Quand la presse s’amuse à nous faire peur….

Après la COVID-19 et le réchauffement climatique, voici l’éruption susceptible de nous anéantir! On peut lire sur le site Futura Sciences un article dont le titre a de quoi donner des frissons: « Il y a une chance sur six pour qu’une éruption majeure se produise d’ici 100 ans, et nous sommes loin d’être prêts ! »

C’est vrai que la Terre n’est pas à l’abri d’une éruption de grande ampleur qui affecterait notre planète tout entière, mais affirmer qu’il existe une chance sur six qu’une telle catastrophe se produise est aller un peu vite en besogne. A l’heure où nous ne sommes pas fichus de prévoir une éruption à court – voire très court – terme, il est bien évident que nous sommes totalement incapables de faire une telle affirmation.

Il est toutefois indéniable que le risque existe. Il suffit de se pencher sur le passé de la Terre pour s’en rendre compte. Certaines éruptions ont atteint l’indice d’explosivité (VEI) 8, le maximum. Parmi les plus violentes figurent celles du Yellowstone il y a 640.000 ans, ou celle du Taupo il y a 26.500 ans, sans oublier celle du Toba (Indonésie) il y a quelque 74 000 ans. Plus près de nous, l’éruption du Tambora (Indonésie) en 1815 aurait causé la mort de 100.000 personnes et aurait influencé le climat terrestre de manière globale, impactant l’agriculture et causant une série de famines. Elle a été dotée d’un VEI 7.

La dernière éruption du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai début 2022, celles du mont St Helens en 1980, ou encore celle du Pinatubo en 1991 – aussi puissantes soient elles – ne supportent pas la comparaison avec les super éruptions que je viens de mentionner. Pourtant, la récente éruption du Hunga Tonga a été catégorisée parmi les plus puissantes de la période moderne. Son indice d’explosivité volcanique (VEI) est évalué entre 5 et 6, sur l’échelle de 8 niveaux.

Sommes-nous prêts à endurer de telles catastrophes? La question est intéressante. Nous avons plus ou moins réussi à faire face à la pandémie de COVID-19. Nous devons aussi faire face au réchauffement climatique qui est en train de devenir une réelle menace, peut-être encore plus forte qu’une éruption volcanique majeure. Des chercheurs mettent en garde sur notre grande vulnérabilité face à ce type d’événements. Des scientifiques de l’Université de Cambridge estiment que, si une éruption de VEI 7 ou 8 avait lieu aujourd’hui, les répercussions sur l’humanité seraient réellement catastrophiques car nos systèmes économiques et nos modes de vie ont considérablement évolué. C’est un fait que nous n’avons que peu d’idée du risque que représente une éruption d’une telle puissance.

Il est utile de rappeler que le risque induit par une super éruption est bien réel et que la menace plane. On sait d’ores et déjà que la cendre d’une éruption du Yellowstone, portée par les vents dominants, anéantirait l’agriculture dans le Corn Belt, le grenier à céréales des Etats Unis, sans parler des conséquences pour l’Europe.

Certains chercheurs expliquent que les archives glaciaires permettent d’estimer la fréquence des éruptions volcaniques majeures. D’après eux, il y aurait ainsi une chance sur six qu’une explosion de magnitude 7 se produise dans les 100 prochaines années. Affirmer cela, c’est vraiment parler pour ne rien dire car nous n’en savons rien! Il n’est pas du tout évident que les super éruptions répondent à un cycle. Pour preuve, il se dit que le Yellowstone est en retard dans son rythme éruptif. De toute façon, il y a de fortes chances pour que ceux qui font de telles affirmations ne soient plus de ce monde quand la catastrophe se produira et on ne pourra donc pas les accuser de s’être trompés!

Dans la dernière partie de l’article de Futura Sciences, on peut lire que le risque d’une catastrophe volcanique majeure serait plusieurs centaines de fois plus important que le risque d’une collision avec un astéroïde de 1 km de diamètre et que nous serions mieux préparés à ce deuxième type de catastrophe. Pas si sûr! Là encore, il s’agit d’une affirmation gratuite car nous n’en savons rien.

Source: Futura Sciences.

Yellowstone, Taupo, Toba, Tambora : des super éruptions ont secoué la Terre (Photos: C. Grandpey, Wikipedia)

Islande : l’éruption est officiellement terminée! // Iceland : the eruption is officially over!

