Quelques nouvelles d’Islande // Some news from Iceland

Un séisme de M 4,6 a été enregistré sous le glacier Langjökull dans la soirée du 23 juin 2022. Il a été ressenti dans toute la partie ouest de l’Islande. Une série de répliques a suivi l’événement principal. Le Met Office islandais a localisé la source à 3,7 km de profondeur. Aucun séisme de cette magnitude n’avait été enregistré dans la région depuis 2015, mais un événement supérieur à M 4,0 a été enregistré sur le Geitlandsjökull le 10 décembre de cette même année.
Les séismes atteignent rarement cette magnitude dans la région du Langjökull, bien qu’il existe une certaine activité.
Il semble le séisme soit purement tectonique. La dernière éruption dans la région du Langjökull remonte à 1600 avant J.C.
Source : Iceland Monitor.

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L’administration islandaise des routes et du littoral a ouvert la route du Landmannalaugar via Sigalda le 23 juin 2022, rendant à nouveau accessible pour l’été le célèbre itinéraire de randonnée de Laugavegur. L’autre point d’accès au Landmannalaugar sera probablement ouvert aux véhicules 4×4 ce week-end.
Même si les pistes ont été ouvertes pour l’été, les conducteurs doivent toujours prendre des précautions lorsqu’ils empruntent les pistes F islandaises et consulter les cartes de l’état des routes de l’IRCA avant de partir.
La Kjölur a été la première des routes des hautes terres à ouvrir cet été, le 10 juin, suivie peu de temps après par la Kaldadalsvegur.

La Sprengisandur a encore beaucoup de neige et ne sera probablement pas ouverte avant juillet.
Source : Iceland Review.

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An M 4.6 earthquake was recorded under Langjökull glacier in the evening of June 23rd, 2022. It was felt in all of the western part of Iceland. A series of aftershocks followed the main event. The Icelandic Met Office reported that the source of the earthquake was 3.7 km deep. No earthquakes of this magnitude have been in the area since 2015, but an earthquake above M 4.0 was irecorded at Geitlandsjökull on December 10th that year.

Earthquakes rarely reach this magnitude in the Langjökull area, although there is some activity felt.

It loonks as if the earthquake was purely tectonic. The last eruption in the Langjökull area dates back to 1600 BC.

Source: Iceland Monitor.

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The Icelandic Road and Coastal Administration opened the road to Landmannalaugar via Sigalda on June 23rd, 2022, making the popular Laugavegur hiking route accessible for the summer. The other point of access to Landmannalaugar will likely be open to 4×4 vehicles by the weekend.

Even if the roads have been opened for the summer, prospective drivers should still take precautions when driving Iceland’s F-roads and consult IRCA’s road condition maps before driving.

The Kjölur route was the first of the highland roads to open this summer, on June 10th, with Kaldadalsvegur soon after. The Sprengisandur route still has copious amounts of snow and likely won’t open until July.

Source: Iceland Review.

Carte de l’état des pistes islandaises: https://www.vegagerdin.is/media/umferd-og-faerd/Halendi.gif

Les Islandais vont-ils faire le pont ? // Will Icelanders build a bridge ?

Alors que l’on craignait que l’éruption dans la Geldingadalur prenne fin, un ingénieur islandais a suggéré un moyen de mettre la route côtière – Suðurstrandarvegur – à l’abri de l’éruption. Avec d’autres ingénieurs, il a soumis, dans la cadre de la protection civile, un projet de pont sur Suðurstrandarvegur (voir schéma ci-dessous).

Le projet serait simple et facile à mettre en œuvre. La construction de ce pont permettrait à la lave de s’écouler au-dessus de la route et de prendre la direction de la mer. De plus, des rampes de guidage le long de la route côtière canaliseraient la lave vers le pont pour qu’elle passe au-dessus de la route.

Le projet présenterait de nombreux avantages. A supposer que l’éruption dure plusieurs années, Suðurstrandarvegur pourrait rester ouverte. Les conduites d’eau, l’électricité et les câbles à fibres optiques, que l’on craignait voir disparaître, seraient épargnés par la lave. Par ailleurs, les ingénieurs précisent qu’il est peu probable que la pression exercée par la lave emporte le pont.

Source : Reykjavik Grapevine.

