Réchauffement climatique: La Mer de Béring en danger // Global warming : The Bering Sea in danger

Au cours de l’hiver dernier, on n’a jamais vu aussi peu de glace de mer dans la Mer de Béring. Les modèles climatiques ont prédit qu’il y aurait moins de glace dans les prochaines années, mais pas dès maintenant. Il est évident que le réchauffement climatique est en train de s’accélérer dans cette région et dans l’Arctique en général.

La glace empêche normalement les vagues de se former et de venir s’écraser sur le rivage, ce qui protège les villages pendant les tempêtes. Le problème, c’est qu’elles n’ont pas joué leur rôle protecteur cette année. En février, les vents du sud-ouest ont apporté de l’air chaud, de sorte que la glace de mer s’est transformée en bouillie de neige qui a fondu avant de disparaître. Lorsqu’une tempête a frappé Norton Sound le 12 février 2019, l’eau – qui n’était plus entravée par la glace – a remonté le fleuve Yukon. : elle a pénétré dans Kotlik, un village Eskimo situé sur la côte nord-ouest de l’Alaska, et inondé les maisons proches du rivage.
Comme je l’ai indiqué dans une note précédente, les morses et les phoques utilisent la glace de mer pour se reposer et mettre bas. Les villageois utilisent la glace de mer pour les chasser. La glace de mer est également l’habitat préférentiel des ours polaires. Les algues qui s’accrochent au dessous de la glace de mer prolifèrent au printemps avant de dépérir et de tapisser le fond de l’océan, constituant ainsi une nourriture aux palourdes et autres coquillages qui, à leur tour, deviennent la proie des baleines grises, des morses et des phoques. Grâce à la glace de mer, on assiste à l’apparition de toute une chaîne alimentaire.
La glace de mer joue également un rôle au niveau des poissons destinés à être commercialisés. La zone d’eau froide établie par la glace de mer permet depuis des lustres la concentration des bancs de morues du Pacifique et de goberges (aussi appelé colin ou lieu d’Alaska) dans le sud-est de la Mer de Béring. Des études récentes ont révélé de fortes concentrations de morues du Pacifique et de goberges dans le nord de la Mer de Béring, mais l’espèce censée être présente dans la région, la morue polaire, se fait rare.
Il ne fait guère de doute que les changements intervenus dans l’atmosphère et l’océan sont dus au réchauffement climatique de la planète. Après que la glace de mer ait commencé à se former en novembre comme elle le fait d’habitude, des vents chauds ont soufflé en février et l’ont fait disparaître dans sa quasi totalité entre le nord de la mer de Béring et le détroit de Béring jusqu’à la mer des Tchouktches.
Le US Fish and Wildlife Service et le National Park Service avaient déjà détecté des problèmes au début de l’été dernier. Les habitants de la région ont fait état d’oiseaux de mer très amaigris ou morts, en particulier des guillemots de Troïl qui peuvent épuiser leurs réserves de graisse et mourir de faim après trois jours sans manger ; ils parcourent des centaines de kilomètres pour trouver des bancs de poissons ou du krill et n’ont apparemment pas réussi à trouver leur pitance. Des pétrels tempête, des fulmars, des puffins, des mouettes tridactyles, des stariques cristatelles et des macareux ont également péri.
Le plus important maintenant est de savoir si l’eau de mer plus chaude permettra aux algues nocives de vivre suffisamment longtemps pour permettre aux mollusques et crustacés de les absorber et de les transmettre aux mammifères marins et aux humains. Les biologistes marins se demandent si les toxines ont joué un rôle dans la mort des oiseaux marins en affectant leur capacité à se nourrir.
Source: Médias de l’Alaska.

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The Bering Sea last winter saw record-low sea ice. Climate models predicted less ice, but not this soon. The ice normally prevents waves from forming and locks onto beaches, walling off villages. But not this year. In February, southwest winds brought warm air and turned thin sea ice into « snow cone ice » that melted or blew off. When a storm pounded Norton Sound on February 12th, water surged up the Yukon River and entered Kotlik, a Yupik Eskimo village on Alaska’s northwest coast, flooding low-lying homes.

