Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde.

Dans son dernier rapport hebdomadaire, l’AVO indiquait que l’émission lente de lave se poursuivait sur le Great Sitkin (îles Andreanof / Alaska), avec une épaisse coulée de lave confinée au cratère sommital.
Aujourd’hui, une étude menée par des scientifiques de l’Université Purdue (Indiana) révèle que le Great Sitkin possède deux chambres magmatiques. Cette découverte explique les changements de localisation de l’activité sismique qui intriguent les scientifiques depuis le début de l’éruption du volcan en mai 2021.
À l’aide des données recueillies par l’AVO entre 2019 et 2020, l’équipe scientifique a conçu un modèle de vitesse sismique pour les 6 km constituant la partie supérieure du volcan. Les chercheurs ont découvert deux chambres magmatiques qui expliquent l’alternance d’activité sismique entre les parties nord-ouest et du sud-est du sommet du volcan. Une telle alternance d’activité sismique a été observée sur d’autres volcans, mais le Grand Sitkin constitue une étude de cas très intéressante en raison de la migration latérale évidente de la sismicité.
L’équipe scientifique pense que le Grand Sitkin fonctionne selon un cycle d’éruption en six étapes, qui diffère du cycle typique en cinq étapes. L’étape supplémentaire provient de l’activation d’une deuxième chambre magmatique, moins profonde, après la première éruption qui est probablement déclenchée par la chambre plus profonde. Cette interaction entre les deux chambres se traduit par l’alternance des éruptions dans la zone sommitale du volcan.
Source : Geophysical Research Letters, 8 juin 2023.

 

Source: AVO

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L’éruption du Kilauea (Hawaii) est toujours en mode PAUSE. L’arrêt brutal de l’émission de lave a surpris tout le monde car l’activité de la bouche SO était très intense quelques minutes auparavant. Personne ne sait si – ou quand – l’éruption reprendra dans le cratère de l’Halema’uma’u….ou ailleurs sur le Kilauea.

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L’éruption du Mayon (Philippines) ne semble pas s’intensifier. Dans ses dernières mises à jour, le PHIVOLCS indique que l »émission très lente de lave se poursuit, avec des coulées qui atteignent des longueurs de 2,5 km et de 1,8 km dans les ravines Mi-isi et Bonga. Des effondrements de coulées de lave sont observés dans les deux ravines à moins de 3,3 km du cratère. De nombreux éboulements sont également enregistrés, ainsi que plusieurs coulées pyroclastiques causées par l’effondrement du dôme sommital. Les émissions de SO2 ont été mesurées à 507 tonnes / jour le 20 juin 2023. Le panache éruptif s’élève à environ 800 mètres au-dessus du cratère. L’édifice volcanique est toujours en phase d’inflation. Le niveau d’alerte est maintenu à 3 sur une échelle de 4.

Source : Phivolcs.

Crédit photo: PHIVOLCS

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On observe une hausse de la sismicité sur l’Ubinas (Pérou) depuis la mi-mai. Au cours de la première quinzaine de juin, les panaches fumerolliens s’élevaient à 500 m au-dessus du cratère. Le niveau d’alerte a été relevé à la couleur Jaune (le deuxième niveau sur une échelle de quatre couleurs) le 20 juin 2023.
Source : IGP.

Source: IGP

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L’éruption du Sabancaya (Pérou) continue avec une vingtaine d’explosions chaque jour. Elles génèrent des panaches de cendres qui montent à environ 1,5 km au-dessus du sommet.

Source : IGP.

Source: IGP

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Une hausse des émissions de gaz et de vapeur est observée sur le Lokon-Empung (Sulawesi / Indonésie), avec des panaches qui s’élèvent à 400 m au-dessus du cratère Tompaluan. Ces émissions s’accompagnent d’un tremor continu. Depuis le début de l’année 2023, ces émissions s’élevaient généralement de 20 à 150 m au-dessus du cratère et la sismicité était généralement dominée chaque jour par 1 à 2 séismes volcaniques peu profonds. Le niveau d’alerte volcanique reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et il est rappelé au public de ne pas s’approcher du cratère à moins de 1,5 km.
Source : CVGHM.

