Le Piton s’amuse… !

Alors que la dernière éruption est tout juste terminée, l’OVPF enregistre une nouvelle phase d’inflation du Piton de la Fournaise. Le phénomène n’est guère surprenant. Comme le faisait remarquer Aline Peltier, directrice actuelle de l’Observatoire, la chambre magmatique ne s’est pas vidée complètement et il est donc normal que du magma ait tendance à se diriger vers la surface. Le problème, c’est que la pression est faible dans les conduits, comme le montre la lenteur de l’inflation. Il n’est donc pas impossible qu’une nouvelle émission de lave ait lieu à plus ou moins long terme, mais il y a de fortes chances pour que l’on se trouve confronté à un événement bref et de faible intensité.

Suite à ce retour de l’inflation, la Préfecture a de nouveau placé le volcan en phase de Vigilance, avec un accès restreint à la partie haute de l’Enclos.

L’accès à la partie haute de l’enclos reste strictement limité aux trois sentiers balisés suivants :
• le sentier Pas de Bellecombe – Formica Léo – sentier Rivals- Cratère Caubet ;
• le sentier Pas de Bellecombe – Formica Léo – sentier d’accès au site d’observation du cratère Dolomieu (accès par le nord du cratère) ;
• le sentier Kapor jusqu’à Piton Kapor.

Le sentier Rivals est ouvert à la circulation jusqu’au niveau du cratère Caubet.
La portion entre le cratère Caubet et Belvédère sur Château Fort reste interdite d’accès.

Le public devra se conformer strictement aux prescriptions et consignes figurant sur les panneaux d’information et d’avertissement affichés sur le site.

Photo: C. Grandpey

Groenland : Les Etats-Unis font le forcing ! // Greenland : The United States is pushing hard !

En août 2019, le président Trump s’était montré intéressé par l’achat du Groenland. Ce n’était certainement pas à cause de la beauté des étendues glacées de ce territoire, mais bien pour avoir accès aux richesses susceptibles d’être mises à jour par la fonte des glaces. Il est facile de comprendre pourquoi Trump veut que les États-Unis se retirent de l’Accord de Paris sur le climat! Plus la glace fondra rapidement sous les coups de boutoir du réchauffement climatique, plus il sera facile d’avoir accès aux ressources minérales qui se cachaient jusqu’à présent sous la glace. Cependant, la tentative du président américain d’acheter le Groenland s’est soldée par un échec. Les responsables politiques du Groenland et du Danemark ont insisté sur le fait que le pays n’était pas à vendre.
Cependant, les États-Unis gardent toujours un oeil sur le Groenland. Une délégation américaine, avec à sa tête le conseiller du Département d’État, s’est rendue dans la capitale Nuuk fin octobre pour s’entretenir avec des ministres du gouvernement groenlandais. Selon les analystes politiques danois, cette visite avait pour objectif d’accroître l’influence des États-Unis au Groenland.
Certains pensent que l’administration Trump est déterminée à gagner les cœurs et les esprits des 56 000 Groenlandais, le but étant de les convaincre de couper le cordon ombilical avec le Danemark et de devenir le 51ème État des États-Unis.
Les Américains ont décidé d’accroître leur présence au Groenland et de communiquer directement avec les habitants. Cela permettra court-circuiter le Danemark et d’accroître progressivement l’influence étasunienne sur la grande île. Cela porterait inévitablement atteinte à la souveraineté du Danemark.
Les membres de la délégation américaine ont exprimé leur intérêt pour une coopération de plus en plus importante avec le Groenland dans les domaines du commerce, de la construction d’infrastructures, de l’investissement, de l’éducation et de la recherche. Il est également évident que les États-Unis voudraient développer l’industrie minière et le tourisme, sujet qui a été à l’origine des récents désaccords entre le Groenland et le Danemark.
De nombreux observateurs estiment que les États-Unis pourraient aider le Groenland à obtenir son indépendance et persuader les autorités groenlandaises de tenir un référendum sur la séparation du Danemark Un journaliste local n’exclut pas la possibilité de voir une majorité politique se dessiner au Groenland d’ici cinq à dix ans pour que le Groenland rejoigne les Etats-Unis et se séparer de la tutelle danoise.

Source: Iceland Monitor.

Personnellement, je suis prêt à parier que si les Républicains restent au pouvoir, le Groenland deviendra le 51ème Etat des Etats Unies au cours de la décennie à venir. Business is business ! Un bel exemple de colonialisme que la France et la Grande Bretagne n’auront pas trop intérêt à critiquer !

