Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde.

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L’Épisode 38 de l’éruption du Kilauea (Hawaï) le 6 décembre 2025 a été l’événement le plus spectaculaire de la semaine écoulée. Des fontaines de lave de près de 370 mètres de hauteur ont jailli de la bouche sud, détruisant au passage l’une des webcams du HVO. Avant que la bouche sud ne devienne la plus puissante, on observait trois fontaines de lave simultanées d’une hauteur d’environ 150 mètres : deux provenaient de la bouche nord et une de son homologue sud. Ce triple phénomène est extrêmement rare et c’est la première fois qu’il est observé au cours de cette éruption qui a duré une douzaine d’heures. L’inflation sommitale a repris dès l’arrêt des fontaines de lave. Le HVO s’attend à un 39ème épisode d’ici deux à trois semaines.

Source : HVO.

Image webcam de l’Épisode 38

L’Épisode 38 s’est terminé avec un débit moyen de 190 mètres cubes par seconde. On estime à 12,6 millions de mètres cubes le volume de lave émis. Cette lave a recouvert environ 50 à 60 % du plancher du cratère de l’Halemaʻumaʻu.
Plus globalement, après un an d’éruptions à répétition, le HVO explique que plus de 185,5 millions de mètres cubes de lave se sont déversés dans la caldeira sommitale du Kilauea depuis le début des éruptions épisodiques du volcan, le 23 décembre 2024.
Voici ci-dessous deux photos montrant une vue d’ensemble du cratère de l’Halemaʻumaʻu. La photo du haut date du 12 décembre 2024, juste avant le début des éruptions, et celle du bas a été prise le 11 décembre 2025.

On peut observer le monticule de téphra en formation sur la gauche, le long de la lèvre de la caldeira ; ce monticule était absent en 2024. On estime que le plancher du cratère s’est élevé de plus de 64 mètres, mais il reste encore beaucoup d’espace pour de nouvelles éruptions. La prochaine devrait avoir lieu entre le 20 et le 30 décembre 2025.
Source : HVO.

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Sur l’île de la Réunion, on s’attendait à une éruption du Piton de la Fournaise à brève échéance. Les instruments de l’OVPF avaient détecté une intrusion magmatique qui s’est arrêtée le 5 décembre 2025. Rien de significatif n’étant remarqué par l’Observatoire le 8 décembre, le préfet a levé les restrictions d’accès à l’Enclos dans les limites des zones balisées.

Toutefois, la sismicité ainsi que l’inflation lente de la zone sommitale se poursuivent, même si la sismicité a bien faibli. Il ne fait guère de doute que la mise en pression du réservoir magmatique superficiel se poursuit. Jusqu’à quand ? Personne ne le sait.

Selon l’OVPF, à ce stade, aucune hypothèse n’est écartée (arrêt définitif de l’intrusion, reprise de l’intrusion, nouvelle intrusion) quant à l’évolution de la situation à venir compte tenu de cette sismicité persistante. Cette situation illustre parfaitement l’état actuel de la prévision éruptive. Les paramètres scientifiques montrent qu’un événement est probable, mais nous sommes incapables de dire quand. Ce n’est pas très grave pour le Piton de la Fournaise dans la mesure où aucune population n’est vraiment menacée.

Par le passé de telles intrusions ont parfois précédé de quelques jours l’injection finale de magma conduisant à l’éruption, comme cela a été observé récemment en septembre 2022 et décembre 2020.

Photo: C. Grandpey

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Selon des chercheurs de l’Université d’État de l’Oregon (OSU), l’Axial Seamount, un volcan sous-marin situé au large des côtes de l’Oregon, le long de la dorsale Juan de Fuca dans l’océan Pacifique, dont l’éruption était initialement prévue pour 2025, ne se manifestera pas avant le milieu ou la fin de l’année 2026. Les chercheurs de l’OSU surveillent en continu et en temps réel l’activité de l’Axial Seamount grâce au Regional Cabled Array (RCAR), un dispositif qui utilise environ 1 050 kilomètres de câbles sous-marins et plus de 140 instruments pour surveiller en permanence son activité. Ces derniers ont révélé que le seuil de gonflement du volcan est proche de celui de l’éruption de 2015. Alors que l’année 2025 tire à sa fin, le gonflement de l’Axial Seamount est resté stable et la sismicité est relativement faible, ce qui signifie qu’« aucune éruption n’est imminente ». Au rythme actuel de l’inflation, aucune éruption ne devrait se produire avant le milieu ou la fin de l’année 2026.
Même si l’Axial Seamount entrait en éruption en 2026, il n’y aurait aucun danger pour la population. Les coulées de lave n’auraient aucun impact sur la surface de l’océan et ne feraient que remodeler le plancher océanique.
L’Axial Seamount a connu une cinquantaine d’éruptions au cours des 800 dernières années. Trois ont eu lieu ces 30 dernières années : en 1998, 2011 et 2015.

