Popularité de l’éruption islandaise : des craintes pour la Nature et la Santé // Popularity of the Icelandic eruption : fears for Nature and Health

Bien que pratiquement aucun étranger n’assiste à l’éruption, on peut voir des foules de gens chaque jour dans la Geldingadalur. Selon l’Office islandais du tourisme, plus de 18 000 personnes avaient déjà visité l’éruption le 30 mars 2021. On estime que ce nombre doublerait et atteindrait 30 000 à 40 000 personnes si des touristes étrangers étaient présents en Islande. Un record a été établi le dimanche 28 mars avec 5 630 visiteurs. À l’approche du week-end de Pâques, les chiffres ne devraient pas baisser. Alors qu’une navette de bus et même un camion de restauration rapide sont apparus sur le site, les autorités islandaises disent qu’elles doivent tirer les leçons des erreurs du passé sur d’autres sites touristiques et mettre rapidement en place des infrastructures sur le site de  l’éruption.

Que l’éruption se poursuive ou non, la vallée où coule la lave en ce moment pourrait devenir le site touristique le plus visité d’Islande dans les années à venir. Il est proche à la fois de Reykjavik et de l’aéroport international de Keflavik où la plupart des voyageurs entrent dans le pays. Il est également très proche du célèbre Blue Lagoon.

Le site est surveillé par des secouristes depuis le début de l’éruption afin d’assurer la sécurité des visiteurs. Les secouristes ont également balisé le chemin le plus court et le plus sûr à partir de la route la plus proche.

Les autorités islandaises s’inquiètent également de l’impact du grand nombre de visiteurs sur l’environnement. Comme je l’ai indiqué précédemment, l’éruption se trouve sur des terres privées. L’un de ses propriétaires a déclaré qu’il n’avait pas l’intention de faire payer l’entrée aux visiteurs [ce qui signifie qu’il y a pensé! Imaginez un instant une éruption identique dans notre Chaîne des Puys. Un droit d’entrée aurait déjà été imposé aux visiteurs depuis plusieurs jours !!]. Ce propriétaire est inquiet à cause des dégâts qu’un aussi grand nombre de touristes peuvent causer à l’environnement. L’éruption se trouve sur une terre vierge jusque là et qui sera dégradée ; la mousse et d’autres plantes mettront des décennies à se rétablir.

Les autorités islandaises estiment que la mise en place d’infrastructures sur certains sites du pays a été trop lente, ce qui les a rendus vulnérables. L’exemple le plus frappant est le canyon de Fjaðrárgljúfur, qui a connu une très forte hausse de fréquentation après que Justin Bieber ait publié un clip vidéo filmé sur le site en 2015. Le canyon a dû être fermé à plusieurs reprises aux visiteurs les années suivantes, car l’afflux de visiteurs endommageait sa végétation sensible.

Une autre préoccupation concerne les personnes qui enfreignent les règles de quarantaine et viennent visiter l’éruption dans la Geldingadalur. La police contrôle désormais étroitement les arrivées à l’aéroport de Keflavík et sur le site de l’éruption. Toutes les personnes qui arrivent en Islande (à l’exception de celles qui ont été vaccinées ou qui ont contracté la Covid-19) doivent subir deux tests PCR et rester en quarantaine pendant cinq à six jours entre les tests. Cependant, certaines personnes censées être en quarantaine ont visité le site de l’éruption.

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In spite of the fact that hardly any foreigner has come to visit the eruption, crowds of people can dbe seen everyday in Geldingadalur. According to the Icelandic Tourist Board, over 18,000 people had already visited the eruption on March 30th, 2021. It is estimated that the number would at least double and maybe reach 30,000-40,000 people if foreign tourists were present in Iceland. A daily record was set on Sunday March 28th when 5,630 persons visited the site. With Easter weekend around the corner, the numbers are not likely to drop. While a bus shuttle and even a food truck have popped up at the site, authorities say they need to learn from past mistakes at other tourist sites and act quickly to build up infrastructure by the eruption.

Whether or not the eruption continues, the valley where lava is currently flowing could become Iceland’s most-visited tourist site in the coming years. It is close both Reykjavik and Keflavik International Airport where most travellers enter the country. It is also very close to the popular Blue Lagoon.

The eruption site has been monitored by Search and Rescue volunteers since the start of the eruption to ensure the safety of visitors. They have also marked the shortest, safest path to the site from the nearest road.

