Islande : une belle éruption et des imbéciles // Iceland : a nice eruption and stupid people

L’éruption se poursuit sur la péninsule de Reykjanes. Selon les dernières données de l’Institut des Sciences de la Terre de l’Université d’Islande, elle est environ 2 à 3 fois plus puissante que l’éruption de 2021. Au cours de la première semaine, l’éruption a recouvert de lave une superficie de près d’un kilomètre carré et elle ne montre aucun signe de faiblesse. Il s’agit de la troisième éruption sur le même site en trois ans, après quelque 800 ans de répit dans la région.
Le débit de lave de l’éruption entre le 13 et le 17 juillet était en moyenne de 13 mètres cubes par seconde, légèrement inférieur au débit de 14,5 mètres cubes par seconde entre le 11 et le 13 juillet, mais en raison de la marge d’erreur dans les mesures, les scientifiques disent que la différence n’est pas importante. La surface de la lave émise par l’éruption actuelle était de 0,83 kilomètre carré le 17 juillet et son volume était de 8,4 millions de mètres cubes. Le front de lave avance de 300 à 400 mètres par jour, mais cette distance est très variable d’un jour à l’autre. La lave a environ 10 mètres d’épaisseur en moyenne mais plus de 20 mètres par endroit.
Tous ces chiffres sont assez semblables à ceux de l’éruption de 2022 dans la Meradalir mais 2 à 3 fois plus élevés que les chiffres de l’éruption de Geldingadalir en 2021. L’éruption de Geldingadalir de 2021 était nettement moins intense, mais a duré environ six mois, tandis que l’éruption de la Meradalir de 2022 a duré moins plus de trois semaines. Jusqu’à présent, l’éruption actuelle ne menace pas les zones habitées ou les infrastructures. C’est la pollution par les gaz et par les incendies de végétation déclenchés par la lave qui constituent le risque le plus important pour les personnes présentes sur le site et pour les zones plus éloignées.
Source : Université d’Islande, Iceland Review.

A noter ce 19 juillet 2023 au matin une évolution sur le terrain. Une brèche s’est ouverte à l’arrière du cône éruptif. La lave s’échappe en grande quantité en prenant une trajectoire différente de la veille. Il fallait se lever très tôt pour profiter du spectacle! A noter qu’un petit cône est en train de se former juste à côté du cratère principal sur la fracture éruptive.

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Les efforts déployés par les autorités islandaises pour rouvrir le site éruptif n’ont pas été récompensés par les visiteurs. Le chef de la police du Sud avait décidé d’établir un périmètre de sécurité autour de la zone du cratère pour des raisons évidentes de sécurité.
Dans la soirée du 17 juillet 2023, un groupe de personnes inconscientes s’est dirigé vers le cratère de l’éruption à Litli-Hrútur. La police a tenté d’intervenir, mais a été contrainte de rebrousser chemin en raison des émissions de gaz toxiques. Cependant, il convient de noter que la plupart des autres visiteurs ont suivi les instructions de la police et sont restées hors de la zone dangereuse.
Le groupe d’imbéciles se trouvait déjà dans la zone dangereuse lorsque la police a été avertie. Les policiers ont décidé d’intervenir, mais ont finalement été contraints de faire demi-tour pour se protéger. Un policier a déclaré : « Les policiers allaient intervenir, mais ils sont rebroussé chemin quand ils ont entendu biper leurs indicateurs de gaz, ce qui indiquait une forte concentration de gaz toxique, alors ils ont fait demi-tour. »
La police a alors envoyé un message aux gens qui se trouvaient dans la zone dangereuse, mais ils n’ont pas tenu compte de la mise en garde. Gare aux problèmes pulmonaires dans les prochains jours!
Des foules de visiteurs ont envahi le site éruptif depuis sa réouverture. A un certain moment, il y avait environ 800 voitures dans le parking. Le site a été visité par environ 2000 personnes.
Source : Iceland Review..

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The eruption continues on the Reykjanes peninsula. According to the latest data from the University of Iceland’s Institute of Earth Sciences, it is about 2-3 times more powerful than the 2021 eruption. In its first week, the eruption has covered an area of nearly one square kilometre with fresh lava and it shows no signs of stopping. This is the third eruption at the same site in three years, following some 800 years with no eruptions in the area.

The eruption’s lava flow between July 13th and 17th averaged 13 cubic metres per second, slightly lower than the lava flow of 14.5 cubic metres per second between July 11th and 13th, but due to the margin of error in measurements, researchers say the difference is not significant. The surface area of the new lava was 0.83 square kilometres as of July 17th, and its volume was 8.4 million cubic metres. The edge of the lava advances 300-400 metres per day with the distance being highly variable from day to day. The lava is around 10 metres thick on average but over 20 metres at its thickest.

