Les sources hydrothermales ne sont pas des fontaines de Trevi ! // Hydrothermal pools are not Trevi Fountains !

La Fontaine de Trevi à Rome est la fontaine la plus connue au monde. « Trevi » est un mélange de mots italiens : « tre », qui signifie « trois » et « vie », qui signifie « routes », car la fontaine a été édifiée à l’intersection des trois artères les plus importantes de Rome. Lancer des pièces dans l’eau de la fontaine est une tradition qui remonte à des temps immémoriaux. Selon la légende, il existe trois raisons pour jeter des pièces dans la fontaine de Trevi. La première est que ce geste vous fera revenir un jour à Rome. Les deux raisons sont moins connues : jeter une pièce permettrait de trouver l’amour à Rome, et s’y marier avec bonheur. Au final, la collecte des pièces rapporte de l’argent à la ville de Rome. On estime que 3 000 euros atterrissent dans le bassin de la fontaine chaque jour ! L’argent ainsi récolté dans la Fontaine de Trevi sert à payer la nourriture et à entretenir un marché pour les habitants les plus pauvres du quartier.

Crédit photo: Wikipedia

Les touristes qui visitent les parcs nationaux avec des sources hydrothermales ont tendance à confondre ces dernières avec la Fontaine de Trevi et ils n’ont ce cesse de jeter des pièces dans leur eau.
Près de trois millions de touristes affluent chaque année dans le Parc National de Yellowstone et beaucoup jettent des pièces de monnaie et des cailloux dans les sources, dans l’espoir que ce geste leur portera bonheur. En 2015, la belle couleur bleu transparente de la Morning Glory Pool a pris une teinte jaune-vert vif, après avoir reçu des pièces pendant des années. Selon le National Park Service, la source a changé de couleur en raison de l’accumulation de pièces de monnaie, de déchets et autres débris naturels. Cela a eu pour effet de bloquer partiellement la source de chaleur souterraine et d’abaisser la température de l’eau dans laquelle ont proliféré des micro-organismes qui ont produit des pigments qui ont entraîné la couleur jaune et verte.

Photo: C. Grandpey

En 2017, l’Agence islandaise de l’Environnement a essayé de mettre fin à la pratique consistant à jeter de petites pièces dans les sources chaudes. L’Agence a installé des panneaux expliquant aux voyageurs que la pratique est interdite et a organisé des opérations de nettoyage pour retirer les pièces. Le nettoyage de Blesi, l’une des sources chaudes dans la zone géothermale de Geysir, a rapporté 10 000 couronnes (environ 70 euros) en petite monnaie aux bénévoles cette année-là. Blesi est un bassin particulièrement apprécié des voyageurs qui ne peuvent s’empêcher de laisser une trace de leur passage, endommageant au passage cette formations naturelle.
La situation s’est améliorée après l’installation de panneaux demandant aux visiteurs de ne pas jeter d’objets dans les sources, mais il y a toujours des imbéciles qui pensent que les règles ne s’appliquent pas à eux.

Photo: C. Grandpey

En 2022, le personnel du Parc national des Volcans d’Hawaï a demandé aux gens d’arrêter de jeter des détritus ou de l’argent dans les bouches de vapeur de Wahinekapu, près du sommet du Kilauea.
Le personnel du Parc ne sait pas pourquoi les gens ont ce comportement, mais « peut-être pensent-ils que cela leur portera chance, comme avec un puits à souhaits ». De toute façon, jeter des pièces n’est pas une bonne idée car cela met les employés du Parc en danger et manque de respect à la culture hawaïenne. Les Hawaïens de souche utilisent depuis longtemps ces bouches de vapeur pour « se nettoyer » avant les cérémonies au sommet du Kilauea.

Photo: C. Grandpey

Il est également dangereux de jeter des objets dans les bouches de vapeur. L’argent se trouvant parfois à portée de main, il peut être tentant pour quelqu’un de le récupérer, avec le risque de glisser et tomber dans la vapeur brûlante. Les rangers peuvent, eux aussi, être gravement brûlés par la vapeur lorsqu’il essayent de retirer des objets. Les autorités du Parc avait installé des panneaux demandant aux gens de ne rien jeter dans les bouches de vapeur, mais ils ont été volés.
Source : Services des parcs nationaux, Iceland Review.

