Climat : stabilité menacée // Climate : stability at risk

Les températures enregistrées en avril 2020 sont inquiétantes. Le mois se classe au deuxième rang parmi tous les autres mois d’avril depuis 1880. La NASA prévient que l’année en cours devrait être la plus chaude de tous les temps et pourrait même devancer 2016. Cela signifie que le réchauffement climatique n’est pas près de s’arrêter, même si les émissions de CO2 ralentissent actuellement avec la pandémie de COVID-19.
Un chercheur de l’Université de Lund (Suède) explique dans un récent article publié sur le site « The Conversation » que l’humanité ne connaît un climat stable que depuis peu de temps. La majeure partie de l’histoire de notre planète a été ponctuée de longues périodes glaciaires entrecoupées de courtes périodes chaudes. Les transitions entre les périodes chaudes et les épisodes froids étaient particulièrement chaotiques.
Il y a environ 10 000 ans, la Terre est brusquement entrée dans une période de stabilité climatique jamais observée auparavant. Aujourd’hui, en raison de l’augmentation constante des émissions de dioxyde de carbone et d’autres gaz à effet de serre, l’humanité est en train de mettre un terme à cette période de stabilité climatique. Les conséquences pourraient être désastreuses. La pandémie de coronavirus montre que l’économie mondiale est beaucoup plus vulnérable que nous le pensions et nous devons nous préparer de toute urgence à l’inconnu.
Au cours des dernières décennies et même des derniers siècles, la civilisation moderne a dépendu d’un climat stable. Ainsi, la moitié de la population du globe s’appuie sur la régularité des pluies de mousson pour la production alimentaire. De nombreuses plantes agricoles ont besoin de certaines variations de température pendant l’année pour produire de bonnes récoltes et la moindre anomalie climatique peut tout chambouler. Nous comptons sur les glaciers ou des sols de nos forêts pour stocker l’eau en vue de la saison sèche. Le problème, c’est que les glaciers et la banquise fondent à vue d’oeil. La fonte brutale de 600 milliards de tonnes de la calotte glaciaire du Groenland en 2019 a suffi à faire s’élever le niveau des océans de 1,5 millimètre, soit environ 40% de la hausse totale pour l’année écoulée.
Les événements météorologiques extrêmes comme les fortes pluies et les tempêtes peuvent anéantir les infrastructures dans des régions entières. Avec le changement climatique actuel, le plus grand risque est d’être confronté à des épisodes chaotiques pour lesquels l’humanité n’est pas préparée.

En 2018, une vague de chaleur et une sécheresse prolongées ont frappé une grande partie de l’Europe occidentale et septentrionale. Dans de nombreuses régions du nord de l’Europe, l’été 2019 a été plus sec et plus chaud qu’autour de la Méditerranée, avec de nombreux records de température. Favorisée par le changement climatique d’origine anthropique, une sécheresse de très grande ampleur affecte l’ouest des États-Unis. Une étude récente explique que c’est peut-être la pire des 1200 dernières années.
Comme il fallait s’y attendre, ces vagues de chaleur sévères ont déclenché des incendies de forêt comme ceux qui ont dévasté le sud-est de l’Australie. Les modèles climatiques prévoyaient une forte augmentation des incendies de végétation dans cette partie du pays, mais pas avant la fin de ce siècle. Ils ne prévoyaient pas qu’ils se produiraient dès 2020.
Sur le long terme, le GIEC a prévu que les rendements des cultures diminueraient d’environ 10% ou plus en raison du changement climatique, mais il a ignoré les invasions d’insectes à grande échelle, avec le risque de destruction de récoltes entières. Fin 2019 et début 2020, la péninsule arabique a connu un temps beaucoup plus humide que la normale, probablement en raison du réchauffement de l’océan. Cela a créé des conditions favorables à l’explosion de la population de criquets pèlerins. L’invasion ne s’est pas limitée à l’Arabie. Plusieurs centaines de milliards d’insectes ont investi l’Afrique de l’Est, notamment le Kenya où une telle invasion n’avait pas été observée depuis plus de 70 ans. Avec la saison des pluies qui vient d’arriver et les graines semées pour la prochaine campagne agricole, on redoute une deuxième vague qui serait bien pire que la première.
Il est clair aujourd’hui que les événements climatiques s’accélèrent d’une manière que les scientifiques n’avaient pas prévue. La météo est devenue tellement folle qu’il est très difficile de faire des prévisions avec les modèles climatiques. Avant de considérer le problème climatique comme celui des générations futures, nous devons commencer à nous concentrer sur notre propre sort à très court terme, demain ou l’année prochaine.
Adapté d’un article publié dans The Conversation.
https://theconversation.com/uk

