Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution.

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S’il était une personne, le comportement du Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) serait qualifié d’instable. Les derniers événements confirment ce caractère fantasque du volcan.

L’éruption qui avait débuté le 13 février 2026 et qui avait repris le 28 mars  s’est arrêtée le 3 avril 2026 à 00h10 (heure locale). Toutefois, le trémor était toujours présent et l’OVPF n’écartait aucune hypothèse, avec une reprise possible de l’activité.

Après une reprise le 8 avril, l’éruption s’est à nouveau arrêtée le 12 avril 2026, vers 23h10 (heure locale). Des rougeoiements restaient visibles sur le cône éruptif, et de la lave incandescente est restée encore présente pendant quelques heures à l’intérieur des tunnels. Aucune hypothèse n’était écartée quant à l’évolution de la situation à venir (arrêt définitif, reprise de l’activité sur le même site, reprise de l’activité sur un autre site), notamment du fait de la persistance d’une sismicité.

De fait, un trémor volcanique de faible amplitude est apparu vers 15h00( heure locale) le 14 avril 2026, avec sa source toujours sur le flanc est-sud-est du volcan. Aucune émission de lave en surface n’était observée, mais la présence de ce trémor indiquait qu’il y avait du magma à faible profondeur, avec la possibilité d’une émission de lave à court terme.

Nouveau caprice du volcan le 15 avril. Vers 11h 20 (heure locale), le trémor a disparu des enregistrements sismologiques..Un faible dégazage était toujours observé au niveau des sites éruptifs associés à l’activité du 13 février au 12 avril. L’OVPF expliquait que tout était possible : fin réelle de l’éruption ? Reprise du trémor et de l’éruption, au cours des prochains jours ?

Rebelote le 19 avril 2026 avec la reprise d’un léger trémor volcanique qui indiquait néanmoins la présence de magma à faible profondeur. La source de ce signal était toujours localisée sur le flanc est-sud-est. L’OVPF indiquait que cela pourrait traduire une reprise prochaine de l’activité éruptive, très probablement au niveau du dernier cône éruptif siège de l’éruption débutée le 13 février 2026. Aucune émission de lave en surface n’était observée, mais un dégazage était toujours observé au niveau du site éruptif.

Après une diminution le 20 avril, le tremor a cessé d’être perçu par l’Observatoire le 21 avril. Néanmoins, une reprise de l’éruption au cours des prochains jours ne peut pas être exclue, d’autant plus qu’une inflation de l’édifice volcanique semble se dessiner.

Source : OVPF.

Un dégazage subsiste au niveau du site de la dernière activité éruptive (capture image webcam)

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 Dans mon bulletin hebdomadaire sur l’activité volcanique dans le monde diffusé le 17 avril 2026, j’écrivais que le HVO prévoyait le début des fontaines de lave de l’Épisode 45 du Kilauea (Hawaï) entre le 19 et le 26 avril 2026. La lave a commencé à s’écouler de la bouche éruptive nord le 20 avril au soir, marquant les premiers signes précurseurs de ce nouvel épisode. Cependant, il a fallu attendre le 23 avril 2026 vers 1 h 34 (heure locale) pour voir jaillir les fontaines de lave. Elles ont atteint une hauteur maximale d’environ 200 mètres vers 3 h du matin, avant de diminuer.

Aucune retombée significative de téphra n’a été signalée sur la Highway 11, ni dans les zones accessibles au public dans le Parc national des volcans d’Hawaï.

L’Épisode 45 a pris fin le 23 avril 2026 à 10 h 01 (heure locale), après 8 heures et demie de fontaines de lave continues au niveau de la bouche éruptive nord.. Suite à cette baisse d’activité et au risque moindre pour l’aviation, le niveau d’alerte volcanique a été ramené de Watch (Vigilance) à Advisory (Surveillance conseillée) et la couleur de l ‘alerte aérienne est passée de l’Orange au Jaune.

