Le tourisme en Islande : terres publiques et propriétés privées (1ère partie) // Tourism in Iceland : public land vs. private property (part 1)

Un article paru sur le site web Iceland Review informe le public que le voyagiste Arctic Adventures a acquis toutes les actions de Kerfélagið, les principales concernant le cratère du Kerið, une destination très populaire dans le sud de l’Islande. Le voyagiste a acheté les actions de quatre personnes qui détenaient un quart de participation dans la société.

Il est utile de rappeler aux visiteurs que certains sites touristiques très fréquentés Islande sont situés sur des terres privées. La loi islandaise garantit au public l’accès aux sites d’importance naturelle ou historique, même s’ils appartiennent à des propriétaires privés. Il est toutefois nécessaire que tous ces visiteurs disposent d’infrastructures pour protéger le site lui-même et pour répondre à leurs besoins. L’État et les gouvernements locaux ont donc un rôle à jouer. Les autorités islandaises et les propriétaires fonciers privés partagent le devoir de garantir l’accessibilité, la sécurité et la conservation de ces sites. C’est la raison pour laquelle les touristes doivent souvent payer un droit d’entrée. Toutefois, les modalités d’accès varient considérablement d’un site touristique à l’autre.
En 2008, le ton est monté lorsque les propriétaires fonciers du Kerið ont annoncé qu’ils allaient faire payer l’entrée au cratère. De nombreux habitants ont jugé absurde de faire payer l’accès à un site naturel, estimant qu’il devait rester accessible gratuitement. Bien que la décision de faire payer l’entrée ait été annulée en raison de l’ampleur des protestations, le site du Kerið est devenu payant cinq ans plus tard, en 2013.

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La notion de droit d’entrée a été évoquée pour lz première fois lors de l’achat par l’État islandais de la zone géothermale de Geysir. Propriété à l’origine d’un agriculteur, la région a été vendue dans les années 1890 à un distillateur de whisky qui est devenu Premier ministre irlandais. Le nouveau propriétaire a été le premier à faire payer aux visiteurs un droit d’entrée sur le site, jusqu’au jour où il a cédé la propriété à un ami, qui a rendu le site gratuit. Ce dernier changea de mains à plusieurs reprises, jusqu’à ce qu’il soit cédé à l’État islandais en 1935.
En 2016, après que les propriétaires fonciers aient tenté (en vain) d’instaurer à nouveau un droit d’entrée, l’État a décidé d’acquérir également les terrains environnants. Il faudra attendre 2020 pour que le site soit officiellement protégé.

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Dans le sud de l’Islande, le canyon de Fjaðrárgljúfur, peu fréquenté jusque là, a connu un grand succès après être apparu dans un clip de Justin Bieber en 2015. Entre 2016 et 2017, le nombre de visiteurs a doublé. Les sentiers sont devenus très boueux avec le piétinement des visiteurs qui s’éloignaient de plus en plus du site, causant des dégâts à la flore environnante. Le site a dû être fermé plusieurs semaines ces dernières années pour permettre à la flore de se reconstituer.
Le canyon et ses environs appartiennent à des propriétaires privés. En juin 2022, lors de la mise en vente du site, le ministre de l’Environnement a signé un accord avec le futur propriétaire foncier qui devrait assurer la protection du canyon. Jusqu’à présent, aucun droit d’entrée ou de stationnement n’a été mis en place au canyon, mais le gouvernement islandais a laissé entendre que des frais de stationnement pourraient apparaître ; ils seraient utilisés dans leur intégralité pour développer des services et des infrastructures à l’attention de ceux qui voyagent dans la région.

(Photos: C. Grandpey)

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An article in the website Iceland Review informs us that Arctic Adventures has acquired all shares of Kerfélagið, the main asset of which is the Kerið crater, a popular tourist destination in South Iceland..The tour operator bought the shares from four people who held a quarter stake in the company.