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While it was feared the eruption in Geldingadalur might come to an end, an Icelandic engineer suggested a way to save the costal road – Suðurstrandarvegur – from the eruption. Together with other engineers, he submitted a proposal on the basis of civil protection, for a bridge to be built over Suðurstrandarvegur (see below).

The plan would be simple and easy to implement. With the construction of this bridge, the structure would allow for a passage of flowing lava over the road and towards the sea. Additionally, there would be guidance ramps alongside the coastal road channeling the lava towards the bridge and over the road.

There would be many benefits with the plan. Even if the eruption is lasted for years, Suðurstrandarvegur could stay open. It would also provide a safe area for water pipes, electricity, and the fiber optic cables that have been of concern. Moreover, the engineers explain that it is unlikely that the lava would take the bridge with it.

Source : Reykjavik Grapevine.

Le schéma proposé comporte – du bas vers le haut – une structure en béton et en acier sur laquelle repose la lave plus ancienne (en jaune) et, au dessus, l’épaisseur possible de nouvelle lave (en rouge) [Source : Visir]

Islande : Ísólfsskáli sous la menace de la lave// Iceland : Ísólfsskáli under the threat of lava

L’éruption continue dans la Geldingadalur où le cratère actif laisse échapper des flots de lave. Elle coule en surface ou dans des tunnels et agrandit jour après jour le champ de lave qui recouvre la région. Personne ne sait combien de temps l’éruption va durer. Des semaines? Des mois? Des années? Il est toutefois fort improbable qu’elle s’arrête à court terme. En conséquence, il est à craindre que la lave coupe Suðurstrandarvegur, la route côtière, et continue d’avancer vers la mer.

Sur son chemin, la rivière incandescente détruira probablement la ferme d’Ísólfsskáli où les propriétaires ont engagé une course contre la montre afin de sauver ce qui leur est le plus cher sur leur propriété. Ísólfsskáli se trouve à seulement deux kilomètres au sud du cratère actif dans la Geldingadalur. Selon la modélisation de la coulée de lave établie par le Met Office islandais (voir ci-dessous), si l’éruption se poursuit, la lave finira par atteindre Suðurstrandarvegur et Ísólfsskáli. La ferme d’Ísólfsskáli est en danger, mais des vestiges archéologiques qui se trouvent sur la propriété sont menacés eux aussi et les archéologues tentent de les cartographier avant qu’il ne soit trop tard (voir ma note précédente).

Source : Reykjavik Grapevine.

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The eruption is Geldingadalur continues with lava emerging from the active crater. It is flowing on the surface or in tunnels and extending day after day the lava faield covering the region. Nobody knows how long the eruption might last. Weeks? Months? Years? However, it is highly unlikely that it will stop in the short term. As a consequence, it is feared that lava will cut Suðurstrandarvegur, the coastal road, and keep flowing toward the sea.

On its way, the incandescent river will probably destroy the Ísólfsskáli farm where the landowners are fighting against time in order to save valuables from their property. Ísólfsskáli is only two kilomet res south of the Geldingadalur crater. The Icelandic Met Office’s new lava flow model (see belox)assumes that the lava will eventually reach Suðurstrandarvegur and Ísólfsskáli if the eruption continues.

Not only the property of Ísólfsskáli is endangered, as archeological relics are as well on the property and archeologists are trying to map it out before it’s too late (see my previous post).

Source: Reykjavik Grapevine.

La modélisation de la coulée de lave prévoit deux scénarios : un volume de 3,1 km3 de lave (en orange) et un volume de 29,3 km3 de lave (en rouge). (Source : Met Office islandais)

La fonte du permafrost menace l’accès au Parc National du Denali (Alaska) // Permafrost thawing threatens access to Denali National Park