Source : Salem Statesman Journal.

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Dans une mise à jour publiée le 11 décembre 2025, le Met Office islandais indique que le processus d’accumulation magmatique sous Svartsengi se poursuit. Au cours des deux dernières semaines, le rythme d’accumulation est resté relativement stable.
Le Met Office ajoute que tant que le magma s’accumule, la probabilité d’une éruption demeure élevée. L’incertitude quant à la date de la prochaine éruption devient plus grande lorsque l’accumulation est lente. Compte tenu du rythme d’accumulation actuel, cette incertitude se chiffre en mois. Autrement dit, toute prénision éruptive à court terme est impossible.
Les modélisations montrent que depuis mars 2024, le volume de magma nécessaire pour déclencher une nouvelle éruption semble avoir augmenté par rapport aux éruptions précédentes. Selon les modèles, le volume de magma accumulé sous Svartsengi entre les éruptions depuis mars 2024 a varié entre 17 et 23 millions de mètres cubes. Les modélisations montrent actuellement qu’un peu plus de 17 millions de mètres cubes de magma se sont accumulés sous Svartsengi depuis la dernière éruption de juillet 2025. Ce volume est comparable à celui observé juste avant l’éruption de mai 2024.
L’activité sismique dans la région demeure faible.
Source : Met Office.

Volumes de magma accumulés pour chaque épisode d’inflation à Svartsengi depuis décembre 2023. Les barres orange représentent le volume accumulé avant le début de l’éruption. La barre rouge représente le volume accumulé depuis l’éruption de juillet jusqu’à aujourd’hui. (Source : Met Office)

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L’activité éruptive s’est poursuivie à Ambae (Vanuatu) durant la dernière semaine de novembre et la première semaine de décembre. Des panaches de vapeur, de gaz et de cendres étaient visibles sur les images satellites et les webcams. Une anomalie thermique a également été détectée sur les images satellites. Des retombées de cendres ont été signalées dans les localités situées sous le vent. Selon le VAAC de Wellington, les panaches de cendres ont atteint une hauteur de 3,7 km début décembre. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 0 à 5) et la population est priée de rester en dehors de la zone de danger A, soit un rayon de 2 km autour des bouches actives du lac Voui.
Source : Département de météorologie et de géorisques du Vanuatu (VMGD).

Bouche active sur le Lac Voui (Source: Vanuatu GeoHazards)

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Une forte sismicité est toujours enregistrée sur le Bur ni Telong (Indonésie). Le réseau sismique a détecté une hausse du nombre d’événements volcaniques profonds. De plus, on a enregistré 19 séismes tectoniques locaux. Aucune émission n’a été observée. Le niveau d’alerte reste à 2 (niveau 2 sur une échelle de 1 à 4), mais la zone d’exclusion a été étendue à un rayon de 3 km autour du cratère le 4 décembre 2025. Le public est invité à éviter les zones de fumerolles et de solfatares, en particulier par temps nuageux ou pluvieux.

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Toujours en Indonésie, l’activité éruptive se poursuit sur le Semeru, avec des événements quotidiens enregistrés par le réseau sismique. Des panaches de vapeur et de cendres s’élèvent entre 400 et 1 100 m au-dessus du sommet. Une incandescence sommitale ainsi que sur la partie supérieure du flanc sud-est est visible de nuit sur les images des webcams. Le niveau d’alerte reste à 3 et le public est prié de se tenir à au moins 5 km du sommet dans toutes les directions, et à l’écart des ravines en raison des risques d’avalanches et de lahars.
Source : PVMBG.

