Pérou : Juanita retrouve un visage // Peru: Juanita finds a face

Dans la région d’Arequipa au Pérou, le volcan Sabancaya culmine à 5967 mètres d’altitude et a connu plusieurs phases éruptives pendant la période historique.

 

Le Sabancaya et son voisin le Mont Ampato (Crédit photo : Wikipedia)

Plus près de nous, le Sabancaya est entré en éruption le 28 mai 1990. Au fil des jours, des explosions vulcaniennes de plus en plus violentes ont généré des panaches de cendre atteignant 7 ou 8 kilomètres de hauteur, avec des retombées jusqu’à 20 kilomètres de distance. Elles ont incité de nombreux villageois à fuir les pentes du volcan.

Les 23 et 24 juillet 1991, un essaim sismique a donné naissance à plusieurs lahars qui ont submergé quatre villages. Les secousses ont fait s’effondrer des maisons. La presse a fait état de 20 morts, 80 blessés et 3000 personnes qui ont perdu leurs habitations.

De nouvelles explosions se sont produites le 5 et le 7 mars 1994, avec des panaches de cendre de 3 kilomètres de hauteur. L’éruption s’est poursuivie avec des variations d’intensité jusqu’aux alentours du mois de septembre 1998.

 

L’éruption du Sabancaya en juin 1990 (Crédit photo : Smithsonian Institution)

Cette éruption du Sabancaya a eu une conséquence inattendue. La cendre du volcan a fait fondre la glace qui recouvrait le Mont Ampato voisin et exposé une momie inca, Juanita, découverte en 1996 par une équipe d’archéologues. Enveloppée d’un beau châle de laine alpaga, elle a reposé pendant cinq siècles sur la montagne, à 6300 mètres d’altitude, et y serait restée encore longtemps si l’éruption du Sabancaya n’avait pas trahi la présence de sa tombe. Son corps parfaitement conservé a été protégé des bactéries et autres champignons par son enveloppe de glace.

 

Juanita (Source : WikiCommons)

On pense que la jeune fille, âgée de 12-14 ans à l’époque, a été victime de la Capacocha, cérémonie pendant laquelle les Incas sacrifiaient des enfants aux dieux de la montagne car ils étaient persuadés que le Mont Ampato les approvisionnait en eau tout en les protégeant des avalanches et des tremblements de terre. Un tel sacrifice était un honneur pour un Inca, comme semble le montrer le visage apaisé de la jeune fille qui était agenouillée, tenant son châle d’une main, quand elle a été découverte. Elle était entourée d’offrandes telles que des poteries, de petits sacs de maïs et quelques figurines en or et en argent. Objet d’examens à l’aide de matériel de haute technologie, elle repose désormais au musée d’Arequipa.

Source : Killer Volcanoes. Claude Grandpey. Cégé Editions. 2013)

La découverte de la momie prend une nouvelle tournure aujourd’hui. Un article paru dans le National Geographic en octobre 2023 nous apprend que grâce à une analyse archéologique et à un travail de reconstitution médico-légal minutieux, le visage de Juanita a retrouvé ses traits. Le buste saisissant de la jeune femme constitue la pièce maîtresse d’une exposition présentée au Pérou et est l’objet d’un projet dont le but est de comprendre le drame du sacrifice humain perpétré dans les Andes il y a un demi-millénaire.

Oscar Nilsson, un archéologue et sculpteur suédois, a été capable d’extrapoler la profondeur probable du tissu facial qui recouvrait autrefois le crâne de la jeune fille grâce à une multitude d’outils (scanners, analyse d’ADN, informations sur l’alimentation et les maladies) qui lui permettent de déduire le visage d’un individu.

Puis Oscar Nilsson a imprimé une réplique en 3D du crâne de Juanita et a inséré des patères en bois à sa surface afin de guider la profondeur et le placement de chacun des muscles, faits à la main à partir d’argile modelable. Ajoutés un à un, les yeux, le nez, les tissus fragiles à la texture de corde ont formé un visage humain.