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The temperatures recorded in April 2020 should send people worrying. The month ranks second among all other months of April since 1880. NASA warns us that the current year is set to be the hottest of all times and could be ahead of 2016. This means global warming is not likely to stop soon, even if CO2 emissions are currently slowing down with the COVID-19 pandemic.

A researcher at Lund University (Sweden) explained in a recent article released on the website “The Conversation” that humanity has only recently become accustomed to a stable climate. For most of its history, long ice ages punctuated with hot spells alternated with short warm periods. Transitions from cold to warm climates were especially chaotic.

Then, about 10,000 years ago, the Earth suddenly entered a period of climate stability never seen before. However, because of ever increasing emissions of carbon dioxide and other greenhouse gases, humanity is now bringing this period to an end. This loss of stability could be disastrous. The coronavirus pandemic is showing us that our modern global economy is much more vulnerable than we thought, and we should urgently become prepared for the unknown.

Over the past decades and even centuries, modern civilisation has been depending on a stable climate. Just think about it: about half of humanity depends on stable monsoon rains for food production. Many agricultural plants need certain temperature variations within a year to produce a stable crop, and heat stress can damage them greatly. We rely on glaciers or healthy forest soils to store water for the dry season. Glaciers and the icefields are melting at an incredible pace. A net loss of 600 billion tonnes from the Greenland ice sheet was enough to raise the global watermark 1.5 millimetres in 2019, about 40 percent of total sea level last year.

Extreme weather events like heavy rains and storms can wipe out the infrastructure of whole regions. With the current climate change, the biggest risk may yet come from chaotic episodes that we did not expect.

In 2018, a prolonged heat wave and drought hit much of western and northern Europe. In many parts of northern Europe, the summer 2019 was drier and hotter than in many parts of the Mediterranean, with many temperature records. Fueled by human-caused climate change, a “megadrought” appears to be emerging in the western U.S. A recent study explains that it is almost as bad or worse than any in the past 1,200 years.

Inevitably such severe heatwaves trigger wildfires like those that devastated south-east Australia. Wildfire and climate models predicted a large increase in bushfire activity in that part of the country, but they predicted this would happen towards the end of this century. The models did not foresee that megafires would strike as early as 2020.

In the long term, the IPCC predicted crop yields would decrease by around 10% or more because of climate change, but it ignored the possibility of large-scale pest outbreaks, which can wipe out entire harvests. At the end of 2019 and beginning of 2020, the Arabian Peninsula experienced much wetter weather than normal, probably because of ocean warming. This created conditions that enabled numbers of desert locusts to explode. The locust outbreaks were not limited to Arabia. A locust army, several hundred billion strong, landed in East Africa, especially in Kenya where such an invasion had not been seen for more than 70 years. With the rainy season just arrived and seeds sown for the next cropping season, it is now feared that continued breeding of the locusts will create a second wave that will be far worse than the first one.

It is clear today that things are accelerating in a way climate scientists had not anticipated. The weather has become so chaotic that it is notoriously difficult to predict with climate models. Instead of seeing the climate problem as one felt by the next generations, we need to start focusing on what could happen tomorrow, or next year.

Adapted from an article published in The Conversation.