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In August 2019, President Trump said he was interested in buying Greenland. This was certainly not because of the beauty of the territory’s icy expanses, but rather to have access to the wealth likely to be uncovered by the melting of the ice. It is easy to understand why Trump wants the U.S. to pull out of the Paris Climate Agreement! The faster the ice melts under the assaults of global warming, the easier it will be to have access to the minerals that used to hide beneath the ice. However, The U.S. President attempt to buy Greenland proved a failure. The government of Greenland and Danish politicians stressed that the country was not for sale.

However, the United States has not lost interest in Greenland. A US delegation, headed by the counselor of the US Department of State, was in the capital Nuuk in late October, talking to Greenlandic government ministers, a move which Danish political analysts see as likely meant to increase US influence in Greenland.

Some have suggested that US President Donald Trump’s administration is determined to win the hearts and minds of the Greenlandic people, who count 56,000, with the aim of convincing them to cut ties with Denmark and potentially become instead the 51st State of the United States.

Americans now want to increase their presence in Greenland and communicate directly with its people, thereby eschewing Denmark, with the aim of gradually increasing their influence on this large island. This would inevitably undermine the sovereignty of Denmark.

The members of the U.S. delegation expressed interest in increased cooperation with Greenland in trade, the building of infrastructure, investment, education and research. It is also obvious that the U.S. would like to develop mining and tourism, an ambition which caused the recent disagreements between Greenland and Denmark.

Many observers believe the US could help Greenland earn independence from Denmark and might work to persuade Greenland to hold a referendum on separation from Denmark A local journalist does not rule out the possibility of there being political majority in Greenland five to ten years from now for becoming part of the US instead of Denmark.

Source : Iceland Monitor.

Source: Geological Survey of Denmark and Greenland

 

Photos: C. Grandpey

Volcans du monde // Volcanoes of the world

L’activité volcanique de ces derniers jours a surtout été marquée par l’éruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) entre les après midis des 25 et 27 octobre 2019. C’était le cinquième événement de ce type depuis le début de l’année. On assiste chaque fois à une émission de lave de quelques jours précédée d’une lente inflation du volcan.

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Une explosion extrêmement rare a été enregistrée sur le versant sud de l’Iztaccihuatl (Mexique) le 22 octobre 2019. Ce volcan est toujours considéré comme actif bien qu’il n’ait pas eu d’éruptions au cours de l’Holocène. Selon les autorités, l’explosion pourrait être due à une accumulation de gaz. Plus d’informations ainsi qu’une visite du site seront nécessaires pour analyser avec précision l’origine de cet événement.
L’événement explosif n’a duré que quelques secondes, mais il se pourrait qu’il soit d’origine volcanique et lié au système d’alimentation du volcan.
Vu depuis la Vallée du Mexique, l’Iztaccíhuatl, la « femme en blanc », présente le profil d’une femme endormie.
Source: INGEA, The Watchers.

Dernière minute : L’Iztaccíhuatl n’aurait pas connu d’activité volcanique. Selon le CENAPRED, il ne s’agirait pas du tout d’une activité explosive d’origine volcanique mais plutôt d’un effet d’optique :

“Lo observado sobre el volcán coincide en tiempo con el destello del lado izquierdo de la imagen, de una de las luces de la estación situada en el cerro de Altzomoni. Cabe señalar que la imagen de la cámara ubicada en la ciudad de Puebla no muestra ninguna emisión como la descrita. Esto indica que pudiera tratarse de un efecto óptico en la cámara de Paso de Cortés y no de actividad eruptiva.”

« La chose observée sur le volcan coïncide avec le flash du côté gauche de l’image, en provenance de l’une des lumières de la station située sur la colline d’Altzomoni. Il convient de noter que l’image de la caméra située dans la ville de Puebla ne montre aucune émission telle que décrite. Cela montre qu’il pourrait s’agir d’un effet optique au niveau de la caméra de Paso de Cortés et non d’une activité éruptive.»

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Kuchinoerabujima n’est pas la plus connue des îles japonaises. La Smithsonian Institution explique qu’un groupe de jeunes stratovolcans forme l’extrémité E de l’île, au nord des îles Ryukyu, à 15 km à l’ouest de Yakushima.