Dans le bilan de l’Épisode 45, le HVO indique que la bouche sud est restée particulièrement discrète. Le débit effusif a atteint un pic d’un peu plus de 300 mètres cubes par seconde. Le débit effusif moyen est estimé à 170 mètres cubes par seconde, avec environ 5,2 millions de mètres cubes de lave émis. La lave a recouvert près de 50 % du plancher du cratère de l’Halemaʻumaʻu.

L’inflation de la région sommitale du Kilauea depuis la fin de l’Épisode 45 indique qu’un autre épisode de fontaines de lave est probable ; cependant, il faut encore un peu de temps pour collecter des données afin de pouvoir sire quand aura lieu l’Épisode 46.
Source : HVO.

Captures images webcam de l’Épisode 45

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Une éruption phréatique a été enregistrée sur le Dempo (Indonésie) le 15 avril 2025. L’événement a duré près de 14 minutes. Un épais panache de vapeur et de gaz s’est élevé à environ 3,5 km au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4), et il est rappelé au public de se tenir à au moins 1 km du cratère et jusqu’à 2 km sur le flanc nord.
Source : PVMBG.

Crédit photo: Wikipedia

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Dans ma mise à jour hebdomadaire du 17 avril 2026, j’indiquais que le 1er avril, une activité sismique de faible intensité avait été enregistrée au large de la côte nord-ouest du Pico (Açores, Portugal), dans une zone située le long du chenal Faial-Pico et englobant le système volcanique sous-marin de Cachorro. La sismicité était légèrement supérieure à la normale. Le 9 avril, le niveau d’alerte volcanique avait été relevé à V1 (le deuxième niveau sur une échelle de 8) pour le chenal Faial-Pico.
Le CIVISA indique aujourd’hui que l’activité sismique observée précédemment a diminué et est revenue à son niveau de base. En conséquence, le 21 avril, le niveau d’alerte volcanique a été abaissé à V0 (le niveau le plus bas sur une échelle de 8) pour le chenal Faial-Pico.
Source : CIVISA.

Le Pico vu du ciel (Crédit photo: Wikipedia)

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Un signal éruptif a été enregistré le 10 avril 2026 sur le Poás (Costa Rica) en provenance d’un champ fumerollien connu, situé à l’ouest du lac, le long du plancher et de la paroi du cratère. Une anomalie thermique était présente dans cette zone en 2022, mais avait été progressivement recouverte par plusieurs mètres de téphra lors des éruptions de 2024 et 2025.
Une section de cette paroi, d’une hauteur de 23 mètres, s’est effondrée le 10 avril, projetant des matériaux dans le lac. Ce glissement de terrain a généré un panache de gaz et de cendres, avecde légères retombées de cendres et une odeur de soufre à Grecia (à 17 km au sud-ouest) et dans la ville voisine de San Pedro. L’effondrement et l’éruption ont duré environ deux minutes et ont été suivis d’une période de stremor intense. Le 14 avril, des scientifiques ont effectué un survol par drone et ont constaté une montée du niveau du lac de 3 mètres. Le volume du glissement de terrain a été estimé à 70 000 mètres cubes. Le lac est resté très chaud à 71 °C et des cellules de convection actives étaient particulièrement actives au niveau de la Boca A. Le niveau d’alerte volcanique pour le Poàs demeure à 2 sur une échelle de quatre.

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Toujours au Costa Rica, des éruptions mineures ont été observées sur le Rincón de la Vieja la semaine dernière. De petites éruptions phréatiques ont été enregistrées les 14, 15 et 16 avril 2026. Une brève éruption le 17 avril a projeté un panache de cendres à 500 mètres au-dessus du cratère. Une autre éruption a été enregistrée le 19 avril par les instruments, mais n’a pas pu être observée visuellement en raison de l’obscurité. Le niveau d’alerte volcanique demeure à 2 (Jaune) sur une échelle de quatre niveaux.
Source : OVSICORI.

Crédit photo: GVN

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À noter ces jours-ci une activité effusive au niveau de la zone cratèrique Nord du Stromboli (Sicile) .La coulée de lave n’a pas dépassé la partie supérieure de la Sciara del Fuoco. Un tel événement se produit assez régulièrement sur le volcan.

Source : INGV.