It is useful to remind visitors that some of Iceland’s most popular tourist sites are located on privately-owned land. Icelandic law ensures that the public can access sites of natural or historical significance, despite them being in private ownership. But all those visitors require infrastructure, both to protect the site itself and to attend to the visitors’ needs, and the state and local governments have a role to play. Icelandic authorities and private landowners share a duty to ensure accessibility, safety, and conservation at such sites. This is the reason why tourists have a fee to pay when entering these sites. However, the execution of these duties varies greatly from one tourist attraction to the next.

In 2008, controversy erupted when Kerið’s landowners announced they would begin charging entry to the crater. Many locals considered it absurd to put a price tag on a natural site, believing it should remain accessible to all without a fee. While the decision to charge entry was reversed due to the amount of backlash it received, a fee was eventually instituted at Kerið five years later, in 2013.

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In a way, entrance fees were the instigator for the Icelandic state’s purchase of the Geysir geothermal area. Originally owned by a farmer, the area was sold to a whiskey distiller and future Prime Minister of Ireland, in the 1890s. The new owner was the first to charge visitors an entrance fee to the site, until he relinquished ownership to a friend, who dropped the fees. The land changed hands a few times, until it was given to the Icelandic state in 1935.

In 2016, after landowners attempted (in vain) to institute an entry fee once again, the state decided to acquire the surrounding land. It was not until 2020 that the site was officially protected.

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The Fjaðrárgljúfur canyon in South Iceland exploded in popularity after it was featured in a Justin Bieber music video in 2015. Between 2016 and 2017, the number of visitors to the canyon doubled. The existing dirt trails were turned to mud by the increased foot traffic; visitors stepped further and further off the paths, causing damage to the surrounding flora. The site was closed for weeks at the time in recent years to allow the flora to recover.

The canyon and surrounding area are privately owned. In June 2022, when the site was put on sale, the Environment Minister signed an agreement with the to-be landowner that is expected to ensure the canyon’s protection. Until now, no admission or parking fees have been charged at the canyon, but a government notice implied that a parking fee may be implemented, and used in its entirety to develop services and infrastructure for those travelling in the area.

Parcs nationaux et volcans : Europe / Etats Unis // National parks and volcanoes : Europe vs. United States

Lorsque le tourisme est bien géré et ne se résume pas à des interdictions d’accès aux sites volcaniques actifs, les visiteurs viennent en nombre et contribuent à l’économie locale. C’est ce qui se passe dans les parcs nationaux américains et notamment à Hawaii. Certains sites volcaniques en Europe et outre-mer feraient bien de s’inspirer de la politique hawaiienne.
Une analyse effectuée par des économistes du National Park Service a révélé que 1,6 million de visiteurs ont fréquenté le Parc national des volcans d’Hawaii en 2022, et dépensé également 149 millions de dollars dans les localités proches du parc. Ces rentrées d’argent ont permis de créer 1500 emplois dans la région et apporté 195 millions de dollars à l’économie locale
Rhonda Loh, surintendante du Parc national des volcans d’Hawaii (que je salue ici), a déclaré : « Le tourisme est un moteur essentiel de l’économie locale. Les gens visitent le parc national pour découvrir les éruptions volcaniques, la riche biodiversité insulaire et profiter des paysages culturels. »
Le rapport montre également qu’à l’échelle nationale près de 312 millions de visiteurs ont dépensé 23,9 milliards de dollars dans un rayon de 100 km autour d’un parc national. Ces dépenses ont permis de créer 378 400 emplois. Le bénéfice cumulé pour l’économie américaine s’élève à 50,3 milliards de dollars.

En matière de parcs nationaux, la politique américaine n’a rien à voir avec celle pratiquée sur le vieux continent. En France par exemple, les parcs nationaux sont gratuits et les infrastructures touristiques sont beaucoup plus modestes. Il est vrai que nous ne nous trouvons pas à la même échelle. Les parcs nationaux outre-Atlantique sont beaucoup plus vastes que les nôtres.

S’agissant des sites volcaniques, à Hawaii les secteurs les plus dangereux sont certes interdits au public, mais tout est fait dans le Parc national des volcans pour que les visiteurs profitent des paysages. Lors de la dernière éruption du Kilauea, plusieurs belvédères ont été aménagés pour pouvoir admirer le lac de lave au fond de l’Halema’uma’u.