La dernière activité à Kuchinoerabujima a eu lieu sur deux volcans, le Shindake et le Furudake. Des explosions phréatiques et des éruptions vulcaniennes ont eu lieu sur le Shindake en décembre 2018 et janvier 2019.souvent accompagnées de coulées de boue et de coulées pyroclastiques. Des éruptions avec des coulées pyroclastiques se sont produites sur le Furudake il y a environ 200 ans.
L’Agence Météorologique Japonaise (JMA) a relevé le niveau d’alerte à Kuchinoerabujima de 2 à 3 le 27 octobre 2019. Selon l’Agence, une éruption pourrait déclencher des coulées pyroclastiques, comme cela s’est produit sur le Mont Shindake en janvier 2019. En 2015, des coulées pyroclastiques avaient déjà atteint la côte, obligeant les habitants à partir.
Source: JMA, Smithsonian Institution, The Watchers.

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En raison de l’émission de panaches de gaz et de vapeur et, plus tard, de nuages ​​de cendre, la couleur de l’alerte aérienne pour le Klyuchevskoy (Kamchatka) est d’abord passée au Jaune, puis à l’Orange le 24 octobre 2019. Les panaches de cendre ont atteint 5,5 km de hauteur. Une petite anomalie thermique a été identifiée sur le volcan les 18 et 24 octobre.
Source: KVERT.

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La lave continue d’avancer le long des flancs du Karangetang (Indonésie). Les coulées atteignent jusqu’à 1,8 km dans plusieurs ravines des flancs sud-ouest et ouest. L’incandescence est visible la nuit au-dessus des deux cratères sommitaux. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4).
Source: CVGHM.

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Au Chili, le cratère Nicanor du Nevados de Chillán émet de la vapeur et des panaches de cendre s’élevant jusqu’à 1,3 km au-dessus de la lèvre. Les explosions projettent des matériaux incandescents sur les flancs du volcan. Une nouvelle coulée de lave avance lentement sur le flanc NE. Le niveau d’alerte reste à l’Orange.
Source: SERNAGEOMIN.

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Des explosions d’intensité faible à moyenne sont toujours observées sur le Sabancaya (Pérou). Les panaches de gaz et de cendre s’élèvent en général à 2,5 km au-dessus du sommet. L’extrusion du dôme de lave dans le cratère sommital a ralenti depuis février et a rempli la partie N du cratère. Son volume estimé est de 4,6 millions de mètres cubes. Le niveau d’alerte reste à l’Orange et il est demandé à la population de rester en dehors d’un rayon de 12 km.
Source: IGP.

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Volcanic activity of these last days was especially marked by the eruption of Piton de la Fournaise (Reunion Island) between the afternoons of October 25th and 27th, 2019. It was the fifth event of this type since the beginning of year. Each time, the eruption consists of a lava emission of a few days preceded by slow inflation of the volcano.

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A rare explosion occurred on the southern slope of Iztaccihuatl (Mexico) on October 22nd, 2019. This volcano is still considered active even though it has no known Holocene eruptions. According to authorities, the explosion might be due to an accumulation of gases. More information will be required to fully analyze the origin of this event, as well as a visit to the site..

The explosive event lasted only a few seconds, but it could still be considered of volcanic origin if its cause is to be discovered in the feeding system of the volcano.

Iztaccíhuatl, the « Woman in White, » presents the profile of a sleeping woman as seen from the Valley of Mexico.

Source: INGEA, The Watchers.

Last minute: Iztaccíhuatl probably did not have any volcanic activity. According to CENAPRED, an explosive activity of volcanic origin of the webcam image, but rather an optical effect:

“Lo observado sobre el volcán coincide en tiempo con el destello del lado izquierdo de la imagen, de una de las luces de la estación situada en el cerro de Altzomoni. Cabe señalar que la imagen de la cámara ubicada en la ciudad de Puebla no muestra ninguna emisión como la descrita. Esto indica que pudiera tratarse de un efecto óptico en la cámara de Paso de Cortés y no de actividad eruptiva.”