Icelandic authorities also worry about the impact of the popularity of the eruption on the environment. The eruption is located on private land. One of its owners said that he does not intend to charge visitors admission [which means he is thinking about it!], but is concerned about the damage such large numbers of tourists could cause to the land. It was an untouched land that will be wrecked, with moss and other things that take decades to recover. [Personal note: Just imagine a similar eruption occurring in the French Chaîne des Puys, an admission fee would already have been imposed on visitors for several days!!]

Icelandic authorities think thay have been too slow to build up infrastructure at some sites across the country, leaving them vulnerable. One example is Fjaðrárgljúfur canyon, which exploded in popularity after musician Justin Bieber released a music video filmed at the site in 2015. The canyon was repeatedly closed to visitors in the following years as heavy foot traffic damaged its sensitive vegetation.  .

Another concern is the people who break the quarantine regulations in order to visit the Geldingadalsgos eruption. Police are now more closely supervising arrivals to Keflavík International Airport and the eruption site. .

According to the quarantine regulations, everyone who arrives in Iceland (except the persons who have been vaccinated or who have already had Covid-19) must undergo two PCR tests and stay in quarantine for five to six days between them. However, some persons were supposed to be in quarantine but visited the eruption site.

Islande, une nature fragile (Photo : C. Grandpey)

Un immense parc national en Islande // Huge national park in Iceland

Ceux qui aiment l’Islande – j’en fais partie – seront heureux d’apprendre qu’ils pourront bientôt visiter un nouveau parc national dans le pays.

La région des hautes terres du centre de l’île – Central Highland region – est appelée à devenir le plus grand parc national d’Europe. Il aura une superficie de 40 000 km² sur les 103 000 km² de l’Islande, soit environ 30% de la superficie du pays.

Le projet de loi présentant la création du parc a été introduit au Parlement par le ministre islandais de l’Environnement le 30 novembre 2020. Ne soyons pas dupes ; les autorités islandaises ont bien compris les avantages économiques et financiers du projet ! Il est clair que la création du parc national dans les Highlands stimulera le tourisme et, par voie de conséquence, l’économie nationale dans son ensemble.

La région des hautes terres du centre de l’Islande est l’une des plus grandes régions non habitées d’Europe et un important lieu de reproduction pour les oiseaux. Environ la moitié de la superficie envisagée pour le parc national est déjà protégée, avec notamment le parc national du Vatnajökull, le glacier Hofsjökull et le Landmannalaugar. Le parc renfermera les zones déjà protégées et les élargira pour créer un unique parc national.

Il est prévu que le parc soit divisé en six régions administratives qui seront gérées conjointement par les autorités municipales et étatiques. Une entité spéciale sera créée pour superviser la gestion du parc, avec des représentants locaux et étatiques ainsi que d’autres parties intéressées.

Contrairement à ce qui se passe aux États-Unis par exemple, l’accès aux parcs nationaux en Islande est actuellement gratuit. Cependant, des droits de stationnement sont exigés dans le parc national de Þingvellir et le parc national de Skaftafell, une partie du parc national de Vatnajökulsþjóðgarður. Dans ces deux parcs, il y a des panneaux avec les informations de paiement. La redevance pour chaque parc (750 ISK pour une voiture familiale jusqu’à 5 places, par exemple) dépend de la durée de stationnement d’un véhicule déterminée par la reconnaissance de la plaque d’immatriculation. Vous trouverez toutes les informations nécessaires en cliquant sur ce lien:

https://www.bluecarrental.is/useful-information/road-tolls/

 Il est fort probable que la même politique sera appliquée dans le nouveau parc national. Avec le très grand nombre de touristes prévu,  il sera une belle source de revenus pour l’économie islandaise!

Source: Revue d’Islande.

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Those who love Iceland – I am one of them – will be pleased to learn that they will soon visit a new National Park in the country.

The Central Highland region is set to become the largest national park in Europe, covering around 30% of Iceland. This would also make it the national park that represents the highest percentage of the total area of a country, with over 40,000 km² of the total 103,000 km² surface area of Iceland. A bill outlining the park’s establishment was introduced in Parliament by Iceland’s Minister for the Environment on November 30th, 2020.

Let’s not be mistaken; Icelandic authorities see advantages in the project. It is clear that the establishment of the Highland National Park would boost tourism and, as a result, the national economy as a whole.

Iceland’s Central Highland region is one of the largest unpopulated regions in Europe and an important breeding ground for birds. Around half of the proposed area of the park is already protected, including under Vatnajökull National Park, Hofsjökull glacier, and Landmannalaugar.

