Origine des dépôts de tephra sur la Grande Ile d’Hawaii // Origin of tephra deposits on Hawaii Big Island

Le Mauna Loa et le Kilauea sont les deux volcans les plus actifs de la Grande Ile d’Hawaï et leurs histoires éruptives se chevauchent. Ils sont situés à faible distance d’un de l’autre; leurs cratères sommitaux ne sont éloignés que d’environ 34 kilomètres.De plus, une partie du Kilauea s’est édifiée sur le flanc sud-est du Mauna Loa, le plus ancien des deux volcans.
Le Mauna Loa et le Kilauea produisent des coulées de lave qui peuvent parcourir plusieurs kilomètres depuis la source. De plus, ils émettent des panaches de tephra qui peut monter haut dans l’atmosphère et parcourir de longues distances en étant poussés par le vent. C’est pourquoi il peut parfois être difficile de déterminer quel volcan est responsable d’une coulée de lave ou d’un dépôt de tephra.
Connaître la source des matériaux émis, qu’il s’agisse du Mauna Loa ou du Kilauea, est important pour évaluer les risques volcaniques sur la Grande Ile d’Hawaï. Les géologues se tournent vers les événements du passé, qu’ils soient effusifs ou explosifs, pour comprendre la fréquence des éruptions volcaniques. Le calcul des intervalles de récurrence permet de déterminer la fréquence à laquelle des événements effusifs ou explosifs se produisent, et cela peut aider à prévoir quand ils sont susceptibles de se produire à l’avenir.
Par exemple, si les géologues observent un affleurement dans lequel six couches de tephra sont prises en sandwich entre une coulée de lave supérieure datée d’il y a 800 ans et une coulée de lave inférieure datée d’il y a 2 000 ans – donc avec une période de temps de 1 200 ans entre les deux coulées – ils peuvent conclure que l’intervalle de récurrence minimum serait de 200 ans (1 200 ans divisés par six éruptions explosives). Cela signifie qu’un événement éruptif explosif s’est produit, en moyenne, tous les 200 ans au cours de cette période de 1 200 ans. Si on sait qu’il y a six couches de tephra, mais si on ne sait pas si elles proviennent du Mauna Loa ou du Kilauea, il est difficile de comprendre à quelle fréquence les éruptions se sont produites à partir de chacun de ces volcans.
Par exemple, si une seule des couches de tephra provient du Mauna Loa, l’intervalle de récurrence minimum est de 240 ans pour le Kilauea et de plus de 1 200 ans pour le Mauna Loa. Mais si trois des couches de tephra proviennent du Mauna Loa, l’intervalle de récurrence minimum est de 400 ans pour le Kilauea et de 400 ans pour le Mauna Loa.
Afin de déterminer quel volcan a produit telle coulée ou tel couche de tephra, les géologues ont recours à plusieurs méthodes. Ils utilisent souvent une cartographie détaillée. En effet, une éruption explosive laisse généralement des dépôts plus épais près de la source et ils s’amincissent en s’éloignant de cette même source.
Les géologues peuvent également avoir recours à la géochimie pour déterminer si un produit éruptif particulier provient du Mauna Loa ou du Kilauea. Des études ont montré que les deux volcans ont des signatures géochimiques différentes. Par exemple, les laves du Mauna Loa contiennent généralement plus de silice (Si) et moins de calcium (Ca), de titane (Ti) et de potassium (K) à une teneur donnée en magnésium (Mg) que les laves du Kilauea.
Par ailleurs, les deux volcans et leurs prédécesseurs plus anciens ont généralement des concentrations d’éléments traces et des signatures isotopiques différentes. Les géochimies définissent deux familles différentes le long de l’archipel hawaiien. Sur la Grande Ile d’Hawaï, le Mauna Loa et le Hualalai forment une famille, tandis que le Kilauea, le Mauna Kea et le Kohala en forment une autre. On pense que les différences chimiques proviennent du panache du point chaud et démontrent que les systèmes magmatiques des deux volcans ne sont pas interconnectés.
Une nouvelle étude a appliqué ces différences chimiques entre le Mauna Loa et le Kilauea pour comprendre la source volcanique des couches dans un dépôt de tephra de deux mètres d’épaisseur sur le flanc sud-est du Mauna Loa. Le dépôt de tephra se trouve à environ 19 kilomètres au sud de Moku’āweoweo, la caldeira sommitale du Mauna Loa, et à 35 kilomètres au sud-ouest de l’Halema’uma’u, le cratère sommital du Kilauea. En raison de la variation des directions du vent, l’un ou l’autre des volcans pourrait potentiellement être la source du dépôt de tephra. Les premières analyses chimiques d’éclats de verre volcanique prélevés dans les couches de tephra laissent supposer que des tephra du Kilauea et du Mauna Loa sont présents sur le site. Les tephra de l’ancienne éruption du Keanakākoʻi et de celle du Kulanaokuaiki, émis par le Kilauea, semblent être présents, ainsi qu’au moins une couche de tephra en provenance du Mauna Loa.
Les nouvelles données ainsi obtenues seront importantes pour déterminer les calculs d’intervalle de récurrence pour les événements explosifs sur le Mauna Loa et le Kilauea et permettront aux scientifiques du HVO de fournir des évaluations des risques plus fiables pour la Grande Ile d’Hawaï.
Source : USGS, HVO.