Illustration d’un essaim de criquets dans le Brehms Tierleben, en 1884 (Source : Wikipedia)

 

Risque de tsunami en Alaska // Tsunami hazard in Alaska

Le Glacier Barry n’est pas l’un des plus connus et les plus spectaculaires en Alaska. Situé à 90 km à l’est d’Anchorage, c’est l’un des nombreux glaciers de cet Etat qui viennent vêler dans la mer. J’ai écrit plusieurs articles sur le recul du glacier Columbia dans le Prince William Sound. Ce glacier ne présente pas une réelle menace pour Valdez, un port que se trouve à proximité. En revanche, des scientifiques ont découvert que le Glacier Barry – qui finit lui aussi sa course dans le Prince William Sound – pourrait provoquer un glissement de terrain et un tsunami catastrophiques dans les prochaines décennies. Le port de Whittier, qui se trouve à proximité, pourrait être menacé.
Le changement climatique et la hausse des températures ont provoqué le recul d’une langue du Glacier Barry qui maintenait en place une portion du flanc du fjord, le Barry Arm,  sur une longueur d’environ 1,6 km. Un tiers seulement de la pente est désormais maintenu par la glace. Le risque d’un glissement de terrain est bien réel. Il pourrait être provoqué par un séisme, de fortes pluies ou une vague de chaleur faisant fondre la neige en surface. Bien que la pente soit instable depuis des décennies, les chercheurs estiment que son effondrement soudain est possible d’ici un an et, plus probablement, deux décennies. Si un tel glissement de terrain se produisait, il pourrait générer une vague avec des effets meurtriers sur les pêcheurs et les touristes.
La modélisation informatique montre qu’un effondrement du flanc du fjord  – environ 500 millions de mètres cubes de roches et de terre – pourrait provoquer un tsunami de plusieurs dizaines de mètres de hauteur à son départ. 20 minutes plus tard, lorsqu’il atteindrait Whittier à 45 kilomètres de là, le mur d’eau aurait encore une vingtaine de mètres de hauteur et il provoquerait d’importants dégâts.
Le fjord, le Barry Arm, et d’autres dans le secteur, sont fréquentés par des bateaux de tourisme et de pêche, et la région est bien connue des chasseurs. Des centaines de personnes pourraient donc être présentes au moment de l’événement catastrophique. Whittier est un point d’embarquement et de débarquement pour des milliers de passagers. Personnellement, je suis parti de Whittier pour visiter les glaciers de la région.
Les glissements de terrain générateurs de tsunamis sont rares mais se sont déjà produits en Alaska. Tout le monde se souvient du glissement de terrain du 9 juillet 1958 dans la baie de Lituya, sur la côte sud-est de l’Alaska. Un séisme avait alors fait glisser une masse de 40 millions de mètres cubes de roche sur une longueur de 600 mètres dans la baie étroite. Le tsunami avait atteint une hauteur de 510 mètres. La vague avait encore une vingtaine de mètres de hauteur lorsqu’elle a atteint l’extrémité de la baie, submergeant plusieurs bateaux de pêche et tuant deux personnes. L’Alaska est parmi les régions du monde les plus exposées aux séismes. Whittier a été durement frappé par le tsunami provoqué par le séisme de 1964 en Alaska.
Plus récemment, un glissement de terrain en 2015 dans le Taan Fjord, à l’ouest de Yakutat, a déclenché un tsunami de plus de 180 mètres de hauteur.
Les chercheurs de 14 organisations et institutions scientifiques n’ont commencé à étudier la région du Barry Arm qu’il y a environ un mois, dans le cadre d’un projet financé par la NASA dont le but est d’analyser les mouvements de masse terrestre à travers l’Arctique nord-américain. Les chercheurs expliquent également que la fonte du permafrost dans la région pourrait contribuer au risque de glissement de terrain.

Source : presse américaine.

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Barry Glacier is not one of the best known and most dramatic glaciers in Alaska. Located 90 km east of Anchorage, it is one of the numerous Alaskan glaciers that end up calving in the sea. I have written several posts about the retreat of the Columbia Glacier in the Prince William Sound. This glacier does not pose any real risk to Valdez, the nearest city. On the contrary, scientists have discovered that the Barry Glacier – which calves into Prince William Sound too – is increasing the risk of a catastrophic landslide and tsunami within a few decades. Whittier, which lies a short distance away, might be under threat.