“The observed thing on the volcano coincides in time with the flash on the left side of the image, coming from one of the lights of the station located on the hill of Altzomoni. It should be noted that the image of the camera located in the city of Puebla does not show any emission as described. This indicates that it could be an optical effect in the Paso de Cortés camera and not eruptive activity. ”

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Kuchinoerabujima is not the best known of the Japanese volcanoes. The Smithsonian Institution explains that a group of young stratovolcanoes forms the eastern end of the island of Kuchinoerabujima in the northern Ryukyu Islands, 15 km west of Yakushima. The The latest activity at Kuchinoerabujima occurred on Furudake and Shindake volcanoes. Phreatic explosions and Vulcanian eruptions have occurred at Shindake , frequently accompanied with mudflows and pyroclastic flows. Eruptions with pyroclastic flows occurred at Furudake about 200 years ago.

The Japan Meteorological Agency (JMA) upgraded the alert level for the volcano from 2 to 3 on October 27th, 2019.  According to the Agency, the volcano might trigger pyroclastic flows, like Mount Shindake did in January 2019. In 2015, similar pyroclastic flows reached the coast, forcing residents to evacuate.

Source: JMA, Smithsonian Institution, The Watchers.

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Due to emissions of gas and steam, and later of ash clouds, the aviation colour code for Klyuchevskoy (Kamchatka) was first raised to Yellow, then to Orange on October 24th, 2019.  The ash plumes rose to 5.5 km. A weak thermal anomaly was identified over the volcano on October 18th and 24th.

Source: KVERT.

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Lava continues to travel along the flanks of Karangetang (Indonesia). The flows reach as far as 1.8 km down several drainages on the SW and W flanks. Incandescence can be seen at night above the two summit craters. The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4).

Source : CVGHM.

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In Chile, Nevados de Chillán’s Nicanor Crater is emitting steam and ash plumes that rise as high as 1.3 km above the rim. Explosions eject incandescent material onto the flanks of the volcano. A new lava flow slowly advances on the NE flank.. The alert level remains at Orange.

Source: SERNAGEOMIN.

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Low-to-medium intensity explosions are still observed at Sabancaya (Peru). Gas-and-ash plumes usually rise as high as 2.5 km above the summit. The lava dome in the summit crater has been slowing extruding since February and filling in the N part of the crater. Its estimated volume is 4.6 million cubic metres. The alert level remains at Orange and the public is warned to stay outside a 12-km radius.

Source: IGP.

L’explosion de l’Iztaccihuatl vue par la webcam

Le permafrost est un puissant émetteur de carbone // Permafrost is a powerful carbon emitter

Quand je lis le titre d’un article publié sur le site web de la revue GEO, je me dis qu’il reste beaucoup à faire pour faire prendre conscience des effets du réchauffement climatique.

L’article est intitulé : « A cause du changement climatique, le sol gelé de l’Arctique serait devenu un émetteur de carbone. » Je suis désolé, mais l’utilisation du conditionnel est une grave erreur. Cela fait longtemps que j’attire l’attention sur les émissions de gaz à effet de serre (gaz carbonique et méthane) par le sol de la toundra, que ce soit en Sibérie, au Canada ou en Alaska.

L’auteur de l’article prend des précautions bien inutiles. Il écrit qu’« une nouvelle étude suggère qu’à cause de la hausse de températures, le sol gelé de l’Arctique serait devenu un émetteur de dioxyde de carbone. En hiver, il libèrerait désormais plus de gaz que les plantes de la région ne peuvent en absorber durant l’été. » Pas de doute possible, GEO est très en retard sur la réalité !

En lisant l’article, j’ai l’impression de lire un condensé des notes diffusées de puis des mois sur mon blog à propos de la fonte du permafrost, ou pergélisol. On nous rappelle que le sol arctique gelé en permanence constitue 24% des terres émergées de l’hémisphère nord et recouvre plus de 20 millions de kilomètres carrés. Depuis des dizaines de milliers d’années, les régions arctiques capturent le gaz carbonique pour le piéger en profondeur. D’après une étude parue en 2015, le pergélisol recèle quelque 1.700 milliards de tonnes de CO2, soit deux fois plus que la quantité présente dans l’atmosphère. A cause du changement climatique et de l’augmentation des températures, le pergélisol est maintenant devenu un émetteur de carbone. Il libère plus de CO2 en hiver que les plantes de la région ne peuvent en absorber durant l’été.

Jusqu’à ces dernières années, on pensait que la libération de carbone s’interrompait en hiver parce que les sols restaient gelés et que les bactéries n’étaient pas actives, mais des études récentes ont prouvé le contraire.