The proposed park would unite already protected areas and expand them to create a single, unified Highland National Park. The park is to be separated into six administrative regions to be jointly managed by municipal and state authorities. A special board will be established to oversee the park’s management, consisting of local and state representatives as well as other interested parties.

Contrary to what happens in the United States for instance, access to the national parks in Iceland is currently free. However, drivers need to pay Entrance Fee / Parking Fee in Þingvellir National Park and Skaftafell National Park, a part of Vatnajökulsþjóðgarður National Park. In both parks there are signs and payment information which nobody should miss. The charge at each park (750 ISK for a family car with up to 5 seats, for example) is based on length of stay of a vehicle determined by license plate recognition. You will find all the necessary information by clicking on this link :

https://www.bluecarrental.is/useful-information/road-tolls/

It is highly likely that the same policy will be used in the new national park, which will be geed news for Iceland’s national economy!

Source: Iceland Review.

La région de Skaftafell est déjà un parc national (Photo: C. Grandpey)

COVID-19 : le retour de la Nature? Pas si sûr ! // COVID-19 : Nature’s comeback? Not so sure !

Avec le confinement qui accompagne la pandémie de COVID-19, les gens ne sortent plus et le silence a de nouveau envahi les campagnes. Des animaux sauvages comme les renards ou les chevreuils ont été aperçus dans les rues de certaines villes. Très logiquement, la plupart des gens pensent que la pandémie sera très profitable à la faune.
Oui, mais cela dépend où. Malheureusement, les images d’animaux dans les rues se limitent au monde minoritaire des pays industrialisés. Il ne faudrait pas oublier que la majeure partie de la biodiversité à travers le monde se trouve dans les pays à faible revenu et les économies émergentes où les impacts économiques de la pandémie risquent d’être catastrophiques pour la Nature.
La différence réside dans la façon dont les gens réagissent face à la perte de leurs moyens de subsistance. De nombreuses économies industrialisées ont mis en place des filets de sécurité sociale qui protègent de la misère les pauvres et les plus vulnérables. L’importance de l’État providence n’a jamais été aussi évidente que pendant la pandémie que nous vivons en ce moment. En France, par exemple, le gouvernement garantit que les personnes en chômage forcé recevront 84% de leurs salaires. A l’inverse, les citoyens vivant dans les pays en voie de développement ne disposent pas d’un tel soutien de la part de leur gouvernement, ce qui les rend incroyablement vulnérables. Pour beaucoup de ces personnes, ce sont la forêt et l’océan qui fournissent le filet de sécurité. Quand les gens se retrouvent sans rien, ils peuvent toujours trouver quelque chose à manger ou à vendre dans la forêt. Ainsi, les agriculteurs souffrant de la sécheresse peuvent se retourner vers la forêt pour produire du charbon de bois ou pour pratiquer une agriculture sur brûlis. D’autres se rendent en mer pour pêcher, mais faute de compétences et d’équipements nécessaires, ils ont souvent recours à des techniques destructrices comme la pêche au poison. Les impacts peuvent être dévastateurs pour la biodiversité.
En Inde, des millions de travailleurs migrants ont perdu leur emploi dans les villes et sont retournés vivre avec leurs familles dans les villages, provoquant un mouvement de masse jamais observé depuis la partition du pays en 1947. Une situation similaire se produit à Madagascar, mais aussi partout en Afrique et probablement dans une grande partie des tropiques. Personne ne sait quels seront les impacts de cet exode rural sans précédent, mais il est clair que beaucoup de personnes se retrouveront encore plus pauvres, en proie à la famine et beaucoup plus proches de la faune exploitable qu’elles ne l’étaient il y a quelques semaines, avant le début de la pandémie.
Dans le même temps, la surveillance et la gestion des sites sauvages seront considérablement affaiblies. Les gouvernements donnent naturellement priorité à la santé publique ; de ce fait, les lois sont moins appliquées dans les zones rurales. De plus, la mise à l’arrêt du tourisme prive de revenus des milliers de zones protégées comme les parcs naturels ou animaliers. Il n’y a donc plus d’argent pour lutter contre le braconnage et d’autres activités illégales.
Pire encore, une baisse à long terme des revenus touristiques peut radicalement changer les mentalités des personnes vivant à proximité de la faune. Des millions de personnes cohabitent avec des animaux aux abords des parcs et réserves africains, mais cette cohabitation n’est pas toujours harmonieuse. Les animaux sauvages endommagent souvent les cultures, attaquent le bétail et tuent parfois des gens. Les revenus du tourisme peuvent compenser une partie des coûts occasionnés et inciter à la conservation, mais cette coexistence fragile au sein de la nature peut ne pas durer si les touristes ne viennent plus.
Source: The Conversation, via Yahoo News.