———————————————

The Trevi Fountain in Rome is the most well-known fountain in the world. “Trevi” is a mashup of the Italian words “tre,” meaning “three” and “vie,” meaning “roads,” because the fountain was constructed at the intersection of Rome’s three most important thoroughfares. Tossing coins is a tradiation that has accompanied the fountain for centuries. According to the legend, there are three key reasons for tossing coins into the Trevi Fountain. The first and most well-known reason states that it will bring you back to Rome again, someday. But the next two reasons are lesser-known: to find love or romance while in Rome, and to happily marry there. In the end , the collection of the coins brings money to the city of Rome. An estimated 3,000 euros fly into the Trevi each day! The money gathered at the Trevi is used to pay for the food and upkeep of a market for the area’s poorest inhabitants.

It looks as if tourists visiting national parks with hydrothermal pools are confusing them with Trevi Fountain and keep tossing coins into their water.

Almost three million tourists flock to Yellowstone National Park each year and many throw coins and rocks into the springs, hoping to accrue good luck. In 2015, the crystal blue colour of Morning Glory Pool turned into a bright yellowy-green hue, after years of tourists throwing coins in. According to the National park Service, the pool changed colour because of the accumulation of coins, rubbish and natural debris that had the effect of « partially blocking the underground heat source and lowering the temperature of the spring that became habitable to microorganisms that produced pigments that resulted in the yellow and green colour

In 2017, the Icelandic Environment Agency tried to crack down on the practice of throwing small coins into hot springs, installing signs explaining to travellers that the practice is banned as well as mounting clean-up efforts to fish coins out of springs. One hot spring in the Geysir geothermal area, Blesi, yielded 10,000 ISK (about 70 euros) in small change when volunteers cleaned the spring that year. Blesi has been particularly popular among travellers who can’t resist the urge of trying to leave their personal mark on nature and damage natural formations.

The problem abated after signs were installed, instructing visitors they should not throw things into the springs, but there are always some stupid people who think the rules don’t apply to them.

In 2022, Hawaii Volcanoes National Park staff are asking people to stop throwing trash or money into the steam vents at the popular attraction Wahinekapu, near the summit of Kilauea.

Park staff are not sure why people toss things into the steam vents but « maybe they think it brings them luck, like a wishing well. » They say it is not a good idea as it puts park employees in danger and disrespects Hawaiian culture. Native Hawaiians have long used the steam to « cleans themselves » before cultural protocol at Kilauea Summit.

It’s also dangerous to throw things into the steam vents. Money is a temptation if it falls within reach. Someone trying to retrieve money could slip and fall into the scalding steam. Danger is also posed to park rangers who may get severely burnt from the steam when removing the tossed items. The park did have signs telling people not to litter, but those were stolen.

Source: National Park Services, Iceland Review.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

Le niveau d’alerte volcanique du Taupo (Nouvelle-Zélande) a été relevé à 1 (activité volcanique mineure) le 20 septembre 2022 en raison d’une augmentation de la sismicité et de la déformation du sol sur le volcan depuis le mois de mai 2022. La dernière éruption du Taupon a eu lieu en 232 après JC ± 10 ans.
Ce n’est pas la première fois qu’un regain d’activité est observé sur le Taupo. Il y a eu 17 épisodes similaires au cours des 150 dernières années. Plusieurs d’entre eux étaient plus significatifs que celui observé actuellement. Aucun de ces épisodes ne s’est terminé par une éruption.
Source: GNS Science.

Lac Taupo (Photo: C. Grandpey)

++++++++++

Une anomalie thermique intense a été identifiée sur l’Alaid (îles Kouriles) sur des images satellites le 15 septembre 2022 (heure locale) indiquant probablement le début d’une éruption strombolienne. La couleur de l’alerte aérienne est passée au Jaune (le deuxième niveau sur une échelle de quatre couleurs). Les images satellite acquises le 18 septembre ont montré un panache de gaz et de vapeur en train de dériver vers l’ESE. Plusieurs photographies de l’éruption ont été prises le même jour. La couleur de l’alerte aérienne a été élevée à Orange.
Source : KVERT.