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Mauna Loa and Kilauea are the two most active volcanoes on the Island of Hawaii, and they have overlapping eruption histories. They are located in close proximity, with their summit craters only about about 34 kilometers apart. In fact, part of Kilauea is built on the southeast flank of Mauna Loa, which is the older of the two volcanoes.

Both volcanoes produce lava flows that can travel many kilometers from the volcanic vent. Additionally, they produce tephra that can rise high into the atmosphere and travel long distances by wind. With this in mind, it can sometimes be difficult to determine which volcano is responsible for a specific lava flow or tephra layer.

Knowing the source of the erupted material, whether from Mauna Loa or Kilauea, is important for assessing volcanic hazards on Hawaii Big Island. Geologists look to past eruptions, both effusive and explosive, to understand the frequency of volcanic eruptions. Recurrence intervals can be calculated to determine how often effusive or explosive events occur, which can help forecast when they may occur in the future.

For example, if geologists observe an outcrop with six tephra layers sandwiched between an upper lava flow dated at 800 years ago and a lower lava flow dated at 2,000 years ago – a time period of 1,200 years preserved between the two flows – the minimum recurrence interval would be 200 years (1,200 years divided by six explosive eruptions). This means that an explosive eruptive event occurred, on average, every 200 years within that 1,200 year time period. If we know that there are six tephra layers, but we don’t know if they erupted from Mauna Loa or Kilauea, it is difficult to understand how often eruptions occurred from the individual volcanoes.

For example, if only one of the tephra layers were from Mauna Loa, the minimum recurrence interval would be 240 years for Kilauea and over 1,200 years for Mauna Loa. But if three of the tephra layers were from Mauna Loa, the minimum recurrence interval would be 400 years for Kilauea and 400 years for Mauna Loa.

In order to determine which volcano produced a certain flow or tephra, geologists resort to several methods. They often use detailed mapping. An explosive eruption, for example, will generally have thicker deposits near the source and thin out away from the source.

Geologists can also use geochemistry to determine if a particular eruptive product is from Mauna Loa or Kilauea. Studies have shown that the two volcanoes have different geochemical signatures. For example, Mauna Loa lavas generally have higher silica (Si) and lower calcium (Ca), titanium (Ti), and potassium (K) at a given magnesium (Mg) content than Kilauea lavas.

The two volcanoes and their older predecessors generally have different trace element concentrations and isotope signatures as well, with the geochemistries defining two different families along the island chain. On the Island of Hawaii, Mauna Loa and Hualalai form one family, while Kilauea, Mauna Kea, and Kohala form another. The chemical differences are thought to originate in the hotspot plume and demonstrate that the magma systems for the two volcanoes are not interconnected.

A new study is applying these geochemical differences between Mauna Loa and Kilauea to understand the volcanic source of individual layers within a two-meter-thick tephra exposure on the southeast flank of Mauna Loa. The exposure is located approximately 19 kilometers south of Moku‘āweoweo, the summit caldera of Mauna Loa, and 35 kilometers southwest of Halema’uma’u, the summit crater of Kilauea. Due to varying wind directions, either volcano could potentially be the source of the tephra.

Initial geochemistry obtained from fresh glass shards found in the tephra layers suggests that tephra from both Kilauea and Mauna Loa are present at the field site. Tephras from both the Keanakākoʻi Ash (circa 1500–1820 CE) and the Kulanaokuaiki Tephra (circa 400–1000 CE), which erupted from Kilauea, appear to be present, as well as at least one tephra layer from Mauna Loa.