Walruses and seals use sea ice to rest and give birth. Villagers use sea ice to hunt them. Sea ice is the primary habitat of polar bears. Algae that clings to the bottom of sea ice blooms in spring, dies and sinks, sending an infusion of food to clams, snails and sea worms on the ocean floor, the prey of gray whales, walruses and bearded seals.

Sea ice also affects commercially valuable fish. The wall of cold water historically has concentrated Pacific cod and walleye pollock in the southeastern Bering Sea. Recent surveys made by researchers revealed high concentrations of Pacific cod and walleye pollock in the northern Bering Sea, but the species that was supposed to be there, Arctic cod, was hardly found.

It is likely that atmosphere and ocean changes are due to climate change. When sea ice in November began forming as usual, warm winds in February mostly cleared the northern Bering Sea of sea ice through the Bering Strait into the Chukchi Sea.

The U.S. Fish and Wildlife Service and the National Park Service early last summer detected trouble. Resident called with reports of emaciated and dead seabirds. Common murres, which can use up fat reserves and starve after three days without eating, fly hundreds miles to find fish schools or krill but were washing up dead on shore. Forktail storm petrels, fulmars, shearwaters, kittiwakes, auklets and puffins also died.

Of immediate concern is whether warmer water will allow harmful algae containing toxins to stay viable long enough for shellfish to eat them and pass toxins to marine mammals and people. Seabird experts wonder if toxins played a role in recent seabird deaths by affecting their ability to forage.

Source : Alaskan news media.

  

Evolution de la glace de mer dans l’Arctique (Source : NSIDC)

Le sud de l’Arizona / South Arizona : 1) Saguaro National Park

Situé à proximité de la ville de Tucson, dans le sud de l’Arizona, pas très loin de la frontière avec le Mexique, le parc national de Saguaro est connu pour ses nombreux cactus, dont le plus célèbre est le Saguaro (Carnegiea gigantea) qui lui a donné son nom. Sa fleur est un symbole de l’Arizona. La floraison a lieu entre avril et juin durant la nuit et très tôt le matin lorsque la température est encore fraîche. La fleur, fréquentée par les colibris,  ne reste présente que 24 heures durant lesquelles a lieu la pollinisation. Un cactus produit environ 200 fruits, qui abritent chacun près de 2000 graines appréciées de différents oiseaux comme la tourterelle à ailes blanches (Zenaida asiatica) ou le pic des Saguaros (Melanerpes uropygialis) qui disséminent les graines. Au bout de 25 ans de vie, le cactus ne dépasse pas 30 centimètres. Il lui faut attendre 50 à 60 ans pour porter ses premiers fruits et pour atteindre 2 mètres de haut. C’est lorsqu’il a entre 75 et 100 ans que son pied principal commence à se ramifier en lui donnant sa forme rendue célèbre par les westerns. Il atteint finalement une taille de près de 15 mètres pour un poids de 8 tonnes. A noter que de nombreux autres cactus sont également présents dans ce milieu aride

Voici quelques images de ce parc que j’ai eu l’occasion de visiter en mai 2017.

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Located close to the city of Tucson in southern Arizona, not far from the border with Mexico, Saguaro National Park is known for its many cacti, the most famous of which is the Saguaro (Carnegiea gigantea). Its flower is a symbol of Arizona. Flowering occurs between April and June during the night and very early in the morning when the temperature is still low. The flower only remains present for 24 hours during which pollination takes place. A cactus produces about 200 fruits, each of which harbours about 2,000 seeds, eaten by birds such as the white-winged turtle (Zenaida asiatica) or the Gila woodpecker (Melanerpes uropygialis), which spread the seeds. After 25 years of life, the cactus does not exceed 30 centimetres. It has to wait 50 to 60 years to bear its first fruits and to reach 2 metres of height. It is when it is between 75 and 100 years old that its main foot begins to ramify giving it its shape made famous by the westerns. It finally reaches a size of nearly 15 metres for a weight of 8 tons. It should be noted that many other cacti are also present in this arid environment
Here are some pictures of this park that I had the opportunity to visit in May 2017

