Pyrénées : glaciers en péril, marmottes en souffrance

Un cliché pris le 6 août 2020 et visible sur le site Météo Pyrénées montre que le glacier des Gourgs Blancs – dans le Luchonnais – a totalement disparu de la chaîne pyrénéenne, victime des dernières fortes chaleurs liées au réchauffement climatique. D’autres sont en passe de subir le même sort.

C’est un guide de montagne qui a pris le cliché. Le site est difficilement accessible, donc on ne peut pas dire si la disparition du glacier a eu lieu en 2022 ou en 2021, mais les faits sont là : il n’y a plus de glacier des Gourgs Blancs.

Comme ce glacier, de nombreux sites des Pyrénées sont directement touchés par le réchauffement climatique. J’ai récemment mentionné le glacier des Oulettes qui est en grande souffrance, lui aussi. Dans le Luchonnais, on surveille aussi le glacier du Seil de la Baque, dont il ne reste plus grand chose, alors que c’était l’un des plus grands du massif pyrénéen au 19ème siècle.

D’une manière générale, tous les glaciers sont en train de disparaître. Pas de pluie et des températures en hausse; tout est réuni pour que les glaciers fondent…

En haut le glacier des Gourgs Blancs au début du 20ème siècle. En bas une photo prise le 6 août 2022 (Source: Météo Pyrénées)

°°°°°°°°°°

Il n’y a pas que les glaciers qui souffrent de la chaleur dans les Pyrénées. La faune éprouve, elle aussi, des difficultés à s’adapter à la hausse rapide des températures. Les naturalistes ont en particulier remarqué que la population de marmottes commence à se réduire en raison du réchauffement climatique.

Dans la vallée d’Ossau, une équipe de naturalistes procède chaque année à un décompte et a constaté l’effet du changement climatique sur ces rongeurs. Un scientifique explique qu’en 2022, sur quinze terriers étudiés, seuls trois ont eu une reproduction effective, ce qui est assez faible.

Depuis 2016 le taux de reproduction des marmottes est en baisse dans les Pyrénées. D’une manière plus globale, on constate une tendance à la baisse des espèces de haute altitude, avec un impact inévitable sur toute la biodiversité.

Sur cinq espèces suivies dans la vallée d’Ossau, toutes sont déjà impactées par le réchauffement climatique. Selon les biologistes, dans les prochaines années la montagne va changer, des espèces vont apparaître, d’autres vont disparaître, là où certaines s’adapteront.

Photo: C. Grandpey

 

Ça gronde à Stromboli (Sicile) !

Un orage le 11 août 2022 au soir a causé un spectacle de désolation sur l’île de Stromboli. Des rues et des maisons ont été inondées, des cyclomoteurs immergés dans parfois un mètre de boue. De gros rochers se sont également détachés du Stromboli et ont dévalé la pente. Certaines personnes ont été évacuées tandis que les volontaires de la Protection civile et les pompiers travaillaient sans relâche pour nettoyer les maisons et les rues envahies par la boue.
La colère monte parmi les habitants de Stromboli. Ils pointent du doigt l’échec de la mise en sécurité de la montagne après l’incendie qui s’est déclaré il y a trois mois lors du tournage d’une fiction. Le feu a détruit la végétation et mis en danger la stabilité du terrain. Pour la population de Stromboli, il s’agit d’une catastrophe annoncée. Rien n’a été fait depuis l’incendie, malgré les demandes faites auprès des autorités compétentes. Aucune réponse n’est arrivée à Stromboli, que ce soit verbalement ou par écrit. De plus, les auteurs potentiels de l’incendie – autrement dit la RAI – n’ont pas été inquiétés à ce jour
Des volontaires de la Protection civile, des carabiniers et des habitants de l’île ont travaillé dès les premières lueurs de l’aube le 12 août pour tenter de nettoyer les rues et les maisons envahies par la boue. À Stromboli, il n’y a pas de caserne des pompiers. Lors de l’incendie du mois de mai, la population a dû en grande partie se débrouiller seule pour éteindre les flammes. Les débris de l’incendie, qui n’ont jamais été enlevés, se sont retrouvés dans les rues et dans les maisons. Pour les habitants, c’est une catastrophe qui aurait pu et aurait dû être évitée. Ils se sentent abandonnés par les autorités.
Le directeur général de la Protection civile sicilienne est arrivé à Stromboli en hélicoptère pour une inspection de l’île et une réunion avec le commandement opérationnel avancé. Tout le système de protection civile a été activé; des renforts ont été envoyés, mais il faudrait des outils qu’on ne trouve plus sur l’île : des pelles, des balais et des pelles à donner aux habitants. Au moins une centaine de volontaires sont nécessaires pour évacuer la boue des maisons et des rues.