En Europe, que ce soit en Sicile ou dans le département français de l’île de la Réunion, les interdictions d’accès pleuvent dès qu’un volcan se manifeste et rien n’est vraiment fait pour attirer les touristes. Seule l’Islande tire son épingle du jeu et encourage les visiteurs à aller admirer les éruptions. Au final, des dizaines de milliers de personnes visitent l’île nordique et contribuent à la prospérité de l’économie du pays. Un exemple à suivre !

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When tourism is well managed and not only made of interdictions to active volcanic sites, visitors come in numbers ond contribute to the local economy. This is what is happening in American national parks and especially in Hawaii. Some volcanic sites in Europe and overseas should have a look at the Hawaiian policy and follow this example.

A new spending analysis conducted by economists at the National Park Service revealed 1.6 million visitors flooded the Hawaiian Volcanoes National Park in 2022, spending 149 million dollars in communities near the park. That spending supported 1,500 jobs in the area and 195 million dollars in economic output in local gateway economies surrounding the park.

Hawaiʻi Volcanoes National Park Superintendent Rhonda Loh.(that I greet here) said “We recognize that tourism is a critical driver to the local economy. People come to the national park to experience volcanic eruptions, the rich island biodiversity, and cherish cultural landscapes.”

The report also showed 23.9 billion dollars of direct spending nationwide by nearly 312 million park visitors in communities within 100 km of a national park. This spending supported 378,400 jobs nationally. The cumulative benefit to the U.S. economy was 50.3 billion dollars.

As far as national parks are concerned, theAmerican policy has nothing to do with the one practiced on the old continent. In France, for example, national parks are free and tourist infrastructures are much more modest. It is true that we are not on the same scale. The national parks across the Atlantic are much larger than ours.
With regard to volcanic sites, in Hawaii the most dangerous areas are closed to the public, but everything is done in the Volcanoes National Park so that visitors can enjoy the landscapes. During Kilauea’s last eruption, several lookouts were built to view the lava lake at the bottom of Halema’uma’u.
In Europe, whether in Sicily or in the French department of Reunion, access bans rain down as soon as a volcano is erupting and nothing is really done to attract tourists. Only Iceland holds its own and encourages visitors to go and admire the eruptions. In the end, tens of thousands of people visit the northern island and contribute to the prosperity of the country’s economy. An example to follow !

Photo: C. Grandpey

Les carrières de marbre de Carrare (Italie)

Quand on va en Sicile en voiture depuis la France, on aperçoit sur la gauche de l’autoroute, une quarantaine de kilomètres après La Spezia, la masse blanche des carrières de marbre de Carrare. Au mois de septembre dernier, j’ai commencé mon périple en Toscane par une incursion dans ces carrières qui ont contribué à la construction d’un grand nombre de statues et d’édifices dans le monde.

On peut lire sur Wikipedia que, « le marbre est une roche métamorphique dérivant d’un calcaire ou d’une dolomie sédimentaire ayant été transformée généralement par métamorphisme régional ou plus rarement par métamorphisme de contact. Dans ce processus de transformation de la roche originelle, les structures sédimentaires sont effacées et la roche carbonatée recristallise en un amas de cristaux de calcite et/ou de dolomite engrenés de dimensions millimétriques à centimétriques. Les intercalations argileuses, les minéraux détritiques ou les oxydes minéraux présents dans le carbonate originel donnent alors au marbre diverses colorations et veinages polychromes du plus grand effet esthétique. »

 C’est pour cela que depuis la plus haute Antiquité, l’utilisation du marbre est liée à l’art et a été utilisé en blocs massifs pour de prestigieuses réalisations architecturales religieuses comme les statues de divinités, les temples et autres tombeaux.

Les Romains en particulier ont montré un grand engouement pour ce matériau, et ils ont développé les techniques d’extraction et de transformation. Le marbre a permis les réalisations architecturales et artistiques les plus marquantes de l’histoire humaine : l’Acropole d’Athènes, la basilique Sainte-Sophie de Constantinople, les cathédrales de Pise, Sienne, Florence, le David de Michel Ange, ou encore le Taj Mahal en Inde.