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Le niveau d’alerte pour tous les volcans mentionnés dans les bulletins hebdomadaires précédents reste inchangé.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about eruptive activity around the world, provided by observatories and the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Network.

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If it were a person, the behavior of Piton de la Fournaise (Réunion Island) would be described as unpredictable. Recent events confirm this capricious nature of the volcano.
The eruption, which began on February 13, 2026, and resumed on March 28, stopped on April 3, 2026, at 12:10 a.m. (local time). However, a tremor was still present, and the OVPF was not ruling out any possibility of renewed activity.
After resuming on April 8, the eruption stopped again on April 12, 2026, around 11:10 p.m. (local time). Glowing embers remained visible on the eruptive cone, and incandescent lava remained inside the tunnels for several hours. No hypothesis was ruled out regarding the future course of events (definitive cessation of activity, resumption of activity at the same site, or resumption of activity at another site), particularly given the continued seismicity.
Indeed, a low-amplitude volcanic tremor appeared around 3:00 PM (local time) on April 14, 2026, with its source still located on the east-southeast flank of the volcano. No surface lava flow was observed, but the presence of this tremor indicated the presence of magma at shallow depths, with the possibility of lava flow in the short term.

The volcano exhibited another unusual behavior on April 15. Around 11:20 AM (local time), the tremor disappeared from the seismological records. Slight degassing was still observed at the eruptive sites associated with the activity from February 13 to April 12. The OVPF explained that anything was possible: a real end to the eruption? A resumption of tremor and eruption in the coming days?

The same scenario played out again on April 19, 2026, with the resumption of slight volcanic tremor, which nevertheless indicates the presence of magma at shallow depths. The source of this signal is still located on the east-southeast flank. The OVPF indicates that this could signal an imminent resumption of eruptive activity, most likely at the last eruptive cone, the site of the eruption that began on February 13, 2026. Currently, no lava emissions are observed at the surface, but degassing is still being observed at the eruptive site.

After a decrease on April 20, the tremor ceased to be detected by the Observatory on April 21. Nevertheless, a resumption of the eruption in the coming days cannot be ruled out, especially as inflation of the volcanic edifice is being observed.
Source: OVPF.

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 In my weekly update of volcanic activity around the world of April 17, 2026, I indicated that the HVO predicted the start of lava fountaining for Episode 45 of Kilauea (Hawaii)  between April 19 and 26, 2026. Lava flowed from the north vent in Halemaʻumaʻu on April 20 in the evening, marking the start of precursory activity for this new episode. However, the lava fountains started only at approximately 1:34 am (local time) on April 23, 2026. Peak fountain heights of at least 200 meters were reached at around 3:00 a.m. and later decreased. No significant tephra has been reported on Highway 11 or in the public areas of Hawaiʻi Volcanoes National Park.

Episode 45 ended at 10:01 a.m. (local time) on April 23, 2026, after 8.5 hours of continuous lava fountaining from the north vent. Due to reduced volcano and aviation hazards, the Volcano Alert Level has been lowered from WATCH to ADVISORY and the Aviation Color Code from ORANGE to YELLOW.

In the summary of Episode 45, the HVO indicates that the south vent never fountained. The highest peak of instantaneous effusion rate reached just over 300 cubic meters per second. Episode 45 saw an average effusion rate of 170 cubic meters per second, with an estimated 5.2 million cubic meters of lava erupted and covering about 50% of the Halemaʻumaʻu crater floor.

Summit region inflation since the end of episode 45 indicates that another fountaining episode is possible; however, more time is needed to collect data to generate the model to forecast Episode 46.

Source : HVO.

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A phreatic eruption was recorded at Dempo (Indonesia) was recorded on 15 April 2025. The event lasted nearly 14 minutes. A dense white plume rose around 3.5 km above the summit. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4), and the public is reminded to stay 1 km away from the crater and as far as 2 km on the N flank

Source : PVMBG.

