Les tunnels de lave de Lanzarote

En milieu volcanique de point chaud où les laves basaltiques sont particulièrement fluides, il n’est pas rare d’observer et même de pouvoir visiter des tunnels de lave.

A Hawaii par exemple, le Thurston LavaTube a été aménagé pour permettre aux touristes de découvrir ce lieu très particulier. Les visiteurs les plus audacieux peuvent s’aventurer dans le tunnel de Kazumura dont les 65 kilomètres en font le plus long du monde. L’intérieur est particulièrement impressionnant. Claustrophobes s’abstenir !

Les Iles Canaries recèlent elles aussi leur lot de tunnels de lave. Je me suis attardé dans certains d’entre eux lors de mon dernier voyage à Lanzarote et j’ai pu observer trois types de présentation.

A l’intérieur du Parc National de Timanfaya, mon guide m’a fait pénétrer à l’intérieur de deux tubes de lave encore intacts, certes pas très longs, mais où l’on observe parfaitement les banquettes qui montrent les différents niveaux de la lave. Les stalactites de refusion sont de bonnes indicatrices de la chaleur présente en ces lieux au moment de l’éruption. Dans plusieurs secteurs du Parc, les bombements prolongés du sol trahissent la circulation souterraine de la lave il y a deux ou trois siècles. A noter que les anciens habitants utilisaient ces tunnels pour se mettre à l’abri des pirates.

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Afin que les visiteurs de Lanzarote puissent observer ces tunnels, celui de La Cueva de Los Verdes a été aménagé et éclairé, ce qui permet d’entrevoir plusieurs galeries superposées. .

Ce tunnel s’est formé lors de l’éruption du volcan de La Corona il y a environ 3000 ans. Il est dommage que les guides qui le font visiter soient peu bavards et ne possèdent que des connaissances rudimentaires en géologie et volcanologie !

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Toujours dans ce tunnel, on peut visiter les Jameos del Agua, grotte mise en valeur par César Manrique. Un lac naturel y abrite un crustacé albinos unique au monde. Le soleil qui pénètre dans l’eau bleue donne naissance à de superbes effets de lumière. Le tunnel a également été aménagé en un auditorium naturel à l’acoustique extraordinaire.

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En sortant du tunnel, je recommande une halte à la Casa de los Volcanes. Il s’agit d’un centre de recherche et de vulgarisation de la volcanologie des Iles Canaries et d’autres régions de la planète. On peut en outre y contempler des instruments mesurant la température et les mouvements de la Terre.

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 (Photos:  C.  Grandpey)

Un petit tour à Lanzarote (Iles Canaries / Espagne)

Avant que la chaleur envahisse l’archipel, j’ai fait une nouvelle escapade vers les Iles Canaries en cette fin de mois de mai. Après Tenerife l’an dernier, c’est Lanzarote qui était dans mon collimateur cette année. J’avais envie de voir les vestiges des deux éruptions qui ont secoué l’île en 1730 et en 1824.

Les visiteurs qui aiment les volcans ne sont pas déçus à Lanzarote car on voyage en permanence au milieu de cônes stromboliens – égueulés pour la plupart – et de coulées de lave dont beaucoup n’ont pas encore été colonisées par les lichens et la végétation. On a vraiment l’impression que la lave – très riche en olivine – a été vomie il y a seulement quelques années.

Le Parc National de Timanfaya est bien sûr le clou du spectacle. Pour en profiter, il faut se plier à de sévères restrictions d’accès que je trouve parfois exagérées. Pour ne citer que l’une d’entre elles, il est interdit de quitter sa voiture lorsque l’on parcourt les routes qui traversent le Parc. Pourquoi ne pas avoir aménagé quelques aires de stationnement aux endroits les plus photogéniques ? Le parcours effectué en car est fort intéressant. Je recommande de le faire deux fois : un premier trajet assis à gauche et un autre assis à droite du car, afin de profiter de l’ensemble des paysages. Le point de ralliement est le rendez-vous de nombreux cars et voitures avec leurs déversements de touristes. C’est là aussi que l’on aura une démonstration de jets de vapeur et d’enflammement d’herbes sèches, histoire de démontrer que la chaleur résiduelle du magma est toujours présente à Lanzarote. Mon thermomètre montrait une température d’environ 600°C là où la chaleur est suffisante pour faire brûler des herbes sèches. Elle avoisinait 250°C dans les orifices utilisés par le restaurant panoramique pour faire cuire les cuisses de poulets et les pommes de terre.