Le marbre de Carrare est l’un des plus prisés pour sa blancheur sans trop de veinage. Michel-Ange l’utilisait pour ses sculptures et venait personnellement à Carrare choisir les blocs pour réaliser ses œuvres dont le célèbre David dont on peut admirer l’original à l’intérieur de la Galleria dell’Accademia de Florence.

Les carrières de Carrare sont de deux types : fermées ou à ciel ouvert où la précision symétrique des gradins rappellent l’image d’un amphithéâtre ou d’un cirque naturel.

On distingue diverses qualités de marbres, en rapport avec le lieu et la couche d’extraction. Une grande partie du marbre reste sous forme de blocs bruts qui sont envoyés directement au port maritime qui assure la majeure partie des expéditions, surtout vers l’étranger. Presque tout le marbre restant est transformé en plaques de diverses épaisseurs, puis polies selon leurs utilisations.

Au départ de la ville de Carrare, la route avec ses tunnels et viaducs s’élève dans la montagne et offre rapidement des vues spectaculaires sur les carrières qui sont en partie accessibles au public. Il faut toutefois être prudent car la route est également fréquentée par les camions qui acheminent, souvent rapidement, les blocs de marbre vers leur destination.

Une fine poussière de marbre recouvre les routes et les chemins ; le visiteur est vraiment plongé dans un autre monde.

Plusieurs boutiques et ateliers proposent des objets en marbre aux touristes. J’ai personnellement récupéré quelques débris de marbre qui ont trouvé leur place dans un aquarium…

Il est impressionnant de voir les engins extraire le marbre à ciel ouvert, avec les excavatrices qui flirtent avec le rebord des falaises. J’ai eu l’occasion de déjeuner avec des ouvriers dans un petit troquet au sein des carrières. Si les conditions de travail n’ont plus rien à voir avec celles de l’antiquité, les accidents restent fréquents et j’ai entendu à plusieurs reprises les sirènes des ambulances au cours de ma visite du site.

A noter qu’au début du 21ème siècle, les carrières de Carrare ont fait l’objet de critiques concernant leur impact sur l’environnement, notamment la surexploitation, mais aussi l’opacité de leur économie. Les ouvriers avec lesquels j’ai pu discuter à table reconnaissaient la pénibilité de leur travail, surtout dans les périodes de forte chaleur, mais ne se plaignaient pas de leurs salaires.

 Photos: C. Grandpey

Le bilan final se précise à Maui (Hawaii) // Getting closer to the final death toll at Maui (Hawaii)

Ces derniers jours, les médias internationaux ont déclaré que le nombre de personnes disparues à Maui se situait entre 1 000 et 1 100. Les chiffres que j’avais obtenus des autorités hawaïennes faisaient état d’environ 800 personnes n’ayant pas donné signe de vie. Aujourd’hui, les autorités du comté de Maui expliquent avoir recensé 388 individus portés disparus lors de l’incendie catastrophique de Lahaina le 8 août 2023. Le FBI a confirmé les noms de ces personnes grâce à leurs identités, mais aussi en contactant celles qui avaient signalé les disparitions.
Le 24 août 2023, il est indiqué que 1 732 personnes initialement portées disparues, ont été retrouvées.
Le dernier bilan est actuellement de 115 morts. Au final, on peut raisonnablement penser qu’il se situera autour de 500.

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In the past days, international news media said that the number of missing people in Maui reached 1000-1100.The figures I had obtained from Hawaiian authorities was rather about 800. In the end Maui County officials say they have validated 388 individuals who have been reported missing from the August 8th Lahaina wildfire disaster. The FBI confirmed the names by assessing the first and last name of the person who is unaccounted for, and by a verified contact number for the person who reported the individual missing.

As of August 24th, 2023, an additional 1,732 individuals who had originally been reported as unaccounted for have since been found.

The official death toll is 115. In the end, one can reasonably think that the official death toll will be around 500.

Source: presse américaine