Photo: C. Grandpey

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L’activité éruptive se poursuit sur le Puracé (Colombie). La sismicité inclut des épisodes de tremor et des signaux longue période indiquant des mouvements de fluides, et des séismes révélant des fracturations de roches à des profondeurs de 1 à 3 km. Les émissions de gaz et de cendres s’élèvent de 100 à 900 m au-dessus du sommet. Le 3 décembre 2025, une hausse de température à l’intérieur du cratère a été observée par satellite. De faibles retombées de cendres ont été signalées dans plusieurs localités. Le niveau d’alerte reste à l’Orange (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs) et le public est prié de rester à l’écart du cratère.
Source : Servicio Geologico Colombiano (SGC).

Source: Wikipedia

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L’éruption du Krasheninnikov (Kamchatka) se poursuit. Une importante anomalie thermique au-dessus du volcan a été identifiée sur les images satellites. Elle a révélé la présence de coulées de lave sur le flanc est-nord-est du 22 novembre au 6 décembre 2025. La couleur de l’alerte aérienne reste Orange (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs).
Source : KVERT.

Crédit photo: KVERT

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Au vu des images satellites, l’éruption du Nyamulagira (République Démocratique du Congo) s’est poursuivie en décembre. Une incandescence était visible sur le fond de la caldeira sommitale et au niveau des coulées de lave actives sur le flanc nord-ouest le 7 décembre. La longueur maximale de la coulée de lave a été estimée à environ 6,5 km par rapport au cratère.
Source : Copernicus.

Éruption du Nyiamuragira (Crédit photo: Observatoire de Goma)

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is the latest news about volcanic activity around the world.

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Episode 38 of the Kilauea eruption (Hawaii) on December 6, 2025, was the most spectacular event of the past week. Lava fountains nearly 370 meters high erupted from the south vent, destroying one of the HVO’s webcams in the process. Before the south vent became the most powerful, three simultaneous lava fountains, each about 150 meters high, were observed: two from the north vent and one from its southern counterpart. This triple phenomenon is extremely rare and was the first time it had been observed during this eruption, which lasted about twelve hours. Summit inflation resumed as soon as the lava fountains stopped. The HVO expects a 39th episode within two to three weeks.

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Episode 38 ended with an average effusion rate of 190 cubic meters per second. An estimated 12.6 million cubic meters of lava erupted and covered about 50-60% of the floor of Halemaʻumaʻu crater.

More globally, after one year of repetitive eruptions, the HVO explains that more than 185.5 million cubic meters of lava have poured into Kilauea’s summit caldera since the volcano’s episodic eruptions began on 23 December 2024.

Here are two photos showing an overview of Halema’uma’u Crater. The top photo is from 12 December 2024, just before the eruptions began, and bottom photo is from today, 11 December 2025. One can see the growing mound of tephra just to their left along the caldera edge, that was not present last year. It is estimated that the crater floor has risen by more than 64 meters. There is still plenty of room left for more episodes. The next one is likely to occur between December 20 and 30, 2025.

Source : HVO.

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Everybody on Réunion Island was expecting an eruption of Piton de la Fournaise in the near future. Instruments from the Piton de la Fournaise Volcano Observatory (OVPF) detected a magma intrusion that ceased on December 5, 2025. As nothing significant was observed by the Observatory on December 8, the prédet lifted the restrictions on access to the Enclos within the limits of the marked areas.

However, seismicity and slow inflation of the summit area continue, even though the seismicity has significantly decreased. There is little doubt that the pressure buildup in the shallow magma reservoir is ongoing. Until when ? Nobody knows.
According to the OVPF, at this stage, no hypothesis is being ruled out (definitive cessation of the intrusion, resumption of the intrusion, or a new intrusion) regarding the future evolution of the situation, given this persistent seismicity. This situation perfectly illustrates the current state of eruptive prediction. The scientific parameters indicate that an event is probable, but we are unable to say when. This is not a major concern for Piton de la Fournaise, as no population is truly threatened. In the past, such intrusions have sometimes preceded the final injection of magma leading to the eruption by a few days, as was observed recently in September 2022 and December 2020.