Après avoir réalisé un moule en silicone du buste, il a ajouté des centaines de cheveux et de pores individuels tout en nuances de brun et de rose. Tout cela a pris dix semaines. Le résultat, habillé de robes tissées par des Péruviennes du Centre des textiles traditionnels, constitue l’attraction principale de l’exposition « Capacocha : dans les pas des dieux incas » qui se tient jusqu’au 18 novembre au Musée des sanctuaires andins, à Arequipa.

La reconstitution sera exposée à côté de la momie de Juanita et sera accompagnée des histoires de quinze autres enfants choisis pour le rituel du capacocha et sacrifiés au sommet de l’Ampato ou d’autres pics andins.

En effectuant des analyses toxicologiques et médico-légales sur les restes d’un bébé et de quatre victimes âgées de six à sept ans présentées dans l’exposition, les scientifiques ont découvert qu’elles avaient été particulièrement choyées dans les mois précédant leur sacrifice et qu’elles avaient bénéficié d’un régime alimentaire composé de feuilles de coca, de vignes d’ayahuasca et d’alcool dans les semaines qui ont précédé leur mort ; c’était moins pour les intoxiquer que pour faire en sorte que ces jeunes enfants restent calmes et n’éprouvent pas d’anxiété alors que le moment du sacrifice approchait à grands pas.

Source : National Geographic.

 Juanita, la Fille des glaces d’Ampato, telle que reconstituée par l’archéologue et sculpteur Oscar Nilsson. (Musée des sanctuaires andins à Arequipa)

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In the Arequipa region of Peru, the Sabancaya volcano peaks at 5967 meters above sea level and has experienced several eruptive phases during the historical period.
Closer to us, Sabancaya erupted on May 28th, 1990. Over the days, increasingly violent Vulcanian explosions generated plumes of ash reaching 7 or 8 kilometers in height, with ashfall as far as 20 kilometers away. It prompted many villagers to flee the slopes of the volcano.
On July 23rd and 24th, 1991, a seismic swarm caused several lahars which submerged four villages. The tremors caused houses to collapse. The press reported 20 dead, 80 injured and 3,000 people who lost their homes.
New explosions occurred on March 5th and 7th, 1994, with ash plumes 3 kilometers high. The eruption continued with variations in intensity until around September 1998.

This Sabancaya eruption had an unexpected consequence. Ash from the volcano melted the ice that covered nearby Mount Ampato and exposed an Inca mummy, Juanita, discovered in 1996 by a team of archaeologists. Wrapped in a beautiful alpaca wool shawl, she rested for five centuries on the mountain, at an altitude of 6,300 meters, and would have remained there for a long time if the eruption of Sabancaya had not betrayed the presence of her tomb. Its perfectly preserved body was protected from bacteria and other fungi by its covering of ice.
It is believed that the young girl, aged 12-14 at the time, was a victim of the Capacocha, a ceremony during which the Incas sacrificed children to the mountain gods because they were convinced that Mount Ampato supplied them with water while protecting them from avalanches and earthquakes. Such a sacrifice was an honor for an Inca, as seems to be shown by the peaceful face of the young girl who was kneeling, holding her shawl in one hand, when she was discovered. She was surrounded by offerings such as pottery, small bags of corn and some gold and silver figurines. Subject to examination using high-tech equipment, it now rests in the Arequipa museum.
Source: Killer Volcanoes. Claude Grandpey. Cégé Editions. 2013)

The discovery of the mummy takes a new turn today. An article published in National Geographic in October 2023 tells us that thanks to an archaeological analysis and meticulous forensic reconstruction work, Juanita’s face has regained its features. The striking bust of the young woman forms the centerpiece of an exhibition presented in Peru and is the subject of a project whose aim is to understand the drama of human sacrifice perpetrated in the Andes half a millennium ago.

Oscar Nilsson, a Swedish archaeologist and sculptor, was able to extrapolate the likely depth of the facial tissue that once draped Juanita’s skull—using everything from CT scans to information about diet and disease—to make educated guesses about her face. Then he printed a 3D replica of Juanita’s skull, plugging wooden pegs onto its surface to guide the depth and placement of each muscle. Eyes, a nose, the tissues that constitute a human face were added in turn. After using a mold to make a silicone bust, he added hundreds of individual hairs and pores in shades of brown and pink. The work took 10 weeks. The resulting sculpture, wrapped in robes woven by women from Peru’s Centro de Textiles Tradicionales del Cusco, is the main attraction of “Capacocha: Following the Inca Gods,” which opened in November 2023 at the Museo Santuarios Andinos in Arequipa.