Climate change and warming temperatures have caused the retreat of a tongue of the Barry Glacier that helps support a steep, 1.6-km-long slope along one flank of the Barry fjord. With only a third of the slope now supported by ice, a landslide could be triggered by an earthquake, prolonged heavy rain or even a heatwave that could cause extensive melting of surface snow. While the slope has been moving for decades, the researchers estimate that a sudden, huge collapse is possible within a year and likely within two decades. Should such a landslide occur, it could generate a wave with devastating effects on fishermen and tourists.

Computer modelling shows that a collapse of the entire slope – about 500 million cubic metres of rock and dirt – could cause a tsunami that would be several tens of metres high at the start. 20 minutes later, when it reached Whittier, a port at the head of another narrow fjord 45 kilometres away, the wall of water could still be about 20 metres high and cause extensive destruction.

The fjord, Barry Arm, and other nearby waters are frequently visited by tourist and fishing boats, and the surrounding land is a popular area with hunters. Hundreds of people could be in the area at the time of the disastrous event. Whittier is typically an embarkation and disembarkation point for thousands of cruise ship passengers. I personally started from Whittier to visit the glaciers of the region.

Tsunami-inducing landslides are rare but have occurred in Alaska. Everybody remembers that landslide that happened on July 9th, 1958, in Lituya Bay, on Alaska’s southeast coast, when a nearby earthquake caused 40 million cubic metres of rock to slide 600 metres into the narrow bay. The tsunami reached a maximum height of 510 metres. The wave was still about 20 metres high when it reached the end of the bay, swamping several fishing boats and killing two people. Alaska is among the most earthquake-prone areas of the planet. Whittier was heavily damaged by a tsunami during the 1964 Alaska earthquake.

More recently, a 2015 landslide at Taan Fjord, west of Yakutat, triggered a tsunami that was initially more than 180 metres high.

Researchers, from 14 organizations and institutions only began studying the Barry Arm area about a month ago, as part of a NASA-financed project to study land-mass movement across the North American Arctic.

The researchers also explain that the thawing of permafrost in the area could contribute to the landslide risk.

Source : American newspapers.

Whittier et glaciers de la région (Photos : C. Grandpey)

1,5 ou 2 degrés de hausse des températures d’ici 2030 ? Faut pas rêver !

Pendant que les présentatrices et présentateurs de la météo se réjouissent en ce moment des températures estivales alors que le printemps est loin d’être terminé, cette chaleur prématurée entraîne une fonte précoce de la glace dans l’Arctique. Selon l’Institut météorologique danois (DMI), celle du Groenland a commencé le 13 mai 2020, avec deux semaines d’avance sur la médiane habituelle. En 2019, la saison de la fonte avait déjà débuté le 30 avril. Une telle précocité inquiète les scientifiques. Le Groenland va entrer dans la saison d’ablation – quand les chutes de neige ne compensent plus la fonte, avec un rétrécissement général de la calotte glaciaire – avec un niveau de glace faible suite au peu de neige tombé pendant l’hiver

A cela s’ajoute une vague de chaleur inhabituelle en Sibérie occidentale en mai. C’est la première fois depuis une soixantaine d’années que l’on y enregistre des températures aussi élevées pour cette période de l’année.

Les scientifiques rappellent également que le réchauffement climatique fait fondre le permafrost dans l’Arctique, en particulier en Sibérie, ce qui libère d’énormes quantités de gaz à effet de serre qui, par une boucle de retour, viennent amplifier ce même réchauffement climatique. Les climatologues rappellent que les températures moyennes dans l’Arctique ont augmenté de deux degrés depuis le milieu du 19ème siècle, soit deux fois plus que la moyenne mondiale.