All of these figures are quite similar to the 2022 eruption in Meradalir but 2-3 times higher than the figures of the Geldingadalir eruption in 2021. The 2021 Geldingadalir eruption was significantly smaller, but lasted around six months, while the 2022 Meradalir eruption lasted less than three weeks. So far, the current eruption is not threatening inhabited areas or infrastructure, though pollution from its gases as well as from wildfires set off by the lava are a significant risk for people at the site as well as further off.

Source : University of Iceland, Iceland Review.

It should be noted that on July 19th, 2023 in the morning a breach opened at the back of the eruptive cone. Lava is now flowing in large quantities, taking a different route from the day before. You had to get up very early to enjoy the show! Note that a small cone is building up next to the main crater on the eruptive fissure.

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The efforts made by Icelandic authorities to reopen the eruptive site were not rewarded by the

visitors. The South police chief had naturally narrowed the area, defining the area right at the crater as a danger zone and closing it.

In the evening of July 17th, 2023, a group of people walked up to the crater of the eruption at Litli-Hrútur. The olice tried to intervene, but were forced to turn back due to dangerous gas measurements. However, it should be noted that most other visitors followed the instructions at the eruption site, although some did ignore them.

The group was already in a danger zone when police were notified. Police officers set out to intervene, but were eventually forced to turn back to protect themselves. One policeman said :“The policemen were going to go and get them, but turned around when they heard the gas indicators they carried peeping, showing them a strong indication of poisonous gas, so they turned around.”

At that moment, the police sent a message to the people that they were in a dangerous no-go zone, but the people that did not return continued regardless.

Crowds of visitors have invaded the eruptive site since it reopened. In one period there were about 800 cars in the parking lot. The site was visited by about 2000 people.

Source : Iceland Review.

 

Carte montrant les sentiers d’accès au site éruptif (Source : Suðurnes Police Department)

La stabilité du tremor montre que l’éruption est faite pour durer (Source: IMO)

Le procès suite à la catastrophe de White Island // The lawsuit after the White Island disaster

White Island est une île volcanique active située dans la partie nord-est de la Bay of Plenty (Baie de l’Abondance) en Nouvelle-Zélande.
Le 9 décembre 2019, le volcan est entré en éruption et a envoyé une déferlante roches, de cendres et de sédiments chauffés à haute température.
Voici une vidéo tournée par l’un des touristes qui se trouvaient sur l’île et qui a survécu à l’éruption :

https://edition.cnn.com/videos/world/2023/07/13/new-zealand-white-island-volcano-trial-lon-orig.cnn

14 Australiens, cinq Américains, deux Néo-Zélandais et un Allemand ont été tués pendant l’éruption. De nombreuses autres personnes ont subi des blessures horribles,. Il a fallu mettre rapidement sur pied une opération médicale à grande échelle. Les victimes ont été prises en charge par des unités de soins pour grands brûlés à travers la Nouvelle-Zélande et l’Australie. Il y avait 47 touristes sur White Island lorsque l’éruption volcanique s’est produite. L’île appartient aux frères Andrew, James et Peter Buttle, gestionnaires de la compagnie Whakaari Management Limited (WML).
Six parties, dont deux voyagistes et la WML, ont été accusées d’avoir enfreint les règles de santé et de sécurité avant la catastrophe. Selon les procureurs, les touristes n’ont reçu aucune mise en garde de santé et de sécurité avant de débarquer sur White Island. L’un des procureurs a déclaré : « L’activité touristique sur White Island était une entreprise risquée. Elle supposait la visite d’un volcan actif en conduisant les gens au cœur du cratère dans des circonstances où personne ne pouvait prévoir quand une éruption pourrait se produire. Tout le monde sait que le moment de cette éruption ne pouvait être prévu… mais il était prévisible qu’elle puisse survenir à un moment ou un autre. » Le procureur a fait valoir que la société propriétaire du volcan n’avait pas compris le risque.
Six sociétés, dont White Island Tours, qui a transporté par bateau vers le site volcanique 21 des personnes tuées, ont déjà plaidé coupable. Chacune des sociétés jugées encourt une amende maximale équivalente à 840 000 euros. Chacun des propriétaires de l’île encourt une amende maximale de 170 000 euros. .
Suite à la catastrophe, les touristes ne sont plus autorisés à visiter l’île.
Source : médias néo-zélandais.