The reconstruction will beaccompanied by the stories of 18 additional children selected for capacocha atop Ampato and other Andean mountains.

When conducting toxicological and forensic analyses of the remains of a toddler and four six- to seven-year-old victims of capacocha, the researchers found that they were well nourished in the months before their sacrifice. They were also fed coca leaves, ayahuasca vine, and alcohol in the weeks before their deaths. It was not so much to intoxicate them as to keep them sedated and anxiety free in the moments preceding their sacrifice.

Source : National Geographic.

Contre la pénurie d’eau douce, recours au dessalement de l’eau de mer ! // Against fresh water shortage, just desalinate sea water !

J’ai alerté à plusieurs reprises sur ce blog sur les effets que pourrait avoir la fonte des glaciers sur l’alimentation en eau de nombreuses régions du monde. La plus vaste est sans aucun doute le sud-est de l’Asie qui dépend des glaciers himalayens, véritable château d’eau pour la région. Il ne faudrait pas oublier, non plus, l’Amérique du Sud où la vie de nombreuses localités dépend de l’eau fournie par les glaciers andins.

A côté de la fonte des glaciers, le réchauffement climatique provoque des périodes de sécheresse intense dans certains parties du monde et les sources se tarissent. Il faut donc trouver des solutions pour les remplacer. ,

En Espagne, la Catalogne connaît sa pire sécheresse depuis un siècle. Cette situation concerne également le nord de la province, à la frontière des Pyrénées-Orientales. Face au manque de solutions, la région a décidé d’exclure le recours au ravitaillement par bateau, mais compte installer une usine flottante de dessalement d’eau de mer dans le port de Barcelone. Selon le ministre catalan de l’environnement, c’est une solution moins coûteuse que les bateaux, et qui permet une meilleure sécurité d’approvisionnement.

L’usine flottante, installée sur un immense cargo, sera opérationnelle d’ici octobre 2024 et pourra produire 40 000 mètres cubes d’eau chaque jour, soit 6% de la consommation quotidienne de Barcelone.

Le dessalement de l’eau de mer est une solution intéressante en cas de pénurie car il permet d’obtenir de l’eau douce toute l’année, quelle que soit la saison., et de faire face à des situations de crise hydrique sévère. Cette technologie a aussi des applications dans l’industrie et l’agriculture, ne serait-ce que pour l’irrigation des cultures.

Malgré tout, le dessalement de l’eau de mer présente aussi des inconvénients. Parmi ceux-ci, il y a la consommation en énergie particulièrement élevée pour assurer le fonctionnement des équipements. Extraire le sel de l’eau de mer demande beaucoup d’énergie et contribue donc à accroître l’empreinte carbone. Par ailleurs, l’élimination des minéraux et leur rejet dans la mer est néfaste pour l’environnement à cause de la forte teneur en sel et produits chimiques. Il y a un risque de déséquilibre des écosystèmes marins. Et puis, il y a le coût des infrastructures, sans oublier leur maintenance. On entend aussi des critiques concernant l’aspect sanitaire de l’eau ainsi produite. Des produits chimiques sont souvent utilisés pour produire cette eau douce qui présenterait une trop grande quantité de sodium.

Au final, rien ne vaut la bonne eau du Plateau de Millevaches qui, ne l’oublions pas, est celui des mille sources, même si les belles vaches limousines occupent aussi le territoire…

Source : France Info,  NEWater.

Apportant de l’eau à mon moulin, je vous livre in-extenso un commentaire que vient de m’adresser un fidèle visiteur de mon blog:

« Très juste, mais plus que l’empreinte carbone, vous devriez mettre l’accent sur le rejet des saumures en mer.
Les plus grosses usines traitent jusqu’à 400 000 m3 d’eau de mer par jour, ce qui fait un rejet quotidien de 15 tonnes de sel/jour, 50 000 tonnes en 10 ans.
Et donc une destruction totale des ecosystèmes marins dans la zone de rejet.
Ce n’est jamais évoqué et pourtant le développement inévitable de la désalinisation de l’eau de mer sera la cause de véritables catastrophes environnementales ».