Source: GVN

++++++++++

Une hausse de de la sismicité, de la déformation du sol, ainsi que des coulées de lave au sommet du Kilauea (Hawaii) ont été observées dans l’après-midi du 20 septembre 2022. Toute activité s’est limitée au cratère de l’Halema’uma’u et il n’y a aucune indication que l’activité migrait dans l’une ou l’autre des zones de rift.
Cette activité était probablement due à un blocage momentanée de l’émission de lave à l’intérieur de l’Halemaʻumaʻu, ce qui a provoqué une hausse de pression sous la surface. Cela a entraîné lla hausse de la sismicité et l’inflation du sol. Une fois le blocage terminé, l’éruption a repris son activité habituelle avec de nouvelles émissions de lave sur la plancher du cratère de l’Halemaʻumaʻu.
Source : HVO.

Cratère de l’Halema’uma’u le 12 septembre 2022 (Source: HVO)

++++++++++

L’éruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) qui a débuté le 19 septembre 2022 se poursuit, mais les mauvaises conditions météo ont largement gâché le spectacle. Le tremor éruptif continue de décliner régulièrement. Le 21 septembre, il n’atteignait que 10% de sa valeur initiale. Quelques irréductibles ont bravé le mauvais temps et ont réussi à rapporter quelques photos du spectacle.

Photo: C. Holveck

++++++++++

La nouvelle île de Home Reef qui a émergé de l’océan le 10 septembre 2022 continue de croître. L’éruption se poursuit avec une intensité variable, en produisant des panaches de gaz et de vapeur qui ne dépassent pas 1 km au-dessus du niveau de la mer. L’eau est décolorée autour de l’île qui mesurait 170 m de diamètre le 16 septembre. Elle a atteint 182 m N-S et 173 m E-O le 18 septembre. Les panaches de vapeur avec une certaine teneur en cendres montaient à 3 km de hauteur du 19 au 20 septembre. Il est conseillé aux marins de rester à 4 km du volcan.
Source : Services géologiques des Tonga.

++++++++++

Le Met Office islandais a indiqué que les systèmes volcaniques de Fagradalsfjall et de Krýsuvík-Trölladyngja étaient indépendants l’un de l’autre. C’est ce que révèlent des recherches scientifiques antérieures qui viennent s’ajouter à des données collectées et analysées à partir des deux éruptions de 2021 et 2022.
Le 15 septembre 2022, la couleur de l’alerte aérienne pour le Fagradalsfjall a été abaissée au Vert. L’éruption dans la vallée de Meradalir a cessé le 21 août. La sismicité reste à des niveaux faibles et aucune déformation n’est détectée. L’éruption est donc officiellement terminée.

Image webcam

++++++++++

De petites émissions de cendres ne dépassant pas 600 m de hauteur ont été observées au niveau de la bouche active dans le cratère de White Island (Nouvelle-Zélande) le 18 septembre 2022. Ces émissions étaient visibles sur les images de la webcam. La couleur de l’alerte aérienne a été élevée à Orange ; le niveau d’alerte volcanique est resté à 2. Un panache de vapeur pouvait être depuis la côte de la Bay of Plenty. Un fort signal de SO2 associé à ces émissions a été identifié sur les images satellites le même jour.
Source : GeoNet.

Photo: C. Grandpey

°°°°°°°°°°

Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

———————————————-

Here is some news of volcanic activity around the world :

The Volcanic Alert Level for Taupo (New Zealand) was raised to 1 (minor volcanic unrest) on September 20th, 2022 because of an increase in seismicity and ground deformation at the volcano that started in May 2022. The last eruption of this volcano took place in in 232 AD ± 10 years.

This is not the first time unrest has been observed at Taupo. There have been 17 previous similar episodes over the past 150 years. Several of these were more severe than the one currently observed. None of these episodes ended in an eruption.