La catastrophe servira-t-elle de leçon? Pas sûr!

Source: presse sicilienne.

Stromboli après l’incendie du mois de mai (Crédit photo: presse italienne)

Islande : la lave va-t-elle déborder et atteindre une route? // Iceland : will lava overflow and reach a road?

Nous ne sommes pas encore en mesure de prévoir les éruptions et il semble que nous ne soyons pas non plus en mesure de prévoir la trajectoire que peut emprunter une coulée de lave. Comme je l’ai déjà écrit, la lave dans la Meradalir menace de déborder dans une vallée adjacente et d’atteindre la Suðurstrandavegur, la Route 427 qui longe la côte sud de la péninsule de Reykjanes entre Grindavík et Ölfus.
Les scientifiques islandais expliquent que la lave n’a pas encore commencé à déborder de la vallée de Meradalir, mais ce n’est qu’une question de temps. Elle se trouve actuellement au niveau d’un col – le Meradalaskarð – où elle atteint huit mètres d’épaisseur. Il suffirait d’un mètre de plus pour qu’elle déborde dans la vallée. Le 10 août 2022, les scientifiques ont estimé qu’un tel événement pourrait se produire en quelques heures, mais jusqu’à présent, le niveau de la lave a augmenté plus lentement que prévu.
Ce qui intrigue les scientifiques, c’est que la lave a décidé de couler dans d’autres directions depuis qu’elle s’est rapprochée du col. Ils sont forcés d’admettre que « la façon dont la lave s’écoule est aléatoire ». Des langues se détachent du lac de lave formé à la source, et le 11 août, la lave s’écoulait principalement dans le voisinage immédiat du cratère, vers l’ouest et le nord. En conséquence, les scientifiques ne sont pas en mesure de dire si la lave débordera de la vallée « demain ou dans une semaine ».
Par mesure de précaution, le Département de Protection civile construira probablement des barrages pour essayer d’empêcher la lave d’atteindre la Route 427. De tels barrages ne sont que des mesures temporaires, mais de tels obstacles sur le chemin de la lave ont connu un certain succès en 2021 lors de la précédente éruption.
Source : médias d’information islandais.

—————————————-

We are not yet able to predict eruptions and it looks as if we are not able either to predict the route a lava flow can take. As I put it before, lava in Meradalir threatens to overflow in a valley and reach Suðurstrandavegur, a road that runs along the south coast of the Reykjanes peninsula between the municipalities of Grindavík and Ölfus.

Local scientists say that lava has yet to start flowing out of the Meradalir valley, but it is just a matter of time. Lava is currently at a mountain pass called Meradalaskarð where it has reached a height of eight metres. Should it rise a metre or higher, it will overflow the valley. On August 10th, 2022, scientists estimated that this could happen over the course of a few hours, but so far, the lava level has been rising slower than anticipated.

What puzzles the scientists is that the lava has been flowing in other directions since it got close to the pass. Scientists need to admit that « the way the lava flows is random ». Tongues are breaking off from the lake of lava at the source and on August 11th the lava was mostly flowing in the immediate vicinity of the crater, mostly to the west and the north. As a consequence, it is not possible for scientists to say whether the lava will overflow the valley “tomorrow or in a week

As a precaution, the Department of Civil Protection will likely build deflecting dams to prevent lava from flowing onto Rte. 427. Such dams are only temporary measures, but experiments erecting these barriers in the path of oncoming lava were successful in 2021 during the previous eruption.

Source: Icelandic news media.