Illustration du processus de dessalement de l’eau de mer (Source : sydneydesal.com)

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I have warned several times on this blog about the effects the melting of glaciers could have on the water supply in many regions of the world. The largest is undoubtedly southeast Asia, which depends on the Himalayan glaciers, a true water tower for the region. We should not forget, either, South America where the life of many communities depends on the water provided by the Andean glaciers.
Alongside the melting of glaciers, global warming is causing periods of intense drought in certain parts of the world and springs are drying up. One sshould therefore find solutions to replace them. ,
In Spain, Catalonia is experiencing its worst drought in a century. This situation also concerns the north of the province, on the border of the Pyrénées-Orientales. Faced with a lack of solutions, the region has decided to exclude the use of resupply by boat, but intends to install a floating seawater desalination plant in the port of Barcelona. According to the Catalan Minister of the Environment, it is a less expensive solution than boats, and which allows for better security of supply.
The floating plant, installed on a huge cargo ship, will be operational by October 2024 and will be able to produce 40,000 cubic meters of water every day, or 6% of Barcelona’s daily consumption.
Desalination of sea water is an interesting solution in the event of a shortage because it makes it possible to obtain fresh water all year round, whatever the season, and to cope with severe water crisis situations. . This technology also has applications in industry and agriculture, if only for crop irrigation.
However, seawater desalination also has disadvantages. Among these, there is the particularly high energy consumption to ensure the operation of the equipment. Extracting salt from seawater requires a lot of energy and therefore increases the carbon footprint. Furthermore, the elimination of minerals and their discharge into the sea is harmful to the environment because of the high content of salt and chemicals. There is a risk of imbalance in marine ecosystems. And then there is the cost of infrastructure, without forgetting their maintenance. We can also hear criticism regarding the health aspect of the water thus produced. Chemical products are often used to produce this fresh water which contains too much sodium.
In the end, nothing beats the good water of the Plateau de Millevaches which, let’s not forget, is that of the thousand springs, even if the nice cows can often be seen in the countryside…
Source: France Info, NEWater.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Après une quarantaine de minutes de sismicité intense et de déformation du sol, une nouvelle éruption fissurale a débuté dans la soirée du 16 mars 2024 sur la péninsule de Reykjanes (Islande), à proximité de la chaîne de cratères de Sundhnúkagígar. La fracture éruptive mesurait environ 3 km de long et une partie est encore active aujourd’hui. La lave jaillit de 6 bouches actives. Les coulées de lave vers le sud ont été déviées de Grindavík et orientées vers le sud-est par les digues de terre. Même si l’éruption se poursuit, les fronts de lave n’avancent plus et la Suðurstrandarvegur n’est plus menacée. La superficie du champ de lave est estimée à 5,85 kilomètres carrés, sur la base d’une image satellite acquise le 17 mars. Les données de déformation montrent que le magma continue d’alimenter l’éruption.
Source : Met Office islandais.

Image webcam de l’éruption le 20 mars 2024

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L’éruption de Fernandina (Galapagos) qui a débuté le 2 mars 2024 s’est produite à partir d’une vingtaine de fractures réparties en circonférence sur 4,3 km de long sur le flanc supérieur SE du volcan, entre 1 000 et 1 200 m d’altitude. Plusieurs coulées de lave sont descendues sur le flanc SE ; le front le plus éloigné atteint environ 750 m d’altitude, avec une longueur totale de 8 à 9 km. L’activité a diminué le 6 mars et une seule fracture (Fissure 13) continuait alors d’émettre de la lave. L’activité s’est intensifiée le 13 mars. Les coulées de lave de la Fissure 13 étaient toujours actives le 19 mars, au vu des anomalies thermiques observées sur les images satellite.
Source : Instituto Geofisico.