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White Island is an active volcanic island in New Zealand’s northeastern Bay of Plenty region.

Here is a video shot by one of the personns on the island at the time of the eruption. On December 9th, 2019, the volcano erupted, releasing a high temperature plume of rock and ash in the air.

Here is a video shot by one of the tourists who were on the island and who survived the eruption:

https://edition.cnn.com/videos/world/2023/07/13/new-zealand-white-island-volcano-trial-lon-orig.cnn

In total, 14 Australians, five Americans, two New Zealanders and one German were killed. Many more people suffered horrific injuries, prompting a massive medical operation that saw victims treated in burns units across New Zealand and Australia. There were 47 tourists on White Island when the volcanic eruption happened. The island was owned by the brothers Andrew, James and Peter Buttle under Whakaari Management Limited (WML).

Six parties, including two tour companies and the WML, have been charged with breaching health and safety regulations in the lead-up to the disaster. According to the prosecutors, the tourists received no health and safety warning before they landed on White Island.  One of the prosecutors said : « The business of tourism on White Island was a risky business. It involved tours to an active volcano, taking people to the heart of the crater in circumstances where no one could predict when an eruption might occur. No one is suggesting that the timing of this eruption could have been predicted… but it was foreseeable that it may erupt at some point. » The prosecutor argued that the company that owned the volcano failed to understand the risk.

Six companies, including White Island Tours, which ferried 21 of those killed to the volcanic site by boat, have already pleaded guilty. Each of the companies on trial faces a maximum fine of 840,000 euros. Each of the brothers charged faces a maximum fine of 170,000 euros. .

Following the disaster, tourists are no longer allowed to visit the island.

Source : New Zealand news media.

White Island en janvier 2009 (Photos: C. Grandpey)

Stationnement payant sur la plage de Reynisfjara (Islande) // Parking fee for Reynisfjara beach (Iceland)

Ce n’est pas vraiment une surprise. Le parking sera désormais payant pour accéder à la plage de sable noir de Reynisfjara. L’argent servira principalement à couvrir les coûts de fonctionnement et à financer les infrastructures sur la zone.
Il y a énormément de touristes à Reyinisfjara et le parking n’est pas assez grand. La route est encombrée de voitures; il y a un risque d’accidents et un très grand désordre dans le parking. C’est pourquoi les autorités islandaises essaient de mettre en place une structure pour résoudre les problèmes de stationnement et améliorer la sécurité.
Le tarif de stationnement sera de 1 000 ISK (environ 6,80 euros) par voiture au parking inférieur, et 750 ISK (environ 5,10 euros) au niveau supérieur. Il y aura d’autres tarifs pour les bus et autres véhicules. L’argent sera perçu via la solution de paiement Parka, qui est déjà répandue dans le sud du pays.
La plage de sable noir de Reynisfjara est l’un des endroits les plus dangereux du pays. Plusieurs touristes ont perdu la vie dans des vagues sournoises et des lames de fond. Dans deux notes publiés le 5 janvier et le 1er juillet 2022, j’expliquais qu’un nouvel ensemble de panneaux et de feux tricolores a été installé sur la plage afin d’essayer d’éviter de tels accidents tragiques. L’argent récolté avec le parking contribuera également à financer des mesures de sécurité.
Source : presse locale.

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It does not come as a real surprise. A facility fee for the use of the Reynisfjara Black Beach parking is about to be introduced. The money will primarily be used to cover the cost and contribute to the infrastructure and operation of the area.

There is a huge flow of tourists in Reyinisfjara and the car park is not big enough. The road has been packed up with cars, and there is a risk of accidents and a very high level of chaos in the parking lot. That’s why Icelandic authorities are trying to put a structure in place for parking issues and improve road safety.

The parking fee will be 1,000 ISK (about 6,80 euros) per car at the lower parking area, but 750 ISK (about 5,10 euros) being charged at the upper level. There will then be a second fee for buses and other vehicles. The fee will be collected through Parka’s payment solution, which is in line with what is going on in the south of the country.

The Reynisfjara black sand beach is one of the most dangerous places in the country. Several tourists lost their lives in treacherous waves and rip currents. In two posts released on January 5th and July 1st , 2022, I explained that new sets of signs and warning lights have been installed on the beach in order to try and avoid such tragic accidents. The money collected with the new fee will also contribute to the safety measures.

Source : local news media.