The new data will be important for constraining recurrence interval calculations for explosive events on Mauna Loa and Kilauea and will help the USGS Hawaiian Volcano Observatory provide more robust hazard assessments for the Island of Hawaii.

Source : USGS, HVO.

Sommet du Mauna Loa (Crédit photo : USGS)

Caldeira sommitale du Mauna Loa (Photo : C. Grandpey)

Caldeira sommitale du Kilauea en 2006 (Photo: C. Grandpey)

Caldeita sommitale du Kilauea après l’éruption de 2018 (Crédit photo: HVO)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

Une nouvelle éruption a été observée sur le Batu Tara (mer de Flores / Indonésie) le 26 avril 2022.
Selon l’observatoire volcanologique de Batu Tara, la première éruption a été enregistrée à 01h45 (UTC, 09h45 heure locale) le 26 avril, ce qui a conduit à une première hausse au Jaune de la couleur de l’alerte aérienne.
Une intensification du dégazage a ensuite été observée à 20h41 (UTC) avec un nuage de cendres estimé jusqu’à 2,8 km au-dessus du niveau de la mer, mais la visibilité n’était pas bonne. À 22 h 38 (UTC), le VAAC de Darwin a déclaré que la cendre n’était pas discernable sur les images satellite dans des conditions atmosphériques claires. Le Centre a élevé la couleur de l’alerte aérienne à l’Orange.
La dernière période éruptive du Batu Tara a duré de janvier 2007 au 26 novembre 2015, avec un VEI 2.
Source : Darwin VAAC, The Watchers.

 

Image satellite de l’éruption du Batu Tara le 15 mars 2010 avec les Petites îles de la Sonde au bas de l’image (Source: NASA).

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Selon l’Anak Krakatau Volcano Observatory, , l’activité du volcan (Indonésie) a augmenté au cours des dernières semaines, obligeant les autorités à relever le niveau d’alerte de 2 à 3 le 24 avril 2022.
La sismicité a fortement augmenté le 5 avril, suivie d’une déformation significative du volcan à partir du 18 avril, et encore plus prononcée depuis le 22 avril. L’activité éruptive oscille entre des explosions avec émissions de panaches de cendres et des événements de type strombolien, avec projections de lave incandescente le 17 avril. Une coulée de lave a été observée jusque dans la mer le 23 avril. Le VAAC de Darwin a estimé à 6 km la hauteur du panache de cendres. Le 23 avril, la couleur de l’alerte aérienne est passée de l’Orange au Rouge.
Une augmentation significative des émissions de SO2 a également été observée, ce qui indique un nouvel apport de magma susceptible de remonter à la surface sous forme de matériaux incandescents et de coulées de lave.
Sur la base de données visuelles et instrumentales, les volcanologues locaux affirment que le risque lié à l’activité actuelle réside dans la projection de matériaux incandescents dans un rayon de 2 km de la source de l’éruption, mais les matériaux éjectés peuvent atteindre des distances encore plus longues. En conséquence, le public n’est pas autorisé à s’approcher de l’Anak Krakatau dans un rayon de 5 km.
Source : Anak Krakatau Volcano Observatory via The Watchers.

Image satellite acquise le 27 avril 2022; on voit parfaitement l’écoulement de lave sur le flanc du volcan (Source: Copenicus)

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Selon le Laboratoire de Géophysique Expérimentale, l’activité du Stromboli (Sicile) est actuellement moyenne à faible dans les cratères NE et Centre. On enregistre en moyenne 9-11 événements par heure. Les émissions de SO2 sont stables sur des valeurs faibles, tandis que les flux de CO2 affichent des valeurs moyennes.

S’agissant de l’accès au volcan, le sommet reste interdit car l’activité explosive peut devenir violente sans prévenir. On peut accéder librement à la cote 300 m et avec les guides au niveau 400m, là où on pouvait grimper sans problème il y a quelques années, mais il faut bien que les guides travaillent…

Des restrictions sont également en place sur l’île de Vulcano (Iles Eoliennes) où l’accès au cratère de La Fossa et aux bains de boue reste interdit.

On observe actuellement sur l’Etna (Sicile) une faible activité strombolienne, localisée essentiellement dans le secteur Bocca Nuova / Voragine, et dans une moindre mesure dans le secteur cratère SE / NSE. Cette activité s’accompagne d’un dégazage continu de tous les cratères sommitaux.

