La Science peut-elle permettre la détection des nuages de cendre volcanique? // Can Science help detect volcanic ash clouds?

En 2010, l’éruption de l’Eyjafjallajökull en Islande a déclenché une vague de panique dans le ciel et les nuages ​​de cendre ont paralysé le trafic aérien dans une grande partie de l’Europe. Dans les années qui ont suivi, plusieurs tentatives ont été faites pour essayer de trouver des solutions afin d’éviter que semblable problème se reproduise à l’avenir. Cependant, aucun progrès significatif n’a été réalisé dans ce domaine. Si un autre énorme nuage de cendre devait envahir le ciel européen, il est fort probable que les avions seraient de nouveau cloués au sol.
Un article récemment publié sur le site web Science News explique qu’un nouvel algorithme pourrait «permettre de protéger les avions contre les dangereuses cendres volcaniques». On nous dit qu’il faut cinq à dix minutes à la cendre volcanique pour atteindre une hauteur de 11 kilomètres dans le ciel et se trouver ainsi sur les couloirs des vols  commerciaux, avec un risque certain pour les moteurs des aéronefs.
Les scientifiques ont mis au point un nouvel algorithme permettant d’identifier et de suivre rapidement la trajectoire des nuages ​​de cendre produits par les éruptions. Ils expliquent qu’en utilisant des images satellites, le programme peut mesurer la température, la hauteur et la trajectoire des nuages en l’espace de trois minutes environ.
En suivant les panaches de cendre quasiment en temps réel, les scientifiques peuvent alerter les autorités compétentes et leur conseiller de modifier les bulletins d’alerte concernant les cendres volcaniques ou de modifier les trajectoires de vol des avions se dirigeant vers des éruptions potentiellement dangereuses. La nouvelle technologie pourrait être particulièrement utile pour les volcans qui ne sont pas surveillés dans les régions qui se trouvent loin de tout. Il faut savoir que sur environ 1 500 volcans actifs dans le monde, moins de 10% sont surveillés.
L’algorithme numérise les images prises par les satellites météorologiques américains et japonais en orbite autour de l’équateur et qui enregistrent les images de vastes étendues de la Terre toutes les 30 secondes.
La difficulté consiste à faire la différence entre les types de nuages, par exemple entre les nuages éruptifs et la formation de gros nuages d’orages. Dans ce cas, l’algorithme analyse la «température de luminosité». En effet, lorsque des nuages ​​de cendre surchauffés montent dans le ciel, ils refroidissent rapidement à l’approche de la stratosphère.
Les chercheurs ont mis au point l’algorithme en se basant sur 79 éruptions volcaniques observées dans les données satellitaires de 2002 à 2017. Lorsque l’algorithme a utilisé des données de générations précédentes, il a pu identifier avec précision les nuages ​​de cendre dans environ 55% des cas. À l’aide de données provenant de satellites plus récents, le programme a repéré les nuages ​​dans près de 90% des cas.

Source: Science News.

L’article montre que des progrès ont été accomplis, mais mettre face à face la Science et la Nature peut être dangereux car la Nature n’est pas une science exacte. Je ne voudrais pas être dans un avion confronté aux 10% de nuages ​​de cendre qui n’ont pas été détectés par le programme scientifique décrit dans l’article!
Source: Science News.

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In 2010, the eruption of Eyjafjallajökull in Iceland sent a wave of panic in the skies and the ash clouds paralysed air traffic in a large part of Europe. In the years that followed, several attempts were made to try and find solutions in order to avoid similar problems in the future. However, no significant progress has been made. Should another huge ash cloud invade the European skies it is highly likely that the planes will be grounded again.

A recent article released on the website Science News explains us that a new algorithm could “help protect planes from damaging volcanic ash.” We are told that it takes five to ten minutes for volcanic ash to shoot 11 kilometres into the sky  and reach altitudes at which commercial jets cruise, and potentially harm their engines.

Scientists have developed a new algorithm that can identify and track explosive ash clouds soon after volcanoes erupt. They explain that by using satellite imagery, the program can measure the temperature, height and trajectory of the expanding clouds within about three minutes.

By tracking the ash plumes in near real time, scientists can alert aviation authorities if there is a need to alter any volcanic ash advisories or change the flight paths of any planes flying toward hazardous eruptions. The new technology could be especially useful for tracking unmonitored volcanoes in remote regions. Out of the roughly 1,500 active volcanoes across the globe, fewer than 10 percent are monitored.

The algorithm works by scanning images taken by U.S. and Japanese weather satellites that zip around the equator, snapping pictures of large swaths of the Earth as frequently as every 30 seconds.

The challenge is to tell the difference between different types of clouds. To distinguish the eruption of volcanic ash clouds and the formation of large thunderstorms, for example, the algorithm analyzes the “brightness temperature”. Indeed, as superheated ash clouds surge into the sky, they cool quickly as they near the stratosphere.