L’éruption dans la Meradalir, sur la péninsule de Reykjanes, a pris fin officiellement à 4h30 le matin du 21 août 2022. Cela faisait plusieurs jours que l’on observait un déclin de l’activité qui s’accompagnait également d’une chute du tremor éruptif. Il ne devrait pas y avoir – du moins dans le court terme – d’une reprise de l’éruption. La sismicité n’indique pas la présence d’une nouvelle intrusion magmatique.

——————————————

The eruption in Meradalir, on the Reykjanes peninsula, officially ended at 4:30 am on the morning of August 21st, 2022. A decline in activity had been observed for several days. It was also accompanied by a drop in the eruptive tremor. There should not be – at least in the short term – a resumption of the eruption. Seismicity does not indicate the presence of a new magmatic intrusion.

Source: Met Office islandais

Eruption dans la Meradalir (Islande) : C’est bien la fin! // Meradalir eruption (Iceland) : This is the end!

Les scientifiques islandais ne l’ont pas annoncé officiellement, mais il est évident que l’éruption dans la Meradalir sur la péninsule de Reykjanes a tiré sa révérence. Depuis hier, aucune incandescence n’est visible au niveau du cratère actif. En ce matin du 21 août, les émissions gazeuses sont très faibles. Comme je l’ai écrit précédemment, il ne faut pas s’attendre à un sursaut d’orgueil de l’éruption. En effet, le tremor éruptif continue de décliner rapidement et la sismicité reste faible sur la péninsule. Les deux événements de magnitude supérieure à M 3,0 enregistrés au cours des dernières heures ont probablement une origine tectonique. Il se peut aussi qu’ils soient dus à des effondrements dans les conduits d’alimentation de l’éruption après le retrait du magma. Suite au prochain épisode, sur la péninsule…ou ailleurs sur l’île!

————————————-

Icelandic scientists have not announced it officially, but it is clear that the eruption in Meradalir on the Reykjanes peninsula has come to an end. Since yesterday, no incandescence has been visible at the active crater. On the morning of August 21st, the gaseous emissions are very low. As I put it before, we should not expect a new eruptive outbreak. Indeed, the eruptive tremor continues to decline rapidly and seismicity remains low on the peninsula. The two events with magnitudes greater than M 3.0 recorded in the past few hours probably have a tectonic origin. They may also be due to collapses in the eruption conduits after the retreat of magma. Let’s wait for the next episode, on the peninsula…or elsewhere on the island!

Plus rien à voir dans la Meradalir ce matin (image webcam)

Islande : le lent déclin de l’éruption // Iceland: the slow decline of the eruption

L’éruption continue de décliner dans la Meradalir ce 20 août 2022 au matin. Les projection ont disparu au niveau de la bouche active d’où s’échappe juste un panache de gaz bleutés. On ne voit pas, non plus, de coulées actives sur la champ de lave. Le tremor continue de décliner. La sismicité reste faible sur le péninsule de Reykjanes, même si un événement de M 3,2 a été enregistré à 5h45 le 20 août à une profondeur de 5,3 km. Comme je l’ai écrit précédemment, rien n’annonce un sursaut d’activité éruptive, mais rien ne dit, non plus, qu’un nouvel épisode éruptif ne sera pas observé d’ici quelques semaines. Ce n’est qu’une hypothèse car la prévision éruptive actuelle ne permet pas d’en savoir plus. Ce n’est pas très grave dans cette région de l’Islande où la population est clairsemée. En cas d’urgence, il serait facile de procéder à des évacuations.

———————————————

The eruption continues to decline in Meradalir on August 20th, 2022 in the morning. The projections have disappeared at the active vent that only emits a plume of bluish gases. One cannot see, either, active flows on the lava field. The tremor continues to decline. Seismicity remains low on the Reykjanes Peninsula, although an M 3.2 event was recorded at 5:45 a.m. on August 20th at a depth of 5.3 km. As I put it previously, nothing announces a new outbreak of eruptive activity, but a new eruptive episode might be observed within a few weeks. It is only a hypothesis because the current eruptive predictions do not allow to know more. It is not a problem in this region of Iceland where the population is sparse. In the event of an emergency, it would be easy to carry out evacuations.

Image webcam le 20 août 2022 au matin

Source: Met Office islandais