La fonte des glaciers au Groenland n’est pas non plus sans conséquences sur le niveau des mers et des océans. Selon le DMI, la fonte de l’Arctique a contribué à l’augmentation d’un centimètre du niveau des mers depuis 2002. Dans un rapport publié en avril 2020 dans la revue The Cryosphere, des chercheurs ont révélé qu’en 2019, la fonte au Groenland représentait 40% de l’augmentation du niveau des eaux.

S’agissant des émissions de gaz à effet de serre et en particulier du CO2, la mise à l’arrêt de l’économie du 1er janvier au 30 avril 2020 à cause de la pandémie de coronavirus a entraîné une baisse de 8,6% des émissions mondiales de CO2. En revanche, les concentrations de ce gaz n’ont pas varié d’un iota dans l’atmosphère pendant la crise sanitaire ; elles ont même continué à augmenter et atteignaient 417.10 ppm le 21 mai 2020 sur le Mauna Loa à Hawaii, selon les mesures effectuées par la Scripps Institution.

Dans une entrevue avec la radio France Info le 22 mai 2020, le climatologue Jean Jouzel, ancien vice-président du GIEC, déclarait à propos de la pause d’activité économique observée pendant la crise du COVID-19 : « Il faudra répéter une telle diminution [des émissions de CO2] chaque année d’ici 2030 pour respecter l’objectif de 1,5 ou 2 degrés pour aller ensuite vers une neutralité carbone  […] Il ne faut pas arrêter l’économie mondiale, il faut complètement la réorienter. »

Source : France Info.

Je ne partage pas l’optimisme de Jean Jouzel. Le fait que les concentrations de CO2 n’aient pas chuté pendant le confinement montre bien que la répétition d’une baisse des émissions chaque année d’ici 2030 ne sera pas suffisante pour avoir un effet sur le réchauffement du climat sur Terre. Je suis davantage d’accord avec les propos que me tenait Jean-Louis Etienne il y a quelques mois. Selon lui, si par un coup de baguette magique, nous parvenions à stopper totalement les émissions de CO2, il faudrait plusieurs décennies, voire un siècle, pour que les concentrations baissent dans l’atmosphère et pour que cette dernière retrouve un semblant d’équilibre.

Il ne faut pas se nourrir d’illusions. Une fois la crise sanitaire actuelle terminée, l’économie mondiale repartira de plus belle, avec une belle ignorance des conséquences pour l’environnement. Les dernières déclarations du président du Medef ne laissent guère de doute. Les concentrations de CO2 repartiront forcément à la hausse sur le Mauna Loa.

S’agissant des températures, les quatre premiers mois de l’année 2020 arrivent actuellement en deuxième position dans les archives des principales agences climatiques (NASA, NOAA, COPERNICUS, etc), juste derrière l’année 2016 pendant laquelle sévissait un phénomène El Niño de grande intensité. En ce moment, El Niño est neutre. Pourtant, au train où vont les choses, il est très probable que l’année 2020 sera la plus chaude de tous les temps.