Source: Laboratorio Geofisico Sperimentale.

Le Stromboli vu depuis la Cima…quand l’accès au sommet était autorisé (Photo: C. Grandpey)

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La situation reste stable sur le Sabancaya (Pérou) et, selon l’IGP, ne devrait guère évoluer au cours des prochains jours. On observe une quarantaine d’explosions chaque jour, avec des panaches de cendre qui montent jusqu’à 2-3 km au-dessus du sommet du volcan.

Episode explosif sur le Sabancaya (Source: IGP)

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Le Ruapehu (Nouvelle-Zélande) continue de s’agiter avec des épisodes significatifs de tremor volcanique. La température du lac de cratère reste stable à 37 °C. Le niveau d’alerte volcanique reste à 2.
L’épisode d’activité dure depuis cinq semaines maintenant. S’agissant du tremor volcanique, c’est l’épisode le plus long et le plus intense jamais observé au cours des 20 dernières années.
Les analyses chimiques d’un échantillon de l’eau du lac prélevé le 15 avril n’ont montré aucun changement depuis le 31 mars.
Comme je l’ai écrit précédemment, la nature de l’activité volcanique, le tremor volcanique qui reste élevé, les émissions de gaz et la température du lac révèlent un processus généré par l’interaction du magma avec le système hydrothermal à faible profondeur à l’intérieur du volcan.
Selon des scientifiques néo-zélandais, l’activité volcanique actuelle ne devrait pas se solder par une éruption car aucun événement de ce type n’a fait suite à de tels signes d’activité au cours des 15 dernières années. Le risque d’un épisode éruptif prolongé ou d’une éruption plus importante reste très faible.
Source : GNS Science.

Photo: C. Grandpey

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L’essaim sismique qui avait débuté près du Mont Edgecumbe (Alaska) le 11 avril 2022 (voirma note précédente) a ensuite décliné et la sismicité a retrouvé un niveau normal le 22 avril. Les données satellitaires montrent une vaste zone de soulèvement, d’environ 17 km de diamètre, à environ 2,5 km à l’E d’Edgecumbe. Le soulèvement a commencé en août 2018 et la déformation a atteint 8,7 cm par an au centre de la zone, avec au final 27 cm de soulèvement. L’analyse des données sismiques montre que la sismicité a commencé en 2020, même si le dernier essaim sismique était inhabituel. La déformation et les données sismiques laissent supposer un mouvement de magma sous le volcan, avec une intrusion à environ 5 km sous le niveau de la mer. Le volcan ne dispose pas d’un niveau d’alerte volcanique, ni d’une couleur d’alerte aérienne en raison de l’absence d’instruments sur le site.
Source : AVO.

Source: AVO

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Une anomalie thermique a été observée sur les images satellites du Karymsky (Kamtchatka) entre le 15 et le 22 avril 2022. Les explosions ont généré des panaches de cendres qui ont atteint 7,5 à 11 km d’altitude. La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge le 20 avril en raison d’une explosion plus forte, avant de revenir à Orange quelques heures plus tard.
Source : KVERT.

Crédit photo: KVERT

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

A new eruption was observed at Batu Tara volcano (Flores Sea / Indonesia) on April 26th, 2022.

According to the Batu Tara Volcano Observatory, the first eruption was recorded at 01:45 (UTC, 09:45 local time) on April 26th, which led to a first incresase of the Aviation Color Code to Yellow.

An increase in degassing was later observed at 20:41 (UTC) with an ash cloud estimated up to 2.8 km above sea level, but visibility was not good. At 22:38 (UTC), the Darwin VAAC said volcanic ash was not discernable on satellite imagery in clear atmospheric conditions. The Center raised the Aviation Color Code to Orange.

The last eruptive period of this volcano lasted from January 2007 to November 26, 2015, with a VEI 2.

Source: Darwin VAAC, The Watchers.

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According to the Anak Krakatau Volcano Observatory, activity at Anak Krakatau (Indonesia) increased over the past weeks, forcing authorities to raise the alert level from Level 2 to 3 on April 24th, 2022.

Seismicity at the volcano increased sharply on April 5th, followed by notable deformation starting on April 18th and even more pronounced since April 22nd. Eruptive activity fluctuates from ash-dominant eruptions to strombolian type events, producing incandescent lava on April 17th. A lava flow was observed entering the sea on April 23rd. The Darwin VAAC estimated volcanic the ash cloud rose up to 6 km. On April 23rd, the Aviation Color Code was raised from Orange to Red.