En dehors du circuit touristique, il faut noter la Ruta de Termesana, petit circuit à pied à l’intérieur du Parc sous la houlette d’un guide. Il est nécessaire de réserver un mois à l’avance (groupe de 8 personnes maxi chaque vendredi matin. Connaissance de l’espagnol ou de l’anglais obligatoire).

Pour ceux qui, comme moi, fuient les zones hyper touristiques, des balades sont possibles dans le Parque Natural de Los Volcanes (à ne pas confondre avec Timanfaya), sans oublier les routes et chemins côtiers qui offrent de superbes opportunités géologiques.

Voici quelques images de ce périple pendant lequel je me suis vraiment régalé.

Le Parc National de Timanfaya…

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De superbes couleurs…

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Une profusion de cratères…

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Des fractures éruptives…

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Des coulées de lave impressionnantes.

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Une lave riche en olivine

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L’îlot de La Graciosa est lui aussi volcanique

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(Photos: C.  Grandpey)

Le Sangeang Api (Indonésie) perturbe le trafic aérien en Australie // Sangeang Api (Indonesia) disrupts air traffic in Australia

drapeau francaisSelon les agences de presse australiennes, le volcan Sangeang Api est entré en éruption à trois reprises depuis vendredi après-midi. Bien que le volcan soit situé à environ 1200 km à l’ouest-nord-ouest de Darwin, les vols vers et depuis l’aéroport international ont été annulés samedi.
Le directeur du VAAC de Darwin a indiqué que le nuage de cendre se dispersait en se dirigeant vers le sud, mais la situation pourrait changer à tout moment. Si une violente éruption se produisait dans les prochaines six à 12 heures, les conséquences seraient plus importantes à travers l’Australie. Pour le moment, des villes comme Brisbane ou Sydney ne sont pas susceptibles d’être affectées par le nuage de cendre. Cette dernière affectera Darwin au cours des prochaines 18 heures et sera probablement présente pendant un jour ou deux.
Elle se trouve dans une bande comprise entre 10 km et 15 km d’altitude, celle empruntée par les vols commerciaux.

Je me pose une question: Où sont les avions magiques et leur célèbre système AVOID censé pouvoir détecter les cendres volcaniques et informer les compagnies aériennes en conséquence?

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drapeau anglaisAccording to Australian press agencies, Sangeang Api has erupted three times since Friday afternoon. Although the volcano is located about 1200km west-northwest of Darwin, flights to and from Darwin International Airport were cancelled on Saturday.

The manager of the Volcanic Ash Advisory Centre (VAAC) said the cloud was dispersing as it spread south but the situation could change at any time. Should a big eruption occur in the next six to 12 hours, longer effect is more likely across Australia. For the moment, places like Brisbane or Sydney are not likely to be affected by the ash cloud. The ash will affect Darwin for the next 18 hours and will probably hang around for a day or so.

The ash near Darwin is in a band between 10km and 15km in the air, which is the cruising altitude for commercial jet aircraft.

My question is : Where are the magic planes and their famous AVOID system supposed to be able to detect volcanic ash and inform air companies about the situation ?

Accélération du réchauffement climatique en Alaska // Global warming is accelerating in Alaska

drapeau francaisLe dernier rapport sur le climat des Etats-Unis (National Climate Assessment) qui vient d’être rendu public par la Maison Blanche indique que les changements climatiques observées dans le pays sont amplifiés en Alaska, le seul territoire arctique et subarctique de l’Union.

Dans un chapitre spécial consacré à l’Alaska, le rapport met en évidence les modifications qui sont en train de se produire sur la terre ferme, l’eau et la glace.