 

Photos: C. Grandpey

Retour de la vie sur un volcan des Aléoutiennes // Life is back on a volcano of the Aleutians

Dans une note rédigée le 10 août 2008, j’indiquais que le volcan Kasatochi, au beau milieu des Iles Aléoutiennes, entre Dutch Harbor et Adak, était entré en éruption le 7 août de cette même année, avec un panache de cendre de plus de 10 km de hauteur. Deux biologistes du Fish and Wildlife Service qui se trouvaient sur l’île au moment de l’événement avaient dû être évacués. L’éruption s’est produite très rapidement et sans prévenir.

Après l’éruption, l’Ile Kasatochi semblait morte. Les scientifiques qui l’ont visitée un an plus tard ont gratté pendant une heure avant de trouver les premiers signes de végétation. Quelques insectes avaient survécu à l’éruption au fond de fractures dans la roche, mais Kasatochi était un endroit parfaitement silencieux, envahi par une odeur de soufre.
L’île était boueuse et inhospitalière, mais les scientifiques ont pensé que ce serait une excellente occasion de surveiller le retour de la vie. Après la fin de l’éruption, les biologistes sont revenus chaque été pour observer et prendre note des changements. Aujourd’hui, ils constatent que le retour de la vie sur l’île progresse rapidement et certains oiseaux de mer sont même aussi nombreux qu’avant l’éruption.
Parmi les oiseaux qui vivent sur Kasatochi, il y a les stariques, des oiseaux gros comme le poing qui sont également extrêmement nombreux sur d’autres îles aléoutiennes. Avant l’éruption, les fractures dans les rochers de Kasatochi abritaient environ 250 000 stariques cristatelles et stariques minuscules. Au cours de l’éruption d’août 2008, 20 pour cent des œufs et des poussins ont été détruits. La plupart des adultes ont survécu. La cendre chaude a envahi toutes les fractures où les oiseaux pondaient leurs œufs. Un biologiste qui est retourné sur l’île un an après l’éruption a estimé que la nidification était nulle.
Des jours, des semaines et des années se sont écoulés. Les tempêtes qui frappent régulièrement les Aléoutiennes ont peu à peu lessivé la roche et envoyé la cendre dans l’océan. Des colonnes de basalte se sont effondrées, laissant apparaître de nouvelles fractures. Au cours des neuf années qui ont suivi la destruction de  leur habitat, les stariques sont revenus petit à petit. Un an après l’éruption, il n’y avait pas d’oiseaux sur l’île. Deux ans plus tard, il y en avait des dizaines, suivis par des centaines d’autres en 2010 et des milliers en 2011. En 2012, ils étaient des dizaines de milliers. Les biologistes ont compris pourquoi les oiseaux étaient de retour. Beaucoup savent que Kasatochi est un bon endroit pour nicher car il se trouve à proximité de l’Atka Pass où ils se nourrissent. Par contre, d’autres oiseaux, comme le bruant lapon, ne sont pas revenus sur l’île. Kasatochi semble encore stérile par rapport aux autres aléoutiennes, à l’exception de Bogoslof qui vient de connaître une éruption.
Le retour des stariques est l’une des premières étapes vers le retour de la végétation à  Kasatochi. Leur colonie continuera de grandir, et les algues verdiront à nouveaux les rochers, aidées en cela par les excréments des oiseaux … jusqu’à ce qu’une nouvelle éruption recouvre l’île de cendre et entraîne un nouveau départ de la vie!
Source: Alaska Dispatch News.

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In a note released on August 10th 2008, I indicated that Kasatochi Volcano in the Aleutians, between Dutch Harbor and Adak, had erupted explosively on August 7th, sending an ash plume more than 10 km into the air and forcing two biologists from the U.S. Fish and Wildlife Service to evacuate the island. The eruption occurred very quickly and with very little warning.

Following the eruption, Kasatochi seemed dead. Scientists visiting the island one year later searched for one hour before finding the first sprigs of vegetation. A few insects survived the eruption deep within rock folds, but Kasatochi was a quiet place that stunk of sulphur.