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In my weekly update of 17 April, I indicated that on 1 April 2026, low-magnitude seismic activity had been recorded off the NW coast of Pico (Azores / Portugal) in a zone along the Faial-Pico channel, and encompassing the Cachorro Submarine Volcanic System. The seismicity was slightly above normal levels. On 9 April the Volcanic Alert Level had been raised to V1 (the second lowest level on an 8-level scale) for the Faial-Pico channel.

The CIVISA indicates today that the seismic activity observed previously had decreased and was again near baseline levels. As a consequence, on 21 April the Volcanic Alert Level was lowered to V0 (the lowest level on an 8-level scale) for the Faial-Pico channel.

Source: CIVISA. .

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An eruption signal at Poás (Costa Rica) recorded on 10 April 2026 originated from a known fumarolic field at the western edge of the lake along the crater floor and wall area. A low-temperature thermal anomaly had been present there in 2022, but had been progressively covered by meters of tephra deposits during 2024 and 2025 eruptions.

A section of that wall, as high as 23 m above the floor, collapsed and sent material into the lake. The landslide produced a gas-and-ash plume that caused minor ashfall and a sulfur odor in Grecia (17 km SW) and neighboring San Pedro. The collapse and eruption sequence lasted about two minutes and was followed by a period of sustained seismic tremor. Scientists conducted a drone overflight on 14 April and observed that the crater lake had risen by 3 meters. The volume of the landslide was estimated at 70,000 cubic meters. The lake remained very hot at 71°C and active convection cells were particularly notable over Boca A.The Volcanic Alert Level for Poàs remains at 2 on a four-level scale.

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Still in Costa Rica, minor eruptive events were observed at Rincón de la Vieja during the past week. Small phreatic eruptions were recorded on 14, 15 and 16 April 2026. A short eruption on 17 April ejected an ash plume that rose 500 meters above the crater. Another event was recorded on 19 April by the instruments but was not visually observed due to darkness. The Alert Level remains at Level 2, Yellow, on a four-level scale.

Source : OVSICORI.

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Effusive activity has been observed recently in the northern crater area of ​​Stromboli (Sicily). The lava flow did not extend beyond the upper part of the Sciara del Fuoco. Such events occur fairly regularly at the volcano.
Source: INGV

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The alert levels for all the volcanoes mentioned in the previous weekly updates remain unchanged.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Le volcanisme entre Mono Lake et Mammoth Mountain (Californie) // Volcanism from Mono Lake to Mammoth Mountain (California)

L’image du jour de la NASA le 8 avril 2026, montrait « une immense caldeira ancienne et des cratères plus récents qui façonnent le paysage de la Sierra Nevada orientale » en Californie.

Image satellite de la région acquise le 29 mars 2026 par l’instrument OLI (Operational Land Imager) du satellite Landsat 9.

Entre les hauts pics granitiques à l’ouest et la province géologique de Basin and Range à l’est, des complexes volcaniques imbriqués les uns dans les autres offrent un paysage avec une multitude de cratères, de cônes et de caldeiras. Cette région, potentiellement active, suscite l’intérêt des géologues qui étudient les processus terrestres et des planétologues qui explorent ses similitudes avec les zones volcaniques d’autres régions de notre système solaire.
On peut voir une série de formations volcaniques entre Mono Lake et Mammoth Mountain sur la gauche de cette image prise par le satellite Landsat :

Source: NASA

Connue sous le nom de Cratères de Mono-Inyo, cette chaîne qui inclut une trentaine de dômes de lave, de coulées de lave et d’anneaux de téphra s’est formée au cours des 10 000 dernières années. Des éruptions explosives dans la région remontent à une époque encore plus ancienne, mais les traces de ces événements plus anciens ne sont plus visibles en surface et sont cachés par des dépôts plus récents.

Source: NASA

Parmi les manifestations les plus récentes de cette chaîne, des éruptions explosives ont formé le cratère Panum près du lac Mono il y a environ 700 ans. Une éruption strombolienne a déposé un anneau de ponce, de cendres, de fragments d’obsidienne et d’autres matériaux autour de la bouche éruptive. Par la suite, un dôme de lave composé de ponce et d’obsidienne s’est formé au centre, créant le motif de cercles concentriques visible aujourd’hui.