Crédit photo: Parc National des Galapagos

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Selon l’ambassade des États-Unis au Nicaragua, le Parque Nacional Volcán Masaya est resté fermé le 12 mars 2024 en raison d’un fort risque d’activité explosive dû à l’obstruction du lac de lave par des dépôts de glissement de terrain dans le cratère Santiago. Selon un article de presse du 13 mars, l’INETER a indiqué que les glissements de terrain le long des parois intérieures du cratère sud-ouest et nord-ouest se poursuivaient.

Lac de lave du Masaya (Crédit photo: INETER)

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Selon l’Observatoire Volcanologique de Goma (OVG), l’émission de lave se poursuit dans le cratère du Nyamulagira. Des anomalies thermiques ont été observées le 17 mars 2024 sur une image satellite dans une zone juste au nord-est de la partie centrale de la caldeira. Une anomalie thermique plus importante dans la même zone avait déjà été observée sur une image satellite le 7 mars.

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Une éruption d’intensité moyenne se poursuit sur le Reventador (Equateur). La sismicité se caractérise par de nombreuses explosions quotidiennes, des séismes longue période, des épisodes de tremor harmonique et des événements associés aux émissions de cendres et de gaz qui s’élèvent jusqu’à 1,3 km au-dessus du cratère. Des avalanches de matériaux incandescents sont visibles la plupart des nuits ; elles descendent jusqu’à 900 m du sommet. Le niveau d’alerte est maintenu à Orange (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs).
Source : Instituto Geofisico.

Crédit photo: Instituto Geofisico

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Au Pérou, on enregistre chaque jour une trentaine d’explosions sur le Sabancaya. Elles génèrent des panaches de cendres qui montent en moyenne à 2200 mètres de hauteur. Le niveau d’alerte est maintenu à l’Orange.

Toujours au Pérou, l’Ubinas émet des nuages de vapeur et de gaz qui montent à 800 m au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune.

Source: IGP.

Panaches de cendres du Sabancaya (Crédit photo: IGP)

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ». .
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

After about 40 minutes of increased seismicity and ground deformation, a new fissure eruption began in the evening of March 16th, 2024 on the Reykjanes Peninsula (Iceland), close to the Sundhnúkagígar crater chain. The fissure was about 3 km long and a partof it is still active today with lava emerging from 6 vents. Lava flows to the south were diverted from Grindavík along the barriers towards the SE. Although the eruption is continuing, the lava fronts are no longer moving forward and Suðurstrandarvegur is no longer under threat. The area of the flow field was an estimated 5.85 square kilometers, based on a satellite image acquired on 17 March. Deformation data suggest that magma continues to feed the eruption.

Source : Icelandic Met Office.

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The eruption at Fernandina (Galapagos) that began on March 2nd, 2024 occurred from about 20 circumferential fissures within an area 4.3 km long on the upper SE flank, between 1,000-1,200 m elevation. Multiple lava flows descended the SE flank; the longest lobe reached about 750 m elevation,with a total length of 8-9 km. Activity declined on March 6th and only one fissure (Fissure 13) continued to effuse lava. The activity level changed from high to moderate on March 13th. The lava flows from Fissure 13 were still active during on March 19th, based on thermal anomalies identified in satellite images.

Source : Instituto Geofisico.

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According to the U.S. Embassy in Nicaragua, the Parque Nacional Volcán Masaya continued to be closed on March 12th, 2024 due to an increased potential explosive activity due to the blocking of the lava lake by landslide deposits in Santiago Crater. According to a 13 March news article, INETER reported that landslides from the inner SW and NW crater walls were continuing.

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According to the Observatoire Volcanologique de Goma (OVG), lava effusion is continuing at Nyamulagira. Thermal anomalies in an area just NE of the central part of the caldera were identified in a 17 March satellite image. A larger thermal anomaly in the same area had already been observed in a 7 March image.

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A moderate eruption continues at Reventador (Ecuador). Seismicity is characterized by numerous daily explosions, long-period earthquakes, harmonic tremor, and tremor associated with ash and gas emissions that rise as high as 1.3 km above the crater. Avalanches of incandescent material are visible on most overnights, descending the flanks as far as 900 m from the summit. The Alert Level is kept at Orange (level 2 on a four-color scale).