The researchers trained the algorithm on 79 volcanic eruptions seen in satellite data from 2002 to 2017. When the algorithm used data from earlier satellite generations, it accurately identified ash clouds about 55 percent of the time. Using data from newer satellites, the program spotted the clouds in nearly 90 percent of cases.

Source : Science News.

The article shows us that progress is being made, but confronting Science with Nature can be dangerous as Nature is by no means an exact science. I would not like to be in a plane confronted with the 10 percent of ash clouds that were not spotted by the scientific program described in the article!

Nuage de cendre produit par l’éruption de l’Eyjafjallajökull (Islande) en 2010 (Crédit photo: Wikipedia)

Tourisme toujours au ralenti sur la Grande Ile d’Hawaii // Tourism still sluggish on Hawaii Big Island

Trois mois après la fin de la dernière éruption du Kilauea et malgré la réouverture du Parc National des Volcans d’Hawaï, les commerces font état d’une pénurie de clients. Les autorités hawaïennes sont probablement en train de payer leur gestion désastreuse de l’éruption du point de vue touristique. Les gens venus visiter la Grande Ile n’ont jamais eu l’occasion de voir la lave. Ils ont été tenus bien à l’écart des coulées et ceux qui ont bravé les interdictions se sont vu infliger des amendes. Les autorités ont promis à plusieurs reprises qu’une plate-forme d’observation serait ouverte au public, mais personne ne l’a jamais vue. Cela a probablement été fait pour orienter les touristes vers les compagnies d’hélicoptères et de bateaux qui ont pu gagner de l’argent grâce à l’éruption.
La mauvaise gestion de l’éruption se fait encore sentir aujourd’hui sur la Grande Ile d’Hawaii. Même si les activités commerciales se sont améliorées depuis la réouverture du Parc en septembre, le tourisme dans la région est toujours en recul par rapport à la période qui a précédé l’éruption du 3 mai 2018 dans Lower Puna. Les commerces font état de nombres de visiteurs erratiques et le tourisme pour l’île dans son ensemble reste morose. Selon les dernières données publiées par la Hawaii Tourism Authority, le nombre moyen de visiteurs en octobre a diminué de 10% par rapport à l’année précédente, tandis que les dépenses des touristes pour ce même mois sont en baisse de 11%.
La lenteur de la reprise du tourisme est souvent attribuée à l’absence de lave dans le cratère de l’Halema’uma’u. On ne voit plus sa lueur la nuit, ce qui explique le peu de visiteurs nocturnes. Cette absence de lave est probablement aussi l’une des raisons de la fréquentation timide de la Volcano House. Les gens sont certes intéressés par les changements subis par le cratère de l’Halema’suma ’u qui s’est considérablement agrandi depuis le début de l’éruption, mais la lueur nocturne n’est plus qu’un souvenir.
Une autre raison susceptible d’expliquer la diminution du nombre de touristes est le manque de publicité. Si la lave est absente, la vue du cratère, les sentiers et les bouches qui émettent de la vapeur sont de bonnes raisons de venir visiter le Parc, mais beaucoup de gens pensent que ces sites sont toujours fermés au public. Les commerçants pensent qu’une nouvelle stratégie de marketing doit être développée pour promouvoir le Parc, maintenant que la lave a disparu de la surface de l’île.
Source: Journaux hawaïens.

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Three months after the end of the last Kilauea eruption, and despite the reopening of Hawaii Volcanoes National Park, businesses report a shortage of visitors. Hawaiian authorities are probably paying for their disastrous management of the eruption from the tourist point of view. Visitors to the Big Island were never given the opportunity to see the lava. They were kept far way from the lava flows and given fines if they entered the restricted area. Authorities promised several times that a viewing platform would be opened for the public but nobody ever saw it. This was probably done to orient tourists toward the helicopter and boat companies which could make money out of the eruption.

The poor management of the eruption is still felt today on Hawaii Big island. While business in Volcano has improved since the reopening of the Park in September, tourism to the area is still down from before the eruption which began on May 3rd in Lower Puna. Businesses report erratic visitor numbers as the island’s tourist industry remains sluggish. According to the latest data released by the Hawaii Tourism Authority, the average daily number of visitors in October was down 10 percent from the previous year, while visitor spending for that month was down by 11 percent.

The slow recovery is often attributed to the absence of what was once a major attraction in the area:  lava within Halema‘uma‘u crater. Its glow can no longer be seen at night so that there are fewer tourists in the evening. This lack of lava is a likely reason for the Volcano House’s recent dearth of visitors. Locals are still interested in seeing the changes to Halema‘uma‘u, which has expanded substantially since the start of the eruption, but the exotic attraction of the nightly lava glow is lost.