Source : GNS Science.

++++++++++

Increased seismicity, ground deformation, and surface lava flows at Kilauea’s summit (Hawaii) occurred in the afternoon of September 20th, 2022. All activity was restricted to Halema’uma’u Crater and there is no indication of activity migrating into either rift zone.

This activity likely represented a temporary blockage in the eruption of lava at Halemaʻumaʻu, causing pressurization below the surface. This resulted in the earthquakes and ground inflation. Once the blockage was cleared, eruption of lava resumed with new breakouts occurring on Halemaʻumaʻu crater floor.

Source : HVO.

++++++++++

An intense thermal anomaly was identified over Alaid (Kuril Islands) in satellite images on September 15th, 2022 (local time) likely indicating the onset of a Strombolian eruption. The Aviation Color Code was raised to Yellow (the second lowest level on a four-color scale). Satellite images acquired on September 18th showed a gas-and-steam plume drifting ESE. Several photographs of the eruption were taken that same day. The Aviation Color Code was raised to Orange.

Source : KVERT.

++++++++++

The eruption of Piton de la Fournaise (Reunion Island) which began on September 19th, 2022 continues, but bad weather conditions have largely spoiled the show. The eruptive tremor continues to steadily decline. On September 21st, it showed only 10% of its initial value. A few diehards braved the bad weather and managed to bring back some photos of the show.

++++++++++

The new island at Home Reef that emerged from the ocean on September 10th, 2022 continues to grow. The eruption continues at variable intensities, producing daily plumes of gas and steam that rise no higher than 1 km above sea level. The island is surrounded by plumes of discolored water. It was 170 m in diameter by September 16th and had grown to 182 m N-S and 173 m E-W by September 18th. Steam plumes with some ash content rose 3 km during September 19th-20th.. Mariners are advised to stay 4 km away from the volcano.

Source : Tonga Geological Services.

++++++++++

The Icelandic Met Office has stated that the Fagradalsfjall and Krýsuvík-Trölladyngja volcanic systems have been designated as two separate systems based on previous scientific research combined with data collected and analyzed from the two recent eruptions (2021 and 2022).

On September 15th, 2022, the Aviation Color Code for Fagradalsfjall was lowered to Green. Lava from the fissure that opened in Meradalir stopped erupting on August 21st. Seismicity remains at low levels and no deformation is detected. The eruption is officially over.

++++++++++

Minor ash emissions rising no higher tha 600 m from the active vent area in White Island’s crater (New Zealand) were visible in webcam images on September 18th, 2022. The Aviation Color Code was raised to Orange; the Volcanic Alert Level remained at 2. A steam plume was seen from the Bay of Plenty coast. A strong SO2 signal associated with the emissions was identified in satellite images that same day.

Source : GeoNet.

++++++++++

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Approche scientifique de l’éruption islandaise de 2021 // Scientific approach of the 2021 Icelandic eruption

Nous ne savons pas prévoir les éruptions, mais nous savons décrire le déroulement des événements éruptifs.
Des scientifiques de l’Université d’Islande et du Met Office islandais (IMO) ont publié deux articles dans la revue Nature, dans lesquels ils présentent le fruit de leurs observations lors de l’éruption de Fagradalsfjall en 2021. C’était la première éruption sur la péninsule de Reykjanes après 800 ans de calme volcanique.
Les études montrent que les précurseurs de l’éruption islandaise étaient différents de ceux qui ont précédé de nombreuses autres éruptions à travers le monde, et que la composition de la lave a évolué au fur et à mesure que l’éruption progressait.
Les chercheurs ont analysé l’activité sismique sur la péninsule de Reykjanes. Elle a commencé en décembre 2019, a culminé avec l’éruption du 19 mars 2021 et s’est poursuivie pendant environ six mois.