L’Alaska s’est réchauffée deux fois plus vite que le reste du pays au cours des 60 dernières années. Ce réchauffement sur le long terme est facile à observer, en dépit de l’Oscillation Décennale du Pacifique (ODP), variation de la température de la surface de la mer qui fait se déplacer la trajectoire des systèmes météorologiques de manière cyclique sur une période de plusieurs décennies, habituellement de 20 à 30 ans. L’Oscillation est entrée dans une phase de réchauffement à la fin des années 1970, puis dans une phase froide au début des années 2000.

Les températures annuelles moyennes en Alaska ont augmenté de 3 degrés au cours des six décennies écoulées et celles de l’hiver de 6 degrés pendant cette même période. Selon les climatologues, cette tendance devrait se poursuivre avec une augmentation de 2 à 4 degrés supplémentaires d’ici 2050. La population alaskienne ressent profondément cette hausse des températures et s’en inquiète, comme le prouvent les nombreux témoignages que j’ai pu récolter pendant mes voyages.

S’agissant des océans, la banquise disparaît plus vite que le prévoient les modèles scientifiques, ce qui influe sur l’atmosphère qui se trouve au-dessus. L’absence de glace découvre de vastes surfaces occupées par une eau sombre qui absorbe la chaleur et la renvoie dans l’atmosphère, ce qui entraîne une hausse des températures de l’Arctique.

La réduction de la banquise est une arme à double tranchant d’un point de vue économique. D’un côté, elle offre de nouvelles opportunités pour le commerce et rend accessibles des ressources naturelles dans l’extrême nord, mais ces activités commerciales s’accompagnent du risque de marées noires et autres menaces pour l’environnement.

Les glaciers de l’Alaska voient leur fonte s’accélérer, phénomène que j’ai pu observer personnellement lors de plusieurs survols de Glacier Bay et à l’occasion d’approches des glaciers qui viennent vêler dans le Prince William Sound. Au train où vont les choses, cette fonte risque de poser de gros problèmes à l’alimentation hydroélectrique, un problème déjà largement observé en Amérique du Sud.

En plus de la fonte des glaciers, l’acidification de l’eau de mer (baisse du pH due à l’absorption du CO2 de l’atmosphère par l’eau de mer) risque de mettre en péril les poissonneries, l’un des pivots de l’économie de l’Alaska. D’autre part, la température de l’eau de mer est en hausse. Par exemple, à Kodiak, la température moyenne de la mer en mai est de 41degrés Fahrenheit (5°C) ; or, elle atteignait déjà 45,3°F (7,3°C) à la fin du mois d’avril.

L’eau douce subit elle aussi les effets du changement climatique. Dans les deux tiers sud de l’Alaska, les lacs rétrécissent suite à la fonte du permafrost et à une plus forte évaporation provoquée par la hausse des températures. Cette nouvelle situation affecte le comportement des oiseaux migrateurs.

La fonte du permafrost est parfaitement visible en Alaska. Il suffit d’emprunter le réseau routier pour s’en rendre compte. Les routes sont souvent fortement endommagées et les travaux entrepris ont du mal à enrayer cette dégradation. Dans plusieurs régions de l’Alaska et du Yukon voisin, on voit des forêts d’effondrer (elles ont été baptisées drunken forests, les forêts ivres) car les racines des arbres ne sont plus maintenues en place par le sol gelé. De plus, la répartition de la végétation se modifie. C’est ainsi que le territoire boisé fréquenté par les élans a tendance à se développer vers le nord tandis que les surfaces couvertes de lichens appréciées des caribous diminuent. Cette fonte du permafrost représente un coût élevé car, en plus des routes, il faut réparer les pistes des aéroports et les bâtiments qui menacent de s’effondrer, quand il ne faut pas carrément les reconstruire. On estime que les dépenses occasionnées par la fonte du permafrost en Alaska s’élèvent à un montant compris entre 3,6 et 6,1 milliards de dollars.

La fonte du permafrost dans l’Arctique a aussi un effet sur l’atmosphère et contribue à son enrichissement en CO2. Elle permet aussi au méthane de quitter le fond des lacs. Le développement de la forêt en direction du nord offre une possibilité d’absorption du CO2, mais cet effet bénéfique est contrebalancé par l’effet albédo quand une région autrefois blanchie par la neige prend une couleur plus sombre avec la végétation qui la recouvre.