 À l’approche de la saison touristique estivale en Alaska, la route qui traverse le Parc National du Denali inquiète les autorités. La Denali Park Road (147 kilomètres) est le seul moyen de pénétrer dans le parc. Les voitures particulières ne sont pas autorisées au-delà de la borne indiquant le Mile 15, et chaque année des centaines de milliers de visiteurs montent à bord d’autobus privés pour visiter le parc. Par exemple, en 2017, le Parc National du Denali a enregistré plus de 600 000 visites et les touristes ont dépensé 632 millions de dollars.
Le National Park Service a l’intention d’ouvrir la route début juin. Le problème, c’est que des évolutions spectaculaires du relief l’exposent de plus en plus souvent aux glissements de terrain. Les services du parc ont fermé plusieurs fois la route l’été dernier pendant de fortes pluies, avec des chutes de pierres et des coulées de boue. Au mois d’août, quelque 300 personnes et 17 bus sont restés bloqués pendant plusieurs heures au beau milieu du parcours. En décembre, les autorités ont averti qu’une fermeture partielle de la route pourrait être décidée en 2020. Une fermeture de la route du Denali sur une longue période pendant la saison touristique doit absolument être évitée car cela aurait un effet désastreux sur les activités commerciales en l’Alaska.

L’un des principaux problèmes à résoudre concerne l’instabilité du flanc de la montagne le long de la route vers la moitié du trajet. Les derniers relevés effectués par le National Park Service ont révélé que depuis le mois de septembre 2019, le glissement de terrain s’est considérablement accéléré. La cause du phénomène est le dégel du permafrost en raison des températures de plus en plus élevées en Alaska. En conséquence, la route s’est affaissée de près de 5 centimètres chaque jour depuis le mois d’août de l’année dernière. Le sol riche en argile au-dessus du pergélisol peut glisser plus facilement en période de pluie.
Plusieurs solutions sont proposées pour réparer la route, notamment la déviation d’une portion ou la construction d’un pont au-dessus des zones instables. Il a été jugé inconcevable de creuser des tunnels sous la zone du glissement de terrain ou d’édifier des structures pour contrer le glissement de terrain.
J’ai voyagé à deux reprises sur la Denali Park Road et j’ai eu beaucoup de chance car le temps était beau. La route offre des vues spectaculaires sur le Denali, la plus haute montagne d’Amérique du Nord. Pendant le voyage, on peut généralement voir des moutons de Dall, des ours et d’autres animaux comme des élans ou des rennes.
Source: Anchorage Daily News, Service des parcs nationaux.

L’ouverture du Parc National du Denali reste bien sûr conditionnée à l’évolution du coronavirus aux Etats Unis.

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As the summer tourism season approaches in Alaska, there is anxiety around the fate of the road that runs through Denali National Park. The Denali Park Road is the only way to drive into the park. Private vehicles are restricted along the 147- kilometre road past Mile 15, but hundreds of thousands of visitors each year rely on buses run by commercial operators to take them into the park. In 2017, Denali saw more than 600,000 visits, and visitors spent $632 million.

The National Park Service says it intends to open the entire road by early June. The problem is that dramatic changes are making the road increasingly vulnerable to landslides. The park service closed parts of the road multiple times last summer amid heavy rains, rockfall and mudslides, including an incident in August that left around 300 people and 17 buses stranded for a few hours about halfway down the road. In December, the park service issued a warning about the possibility of a partial closure in 2020. A long-term road closure during the summer tourism season the Denali road must absolutely be avoided because it would have a disastrous cascade effect on businesses throughout Alaska.

A slowly advancing slide near the road’s halfway point is one of many areas along the road that is unstable. Recent National Park Service surveys found that since September 2019, the speed of the landslide has increased dramatically: The cause of the phenomenon is the thawing of permafrost because of higher and higher temperatures in Alaska. As a consequence, the road was slumping nearly 5 centimetres every day after August last year. The clay-rich soil that sits at an incline on top of thawing permafrost can slide when it gets wet.

There are multiple solutions proposed for fixing the road, including rerouting a segment or building a bridge across the unstable areas. Tunneling below the landslide or building up supports against landslides was deemed unfeasible.

I travelled twice along the Denali Park Road and was very lucky because the weather was fine. The park offered dramatic views of Denali, North America’s tallest mountain. During the trip, you can usually see Dall sheep, bears and other animals like moose or reindeer.

Source : Anchorage Daily News, National Park Service.

The opening of Denali National Park will necessarily depend on the evolution of COVID-19 in the United States.

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La route avance dans l’immensité du Parc, avec le Denali en toile de fond…

La toundra est omniprésente…

Au détour d’une courbe, le géant apparaît dans toute sa majesté…

La faune est abondante… Ici un renard…

Là des moutons de Daal…

…un élan…

…des rennes…

…ou un ours en train de se gaver de baies dans la toundra.

Photos: C. Grandpey