Cratère Panum (Crédit photo : USGS)

Au sud des cratères de Mono-Inyo, la Mammoth Mountain est constituée d’au moins 25 dômes de lave imbriqués. Les dernières éruptions remontent à environ 57 000 ans, mais des éruptions phréatiques et d’autres manifestations d’activité volcanique sont beaucoup plus récentes.

Vue de Mammoth Mountain (Crédit photo : Wikipedia)

Les scientifiques pensent qu’une intrusion magmatique sous la montagne en 1989 a déclenché une séquence de sismicité et d’émissions de gaz volcaniques. Les émissions de dioxyde de carbone (CO2) ont entraîné la mort d’arbres dans la région, et l’USGS continue de surveiller les émissions de CO₂ de la montagne. Des chercheurs ont déjà collaboré avec la NASA, grâce à des technologies de télédétection aéroportée, pour mesurer les réactions de l’écosystème à l’augmentation des émissions de CO₂ autour de Mammoth Mountain. Des projets plus récents ont étendu ces travaux à d’autres volcans et intégré l’imagerie satellitaire pour détecter les signes d’émissions de gaz. Ces méthodes reposent en partie sur les changements observés dans la végétation et pourraient contribuer à une alerte plus précoce aux risques volcaniques.

Le volcanisme le plus spectaculaire de la région est cependant bien plus ancien. Une puissante éruption, il y a 760 000 ans, a formé la caldeira de Long Valley.

Source: Wikipedia

Cette zone ovale, qui mesure 16 kilomètres sur 32, est bordée de crêtes enneigées, avec la Mammoth Mountain juste à côté de sa bordure sud-ouest. Le lac Crowley, un réservoir sur la rivière Owens, alimente la zone au sud-est.
La caldeira s’est formée lors d’une éruption de six jours, au cours de laquelle 625 kilomètres cubes de matériaux ont été émis. C’est environ 20 fois la quantité rejetée lors de l’éruption du Novarupta (Alaska) en 1912.

Dépôts de Bishop Tuff, laissés par l’éruption qui a secoué la région il y a 760 000 ans (Crédit photo: Wikipedia) 

En conséquence, la surface au-dessus de la chambre magmatique s’est affaissée de plusieurs milliers de mètres, créant une vaste dépression. Des scientifiques de la NASA ont mené des recherches dans la région en 2023 afin de mieux comprendre comment des éruptions aussi puissantes sur Mars et d’autres planètes et lunes de notre système solaire ont pu modifier leur environnement.
Source : NASA.

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NASA’s image of the Day for April 8, 2026 showed « a massive, old caldera and more recently formed craters that shape the landscape in the eastern Sierra Nevada.

Between the tall granite peaks to the west and the Basin and Range province to the east, overlapping volcanic complexes imprint the landscape with a collection of craters, cones, and calderas. The area, still restless today, draws interest from geologists studying Earth’s processes and from planetary scientists exploring its commonalities with volcanic terrain elsewhere in our solar system.

A string of volcanic features between Mono Lake and Mammoth Mountain is visible along the left side of the Landsat image above.

Known as the Mono-Inyo Craters, this chain of about three dozen lava domes, lava flows, and tephra rings formed within the past 10,000 years. Explosive eruptions in the area date back even further, but evidence of those older events is no longer apparent at the surface.

Among the most recent activity in this chain, explosive eruptions formed Panum Crater near Mono Lake about 700 years ago. A strombolian eruption deposited a ring of pumice, ash, obsidian fragments, and other material around the vent. After that, a lava dome made of pumice and obsidian built up in the center, creating the concentric-circle pattern visible today.

South of the Mono-Inyo Craters, Mammoth Mountain is made up of at least 25 overlapping lava domes. Its last magmatic eruptions took place about 57,000 years ago, but steam-driven phreatic eruptions and other unrest have occurred much more recently.