Connue pour ses superbes colonnes basaltiques, la plage de Reynisfjara est aussi un site de noyades, malgré les mesures de sécurité mises en place par les autorités islandaises (Photos: C. Grandpey)

 

 

 

Islande : indiscipline touristique // Iceland : tourist indiscipline

Selon les volcanologues islandais, la sismicité et la déformation du sol sur la péninsule de Reykjanes montrent qu’une éruption pourrait se produire à court terme. Elle pourrait ressembler à l’événement de 2022. La sismicité étant principalement concentrée dans la zone située entre Keilir et Kleifarvatn, la Protection civile islandaise a demandé aux touristes d’éviter de se rendre dans ce secteur.
Le 7 juillet 2023, l’Agence islandaise pour l’environnement a réaffirmé que la conduite hors piste était interdite en vertu des lois sur la protection de la nature. Des exceptions à cette interdiction s’appliquent aux opérations de recherche et de sauvetage, aux activités de la police et aux missions sur le terrain par des scientifiques autorisés.
La circulation routière entre Keilir et Fagradalsfjall reste autorisée, bien qu’il ait été demandé aux gens de ne pas traverser cette zone. Comme l’a déclaré un porte-parole de l’Agence nationale de protection civile : « On peut vraiment se demander pourquoi les gens fréquentent cette zone en sachant qu’une éruption volcanique peut potentiellement se produire ». L’expérience a montré que les interdictions d’accès ne sont pas forcément la bonne solution. « Si nous avions une maison comportant des risques, il serait facile de la fermer. Mais nous n’avons pas affaire à une maison, nous avons affaire à un vaste territoire. L’expérience nous a montré que lorsqu’une zone est interdite, les gens trouvent toujours un moyen d’y entrer. Il arrive donc que nous créions plus de problèmes en fermant la zone qu’en ne la fermant pas ».
Les habitants et les touristes ont reçu un SMS de l’Agence nationale de protection civile disant : « Péninsule de Reykjanes – séismes ! Hausse de l’activité sismique dans la région. Restez à l’écart des pentes et des falaises en raison du risque d’éboulement et de glissement de terrain. Une éruption volcanique pourrait se déclencher à brève échéance ».

La Protection civile recommande aux personnes qui se rendent dans la zone potentielle d’une éruption d’être prudentes. En cas d’éruption, elles doivent être particulièrement attentives à la contamination par les gaz. Elles ne doivent pas s’attarder dans les zones en creux où la pollution gazeuse peut s’accumuler.
Source : médias islandais.

L’activité sismique a diminué sur la péninsule au cours des dernières heures. Cela ne signifie pas pour autant qu’une éruption doit être exclue. Un déclin de la sismicité a été observé avant le début de la dernière éruption. Le point positif est que si une éruption se produit, la lave percera probablement la surface dans une zone désertique, sans menace pour la population.

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According to Icelandic volcanologists, the current seismicity and ground deformation on the Reykjanes Peninsula suggest that an eruption might occur in the short term. It might look like the 2022 event. As seismicity is mainly concentrated in the area between Keilir and Kleifarvatn, the Icelandic Civil Protection has asked tourists to avoid visiting the area.

On July 7th, 2023, the Environment Agency of Iceland reiterated that all off-road driving is prohibited by nature conservation laws, reports. Exceptions to the ban apply to search and rescue operations, police activities and research conducted by authorised scientists.

The traffic in the area between Keilir and Fagradalsfjall, although people have been asked not to travel through it. As aspokesperson for the National Civil Protection Agency said : “One can truly ponder why one needs to be somewhere knowing that a volcanic eruption may potentially occur.” Experience has shown that closures are not always a solution. “If we had a house where we knew there was a risk of entering, it would certainly be easier to close the house. But we simply don’t have a house, we have a large area of land. Experience has shown us that when an area has been closed, people find a way in. So sometimes we create more problems by closing it than by not doing so.”

Residents and tourists have received an SMS from the National Civil Protection Agency saying: “Reykjanes peninsula – earthquakes! Increased seismic activity in the area. Stay away from slopes and cliffs due to danger of rockfall and landslides. A volcanic eruption might start with short notice.”

The Civil Protection says that people who visit the potential area of an eruption should be careful. In the event of an eruption, they should pay particular attention to the contamination of the gas. They should not dwell in recesses where gas pollution may accumulate.

Source : Icelandic news media.

Seismic activity has decreased on the peninsula in the lasr hours. This does not mean an eruption should be excluded. A lull in seismicity was observed before the start of the last eruption. The positive point is that if an eruption occurs, lava will probably pierce the surface in a desert area, with no threat to the population.

Souvenir de la dernière éruption…