L’un des articles – intitulé « La déformation et le déclin de la sismicité avant l’éruption de Fagradalsfjall de 2021 » – s’attarde sur les précurseurs de l’éruption et montre dans quelle mesure ils diffèrent des précurseurs de nombreuses autres éruptions dans le monde.
Il y a eu une activité sismique intense sur la péninsule de Reykjanes dans les semaines qui ont précédé l’éruption de 2021, avec une libération de contraintes tectoniques dans la croûte terrestre. Cependant, pendant plusieurs jours avant l’éruption, la déformation du sol et l’activité sismique ont diminué dans la zone autour du site de l’éruption. Ce schéma précurseur est donc différent de ceux qui précèdent de nombreuses autres éruptions dans le monde, qui montrent souvent une augmentation de la déformation du sol et de la sismicité peu de temps avant le début de l’éruption, signe que le magma se fraye un chemin vers la surface.
Les auteurs de l’article expliquent que la situation observée sur le Fagradalsfjall a été provoquée par l’interaction entre le flux magmatique et les contraintes au niveau des plaques tectoniques. Lorsque le magma se fraye un chemin à travers la croûte avant une éruption, une contrainte tectonique est parfois libérée, ce qui provoque des séismes et une déformation du sol. Un déclin de la sismicité et de la déformation peut indiquer que ce processus touche à sa fin et que le magma est prêt à percer la surface.
Au cours de la période de trois semaines qui a précédé l’éruption de Fagradalsfjall, il y a eu à la fois une déformation de surface considérable et une forte sismicité. La cause était la mise en place d’un dyke magmatique vertical entre la surface et 8 km de profondeur. Dans le même temps, des contraintes tectoniques dans la croûte ont été libérées. Des séismes d’une magnitude pouvant atteindre M 5,6 ont été enregistrés dans les zones voisines.
Les scientifiques pensent que la baisse de la sismicité dans les jours qui ont précédé l’éruption peut s’expliquer par le fait que le magma avait alors presque atteint la surface, là où la croûte est la plus faible et où il y a donc moins de résistance.
Cette situation montre qu’il faut tenir compte de la relation entre les volcans et les contraintes tectoniques dans la prévision des éruptions. Une libération des contraintes tectoniques, suivie d’une diminution de la déformation et de la sismicité, peut précéder un certain type d’éruption.

Le deuxième article – intitulé « Déplacement rapide d’une source magmatique profonde sur le volcan Fagradalsfjall » – traite des changements dans la composition de la lave dans la Geldingadalir au cours de l’éruption.
Les scientifiques ont fréquemment échantillonné la lave au cours des 50 premiers jours de l’éruption et ils ont mesuré les gaz volcaniques autour du site éruptif. Ces mesures ont révélé que la lave du Fagradalsfjall provenait directement d’un réservoir magmatique à grande profondeur, à la frontière entre la croûte et le manteau, autrement dit la zone proche du Moho.
Une éruption avec du magma provenant directement de la zone proche du Moho n’a pas été observée dans d’autres éruptions en temps réel. Dans ces cas précédents, le magma provenait de profondeurs moindres de la croûte terrestre. On manque d’informations sur les parties les plus profondes des systèmes magmatiques. L’éruption du Fagradalsfjall a fourni à la communauté scientifique de nouvelles connaissances sur les processus impliqués.
Au début de l’éruption de 2021, la lave était relativement riche en magnésium, comparée à la lave d’autres éruptions historiques en Islande, ce qui révèle un apport de magma particulièrement chaud. Il y avait aussi beaucoup de dioxyde de carbone (CO2) dans les gaz volcaniques émis par la bouche éruptive, ce qui confirme un apport de magma très profond. Selon les scientifiques, cela montre que le magma a subi peu de refroidissement en remontant à travers la croûte jusqu’à la surface. On pense que le réservoir magmatique se trouvait à une quinzaine de kilomètres sous la surface.