A significant increase in SO2 was also observed, which indicates a new magma supply which mlay come out to the surface in the form of incandescent material and lava flows.

Based on visual and instrumental data, local volcanologists say that the potential hazard from the current activity is the ejection of incandescent material within a radius of 2 km from the center of the eruption, but the material may reach even longer distances. As a consequence, the public is not allowed to approach Anak Krakatau within a 5 km radius.

Source: Anak Krakatau Volcano Observatory via The Watchers.

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According to the Laboratorio Geofisico Sperimentale, volcanic activity at Stromboli (Sicily) is currently medium to low in the NE and Center craters. On average, 9-11 events are recorded per hour. SO2 emissions are stable at low values, while CO2 flows show medium values.
Regarding access to the volcano, the summit remains prohibited because the explosive activity can become violent without warning. You can freely access the 300m level and reach the 400m level with the guides.
Restrictions are also in place on the island of Vulcano (Aeolian Islands) where access to La Fossa and the mud baths remains prohibited.

Weak Strombolian activity is currently observed on Mt Etna (Sicily), mainly in the Bocca Nuova / Voragine area, and to a lesser extent in the SE / NSE crater area. This activity is accompanied by a continuous degassing of all the summit craters.

Source : Laboratorio Geofisico Sperimentale.

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The situation remains stable at Sabancaya (Peru) and, according to IGP, should hardly change over the next days. About 40 explosions are observed each day, with ash plumes rising up to 2-3 km above the summit of the volcano.

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Elevated volcanic unrest continues at Ruapehu (New Zealand) volcano and is dominated by strong volcanic tremor. The Crater Lake temperature remains stable at 37 °C and the Volcanic Alert Level remains at 2.

The curent episode of unrest has lasted for five consecutive weeks. The tremor episode now represents the combined longest-strongest period of tremor recorded over the past 20 years.

The laboratory analyses of a lake sample collected on April 15th have shown no changes in water chemistry since March 31st.

As I put it previously, the sustained nature of the volcanic unrest, coupled with the strong volcanic tremor signals, elevated gas output and hot lake remain indicative of processes being driven by magma interacting with the geothermal system within the volcano at shallow depth.

According to NZ scientists, the most likely outcome of this unrest episode within the next four weeks is still that no eruptive activity occurs, as no eruptions have followed unrest in the past 15 years. The chances of a prolonged eruptive episode or a larger eruption, remain very unlikely.

Source: GNS Science.

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The seismic swarm near Mt Edgecumbe (Alaska) that began on April 11th, 2022 (see my previous post) declined to background levels by April 22nd. Satellite data showed that a broad area of uplift, about 17 km in diameter, was located about 2.5 km E of Edgecumbe. The uplift began in August 2018 and deformed at a rate of up to 8.7 cm per year in the center of the area, totaling 27 cm of uplift; the deformation was ongoing. Retrospective analysis of seismic data revealed that earthquakes started occurring in 2020, though the recent swarm was unusual. The deformation and seismic data together suggested magma movement beneath the volcano, consistent with an intrusion at about 5 km below sea level. Both the Volcano Alert Level and Aviation Color Code remain at Unassigned due to the lack of dedicated, local instrumentation.

Source: AVO.

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A thermal anomaly over Karymsky (Kamchatka) was visible in satellite images between April 15th and 22nd, 2022. Explosions generated ash plumes that rose as high as 7.5 – 11 km a.s.l. KVERT raised the Aviation Color Code to Red on April 20th due to a stronger explosion, then lowered it to Orange again.

Source: KVERT.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Hawaii : l’éruption du Kilauea en 2018 comparée à d’autres // Hawaii : the 2018 Kilauea eruption compared to others