Digue érigée lors de l’éruption de 2021 (Photo: C. Grandpey)

La banquise antarctique à son minimum // The Antarctic sea ice at its minimum

Le service européen sur le changement climatique Copernicus nous apprend que la banquise de l’Antarctique a atteint au mois de juillet 2022 sa plus petite surface jamais enregistrée pour un mois de juillet en 44 ans de relevés satellitaires. Cette information ne fait que confirmer une année déjà alarmante

Grâce aux satellites, les scientifiques disposent depuis 1979 de mesures très précises des étendues des banquises des pôles nord et sud grâce. La banquise est la glace qui flotte à la surface de l’océan; sa fonte ne fait donc pas monter le niveau de la mer, mais elle contribue indirectement au réchauffement climatique, car l’océan découvert absorbe plus de chaleur par absence de l’albédo. .

En Arctique comme en Antarctique, la banquise fond l’été et se reforme l’hiver. A long terme, la fonte est rapide au Groenland et dans l’Arctique, mais à l’inverse, dans l’Antarctique, la tendance était jusqu’à présent modestement à la hausse, malgré des variations annuelles et régionales importantes.

La banquise antarctique ne s’est reformée en juillet, qui est l’hiver dans l’hémisphère sud, que sur 15,3 millions de kilomètres carrés en moyenne, soit 1,1 million de km2 de moins (soit 7%) que la moyenne pour ce mois entre 1991 et 2020,.

A la fin de l’été austral, en février, la banquise avait rétréci à son plus bas historique, ce qui avait affolé les scientifiques. Elle était 30% plus petite que la moyenne sur trois décennies entre 1981 et 2010. Depuis février, elle est restée inférieure aux moyennes de saison. En juin déjà, elle avait atteint son plus bas historique pour le mois. D’après Copernicus, ces variations brutales montrent que la compréhension du phénomène de réchauffement climatique dans cette région du monde est aujourd’hui encore imparfaite.

Dans l’Arctique, la situation n’est pas meilleure puisque la banquise y affiche une superficie inférieure de 4% à la moyenne en juillet. Il s’agit de la 12ème plus faible étendue jamais enregistrée pour ce mois. Comme en Antarctique, la fonte de cette glace ne fait pas monter le niveau de la mer, mais elle contribue indirectement au réchauffement climatique, car l’océan découvert absorbe plus de chaleur.

L’année 2022 est en train d’enregistrer de tristes records climatiques. Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), le mois de juillet a notamment été l’un des trois plus chauds jamais enregistrés dans le monde.

Source: médias d’information internationaux.

——————————————-

The European climate change service Copernicus informs us that the Antarctic sea ice reached in July 2022 its smallest area ever recorded for a month of July in 44 years of satellite data
Thanks to satellites, scientists have collected very precise measurements since 1979 of the extent of the sea ice at the North and South Poles. Sea ice is the ice that floats on the surface of the ocean; its melting therefore does not raise the sea level, but it contributes indirectly to global warming, because the open ocean absorbs more heat due to the absence of albedo. .
In the Arctic as in Antarctica, sea ice melts in summer and re-forms in winter. In the long term, melting is rapid in Greenland and the Arctic, but conversely, in Antarctica, the trend has so far been modestly increasing, despite significant annual and regional variations.
The Antarctic sea ice reformed in July, which is winter in the southern hemisphere, only over 15.3 million square kilometers on average, or 1.1 million km2 (or 7%) less than the average for this month between 1991 and 2020,.
At the end of the austral summer, in February, the ice sheet had shrunk to its historic low, which had panicked scientists. It was 30% smaller than the three-decade average between 1981 and 2010. Since February, it has remained below seasonal averages. Already in June, it had reached its all-time low for the month. According to Copernicus, these brutal variations show that the understanding of the phenomenon of global warming in this region of the world is still imperfect today.

In the Arctic, the situation is no better since the sea ice shows an area 4% lower than the average in July. This is the 12th lowest extent on record for this month. As in Antarctica, the melting of this ice does not raise sea levels, but it indirectly contributes to global warming, as the open ocean absorbs more heat.

The year 2022 is setting sad climatic records. According to the World Meteorological Organization (WMO), the month of July was notably one of the three hottest on record in the world.
Source: international news media.

 

Anomalie de la température de l’air en surface pour le mois de juillet 2022