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According to researchers at Oregon State University (OSU), Axial Seamount, the underwater volcano off the Oregon Coast and along the Juan de Fuca Ridge in the Pacific Ocean, that was predicted to erupt in 2025 is now expected to erupt mid-to-late 2026.

Researchers at OSU have been continuously monitoring the Axial Seamount’s activity in real time by using the Regional Cabled Array, an ocean observatory that uses approximately 1,050 kilometers of undersea cables to constantly monitor activity with more than 140 instruments. The latter have revealed that the inflation threshold is close to where the volcano erupted in 2015. As 2025 comes to a close, while the inflation of Axial Seamount has reportedly been steady, the rate of seismicity has been relatively low, meaning « nothing is imminent. » At the current rate of inflation, no eruption is likely to happen until mid-to-late 2026.

Even if the Axial Seamount volcano erupts in 2026, there is no danger to people. The lava flows that come from Axial Seamount will have no effect on the surface of the ocean and will only reshape the seafloor.

The volcano has experienced around 50 eruptions during the last 800 years. It has had three eruptions in the last 30 years, in 1998, 2011 and 2015.

Source : Salem Statesman Journal.

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In an update released on December 11, 2025, the Icelandic Met Office indicates that the magma accumulation process under Svartsengi is still ongoing.Over the past two weeks, the accumulation rate has remained fairly steady.

The Met Office adds that as long as magma is accumulating, the likelihood of an eruption remains elevated. The uncertainty regarding the timing of the next eruption is greater when accumulation is slow. Based on the current accumulation rate, the timing uncertainty spans months.In other words, short-term eruptive prediction amounts to zero.

Model calculations indicate that since March 2024, the volume of magma required to trigger a new eruption appears to have increased compared to earlier events. According to the models, the magma volume that has accumulated beneath Svartsengi between eruptions since March 2024 has varied between 17 and 23 million cubic meters. Model calculations now show that just over 17 million cubic meters of magma have been added to the accumulation area beneath Svartsengi since the last eruption in July. This is similar to the volume observed just before the May 2024 eruption.

Seismic activity in the area remains low.

Source : Met Office.

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Eruptive activity continued at Ambae (Vanuatu) during the last week of November and the first week of December. Steam, gas, and ash plumes were visible in satellite and webcam observations. A thermal anomaly was also detected in satellite images. Ashfall was reported in downwind communities. According to the Wellington VAAC low-level ash plumes rose as high as 3.7 km in early December. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 0-5), and the public is asked to stay outside of Danger Zone A, defined as a 2-km radius around the active vents in Lake Voui.

Source : Vanuatu Meteorology and Geohazards Department (VMGD).

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Increased seismicity is still recordedat Bur ni Telong (Indonesia). The seismic network has detected an increase in the number of deep volcanic events. Additionally, the network recorded has 19 local tectonic earthquakes. No emissions were observed. The Alert Level remains at 2 (level 2 on a scale of 1-4), though on 4 December 2025 the exclusion zone was increased to a radius of 3 km from the crater area. The public should avoid the fumarole and solfatara regions, especially during cloudy or rainy weather.

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Still in Indonesia, eruptive activity continues at Semeru, with daily events recorded by the seismic network. Steam and ash plumes rise 400-1,100 m above the summit. Incandescence at the summit on the upper SE flank can be seen at night on webcam images. The Alert Level remains at 3 and the public is asked to stay at least 5 km away from the summit in all directions, and away from the drainages because of the risks of avalanches and lahars.

Source : PVMBG.

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Eruptive activity continues at Puracé (Colombia). Seismicity is characterized by tremor and long-period signals indicating fluid movement, and earthquakes indicating rock fracturing located at depths of 1-3 km. Daily gas-and-ash emissions rose 100-900 m above the summit. On 3 December 2025, a temperature increase within the crater was identified in satellite data. Minor ashfall has been reported in several communities. The Alert Level remains at Orange (level 2 on a four-color scale) and the public is asked to stay away from the crater.

Source : Servicio Geologico Colombiano (SGC).

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The eruption at Krasheninnikov (Kamchatka) continues. A large thermal anomaly over the volcano has been identified in satellite images. it showed the advancement of lava flows on the ENE flank during 22 November-6 December 2025. The Aviation Color Code remains at Orange (level 2 on a four-color scale).