L’étude de l’éruption révèle également que la composition de la lave du Fagradalsfjall a radicalement changé au fur et à mesure que l’éruption progressait. Cela laisse supposer que pendant l’éruption un nouveau magma est arrivé en provenance de profondeurs plus importantes que le magma déjà présent dans le réservoir.
Les scientifiques expliquent que l’on sait depuis longtemps que différents types de magma peuvent se mélanger en profondeur, dans les systèmes magmatiques, avant une éruption. Cette éruption présente des preuves en temps réel que ces processus se produisent.
De plus, les modifications de la composition des produits volcaniques montrent que du nouveau magma peut s’introduire rapidement dans un réservoir profond, dans un délai d’environ 20 jours, et se mélanger au magma déjà présent dans le réservoir, en déclenchant potentiellement l’éruption.
Ces découvertes peuvent aider à mieux comprendre les volcans et la géochimie du manteau et pourraient contribuer à l’élaboration de modèles de systèmes magmatiques partout dans le monde.

Source: Met Office islandais, Université d’Islande, The Watchers.

Il sera maintenant intéressant de comparer les conclusions de l’éruption de 2021 avec celles de l’éruption de 2022. Il faudra voir si la dernière éruption se situe dans le prolongement de celle de 2021 ou s’il s’agit de deux événements indépendants l’un de l’autre.

———————————————

We are not good at predicting eruptions, but we are dood at describing what happened.

Scientists from the University of Iceland, the Icelandic Met Office (IMO) have published two papers in the journal Nature, presenting new findings from the 2021 eruption at Fagradalsfjall. It was the first eruption on the Reykjanes Peninsula after 800 years of dormancy.

The studies show that the precursors to the eruption were unusual compared to many other eruptions across the world and that the composition of the lava changed as the eruption continued.

Researchers closely observed the seismic activity on Reykjanes Peninsula, which began in December 2019, culminated with the eruption on March 19th, 2021 and continued for around half a year.

One of the papers – titled “Deformation and seismicity decline before the 2021 Fagradalsfjall eruption” -discusses the precursors to the eruption and how they differ from the precursors of many other eruptions around the world.

There was a significant seismic activity on the Reykjanes Peninsula in the weeks leading up to the 2021 eruption, marked by tectonic stress release in the crust. However, for several days before the eruption, deformation and seismic activity declined in the area around the eruption site. This precursory pattern is different from those preceding many other eruptions around the world, which often show escalating rates of ground displacement and seismicity shortly before the eruption onset, as the magma forces its way to the surface.

The scientists behind the paper explain that the behaviour at Fagradalsfjall was caused by the interplay between magma flow and plate tectonic stress. As magma forces its way through the crust before an eruption, tectonic stress may be released, causing earthquakes and ground deformation in the early stages. A decline in seismicity and deformation may indicate that this process is coming to an end and that the magma may erupt.

During the three-week period preceding the eruption at Fagradalsfjall, there was both considerable surface deformation and a large number of earthquakes. This was caused by the emplacement of a vertical magma-filled dyke between the surface and a depth of 8 km. At the same time, tectonic stress in the crust was released. Earthquakes occurred in nearby areas, up to magnitude M 5.6.

The scientists also suggest that the decline in seismicity in the days before the eruption could be explained by the fact that the magma had then almost reached the surface, where the crust is weakest and there is therefore less resistance.

This situation shows that consideration must be given to the relationship between volcanoes and tectonic stress in eruption forecasting. A release of tectonic stress followed by a decline in deformation and seismicity rate may be a precursory activity for a certain type of eruption.

The second paper – titled “Rapid shifting of a deep magmatic source at Fagradalsfjall volcano, Iceland” – discusses the changes to the composition of the lava that flowed through Geldingadalir and the surrounding area as the eruption continued.

Scientists sampled the lava frequently during the first 50 days of the eruption and measured the volcanic gases around the eruption site. This revealed that the lava at Fagradalsfjall was directly sourced from a magma reservoir at great depth, at the boundary between the crust and the mantle – the near-Moho zone.

Eruption directly from the near-Moho zone has not been observed in other eruptions with real-time investigation. In these previous cases, the magma came from shallower levels in the crust. Until now, there has therefore been a lack of information about the deepest parts of magmatic systems. The eruption at Fagradalsfjall has provided the scientific community with new knowledge of the processes involved.