The island was muddy and inhospitable, but scientists thought it could be a great opportunity to monitor the return of life. Since the end of the eruption, biologists have tried to return each summer to document changes. They say the island’s resurrection is progressing to the point where certain seabirds are perhaps as abundant as they were before the eruption.

One species of birds that used to live on Kasatochi are auklets, hand-size seabirds that are also extremely numerous on some Aleutian islands. Before the eruption, Kasatochi’s rock crevices were home to about 250,000 crested and least auklets. During the August 2008 eruption, 20 percent of eggs and chicks in the rocks were destroyed. Most of the adults survived. Hot ash blanketed all the cracks where the birds lay eggs. A biologist who returned to the island one year after the eruption estimated nesting success as zero.

Days, weeks and years passed. Aleutian storms gradually washed the ash into the ocean, revealing the rocky structure beneath. Columns of basalt tumbled. The cracks reappeared. And, nine years after their habitat was destroyed, so have the auklets. One year after the eruption, there was no bird to be seen. Two years after, there were tens of birds, followed by hundreds of birds in 2010 and thousands in 2011. The year after that there were tens of thousands. The return of the birds was understood by the biologists. Lots of birds know Kasatochi is a good place. It’s close to Atka Pass where they forage. Other birds, like land-dwelling Lapland longspurs, have not returned to the island. Kasatochi still looks barren compared with any other Aleutian Island except the erupting Bogoslof.

The return of the auklets is one of the first stages of Kasatochi resembling a mature island covered with abundant vegetation. The auklet colony will keep growing, and it will green up with the algae starting up on the rocks from the birds’ feces….until another eruption covers the island with ash and forces a new life to start over again!

Source: Alaska Dispatch News.

Vue du Kasatochi le 22 août 2008, quelques jours après l’éruption.

(Crédit photo : AVO)

Les stariques sont très répandus dans les Aléoutiennes.

(Crédit photo: Wikipedia)

Le réchauffement climatique et ses effets sur les écosystèmes arctiques // Global warming and its effects on Arctic ecosystems

drapeau-francaisAvec le changement climatique, les eaux océaniques au large de l’Alaska se réchauffent, ce qui induit de profonds changements dans les écosystèmes marins. Les scientifiques réunis à Anchorage à la fin du mois de janvier à l’occasion du Symposium des Sciences de la Mer ont fait le point sur les nouvelles recherches effectuées autour de ces changements et de ceux qui pourraient intervenir dans les écosystèmes marins au cours des prochaines années.
Une première conclusion est que le réchauffement de l’Arctique est une mauvaise nouvelle pour la morue arctique. Le poisson est considéré comme une espèce clé de l’écosystème arctique et de son réseau alimentaire, tant pour les animaux que pour les humains. Les dernières études présentées au Symposium montrent à quel point la hausse de la température de l’eau nuit aux œufs et aux larves de la morue arctique et favorise l’arrivée de poissons moins gras en provenance de latitudes inférieures comme la morue du Pacifique et la goberge qui ont tendance à migrer vers le nord. Les scientifiques de la NOAA se sont penchés sur les œufs et les larves, étapes de vie généralement plus sensibles au réchauffement climatique. Ils ont exposé plusieurs lots d’oeufs de chaque espèce à des températures différentes, y compris celles attendues dans des scénarios climatiques futurs. Il semble que la morue arctique ait une faculté d’adaptation unique à l’eau froide, mais qu’elle soit beaucoup plus sensible aux variations de température que les autres espèces. D’autres recherches ont démontré que la morue juvénile de l’Arctique se développe sous la banquise, ce qui suscite des inquiétudes quant à la vulnérabilité de l’habitat à une époque où la glace de mer diminue en été et à l’automne.

Plus au sud, la Mer de Béring est devenue une zone intéressante pour étudier les conséquences du réchauffement de l’eau. La température de surface en Mer de Béring a atteint 14°C l’été dernier et est restée de 3 degrés supérieure à la normale.