Source : KVERT.

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The eruption at Nyamulagira (Democratic Republic of Congo) continued in December based on observations using satellite images. Incandescence on the floor of the summit caldera and from active lava flows on the NW flanks was visible in a 7 December satellite image. The distal end of the farthest lava flow was about 6.5 km from the crater rim.

Source: Copernicus.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Réchauffement climatique : la neige manque en Auvergne, sauf à Super-Besse !

Après un novembre humide et froid, décembre 2025 connaît un redoux, avec des températures affichant souvent plus de 10 degrés au-dessus de 1000 mètres. Début décembre, l’isotherme 0° se situait à plus de 3000 mètres d’altitude. S’agissant de la neige, les prévisions ne sont pas bonnes car elles n’annoncent pas de neige avant une dizaine de jours au moins. Un anticyclone s’étire des Açores au Sud de l’Europe et il continue de drainer un flux d’ouest-sud-ouest particulièrement doux sur le pays. Selon Météo France, il semble qu’à plus longue échéance, vers le 18 ou 19 décembre, les températures pourraient fléchir un peu, avec éventuellement quelques précipitations, mais cela reste encore très loin.

Les vacances de Noël s’annoncent difficiles pour les stations de basse et moyenne altitude. Avec la douceur des derniers jours et l’absence de gel, il n’y aura de toute façon pas de sous-couche ; la saison risque donc d’être courte.

Certaines stations s’étaient réjouies des chutes de neige précoces et avaient ouvert leurs pistes, mais la hausse des températures a tout gâché. Là où il a durablement plu le manteau neigeux s’est réduit comme peau de chagrin, comme dans les Vosges ou le Jura. Dans le Massif-Central la neige a même totalement disparu sous 1300 mètres.  Il faut ajouter que la qualité de neige a été altérée partout sous 2200/2400 mètres au moins, puisque la pluie et la douceur ont humidifié le manteau neigeux jusqu’à ces altitudes.

En Auvergne, la station de Super-Besse est la championne de la neige artificielle. Les webcams montrent que les pistes sont encore blanches grâce à la neige artificielle fabriquée dès le mois d’octobre, mais les 12 degrés relevés ces derniers jours à 1.300 mètres d’altitude ont forcément fragilisé cette couche. La question est de savoir si elle va résister à ces températures et à d’éventuelles précipitations d’ici les vacances scolaires.

Malgré les gouttes de pluie sur la webcam, on s’aperçoit qu’il reste encore (le 10 décembre 2025) de la neige artificielle étalée il y a quelques semaines.

La station attend un tiers de visiteurs en plus que l’an dernier, et son directeur se félicite de pouvoir fabriquer de la neige artificielle pour assurer l’ouverture. Il affirme que la moitié du domaine de la station sera skiable à l’ouverture de la saison le 19 décembre 2025.

La station a acquis des modules high-tech capables de produire des flocons même quand la température est positive, une innovation qui fait de la station auvergnate un précurseur en France. Selon son directeur, « on ne sauve pas juste le ski, on sauve un territoire. » Le maire de Besse et président de la SAEML Sancy-Pavin se vante d’avoir fait 9 millions d’euros de chiffre d’affaires sur la partie neige en 2024, avec un excédent de 200 000 euros, malgré un hiver sans froid ni flocons. « Notre stratégie, c’est de sécuriser la neige pour sécuriser notre avenir. »

Au cœur du dispositif, il y a dix unités de production de neige toute température (bientôt douze) installées sur les zones clés du domaine. Elles tournent jour et nuit depuis le 13 octobre. Ces imposants modules, comparables à des containers, transforment l’eau en fins copeaux neigeux grâce à un procédé industriel étonnant. Le directeur de la station explique que « c’est comme un congélateur dont on laisse la porte entrouverte. Du givre se forme à l’intérieur et il est ensuite arraché par un rabot. Pour générer de la neige artificielle, un cylindre crée des paillettes de glace en continu, un rabot les broient en minuscules copeaux que des ventilateurs projettent pour former des tas qui atteindront six mètres de haut d’ici décembre. » Chaque module produira environ 28 m³ de neige par jour, soit 35 000 m³ au total d’ici le 15 décembre. De quoi garantir une couche de 40 à 60 cm d’épaisseur sur les zones stratégiques si la vraie neige venait à manquer. Le directeur de la station assure que cette technologie ne requiert aucun additif ni produit chimique. L’eau utilisée est prélevée à l’automne, lorsque la ressource est la plus abondante, puis naturellement restituée au printemps, à la fonte. Conscient de l’impact sur l’environnement, il ajoute : « On ne peut pas dire que ce soit 100 % écolo, car ça consomme de l’électricité, mais c’est vertueux : la chaleur produite par les systèmes est récupérée pour chauffer le centre ludo-sportif des Hermines, les ateliers et les garages. »