D’une manière plus globale, si le réchauffement climatique est moins spectaculaire ailleurs aux Etats-Unis, il est tout de même bien présent, comme le confirme le rapport publié par la Maison Blanche. Depuis 1895, les températures ont augmenté de 1,5 degrés, en sachant que la hausse s’est accélérée depuis 1970.

Source : Anchorage Daily News.

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drapeau anglaisThe latest report on the climate of the United States (National Climate Assessment) which has just been released by the White House indicates that climate change observed in the country is magnified in Alaska, the only arctic and subarctic territory of the Union .
In a special chapter devoted to Alaska , the report highlights the changes that are happening on land, water and ice.
Alaska has been getting warmer twice as fast as the rest of the country over the past 60 years. This long-term warming is easy to observe, despite the Pacific Decadal Oscillation (PDO ) a temperature variation of sea surface which moves the path of weather systems cyclically over decades, usually 20 to 30 years. The Oscillation entered a phase of warming in the late 1970s , then in a cold phase in the early 2000s.
Average annual temperatures in Alaska have increased by 3 degrees over the past six decades and those of winter rose by 6 degrees during this same period. According to climatologists, this trend is expected to continue with an increase of 2 to 4 additional degrees by 2050. The Alaskan population deeply  feels the rising temperature and is worried, as evidenced by the many testimonies I gathered during my travels.
Regarding the oceans, sea ice disappears faster than scientific models predict, which affects the atmosphere above. The lack of ice uncovers large areas previously occupied by dark water that absorbs heat and returns it to the atmosphere, resulting in an increase in Arctic temperatures .
The reduction of sea ice is a double-edged sword from an economic point of view. On the one hand, it offers new opportunities for commerce and make available natural resources in the far north, but these commercial activities are accompanied by the risk of more oil spills and other environmental threats.
The glaciers of Alaska have their melting accelerated, a phenomenon I could observe during several flights over Glacier Bay and when I approached glaciers that come to an end in Prince William Sound. At this rate, the melting could pose big problems to hydroelectric systems, a problem already widely observed in South America.
In addition to the melting of glaciers, the acidification of sea water (lower pH due to the absorption of CO2 from the atmosphere by sea water) may endanger fisheries, an asset of the economy of Alaska. On the other hand , the temperature of sea water is increasing . For example, in Kodiak, the average sea temperature in May is 41degrés Fahrenheit ( 5 ° C) ; however, it had already reached 45.3 ° F ( 7.3 ° C) at the end of April.
Fresh water is also experiencing the effects of climate change. In the southern two-thirds of Alaska, lakes are shrinking due to the melting of the permafrost and increased evaporation caused by higher temperatures. This new situation affects the behaviour of migratory birds.
The melting of the permafrost in Alaska is easy to be seen. You just need to use the road network to realize it. Roads are often badly damaged. In several regions of Alaska and neighbouring Yukon, one can see forests collapse (they are called drunken forests) because tree roots are no longer held in place by the frozen ground. Furthermore, the distribution of the vegetation distribution is changing. Thus, the wooded areas frequented by moose tend to move north while the surfaces covered with lichens appreciated by caribou are shrinking. The melting permafrost represents a high cost because, in addition to roads, they must repair airport runways and buildings in danger of collapsing, when they should not be totally rebuilt. It is estimated that the costs incurred by the melting of the permafrost in Alaska amount to between 3.6 and 6.1 billion dollars.
The melting of the permafrost in the Arctic also has an effect on the atmosphere and contributes to the CO2 enrichment . It also allows methane to leave the bottom of the lakes. The development of the forests to the north offers a possibility of CO2 absorption, but this benefit is offset by the albedo effect when a previously white, snowy region gets darker with the vegetation that now covers it.
In a more general way, if global warming is less dramatic elsewhere in the United States, it is still very present , as confirmed by the report issued by the White House. Since 1895, global temperatures have risen 1.5 degrees and the increase has accelerated since 1970.
Source: Anchorage Daily News.

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Les glaciers, symbole de l’accélération du réchauffement climatique en Alaska  (Photo:  C. Grandpey)