L’éruption du Kīlauea en 2018 a eu des effets dévastateurs sur le district de Puna; elle a détruit des centaines de maisons et affecté de manière permanente la vie de milliers d’habitants. La volumineuse coulée de lave émise par le volcan a eu un impact majeur sur l’île d’Hawaii. Il est intéressant de comparer cette éruptions à d’autres qui, elles aussi, ont émis de volumineuses coulées de lave.
Des mesures effectuées par l’US Geological Survey (USGS) révèlent que le volume de lave émise lors de l’éruption de 2018 était d’environ 1,4 kilomètres cubes. L’estimation a une marge d’erreur car il est difficile de mesurer le volume de lave qui s’est déversée dans l’océan. .
S’agissant de la comparaison avec d’autres éruptions, il faut remarquer qu’il y en a relativement peu dans le monde à avoir émis plus d’un kilomètre cube de lave au cours des cent dernières années.
La plus importante à Hawaï au cours des derniers siècles a été l’éruption Pu’uO’o de 1983 qui a produit 4,4 kilomètres cubes de lave. Cependant, cette éruption a duré 35 ans contre 4 mois pour l’éruption de 2018 dans la Lower East Rift Zone. L’éruption du Pu’uO’o a détruit 215 structures, contre plus de 700 lors de l’éruption de 2018.

Photo: C. Grandpey

D’autres coulées de lave de grande ampleur se sont produites en Russie et en Islande. L’éruption du Tolbachik (Kamchatka) en 1975-1976 a duré un an et demi et a produit environ 2 kilomètres cubes de lave.

Source : KVERT

En 2014-2015, l’éruption de six mois du Bárðarbunga (Islande) a produit la coulée de lave Holuhraun, d’un volume d’environ 1,4 kilomètre cube.

Crédit photo: Iceland Review

Lors des éruptions du Tolbachik et du Bárðarbunga, les coulées de lave sont sorties des flancs du volcan et ont entraîné un affaissement au sommet lorsque la chambre magmatique s’est vidangée. C’est aussi ce qui s’est passé en 2018 sur le Kilauea. Les éruptions du Tolbachik et du Bárðarbunga se sont produites dans des zones reculées, sans destruction de zones habitées.
Une éruption sur l’île de Lanzarote (îles Canaries) de 1730 à 1736 figure également sur la liste des grands événements effusifs. Elle a produit 2 kilomètres cubes de lave et détruit de nombreux villages sur le flanc du volcan.

Photo: C. Grandpey

La récente éruption du Cumbre Vieja, à La Palma (îles Canaries) en 2021 a été impressionnante mais aucune estimation du volume de lave émise n’a été publiée jusqu’à présent. Quel que soit ce volume, la destruction a été immense, avec environ 3 000 bâtiments recouverts par la lave.

Une autre grande éruption a débuté sur le Paricutin (Mexique) en 1943, lorsqu’une fissure s’est ouverte dans un champ de maïs. Elle a continué pendant 9 ans, avec une coulée de lave d’un volume de 1,6 kilomètres cubes.

Source: Wikipedia

Cependant, aucune de ces éruptions ne saurait rivaliser avec l’éruption du Laki (Islande) en 1783. En huit mois, environ 14,7 kilomètres cubes de lave ont recouvert la région et détruit plusieurs dizaines de villages. Les gaz volcaniques ont empoisonné le bétail et détruit les récoltes, entraînant une famine majeure en Islande, avec des milliers de victimes. L’éruption a également eu un impact sur les conditions météorologiques en Europe.

Photo: C. Grandpey

Il manque peut-être d’autres coulées de lave de plus d’un kilomètre cube dans cette compilation rapide, mais il n’en reste pas moins que ce sont des événements très rares.

Source : HVO.

Un visiteur de mon blog me fait remarquer à juste raison que le volcan sous-marin au large de Mayotte a émis un volume de lave estimé par le BRGM à environ 5 kilomètres cubes!

Rappelons que la dernière très longue éruption de l’Etna (1991-1993) dans la Valle del Bove a émis, selon les estimations, entre 200 et 700 millions de m3 de lave. Toutefois, 235 millions de mètres cubes (0,23 km3) semble être le plus proche de la réalité. Ce serait la plus importante éruption en volume émis après celle de 1669 qui a atteint la ville de Catane.

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The 2018 eruption of Kīlauea volcano had devastating effects on the lower Puna District, destroying hundreds of homes and permanently affecting the lives of thousands of residents. The voluminous lava flow had a major impact on the Island of Hawaii. It is interesting to see how it compares to other lava flow eruptions on Earth in recent history.

Recent measurements by U.S. Geological Survey have come to the conclusion that the volume of lava emeitted during the earuption was about 1.4 cubic kilometers.. The estimate has a margin of error because it is difficult to measure the volume of the lava that poured into the ocean.

As far as the comparison is concerned, one should first notice that there are only a handful of lava flow eruptions worldwide in the past few hundred years that have produced more than a cubic kilometer of lava.