Source : Instituto Geofisico.

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In Peru, around thirty explosions are recorded every day on Sabancaya. They generate ash plumes which rise on average up to 2200 meters high. The alert level is kept at Orange.

Still in Peru, Ubinas emits steam and gas clouds that rise 800 m above the summit. The alert level remains at Yellow.
Source ; IGP.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ». .

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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El Niño, La Niña et le réchauffement climatique // El Niño, La Niña and global warming

Comme je l’ai indiqué précédemment, le mois de février 2024 a été le plus chaud de l ‘histoire et, plus globalement, l’ensemble du dernier hiver a suivi la même trajectoire. Les agences météorologiques ont trouvé un coupable tout indiqué pour expliquer ces records de température : El Niño, mais les causes principales se trouvent probablement ailleurs.

El Niño – qui veut dire « l’enfant » en espagnol – fait référence à Jésus, car ce phénomène atteint son apogée à l’époque de Noël. Ce sont les pêcheurs péruviens qui l’ont baptisé ainsi. Il a été découvert dans les années 1920 par un physicien anglais qui a mis en évidence l’oscillation australe liée à El Niño.

El Niño influence fortement le comportement des alizés dans le Pacifique. En temps normal, autour de l’équateur, ces vents soufflent d’est en ouest, ce qui a pour effet de pousser les eaux chaudes de surface vers l’ouest où il se produit de fortes précipitations à cause de la chaleur et l’humidité. On observe aussi une remontée des eaux froides le long des côtes américaines.

El Niño entraîne une inversion des alizés dans le Pacifique. De ce fait, les eaux près de l’Australie et de l’Asie sont plus froides, provoquant des sécheresses. Des ouragans se forment au milieu du Pacifique et frappent la Polynésie.

Les climatologues pensent que El Niño devrait se faire sentir jusqu’en mai 2024 sur la plus grande partie de la planète.

 

A l’opposé, La Niña se traduit par une diminution de la température à la surface des eaux de l’est de l’océan Pacifique, autour de l’équateur. La Niña a été appelée ainsi car quelques-unes de ses caractéristiques sont inverses par rapport à El Niño, comme le renforcement des alizés dans le Pacifique ouest. Cela s’accompagne d’une modification des couches de températures des océans.

La Niña n’affecte pas toutes les régions du Globe de la même manière. Ainsi, on observe une augmentation du nombre de cyclones dans le Pacifique ouest, une tendance à la sécheresse en Afrique de l’Est et dans l’est de l’Amérique du Sud et une humidité accrue en Afrique australe.

La Niña intervient en principe tous les quatre à cinq ans environ, et dure environ un à deux ans, mais ce rythme connaît parfois des dérèglements.

 

Selon une étude de l’Organisation météorologique mondiale(OMM) publiée le 6 mars 2024, El Niño est responsable des dernières hausses de température. Le phénomène a d’abord un impact local, notamment le long des côtes et dans les pays bordant la zone est du Pacifique. On l’accuse notamment d’avoir favorisé les incendies qui ont ravagé le Chili en février 2024.

La plupart des études expliquent qu’El Niño modifie la circulation atmosphérique à l’échelle de la planète, d’abord sur l’ensemble des zones équatoriales, mais aussi à des latitudes plus moyennes, d’où le fait qu’on peut voir ses effets dans des régions comme Californie.

Le dernier événement El Niño est apparu en juin 2023, a connu son pic en décembre et janvier, et il décline progressivement en intensité jusqu’à sa disparition prévue en mai 2024. L’OMM en conclut que le dépassement des moyennes de saison devrait durer encore quelques mois. On entrera alors dans une phase neutre avant de voir La Niña pointer son nez. Cela ne veut pas dire pour autant que les températures globales vont baisser de manière spectaculaire. En observant les courbes thermiques, on se rend vite compte que les températures sur notre planète ont continué d’augmenter lorsque La Niña était présente.