Comme je l’ai indiqué dans une note précédente, les scientifiques ont placé des capteurs de dioxyde de carbone au niveau de plus de 100 sites répartis à travers l’Arctique. D’octobre à avril, ces dispositifs ont collecté plus de 1.000 mesures qui ont permis d’évaluer les émissions de CO2 au niveau du pergélisol et d’établir des modèles. Les chercheurs ont constaté que la libération de CO2 varie selon le type de végétation mais est deux fois plus importante qu’évaluée par de précédentes études.

Pour calculer l’évolution du phénomène au fil des décennies, les scientifiques ont étendu les prédictions de leur modèle en considérant les conditions plus chaudes établies pour 2100 par différents scénarios du GIEC. Dans un scénario modéré où des efforts seraient mis en place, les émissions du pergélisol pourraient augmenter de 17%. En revanche, si aucun effort n’est mené, le phénomène pourrait croître de 41%.

L’article de GEO fait toutefois remarquer que cette étude n’est pas la première à dénoncer les conséquences de la fonte du pergélisol pour le climat. Les sols gelés de l’Arctique sont déjà qualifiés par certains de « bombe à retardement climatique », en raison de la quantité de méthane (CH4) qu’ils recèlent et peuvent libérer. Les cratères creusés dans la toundra sibérienne par les explosions de méthane sont la preuve de la puissance explosive de ce gaz dont le potentiel de réchauffement est environ 30 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone.

Pour terminer, l’article oublie de mentionner les conséquences que la fonte du permafrost pourrait avoir pour la santé. En fondant, le sol gelé risque de libérer des bactéries restées prisonnières pendant des décennies, voire des siècles. L’épidémie d’anthrax qui a touché des éleveurs de rennes en Sibérie il y a quelque mois n’est peut-être pas étrangère à ce phénomène.

Source : GEO.

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When I read the title of an article published on the website of the GEO magazine, I tell myself that much remains to be done to raise awareness of the effects of global warming.
The article is entitled: “Because of climate change, frozen ground in the Arctic may have become a carbon emitter.” I’m sorry, but using “may” is a big mistake. It has been a long time since I brought attention to greenhouse gas (carbon dioxide and methane) emissions from tundra soils, whether in Siberia, Canada or Alaska.
The author of the article takes useless precautions. He writes that « a new study suggests that because of rising temperatures, the frozen ground of the Arctic may have become a carbon dioxide emitter. In winter, it is likely to release more gas than plants in the region can absorb during the summer. No doubt, GEO is way behind reality!
While reading the article, I have the impression to read a summary of the posts released for months on my blog about the melting of permafrost. We are reminded that the permanently frozen Arctic soil constitutes 24% of the northern hemisphere’s land surface and covers more than 20 million square kilometres. For tens of thousands of years, Arctic regions have captured carbon dioxide to trap it at depth. According to a study published in 2015, permafrost contains some 1,700 billion tonnes of CO2, twice as much as the amount in the atmosphere. Due to climate change and increasing temperatures, permafrost has now become a carbon emitter. It releases more CO2 in winter than plants in the region can absorb during the summer.
Until recently, it was thought that carbon release stopped in the winter because soils remained frozen and bacteria were not active, but recent studies have shown the opposite.
As I mentioned in a previous posts, scientists have placed carbon dioxide sensors at more than 100 sites across the Arctic. From October to April, these devices collected more than 1,000 measurements that made it possible to evaluate CO2 emissions at the level of permafrost and to establish models. The researchers found that CO2 release varies by vegetation type, but is twice as large as assessed by previous studies.
To calculate the evolution of the phenomenon over decades, scientists have extended the predictions of their model by considering the warmer conditions set for 2100 by different IPCC scenarios. In a moderate scenario where efforts would be put in place, permafrost emissions could increase by 17%. On the other hand, if no effort is made, the phenomenon could grow by 41%.
However, the GEO article notes that this study is not the first to denounce the consequences of melting permafrost for the climate. The frozen soils of the Arctic are already qualified by some of the « climate time bomb » because of the amount of methane (CH4) they contain and can release. The craters dug in the Siberian tundra by methane explosions are proof of the explosive power of this gas whose potential for warming is about 30 times higher than that of carbon dioxide.
Finally, the article fails to mention the consequences that the melting of permafrost could have for health. By melting, frozen soil may release bacteria that have been trapped for decades or even centuries. The anthrax epidemic that affected reindeer herders in Siberia a few months ago may be linked to this phenomenon.
Source: GEO.

Photo: C. Grandpey

Source: The Siberian Times