The largest in Hawaii in recent centuries was the 1983 Pu’uO’o eruption, which produced 4.4 cubic kilometers of lava. However, that eruption lasted 35 years compared to the 4 months of the 2018 eruption in the Lower East Rift Zone. The Pu’uO’o eruption destroyed 215 structures, compared to over 700 destroyed in the 2018 eruption.

Other large volume lava flows occurred in Russia and Iceland. The Tolbachik eruption of 1975–76, in Kamchatka lasted a year and a half and produced about 2 cubic kilometers of lava.

In 2014–15, the six-month-long eruption of Bárðarbunga in Iceland produced the Holuhraun lava flow, about 1.4 cubic kilometers in volume.

In both the Tolbachik and Bárðarbunga eruptions, the lava flows issued from the flanks of the volcano and triggered subsidence at the summit as the magma chamber drained, similar to what happened in 2018 at Kilauea. The Tolbachik and Bárðarbunga eruptions occurred in remote areas, with no significant destruction of populated areas.

An eruption in the Canary Islands, Spain, made the list as well. The Lanzarote eruption of 1730–1736 produced 2 cubic kilometers of lava and destroyed numerous villages on the flank of the volcano.

The recent eruption of Cumbre Vieja, on La Palma in the Canary Islands, in 2021 was impressive but no volume estimates for the lava flow have been released so far. Regardless of the flow volume, the destruction was immense, with about 3,000 buildings destroyed.

Another large eruption happened at Paricutin volcano, in Mexico, in 1943, when a fissure opened in a cornfield and continued erupting for 9 years, producing a lava flow with a volume of 1.6 cubic kilometers.

None of these eruptions, however, come close to the size and impact of the Laki eruption in Iceland in 1783. Over eight months about 14.7 cubic kilometers of lava covered the landscape, destroying several dozen villages. The volcanic gases poisoned livestock and destroyed crops, leading to a major famine in Iceland that killed thousands. It also affected weather in Europe.

There may be other lava flows greater than one cubic kilometer that are missed in this quick compilation , but the fact remains these are very rare events The 2018 Kīlauea lava flow was among the top lava flow eruptions on Earth in recent centuries.

Source: HVO.

A visitor to my blog reminds us tha the submarine volcano off Mayotte emitted a volume of 5 cubic kilometers of lava, according to BRGM.

Let’s bear in mind that the last very long eruption of Mt Etna (1991-1993) in Valle del Bove emitted, according to estimates, between 200 and 700 million m3 of lava. However, 235 million cubic meters (0.23 km3) seems to be the closest number to reality. It was probably the largest eruption by volume emitted after the 1669 eruption that reached the city of Catania.

Vue de l’éruption du Kilauea en 2018 (Sourc: HVO)

Retour sur l’éruption de Kamoamoa (Hawaii) en 2011 // The Kamoamoa eruption (Hawaii) in 2011