Scientists believe a magma intrusion beneath the mountain in 1989 set off a spate of seismicity and volcanic gas emissions. Venting of carbon dioxide has killed trees in the area, and the U.S.G.S. continues to monitor the mountain’s CO2 emissions. Researchers have previously worked with NASA airborne remote sensing technology to measure ecosystem responses to elevated volcanic CO2 around Mammoth Mountain. More recent projects have expanded these efforts to other volcanoes and incorporated satellite imagery to detect signs of gas emissions. These methods partly rely on changes observed in vegetation and could aid in earlier warnings of volcanic hazards.

The most dramatic volcanism in the region, however, is far older. A massive eruption 760,000 years ago formed the Long Valley Caldera.

This oval-shaped area, measuring 16 by 32 kilometers, is bounded by snowy ridges, with Mammoth Mountain just off its southwest rim. Crowley Lake, a reservoir on the Owens River, drains the area to the southeast.

The caldera was formed during a six-day-long eruption, during which 625 cubic kilometers of material were ejected. (That’s about 20 times the amount that was spewed in the 1912 eruption of Novarupta.

As a result, the surface over the magma storage area subsided thousands of meters to create a vast depression. NASA scientists conducted research in the area in 2023 to better understand how similar massive eruptions on Mars and other planets and moons in our solar system may have altered their environments.

Source : NASA.

Des super-réservoirs de magma découverts sous la Toscane (Italie) // Super magma reservoirs discovered beneath Tuscany (Italy)

Une étude par une équipe italo-suisse, publiée dans la revue Communications Earth & Environment, vient de révéler que la Toscane cache sous ses magnifique paysages de vastes réservoirs de magma. Ce n’est pas vraiment une surprise car la province italienne est réputée pour sa géothermie dont la centrale de Larderello est le parfait exemple. Voir ma note du 24 septembre 2023 :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2023/09/24/larderello-italie-paradis-de-la-geothermie/

Photo : C. Grandpey

Grâce à la tomographie du bruit ambiant, qui permet d’analyser avec une précision inédite les vibrations naturelles du sol, une équipe de l’Université de Genève (UNIGE), de l’Institut des géosciences et des ressources de la Terre (CNR-IGG) et de l’Institut national de géophysique et de volcanologie (INGV) a identifié sous la Toscane un vaste réservoir contenant environ 6 000 km3 de magma. Au-delà de la prouesse scientifique, cette avancée ouvre la voie à des méthodes d’exploration plus rapides et moins coûteuses pour localiser des ressources telles que les réservoirs géothermiques, le lithium (très recherché aujourd’hui) ou les terres rares, dont la formation est étroitement liée aux systèmes magmatiques profonds. Outre son grand intérêt scientifique, cette étude montre que la tomographie, en explorant le sous-sol rapidement et à moindre coût, peut être un outil utile à la transition énergétique.

Quand on parle de super réservoirs de magma, de super volcans ou de super éruptions, on pense tout de suite au Parc national de Yellowstone aux États-Unis, aux lacs Toba en Indonésie et Taupo en Nouvelle-Zélande. Ces célèbres sites volcaniques abritent d’immenses réservoirs de magma de plusieurs milliers de kilomètres cubes. Des indices visibles en surface comme des dépôts éruptifs, des cratères, des déformations du sol ou des émissions de gaz révèlent leur présence. Cependant, en l’absence de tels signes, d’importants volumes de magma peuvent rester cachés et passer inaperçus dans les profondeurs de la croûte terrestre.

C’est le cas en Toscane où des réservoirs contenant au total 6000 km3 de fluides volcaniques, entre 8 et 15 km de profondeur viennent d’être mis au jour par les équipes scientifiques mentionnées ci-dessus. Ce magma, qui pourrait potentiellement donner naissance à un super volcan dans plusieurs millions d’années, ne présente actuellement aucun risque. Sa présence a été mise en évidence grâce à la tomographie du bruit ambiant, une technique d’imagerie du sous-sol utilisée en sismologie. Elle permet de «radiographier» la structure interne de la croûte terrestre en exploitant les vibrations naturelles de l’environnement, issues notamment des vagues océaniques, du vent ou des activités humaines. En pénétrant le sol, ces signaux sont enregistrés par des capteurs sismiques à haute résolution déployés en surface. Une soixantaine d’appareils ont été utilisés dans le cadre de cette étude. Lorsque ces vibrations se propagent à faible vitesse, elles peuvent indiquer la présence de matériaux fondus tels que le magma.