Ces conditions plus chaudes qui entraînent une fonte et un recul plus rapides de la glace de mer ont des conséquences inquiétantes pour les oiseaux. Quarante années d’études des populations d’oiseaux dans le sud-est de la Mer de Béring ont mis en évidence que la diversité de la faune avicole est impactée pendant les années où la glace fond de bonne heure. En général, les espèces dont le nombre est faible en année normale sont encore plus rares les années où la fonte de la glace est précoce. Un exemple est l’albatros à queue courte (aussi appelé albatros de Steller), un oiseau gravement menacé qui a failli disparaître et qui voyage jusqu’en Alaska à partir de sites de reproduction au Japon.

Le réchauffement climatique favorise le développement des espèces envahissantes, et la croissance du trafic maritime, favorisée par la fonte de la glace de mer, peut contribuer à l’introduction d’espèces non indigènes. Compte tenu de cette menace, un projet regroupant plusieurs organismes recense et classe actuellement les espèces envahissantes et leurs risques pour l’écosystème de la Mer de Béring. Jusqu’à présent, les chercheurs ont évalué 26 espèces invasives possibles, dont certaines existent déjà dans la Mer de Béring. Le principal danger pour l’écosystème de la Mer de Béring est le crabe vert européen – carcinus maenas – également appelé crabe enragé. En tout, les chercheurs ont recensé quelque 160 espèces potentiellement envahissantes susceptibles de migrer en Mer de Béring.

Les eaux plus chaudes de l’Arctique favorisent la prolifération d’algues dont certaines émettent des toxines qui se sont avérées dangereuses, voire mortelles, pour les mammifères et les oiseaux. Une étude publiée il y a un an a montré que des toxines algales ont été découvertes pour la première fois dans des mammifères marins des eaux arctiques de l’Alaska. Elles sont probablement responsables de la mort de dizaines de baleines dans le Golfe d’Alaska en 2015 et 2016, et elles ont affecté d’autres mammifères marins, y compris les lions de mer, victimes d’attaques cérébrales en Californie.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisWith global climate change, ocean waters off Alaska are getting warmer, meaning big changes for marine ecosystems. Scientists gathered in Anchorage by the end of January for the Alaska Marine Science Symposium reviewed new research probing those changes and what may be ongoing shifts in the marine ecosystem.

A first conclusion was that Arctic warming was bad news for Arctic cod. The fish is considered a keystone species and crucial to the Arctic ecosystem and its food web. New research presented at the Symposium shows how higher water temperatures harm Arctic cod eggs and larvae and favour lower-latitude, lower-fat fish like Pacific cod and walleye pollock that have been moving north. NOAA scientists focused on eggs and larvae, life stages that are generally more sensitive to global warming. They exposed multiple batches of eggs from each species to different temperatures, including those expected under future climate scenarios. It appears that Arctic cod have unique cold-water adaptations but are much more temperature sensitive to warming than the other species. Other recent research has shown how juvenile Arctic cod thrive under the sea ice, leading to concerns about the habitat’s vulnerability at a time when summer and fall sea ice is diminishing.

Farther south, the Bering Sea has emerged as a hot spot for warming-water studies. Sea-surface temperatures in the Bering reached 14 degrees Celsius last summer and were generally 3 degrees Celsius warmer than normal.

Warmer conditions that bring earlier sea-ice retreat have some worrying implications for birds. Forty years of bird population surveys in the southeastern Bering Sea found that in years when ice melts out early, bird diversity suffers. In general, species with low numbers in normal years are even scarcer in years when ice melted early. One example is the short-tailed albatross, a critically endangered bird that has begun recovering from the brink of extinction and that travels to Alaska waters from breeding sites in Japan.

Warming conditions are potentially more hospitable to invasives, and vessel traffic can be a way of introducing non-native species. With that threat in mind, a multiagency project is underway to assess and rank invasive species and their risks to the Bering Sea ecosystem. So far, researchers have evaluated 26 possible invasive species, including some that are already in the Bering Sea. The one that ranks as the most dangerous to the Bering Sea system is the European green crab – Carcinus maenas. In all, there are about 160 potential invasives that could move into the Bering Sea.