At the start of the eruption, the lava was relatively rich in magnesium in comparison with lava from other historical eruptions in Iceland, indicating an unusually hot magma supply. There was also a lot of carbon dioxide in the volcanic gases emitted from the eruption vent, indicating an unusually deep magma supply. The scientists explain that this suggests that the magma underwent little cooling on its way up through the crust to the surface. It is believed that the magma reservoir was located about 15 km from the surface.

The research also revealed that the composition of the lava at Fagradalsfjall radically changed as the eruption progressed. This suggests that during the eruption, a new magma was generated at greater depths than the magma already present in the reservoir.

The scientists point out that it has long been argued that different kinds of magma can mix deep in magmatic systems before an eruption. This study presents real-time evidence that these processes do occur.

Furthermore, changes to the composition of volcanic products show that new magma can flow into a deep reservoir rapidly, in a timescale of around 20 days, mixing with the magma already in the reservoir and potentially triggering the eruption.

These findings may aid our understanding of volcanoes and the geochemistry of the mantle and could support the development of models of magmatic systems all over the world.

Source: Icelandic Met Office, University of Iceland, The Watchers.

It will now be interesting to compare the conclusions of the 2021 eruption with those of the 2022 eruption. It will be particularly interesting to see if the last eruption is a continuation of that of 2021 or if they are two distinct events.

Captures d’écran de l’éruption de 2021

Islande : l’éruption de 2022 toujours pas officiellement terminée // Iceland : the 2022 eruption not yet officially over

Toute activité a cessé dans la Meradalir le 20 août 2022 et plus aucune lave n’était visible sur le site éruptif. Le 8 septembre, la Police islandaise, en accord avec la police de Suðurnes, a décidé de mettre un terme aux phases d' »Alerte et d’Incertitude » qui étaient en vigueur dans la région.
Les autorités continueront toutefois de surveiller de près la zone. Dans un communiqué de presse, le Département de Protection Civile a déclaré : « Il se peut que nous assistions à des épisodes d’intrusion et à des séismes à Reykjanes au cours des prochaines semaines. Les habitants sont invités à sécuriser les meubles et autres articles ménagers pour éviter les blessures et/ou les dégâtss à leurs maisons.” Le communiqué de presse indique également que des rangers resteront présents sur le site de l’éruption pour surveiller le comportement des visiteurs.La présence de la police et des secouristes sera progressivement réduite, bien qu’elle puisse être renforcée si nécessaire.Le Département de Protection Civile souligne le danger de s’aventurer sur la lave et rappelle que les cratères et la lave encore chaude sont protégés par les lois de préservation de la nature.
Source : Iceland Review.
La sismicité et le tremor éruptif montrent actuellement des valeurs basses sur la péninsule de Reykjanes. Un essaim sismique a été enregistré ces dernières heures dans le nord de l’Islande, au large de l’île de Grimsey, mais ce type d’activité sismique est assez fréquent dans la région et n’a pas d’origine volcanique.

————————————–

All activity ceased in Meradalir on August 20th, 2022 when no more lava could be seen on the eruptive site. On September 8th, the National Police Commissioner, in consultation with the Suðurnes Police, decided to revoke the Alert and Uncertainty Phases that had been in effect in the area,.

Authorities will continue to monitor the area closely. In a press release, the Department of Civil Protection and Emergency Management declared: « We can expect intrusion activity and earthquakes in Reykjanes over the coming weeks. Residents are encouraged to secure furniture and other household items to prevent injury and/or damages to their homes.” The press release also states that rangers will be positioned at the eruption site to monitor foot traffic. The presence of police and rescue workers will be gradually diminished in the area, although they will be dispatched if needed. The Department underscores the hazard of venturing onto the lava, noting that craters and hot lava are protected by nature-preservation laws.

Source: Iceland Review.

Seismicity and the eruptive tremor currently show low values on the Reykjanes Peninsula. A seismic swarm was recorded in the past hours in northern Iceland, off Grimsey, but this type of seismic actovity is quite frequent in the area and has no volcanic origin.

Tout est calme sur le site de l’éruption (Image webcam)