Another reason that could account for the drop in the visitor numbers is the lack of publicity. If lava is absent, the view of the crater, the trails and the steam vents are good reasons to come and visit the Park, but many people think they are still closed to the public. Business owners think a new marketing strategy should be developed for the Park, now that no active lava can be seen on the surface of the island.

Source: Hawaiian newspapers.

La belle lueur nocturne de la lave dans le cratère de l’Halema’uma’u n’est plus qu’un souvenir (Photo: C. Grandpey)

Eruption du Manam (Papouasie-Nouvelle-Guinée) // Eruption at Manam (Papua New Guinea)

Selon le site web The Watchers, une violente éruption a commencé le 8 décembre 2018 vers 03h00 (TU) sur le volcan de l’île Manam, avec d’importantes retombées de cendre sur l’île. Selon le VAAC de Darwin, le panache de cendre s’est élevé à plus de 13 km au dessus du niveau de la mer, obligeant les autorités à faire passer la couleur de l’alerte aérienne au Rouge.
La couverture nuageuse dissimule le sommet du volcan de sorte qu’il est difficile de savoir si les émissions de cendres continuent. Les panaches devraient se dissiper d’ici 3 heures.
La dernière puissante éruption de ce volcan a eu lieu le 25 août 2018.
Source: The Watchers

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According the website The Watchers, a powerful eruption started at Manam volcano around 03:00 UTC on December 8th, 2018, with havy ashfall falling on the island. According to the Darwin VAAC, the ash plumes rose up to more than 13 kilometres above sea level, forcing authorities to raise the Aviation Colour Code to Red.

With meteorological clouds obscuring the summit, it is difficult to determine if ash emissions are ongoing.

The ash is expected to dissipate within the next 3 hours.

The previous high-impact eruption of this volcano took place on August 25th, 2018.

Source : The Watchers

Activité éruptive du Manam en juillet 2009 (Crédit photo: Wikipedia)

L’éruption du Kilauea officiellement terminée ? // Kilauea eruption officially over ?

Dans une note publiée le 5 décembre, le HVO a indiqué que toute activité avait cessé sur le Kilauea. Cela fait maintenant trois mois qu’aucune activité de surface n’est observée. La lave est apparue pour la dernière fois dans la Lower East Rift Zone (LERZ) le 4 septembre 2018.
Selon le GVN de la Smithsonian Institution, les volcans sans activité éruptive sur une période de trois mois ne sont plus considérés comme étant en éruption. Sur la base de ce critère, l’éruption dans la LERZ pourrait être considérée comme terminée.
Cependant, le HVO reste prudent, er rappelle que dans l’histoire du Kilauea il existe un exemple connu (éruption du Mauna Ulu entre1969 et 1974) au cours duquel l’activité du Kilauea a repris après plus de trois mois d’arrêt. [NDLR : Il serait tout de même intéressant de savoir s’il s’agissait effectivement d’une reprise de l’éruption ou d’un nouvel épisode éruptif, ce qu’il est très difficile de prouver sur le Kilauea où la composition de la lave n’évolue guère].
Le HVO a-t-il raison de dire que l’éruption n’est pas terminée en faisant référence à la seule exception dans l’activité volcanique du Kilauea? Je peux comprendre la déception des géologues américains qui se sont plantés dans leurs prévisions concernant la durée de la dernière éruption. Elle s’est arrêtée quelques semaines après leur prévision d’un événement de plusieurs mois ou d’un an.
Tous les paramètres montrent actuellement qu’aucune éruption ne se produira dans les prochaines semaines. Il ne fait guère de doute que la dernière éruption est bel et bien terminée !

A noter que le Lava Tree State Monument a rouvert au public le 6 décembre. Il avait été fermé à cause de la proximité de la dernière éruption mais a été épargné par la lave.

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In a note released on December 5th, 2018, HVO indicated that Kilauea Volcano is still not erupting. There have been three months with no eruptive activity at the surface; September 4th, 2018 was the last time active lava was observed along the Lower East Rift Zone.

According to the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Program, volcanoes with no eruptive activity over a three-month period are no longer classified as having a “continuing” eruption. Based on this criterion, the LERZ eruption could be considered to be over.

However, HVO remains cautious, pointing again to Kilauea history. There is one known example (Mauna Ulu, 1969-74) in which Kilauea’s rift zone activity resumed after more than three months had passed.

Is HVO right to say the eruption might not be over by pointing to the only exception in Kilauea’s volcanic activity? I can understand US geologists are disappointed because their predictions concerning the duration of the last eruption were wrong. It stopped a few weeks after their prediction of a several-month or one-year event.

All parameters show that no eruption will occur in the coming weeks. There is little doubt the eruption is definitely over.

It should be noted that the Lava Tree State Monument reopened to the public on December 6th. It had been closed because it was lying close to the last eruption but was spared by the lava.

Source: USGS / HVO

L’un des arbres du Lava Tree State Monument (Photo: C. Grandpey)