Warmer northern waters are stimulating more algal blooms, some of them emitting toxins that have proved harmful or even deadly to mammals and birds. A study released a year ago showed how algal toxins have been documented for the first time in marine mammals in Alaska’s Arctic waters. Algal toxins are leading suspects in the deaths of dozens of large whales found floating in the Gulf of Alaska in 2015 and 2016, and they have harmed other marine mammals, including California sea lions seen on beaches in the grip of seizures.

Source: Alaska Dispatch News.

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La fonte de la glace de mer perturbe les écosystèmes arctiques.

(Photo: C. Grandpey)

Oiseaux et étoiles à Chaptelat (Haute-Vienne)

L’association « Le Soleil Vert » de CHAPTELAT (Haute-Vienne) présente du 6 au 10 octobre 2016, dans la Salle des Mariages, une Exposition Photo intitulée « Oiseaux et Astronomie en Limousin ».

La journée du samedi 8 octobre sera particulièrement animée, avec des ateliers entre 14h et 18h.

A 20h30, j’aurai le plaisir de faire voyager en Alaska, la dernière frontière, avec des images d’ours et de saumons…

Ce petit film sera suivi d’une observation des étoiles et de l’écoute des chouettes

Une chouette journée en perspective…

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Le nouveau mode de vie des ours polaires // Polar bears’ new way of life

drapeau francaisSelon une étude présentée à la 24ème Conférence Internationale sur la Recherche et la Gestion des Ours qui s’est tenue à Anchorage, avec le recul de la banquise dans l’Arctique, les ours polaires au large des côtes nord de l’Alaska et de la Norvège ont largement abandonné leur nourriture traditionnelle à base de phoque. Cela confirme une étude récente des scientifiques du Fish and Wildlife Service, publiée dans le Journal of Mammalogy ; ces chercheurs ont constaté que les ours polaires sont attirés par les os de baleines entassés sur le rivage par les chasseurs Inupiat de Kaktovik, petit port dans le district de North Pole, sur la côte nord de l’Alaska. (Voir ma note du 12 décembre 2015).
Les colliers GPS de suivi et l’analyse des isotopes montrent que les ours en Mer de Beaufort méridionale, au large des côtes nord de l’Alaska et des côtes nord-ouest du Canada, se nourrissent des restes de baleines boréales tandis que leurs homologues autour de l’archipel du Svalbard ont recours à une variété de sources alimentaires allant des d’oeufs d’oiseaux – les oies polaires, par exemple (voir ma note du 26 Novembre 2014) – jusqu’aux rennes.
Tout cela montre que les ours polaires tentent d’adapter leur alimentation à de nouvelles conditions de vie. Les échantillons de poils, de sang et de tissus prélevés sur des animaux vivant des deux côtés de l’Arctique sont révélateurs de ces nouvelles sources de nourriture. Dans le secteur du Svalbard, où les conditions de glace varient considérablement d’une année à l’autre et d’une localité à l’autre, les ours vivant dans les zones où il y a peu de glace se sont tournés vers les œufs, les oiseaux, les baleines, les morses et même les rennes. Cependant, la tendance n’est pas uniforme. Par exemple, dans le Svalbard, les femelles adultes sans petits sont plus susceptibles de s’en tenir à l’alimentation traditionnelle à base de phoques.
Selon d’autres recherches présentées à la conférence, la viande restée sur les os des baleines boréales offre probablement un autre avantage pour les ours polaires du sud de la Mer de Beaufort: le niveau de mercure observé dans leur organisme est plus faible qu’avec un régime alimentaire fait uniquement de phoques. Le mercure est un polluant qui présente de gros risques pour l’Arctique. Les émissions provenant de la combustion du charbon et d’autres activités industrielles du sud sont transportées vers le nord par les courants atmosphériques et océaniques, et on a observé que le réchauffement climatique dans l’extrême nord apporte davantage de mercure dans l’écosystème.
Les échantillons de poils d’ours polaires dans le sud de la mer de Beaufort montrent une réelle baisse du niveau de mercure. En 2011, le taux de mercure était inférieur de moitié à celui mesuré en 2004 et 2005. Une explication possible est la diversification du régime alimentaire et l’absorption d’autres aliments que la viande de phoque. Les chercheurs ont également constaté que les mâles adultes montraient une baisse de mercure plus importante que les femelles adultes.