Au cours des 35 années qu’elle a duré, l’éruption du Pu’uO’o dans la Middle East Rift Zone (MERZ) du Kilauea a été l’occasion pour les scientifiques d’améliorer leur travail de recherche et de surveillance des volcans hawaiiens. Même les éruptions de courte durée, comme celle de Kamoamoa qui a duré quatre jours en 2011, ont offert des informations importantes.
Dans les mois qui ont précédé l’éruption de Kamoamoa, la lave a rempli le cratère du Pu’uO’o. Une inflation continue a été enregistrée au sommet du Kilauea et le long de la MERZ. Au fur et à mesure que le système se pressurisait, la sismicité augmentait dans la partie supérieure de la Zone de Rift Est (East Rift Zone) et le lac de lave sommital atteignait ses niveaux les plus élevés..
Le 5 mars 2011, une secousse et une augmentation de l’activité sismique, accompagnées d’une déflation rapide du Pu’uO’o, ont été observées en début d’après-midi. Un intrusion dans la partie supérieure de la zone de rift a fait s’évacuer le magma qui se trouvait sous le Pu’uO’o. Peu de temps après, le plancher du Pu’uO’o a commencé à s’affaisser et le niveau du lac de lave sommital a chuté.
Alertés par des alarmes sismiques en temps quasi réel et des données de déformation, les scientifiques du HVO ont rapidement effectué un survol de la zone et ont pu assister au début de l’éruption de Kamoamoa entre le Pu’uO’o et le cratère Napau.
Au cours des premiers jours, l’activité éruptive a oscillé entre deux systèmes de fractures, avec des bouches dont l’activité alternait. En début de journée le 8 mars 2011, l’éruption s’est concentrée sur les deux extrémités opposées des fractures. L’activité a diminué dans l’après-midi du 9 mars, et l’épisode éruptif de Kamoamoa a pris fin vers 22h30..
Le dyke et l’éruption qui a suivi ont joué un rôle de soupape et permis l’évacuation de la pression qui s’était accumulée depuis des mois dans le système d’alimentation du Kilauea.
Pendant l’éruption, afin de compléter les données en temps quasi réel fournies par les stations de surveillance du HVO, les scientifiques ont également récolté des échantillons de lave, effectué des mesures de gaz, cartographié les coulées de lave et les fractures, pris des photos et des notes sur le terrain. Toutes ces données importantes permettent de mieux comprendre les éruptions volcaniques et leurs processus.
Les analyses de plusieurs échantillons de lave prélevés tout au long de l’éruption ont montré que la lave était initialement plus évoluée que celle collectée sur le champs de lave du Pu’uO’o avant l’éruption de Kamoamoa. Cela signifie que le dyke qui a alimenté l’éruption a d’abord émis – ou s’est mélangé à – un magma plus ancien qui était stocké dans la zone de rift. Au fur et à mesure que l’éruption s’est poursuivie et que du magma juvénile est arrivé dans le système, la composition de lave a évolué pour ressembler à celle qui avait été émise précédemment au niveau du Pu’uO’o. Il est intéressant de noter qu’une évolution semblable de la composition de la lave a été observée au début de l’éruption de 2018.
Source : USGS, HVO.

J’étais à Hawaii quelques jours avant le début de l’éruption de Kamoamoa. Vous pourrez voir ci-dessous quelques photos du puits de lave sommital, du cratère du Pu’uO’o et de l’East Rift Zone où la lave commençait déjà à s’écouler.

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The 35-year-long Pu’uO’o eruption on Kilauea’s Middle East Rift Zone (MERZ) was a remarkable opportunity for scientists to improve volcano research and monitoring. Even short-lived episodes in this eruption, like the four-day-long Kamoamoa eruption, offered important insights.

In the months leading up to the 2011 Kamoamoa eruption, lava filled Pu’uO’o crater. Steady inflation was recorded at the summit and the MERZ. As the system pressurized, seismicity increased in the upper East Rift Zone and the summit lava lake rose to the highest levels recorded before that time.

On March 5th, 2011, seismic tremor and increased earthquake activity, accompanied by rapid deflation at Pu’uO’o, began abruptly in the early afrternoon. An intrusion uprift drew magma away from beneath Pu’uO’o. Shortly after, the Pu’uO’o crater floor began to subside and the summit lava lake level dropped.

HVO alerted by near real-time seismic alarms and deformation data, quickly conducted an overflight of the area and witnessed the start of the Kamoamoa eruption between Pu’uO’o and Napau craters.

In the first few days, eruptive activity shifted around two fissure systems with vents repeatedly starting and stopping. Early on March 8th, the eruption focused on the two opposite ends of the fissures. The activity waned in the afternoon of March 9th, and around 10:30 p.m. the Kamoamoa eruptive episode was over.

The dike and subsequent eruption acted as a pressure release valve of Kilauea’s magma plumbing system that had been pressurizing for months.

During the eruption, to supplement the near real-time data from HVO monitoring stations, scientists also collected lava samples and gas measurements, mapped lava flows and ground cracks, took photos and detailed field notes. These important data sets help to better understand volcanic eruptions and their processes.

Analyses of multiple lava samples taken throughout the eruption showed that the erupted lava was initially more evolved than the lava collected on the Pu’uO’o flow fields prior to the Kamoamoa eruption. This means that the dike which fed the eruption either pushed out, or mixed with, a body of cooler magma that had been stored in the rift. As the eruption continued, the lava compositions began to resemble those previously erupted at Pu’uO’o, as juvenile lava flushed through the system. This is what happened in the beginning of the 2018 eruption.

Source : USGS, HVO.

I was in Hawaii a few days before the start of the Kamoamoa eruption. Here are some photos of the summit lava pit crater, the Pu’uO’o crater and the East Rift Zone where lava was already beginning to flow.

Photos : C. Grandpey