Anomalies thermiques à la surface de l’océan Pacifique oriental avec El Niño (à gauche) et La Niña (à droite)

Il ne faut pas se voiler la face et chercher des causes qui n’existent pas. Ce sont bien les gaz à effet de serre qui sont la principale cause du réchauffement climatique. Il suffit d’observer le parallélisme entre l’évolution des concentrations de CO2 dans l’atmosphère (Courbe de Keeling) et l’évolution des températures globales pour s’en rendre compte. Les émissions de gaz comme le CO2 ou le méthane sont responsables de la hausse des températures moyennes. El Niño ne fait qu’accentuer ponctuellement le phénomène, en rajoutant 0,1 ou 0,2°C.

 

Evolution des températures // Evolution des concentrations de CO2

En France, les températures mensuelles sont au-dessus des moyennes de référence depuis février 2022. Cette situation dépasse largement le phénomène El Nino qui, à l’image des courants marins, pourrait être modifié à son tour par le dérèglement climatique que nous connaissons. C’est une des questions sur lesquelles travaillent les scientifiques.

Source: France Info, Futura Science,Copernicus.

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As I indicated previously, the month of February 2024 was the warmest in history and, more generally, the whole past winter followed the same pattern. Weather agencies have found a natural culprit to explain these temperature records: El Niño, but the main causes probably lie elsewhere.

El Niño – meaning “child” in Spanish – refers to Jesus, as this phenomenon reaches its peak around Christmas time. It was Peruvian fishermen who gave it this name. It was discovered in the 1920s by an English physicist who highlighted the Southern Oscillation linked to El Niño.
El Niño strongly influences the behaviour of the trade winds in the Pacific. Normally, around the equator, these winds blow from east to west, which pushes warm surface waters towards the west where heavy precipitation occurs due to the heat and the humidity. One also observes a rise in cold waters along the American coasts.
El Niño causes a reversal of the trade winds in the Pacific. As a result, waters near Australia and Asia are colder, causing droughts. Hurricanes form in the middle of the Pacific and hit Polynesia.
Climatologists believe that El Niño will probably be felt until May 2024 over most of the planet.

In contrast, La Niña results in a decrease in the surface temperature of the waters of the eastern Pacific Ocean, around the equator. La Niña was so called because some of its features are the opposite of El Niño, such as the strengthening trade winds in the western Pacific. This goes with a change in ocean temperature layers.
La Niña does not affect all regions of the Globe in the same way. Thus, one can observe an increase in the number of cyclones in the western Pacific, a trend towards drought in East Africa and eastern South America, and increased humidity in southern Africa.
La Niña generally occurs approximately every four to five years, and lasts approximately one to two years, but this rhythm sometimes experiences disruptions.

According to a study by the World Meteorological Organization (WMO) published on March 6th, 2024, El Niño is responsible for the latest temperature increases. The phenomenon first has a local impact, particularly along the coasts and in the countries bordering the eastern Pacific area. He is accused of having favored the wildfires which ravaged Chile in February 2024.
Most studies explain that El Niño modifies atmospheric circulation on a planetary scale, firstly over all equatorial zones, but also at more mid-latitudes, hence  its effects in areas like California.
The last El Niño event appeared in June 2023, peaked in December and January, and gradually declined in intensity. It is expected to disappear in May 2024. The WMO concludes that the exceedance of seasonal averages is expected to last a few more months. Earth will then enter a neutral phase before La Niña’s return. This does not mean, however, that global temperatures will drop dramatically. When observing thermal curves, we quickly realize that temperatures on our planet continued to increase when La Niña was present.
We should not turn a blind eye and look for causes that do not exist. Greenhouse gases are the main cause of global warming. We just need to observe the parallelism between the evolution of CO2 concentrations in the atmosphere (Keeling Curve) and the evolution of global temperatures to realize this. Emissions of gases such as CO2 or methane are responsible for the rise in average temperatures. El Niño only occasionally accentuates the phenomenon, adding 0.1 or 0.2°C.

In France, monthly temperatures have been above the reference averages since February 2022. This situation goes far beyond the El Nino phenomenon which, like marine currents, could in turn be modified by the climate disruption that we are experiencing. This is one of the questions that scientists are working on.
Source: France Info, Futura Science, Copernicus.