Répartition des réseaux sismiques pour cette étude

L’analyse combinée des enregistrements a permis de reconstituer une image en trois dimensions de la structure interne de la zone couverte.

Modélisation de la province magmatique toscane

.Source : Université de Genève.

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A study by an Italian-Swiss team, published in the journal Communications Earth & Environment, has revealed that Tuscany conceals vast magma reservoirs beneath its magnificent landscapes. This is not entirely surprising, as the Italian province is renowned for its geothermal energy, of which the Larderello power plant is a prime example.

Thanks to ambient noise tomography, which allows for unprecedentedly precise analysis of natural ground vibrations, a team from the University of Geneva (UNIGE), the Institute of Geosciences and Earth Resources (CNR-IGG), and the National Institute of Geophysics and Volcanology (INGV) in Italy has identified a vast reservoir containing approximately 6,000 km³ of magma beneath Tuscany. Beyond the scientific achievement, this breakthrough paves the way for faster and less expensive exploration methods to locate resources such as geothermal reservoirs, lithium (highly sought after today), and rare earth elements, whose formation is closely linked to deep magma systems. In addition to its significant scientific interest, this study demonstrates that tomography, by exploring the subsurface quickly and at a lower cost, can be a valuable tool for the energy transition.
When we talk about super magma reservoirs, supervolcanoes, or super-eruptions, we immediately think of Yellowstone National Park in the United States, Lake Toba in Indonesia, and Lake Taupo in New Zealand. These famous volcanic sites contain immense magma reservoirs of several thousand cubic kilometers. Visible signs on the surface, such as eruptive deposits, craters, ground deformation, and gas emissions, reveal their presence. However, in the absence of such signs, significant volumes of magma can remain hidden and undetected deep within the Earth’s crust.
This is the case in Tuscany, where reservoirs containing a total of 6,000 km³ of volcanic fluids, located between 8 and 15 km deep, have recently been discovered by the scientific teams mentioned above. This magma, which could potentially give rise to a supervolcano in several million years, currently poses no risk. Its presence was detected using ambient noise tomography, a subsurface imaging technique used in seismology. This technique allows researchers to « X-ray » the internal structure of the Earth’s crust by exploiting natural environmental vibrations, such as those generated by ocean waves, wind, or human activity. As these signals penetrate the ground, they are recorded by high-resolution seismic sensors deployed on the surface. Approximately sixty devices were used in this study. When these vibrations propagate at low speeds, they can indicate the presence of molten materials such as magma.
Combined analysis of the recordings made it possible to reconstruct a three-dimensional image of the internal structure of the covered area.

Source: University of Geneva.

Et si le Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) remettait le couvert ? // What if Piton de la Fournaise (Réunion Island) were to erupt again?

Dans une communiqué diffusé le 19 avril 2026, l’OVPF signale la reprise, depuis 6h20 (heure locale) d’un léger trémor volcanique au Piton de la Fournaise. La présence de ce trémor indique néanmoins la présence de magma à faible profondeur. La source de ce signal est localisée sur le flanc est-sud-est. Cela pourrait traduire une reprise prochaine de l’activité éruptive, très probablement au niveau du dernier cône éruptif de l’éruption débutée le 13 février 2026. À l’heure actuelle, aucune émission de lave en surface n’est observée, mais un dégazage est toujours observé au niveau du site éruptif.

Source : OVPF.

On observe toujours un dégazage au niveau du cône siège de la dernière activité éruptive (image webcam OVPF)

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In an update issued on April 19, 2026, the OVPF reported the resumption, at 6:20 a.m. (local time), of a slight volcanic tremor at Piton de la Fournaise. The presence of this tremor indicates the presence of magma at a shallow depth. The source of this signal is located on the east-southeast flank. This could indicate a resumption of eruptive activity, most likely at the last eruptive cone of the eruption that began on February 13, 2026. Currently, no lava flows are observed at the surface, but degassing is still being observed at the eruptive site.
Source: OVPF.