Une autre question abordée lors de la conférence a été de savoir combien de temps les ours polaires peuvent rester sans se nourrir. Les plantigrades détenus par les responsables du Département d’Environnement du Manitoba entre 2009 à 2014 ont été contrôlés au moment de leur capture et au moment de leur libération afin de voir comment leur organisme avait évolué au cours d’une période où on leur a donné de l’eau, mais pas de nourriture. La période moyenne de détention était de 17 jours, ce qui a correspondu à une perte moyenne de 1 kilogramme par jour, soit 0,5% de la masse corporelle. Les scientifiques canadiens ont calculé que, après 180 jours, 56% à 63% des jeunes adultes et 18% à 24% des ours adultes allaient mourir de faim. Les ours de Bay James dans la partie sud de la baie d’Hudson, le plus méridional des habitats pour les ours polaires de la planète, se sont adaptés pour survivre à de longues périodes de jeûne. Mais eux aussi courent un risque de plus en plus grand de mourir de faim si la glace continue à se faire de plus en plus rare.
Source: Alaska Dispatch News

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drapeau anglaisAccording to research presented at the 24th International Conference of Bear Research and Management that was held in Anchorage, with the retreat of the icefield in the Arctic, polar bears off the northern coasts of Alaska and Norway are breaking away from their traditional seal-based diets. This confirms a recent study by U.S. Fish and Wildlife Service scientists, published in the Journal of Mammalogy, which found that polar bears are attracted by the bone pile left on the beach by Inupiat whalers from Kaktovik, a small port in the North Pole district, on the northern coast of Alaska. (See my note of December 12th 2015).

GPS tracking collars and isotope analysis are documenting how animals from the southern Beaufort Sea population off northern Alaska and northwestern Canada are eating bowhead-whale scraps and how bears around the Svalbard Archipelago are dining on a variety of non-traditional food sources, from bird eggs (see my note of November 26th 2014)  to reindeer.

All this shows that polar bears are trying to adapt their diets to new living conditions. Hair, blood and tissue samples from bears on both sides of the Arctic are revealing chemical fingerprints of those alternative food sources. Around Svalbard, where ice conditions vary widely from year to year and from locality to locality, bears in low-ice areas have turned to eggs, birds, whales, walruses and even reindeer. However, the trends are not uniform. For instance, Svalbard adult females without cubs are more likely to stick to the traditional seal diet.

Meat at the bowhead bone piles might provide another benefit to southern Beaufort Sea polar bears, according to other research presented at the conference: lower mercury levels than would be ingested from a seal-only diet. Mercury is a contaminant of special concern in the Arctic. Emissions from coal burning and other industrial operations to the south are carried northward on atmospheric and oceanic currents, and there are signs that warming in the far north is releasing additional mercury into the ecosystem.

Hair samples from polar bears in the southern Beaufort Sea population show a real decline in mercury levels. By 2011, average mercury readings from sampled bears were less than half the levels measured in 2004 and 2005. One possible factor is the diversification of diet and the use of something other than seal meat. The research also found that adult males showed more of a decline in mercury than adult females.

Another question tackled during the conference was : How long can polar bears go without food? Bears detained by Manitoba environmental officials from 2009 to 2014 were monitored at the time of capture and the time of release to see how their bodies changed during a period when they were given water but no food. Median time of detainment was 17 days, and the median loss was 1 kilogram per day, or 0.5% of body mass. Canadian scientists calculated that after 180 days 56% to 63% of subadults and 18% to 24% of adult males would die of starvation. The bears of James Bay in the southernmost part of Hudson Bay, the world’s southernmost habitat for polar bears, have evolved to survive long periods of fasting. But even they are at increased risk of starvation if current low-ice trends continue.

Source: Alaska Dispatch News.

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Photo: C. Grandpey