Source : Scripps Institution of Oceanography

Les algues vertes de l’Antarctique // Antarctica’s green algae

Une étude effectuée par une équipe scientifique de l’Université de Cambridge et du British Antarctic Survey révèle que, alors que la température de la planète continue d’augmenter, les «algues vertes des neiges» prolifèrent sur certaines côtes de l’Antarctique.
Ces algues sont microscopiques, mais lorsqu’elles poussent en grand nombre, elles donnent à la neige une couleur verte. Les zones concernées ont pu être cartographiées à l’aide de relevés aériens et d’images satellites. En tenant compte de la relation entre les conditions météorologiques locales et les schémas de croissance des algues, les scientifiques expliquent qu’ils sont en mesure de prévoir comment le changement climatique influencera les proliférations futures. En effet, les algues vertes jouent un rôle essentiel dans la capacité du continent antarctique à capter le dioxyde de carbone de l’atmosphère par la photosynthèse.
La dernière cartographie, publiée dans la revue Nature Communications, a confirmé que les proliférations d’algues vertes sont plus fréquentes lorsque la température est supérieure à zéro degré Celsius.
Les chercheurs ont élaboré leur carte à partir d’images obtenues entre 2017 et 2019 par le satellite Sentinel 2 de l’Agence Spatiale Européenne. Ils ont ensuite complété les données satellitaires par des observations sur le terrain. Certaines des plus grandes zones de prolifération ont été détectées sur les îles le long de la côte occidentale de la Péninsule Antarctique, là où le réchauffement a été le plus prononcé au cours des dernières décennies.
En plus de la corrélation entre les proliférations d’algues vertes et les températures plus chaudes, les chercheurs ont également observé un lien entre les proliférations d’algues côtières et la présence d’oiseaux et de mammifères marins ; en effet, les excréments d’oiseaux sont riches en nutriments qui favorisent la croissance des algues. Plus de 60 pour cent des zones de prolifération d’algues vertes analysées par les scientifiques se trouvent à quelques kilomètres des colonies de manchots, et de nombreuses zones de prolifération importantes ont été identifiées à proximité des sites de nidification d’autres espèces d’oiseaux.
Alors que la hausse des températures favorisera probablement une plus grande prolifération d’algues vertes dans la majeure partie de l’Antarctique, le changement climatique entraînera aussi une perte de neige estivale sur certaines îles les plus basses, les privant ainsi de la couleur verte due à la prolifération des algues. Un chercheur a expliqué qu’au fur et à mesure que l’Antarctique se réchauffera, il est probable que la surface globale recouverte par les algues verte augmentera. En effet, la propagation des algues vers des sols plus élevés compensera largement la perte sur les petites îles.
Les chercheurs font remarquer que des proliférations plus importantes d’algues vertes pourraient permettre l’absorption du dioxyde de carbone de l’air. De la même façon que les plantes, les algues microscopiques captent le CO2 et émettent de l’oxygène dans le cadre du processus de photosynthèse.
Source: Accuweather.

Vous pouvez lire l’étude complète en cliquant sur ce lien:
https://www.nature.com/articles/s41467-020-16018-w

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Research by a team of scientists from the University of Cambridge and the British Antarctic Survey reveals that as global temperatures continue to rise, “green snow algae” is likely to become more abundant across Antarctica’s coast.

Each individual algae is microscopic, but when they grow profusely, they stain the snow green. The blooms can be mapped using aerial surveys and satellite images. By tracking links between local weather conditions and green snow growth patterns, scientists say they can predict how climate change will influence future blooms. Indeed, snow algae are a key component of the continent’s ability to capture carbon dioxide from the atmosphere through photosynthesis.

The latest mapping, released in the journal Nature Communications, confirmed green snow algae blooms are most frequently found when temperatures are above zero degrees Celsius.

Researchers created their map using images captured between 2017 and 2019 by the European Space Agency’s Sentinel 2 satellite. Next, they supplemented the satellite data with on-the-ground field observations. Some of the largest patches of green were found on islands along the west coast of the Antarctica Peninsula, where warming has been most pronounced over the last several decades.

In addition to the correlation between green snow blooms and warmer temperatures, the researchers also found a link between coastal algae blooms and the presence of marine birds and mammals, as bird excrement is rich in nutrients that fuel algae growth. More than 60 percent of the green snow blooms analyzed by scientists were found within a few kilometres of penguin colonies, and many other large blooms were identified near the nesting sites of other bird species.

While warming temperatures are likely to encourage larger green snow algae blooms across most of the Antarctic, climate change is likely to leave at least some low-lying islands without summertime snow cover, robbing the islands of their green snow blooms. A researcher has explained that as Antarctica warms, it is likely the overall mass of snow algae will increase, as the spread to higher ground will significantly outweigh the loss of small island patches of algae.

Larger green snow algae blooms could help pull carbon dioxide from the air. Like plants, microscopic algae capture CO2 and emit oxygen as part of the photosynthesis process.

Source: Accuweather.

You can read the full study by clicking on this link :

https://www.nature.com/articles/s41467-020-16018-w

Aperçu des zones de prolifération d’algues vertes, identifiées dans la Péninsule Antarctique à l’aide d’images satellitaires et de données au sol.

Source: Nature Communications