 6 km au-dessus du niveau de la mer.
En raison de la durée de l’ activité actuelle et de l’étendue du nuage de cendres, la couleur de l’alerte aérienne est passée au ROUGE et le niveau d’alerte volcanique est passé à WARNING (Danger) le 16 juillet 2023.

Les éruptions du Shishaldin produisent généralement des nuages ​​de cendres allant de faibles à majeurs. La principale menace concerne les avions susceptibles de survoler la région. Les Aléoutiennes sont sur les couloirs aériens entre l’Amérique et l’Asie.
Source : AVO.

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18 heures (heure française) : L’AVO vient de m’envoyer un e-mail indiquant que l’activité éruptive du Shishaldin a diminué. La sismicité a également considérablement décliné et aucun signal d’explosion n’est détecté par les instruments. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne a été abaissée à ORANGE et le niveau d’alerte volcanique est passé à WATCH (Vigilance).

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Dans ma dernière note sur l’activité volcanique dans le monde, j’ai également mentionné le Bagana (Papouasie-Nouvelle-Guinée) où une éruption explosive le 7 juillet 2023 a généré un important panache de cendres, de gaz et de vapeur provoquant d’importantes retombées de cendres sur les localités proches du volcan. Vers 22h00 le 7 juillet, les images satellites ont montré que le panache éruptif avait atteint la tropopause.
Une nouvelle éruption explosive majeure a été observée sur le Bagana le 14 juillet, avec unpanache de cendres et de gaz jusqu’à 16,4 km au-dessus du niveau de la mer. Des rapports au sol indiquent qu’une coulée pyroclastique s’est produite lors de l’éruption.
La couleur de l’alerte aérienne est maintenue à Orange.

Source : Rabaul Volcano Observatory.

Source: NASA

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Here is some more information about eruptive eruptive activity in the world :

The eruption is going on on the Reykjanes Peninsula (Iceland). Seismicity is low on the peninsula and the eruptive tremor is quite stable, which means the eruption is likely to continue for some time. A cone is building up on the eruptive fissure and one hardly sees the projections from the ground. One of the webcams provides a better view of the bubbling inside the cone. The problem for potential visitors lies vith the smake ans gases produced both by the eruption and by the wildfires on the eruptive site. Indeed, the lava is burning thick layer of moss that sometimes sends voluminous plumes across the acress footpath. As a safety measure, Icelandic authorities decided to close the eruptive site on July 14th and 15th, 2023. The closure continues on July 16th. The situation will be reviewed on July 17th. 

This uncertainty about the opening or the closureof the eruptive site worries tourist agencies that find it difficult to forecast tours without knowing whether the site will be open or not.

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In a last-minute update on July 14th, 2023, I indicated that a significant explosion had occurred at Shishaldin (2857 m) on Unimak Island (Aleutians / Alaska). Shishaldin is the highest and one of the most active volcanoes of the Aleutians.

A first explosion produced an ash cloud that reached 9 to 12 km above sea level. A second smaller explosion occurred a few hours later with a plume that reached about 4.5 km above sea level.

AVO had already raised the aviation color code to Orange and the volcano alert level to Watch on July 13th in response to increased activity at Shishaldin.

The explosive eruption of Shishaldin continues on July 16th, 2023. A continuous ash plume now extends over125 km to the SSE from the volcano with an altitude of about 4.9 km above sea level. Seismicity remains elevated and frequent explosion signals are being detected. Some explosions are sending ash plumes as high as 6 km above sea level.

Due to the duration of this current activity and the extent of the ash cloud the Aviation Color Code is being raised to RED and the Volcano Alert Level is being raised to WARNING. On July 16th, 2023.

Eruptions from Shishaldin usually produce minor to significant ash clouds. The main threat concers aircraft that may fly over the area. The Aleutians are on the flight path of air traffix between America and Asia.

Source : AVO.

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06:00 pm (French time) : AVO has just sent me an e-mail indicating that explosive eruptive activity at Shishaldin has declined. Seismicity has also significantly declined and no explosion signals are being detected by the instruments. As a consequence, the Aviation Color Code has been reduced to ORANGE and the Volcano Alert Level has been raised raised to WATCH.

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In my last post about volcanic activity around the world, I also mentioned Bagana (Papua-New-Guinea) where an explosive eruption on July 7th, 2023 generated a large ash, gas, and steam plume causing significant ashfall in local communities. At about 10:00 pm on 7 July, satellite images showed the eruption plume had reached the tropopause.

Another powerful explosive eruption was observed at Bagana on July 14th, sending a discrete plume of ash and gas up to 16.4 km above sea level. Ground reports indicate a pyroclastic flow was produced during the eruption.

The Aviation Color Code remains at Orange.

Source : Rabaul Volcano Observatory.