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With the lockdown that accompanies the COVID-19 pandemic, people no longer go out and a new silencae has invaded the countryside. Wild animals like foxes or roebucks have been seen roaming the streets of some cities. Quite logically, most people think that the pandemic will be very good for wildlife.

Yes, but it depends where. Unfortunately, the above pictures are limited to the minority world of industrialised nations. Most of the world’s biodiversity is found in the low-income countries and emerging economies where the economic impacts of the pandemic are likely to be devastating for the natural world.

The difference lies in how people respond to the economic shock of losing their livelihood. Social safety nets are a widespread feature of many industrialised economies, keeping the poor and vulnerable from destitution, and the importance of the welfare state has never been more obvious than during the pandemic. In France, for example, the government guarantees that people unable to work will receive 80% of their income. But citizens of many low-income countries simply don’t have such back-up from their governments, leaving them incredibly vulnerable. For many, the forest and the ocean will provide their safety net. When people are left with nothing, they can always find something to eat or sell in the forest. Farmers suffering from drought may head to the forest to produce charcoal, or to practice “slash-and-burn” agriculture. Others head to the coast to fish, but lacking the necessary skills and equipment, they rely on destructive techniques like poison fishing. The impacts can be devastating for biodiversity.

In India, millions of migrant workers have lost their jobs in cities and returned to their family villages, a mass movement of people not seen since partition in 1947. A similar thing is happening in Madagascar too, as it is throughout Africa and probably much of the tropics. Nobody knows what impacts this unprecedented rural exodus will have, but it is clear that many more people will be finding themselves poorer, hungrier, and much closer to exploitable wildlife than they were a few weeks ago.

At the same time, the surveillance and management of wild places will be considerably weakened. Governments are understandably preoccupied with public health, so there is less law enforcement in rural areas. Moreover, the shutdown of global tourism is preventing money from reaching thousands of protected areas, leaving them without an operational budget for anti-poaching surveillance and other activities.

Worse still, a long-term drop in tourism revenues may radically change the incentives for people living close to wildlife. Millions of people coexist with animals around the edges of African parks and reserves, but it is not always harmonious. Wild animals often raid crops, attack livestock, and even kill people. Revenues from tourism can offset some of the costs local people pay and provide an incentive for conservation, but this fragile coexistence may not last if visitors stay away.

Source: The Conversation, via Yahoo News.

Dans le parc du Ngorongoro… (Photo: C. Grandpey)

Etna (Sicile) : En souvenir de l’éruption de 1669…

Ces jours-ci, l’Etna montre une belle activité strombolienne au niveau du Nouveau Cratère Sud-Est, avec projections et épanchements de lave sur quelques centaines de mètres. A noter toutefois qu’une ordonnance promulguée par la municipalité de Nicolosi interdit toute approche de la zone sommitale du volcan.

Dans le même temps, deux députés de la région de Catane ont déposé un projet de loi prévoyant la création d’une journée commémorative du 350ème anniversaire de l’éruption de l’Etna qui, le 11 mars 1669, a détruit plusieurs localités dans la province de Catane. La lave a enseveli Mompilieri et est arrivée jusqu’à Catane, où les douves du château d’Ursino datant du 16ème siècle ont été recouvertes, de même que le pont-levis reliant le château à la place d’armes.
Le projet de loi a pour but de garder en mémoire le souvenir d’un événement marquant pour le peuple sicilien, mais aussi « de le transformer en opportunités de développement du tourisme et de promotion culturelle pour les municipalités de la province de l’Etna.» Compte tenu du remarquable intérêt de l’événement d’un point de vue historique et naturel, les deux députés qui ont présenté le projet de loi souhaitent « privilégier des itinéraires culturels et touristiques par le biais d’expositions permanentes, de parcs culturels, et la création d’un musée en plein air le long de la « route de la lave » entre le château d’Ursino et les Monti Rossi, avec des événements thématiques qui restituent à la communauté un souvenir et une identité qui seraient autrement perdus ».
Source : Journal La Sicilia.

Une fresque montrant l’éruption de 1669 se trouve dans la sacristie de la cathédrale de Catane. (Photo: C. Grandpey)