Super-Besse a investi quelque 3 millions d’euros pour équiper son domaine, une politique qui vise à maintenir l’activité de plus de 120 emplois directs et plus de 1 000 emplois indirects (hébergement, commerces, écoles de ski…). Selon le maire de Besse, « on ne sauve pas juste le ski, on sauve un territoire. Si les stations ferment, c’est tout un pan d’économie locale et d’identité montagnarde qui s’effondre. »

Source : France Bleu Auvergne.

Voici les tarifs de Super-Besse pour la saison 2025-2026 :

Journée : 30,40€ pour les 5-15 ans, 34,10[€ pour les 16-25 ans, 42,70€ pour les 26-64 ans et 37,20€ pour les 35-74 ans (Il semblerait que le ski ne soit plus autorisé après 74 ans, à moins qu’il soit gratuit… Je vais me renseigner!)

Semaine : 163,90€, 185,20€, 231,20€ et 201,60 selon la catégorie à laquelle vous appartenez.

La semaine de ski revient tout de même à 791€ pour la famille classique avec 2 parents et deux enfants, sans parler de l’hébergement et des frais de route pour atteindre la station. La bouffée d’air pur auvergnat pèse lourd sur le portefeuille !

Réchauffement climatique : des bilans toujours aussi inquiétants en 2025 // Global warming : the situation remains alarming in 2025

Selon l’observatoire européen Copernicus, novembre 2025 a été « le troisième mois de novembre le plus chaud à l’échelle mondiale. » D’après le bulletin mensuel publié le 9 décembre 2025, le thermomètre de la Terre a dépassé de 1,54 °C les niveaux préindustriels au cours du mois de novembre. Il s’agit du deuxième mois, après octobre 2025, à dépasser 1,50 °C depuis avril 2025.

On sait maintenant que le réchauffement climatique généré par l’activité humaine rend les phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents, plus meurtriers et plus destructeurs. Novembre 2025 a été marqué par plusieurs phénomènes de ce type, avec notamment des cyclones tropicaux en Asie du Sud-Est, qui ont provoqué des inondations catastrophiques à grande échelle et causé des pertes humaines.

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Toujours selon Copernicus, l’année 2025 est en passe de devenir la deuxième année la plus chaude jamais enregistrée, à égalité avec 2023. Le mois de décembre déterminera avec précision laquelle de ces deux se hissera juste en dessous de l’année 2024, au sommet de ce triste podium.

De janvier à novembre, la température moyenne mondiale a dépassé déjà largement les références climatiques d’avant l’ère industrielle. Cette tendance s’inscrit dans une accélération continue du réchauffement observée ces dernières années, avec des phénomènes extrêmes de plus en plus fréquents à l’échelle mondiale.

Entre janvier et novembre 2025, l’anomalie de température mondiale est de +1,48 °C en comparaison à la période de référence de 1850 à 1900. Il est encore trop tôt pour savoir si le seuil des 1,5 °C, franchi pour la première fois en 2024, sera de nouveau dépassé en 2025. Dix ans après la signature de l’Accord de Paris, cet objectif de limitation du réchauffement climatique est plus que jamais menacé.

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According to the European Copernicus climate agency, November 2025 was « the third warmest November on record globally. » According to the monthly bulletin published on December 9, 2025, the Earth’s temperature exceeded pre-industrial levels by 1.54°C during the month of November. This was the second month, after October 2025, to exceed 1.50°C since April 2025. It is now known that global warming caused by human activity is making extreme weather events more frequent, more deadly, and more destructive. November 2025 was marked by several such events, including tropical cyclones in Southeast Asia, which caused widespread and catastrophic flooding and loss of life.

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According to Copernicus, the year 2025 is on track to become the second warmest year on record, tied with 2023. December will determine precisely which of these two will surpass 2024, topping this grim list.
From January to November, the average global temperature has already far exceeded pre-industrial climate levels. This trend is part of a continuous acceleration of warming observed in recent years, with increasingly frequent extreme weather events worldwide.
Between January and November 2025, the global temperature anomaly is +1.48°C compared to the reference period of 1850 to 1900. It is still too early to know if the 1.5°C threshold, crossed for the first time in 2024, will be exceeded again in 2025. Ten years after the signing of the Paris Agreement, this objective of limiting global warming is more threatened than ever.

Beau cratère d’impact sur la planète Mars // Nice impact crater on Mars

La sonde Mars Express de l’Agence spatiale européenne (ESA) a capturé une belle image d’un cratère d’impact sur la Planète Rouge. Ce cratère légèrement elliptique mesure une vingtaine de kilomètres d’est en ouest et une quinzaine du nord au sud. Il est entouré de deux lobes de matériaux disposés en éventail vers le nord et le sud. Pour les scientifiques, ils évoquent la délicate symétrie des ailes d’un papillon.
Lors de ce type de collision, la matière est généralement projetée dans toutes les directions. Toutefois, dans le cas présent, il est probable que le corps rocheux à l’origine de ce cratère d’impact ait percuté le sol martien selon un angle faible, ce qui expliquerait les formes atypiques que l’on observe ici. On remarque que le « corps » du papillon, c’est-à-dire le cratère principal, présente une forme ovale inhabituelle, tandis que ses ailes sont irrégulières.
Ce cratère d’impact se situe dans la région d’Idaeus Fossae, dans les basses terres septentrionales de Mars, une zone qui, selon les scientifiques, abriterait des réservoirs de glace dans son sous-sol. Les images de la sonde Mars Express révèlent des débris à la morphologie lisse et arrondie qui laissent supposer que l’impact a pu se produire sur de l’eau ou un sol gelé. La fonte de la glace a probablement déclenché un glissement de terrain rapide, laissant derrière lui ces matériaux fluidifiés caractéristique qui forment les extensions du cratère, semblables aux ailes d’un papillon.
Ce n’est pas le premier cratère en forme de papillon découvert sur Mars. Un autre se trouve sur Hesperia Planum, une plaine volcanique des hautes terres du sud, mais de telles formations restent rares.

Chaque type de cratère permet aux scientifiques de mieux comprendre l’angle et la force des impacts qui les ont formés, mais aussi d’avoir une meilleure idée des couches cachées de la surface martienne et des conditions qui régnaient lors des collisions.
Source : space.com via Yahoo News.

Source : ESA

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The European Space Agency’s (ESA) Mars Express orbiter has captured a nice impact crater on the Red Planet. The image shows a slightly elliptical crater measuring roughly 20 kilometres east to west and about 15 km north to south. The crater is surrounded by twin lobes of material that fan out to the north and south, evoking the delicate symmetry of a butterfly’s wings.

In this kind of collision, the material is usually thrown outwards in all directions. However, it is likely that the space rock that sculpted this crater came in at a low, shallow angle, resulting in the interesting and atypical shapes seen here. The butterfly’s ‘body’, i.e. the main crater itself, is unusually oval in shape, and the wings are irregular.

This impactcrater lies within the Idaeus Fossae region of Mars, in the planet’s northern lowlands, an area thought to harbor reservoirs of subsurface ice. The Mars Express imagery reveals debris that appears unusually smooth and rounded, suggesting that the impact may have struck water or frozen ground. As the ice melted, it likely triggered a fast-moving mudslide, leaving behind the distinct fluidized material that now stretches outward in the crater’s wing-like extensions.

This isn’t the first butterfly-like crater discovered on Mars. Another sits in Hesperia Planum, a volcanic plain in the southern highlands, but such formations remain rare. Each example helps scientists better understand not only the angle and force of the impacts that formed them, but also the hidden layers of Mars’ surface and what conditions existed when the collisions occurred.

Source : space.com via Yahoo News.