Crédit photo: Wikipedia

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À l’attention de ceux qui ont l’intention de visiter les îles Éoliennes : l’activité du Stromboli (Sicile) est actuellement centrée sur deux bouches (N1 et N2) dans la zone cratèrique Nord, dans la partie supérieure de la Sciara del Fuoco, et sur quatre bouches dans la zone C-S (Sud-Centre) de la terrasse cratèrique. Des explosions de faible et moyenne intensité, à raison de 3 à 7 événements par heure, dans la zone N2, éjectent des matériaux jusqu’à 150 m de hauteur. Des explosions de faible à forte intensité se produisent en moyenne 8 à 14 fois par heure à partir des trois bouches du secteur S2 (zone C-S). De faibles émissions de gaz accompagnent parfois ces événements explosifs. Il est bon de rappeler que l’accès au sommet du volcan est interdit. Les touristes peuvent seulement atteindre 400 mètres au-dessus du niveau de la mer avec l’accompagnement des guides locaux.
Source : INGV.

Source: INGV

Saute d’humeur du Stromboli le 23 juin 2023 à 18 heures…

…et à 23 heures (captures images webcam)

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world.

In its latest weekly report, AVO indicated that slow lava effusion continued at Great Sitkin (Andreanof Islands / Alaska), producing a thick lava flow confined to the summit crater.

Today, a study conducted by scientists at Purdue University reveals that the Great Sitkin has two magma chambers. This discovery explains the changing locations of seismic activity that has puzzled scientists since the volcano began erupting in May 2021.

Using data collected by the Alaska Volcano Observatory from 2019 to 2020, the scientific team constructed a seismic velocity structure for the uppermost 6 km of the volcano. The researchers found two magma chambers, providing an explanation for the alternating seismic activity observed in regions northwest and southeast of the volcano summit. Such an alternating seismic activity has been observed at other volcanoes, but Great Sitkin offers a unique case study due to the clear lateral migration of seismicity.

The scientific team thinks that Great Sitkin operates on a six-stage eruption cycle, diverging from the typical five-stage cycle. The additional stage involves the activation of a second, shallower magma chamber following the initial eruption, most likely triggered by the deeper chamber. This interaction between the two chambers results in alternating eruptions.

Source : Geophysical Research Letters, June 8th, 2023.

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The eruption of Kilauea (Hawaii) is still in PAUSE mode. The sudden halt in lava emission came as a surprise to everyone, as activity in the SW vent had been very intense just a few minutes before the stoppage. No one knows if – or when – the eruption will resume in Halema’uma’u crater…. or elsewhere on Kilauea Volcano.

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It does not look as if the eruption of Mt Mayon (Philippines) is intensifying. In its latest updates, PHIVOLCS indicates that the very slow effusion of lava continues over lengths of 2.5km and 1.8km in the Mi-isi and Bonga drainages. Lava collapses are observed in both gullies within 3.3km from the crater. Numerous rockfall events are also recorded, as well as several pyroclastic flows caused by the collapse of the summit dome. SO2 emissions were measured at 507 tonnes / day on June 20th, 2023. The eruptive plume rises about 800 meters above the crater. The volcanic edifice is still inflated. The alert leval is kept at 3 on a scale of 4.

Source : Phivolcs.

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Seismicity at Ubinas (Peru) has been increasing since mid-May. In the first fortnight of June, fumarolic plumes rose 500 m above the crater rim. The Volcano Alert Level was raised to Yellow (the second level on a four-color scale) on June 20th, 2023.

Source : IGP.

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The eruption of Sabancaya (Peru) continues, with around twenty explosions every day. They generate ash plumes that rise up to about 1.5 km above the summit.
Source : IGP.

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Increased gas and steam emissions are observed at Lokon-Empung (Sulawesi / Indonesia), with dense white plumes rising 400 m above the rim of Tompaluan Crater. The emissions are followed by a period of continuous tremor. During 2023 white emissions generally rose 20-150 m above the crater rim and seismicity was generally dominated by 1-2 daily shallow volcanic earthquakes. The volcano Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4) and the public is reminded not to approach the crater within a radius of 1.5 km.

Source : CVGHM.

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For the attention of those who intend to visit the Aeolian Islands, activity at Stromboli (Sicily) is currently centered at two vents (N1 and N2) in Area N (North), within the upper part of the Sciara del Fuoco, and from four vents in Area C-S (South-Central) in the crater terrace. Low- and medium-intensity explosions at a rate of 3-7 events per hour from Area N2 eject material up to 150 m above the vents. Low- to high-intensity explosions average 8-14 events per hour from the three vents in sector S2 (Area C-S). Weak emission of gas sometimes accompany these explosive events. Access to the summit of the volcano is forbidden. Tourists can only reach 400 meters above sea level with the accompaniement of the local guides.
Source : INGV.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Climat : la partie est perdue et tout le monde s’en fiche !

Le 8 juin 2023 j’ai publié une note intitulée « C’est foutu ! » à propos de la fonte de l’Arctique. Une étude publiée début juin 2023 dans Nature Communications annonçait que la calotte glaciaire de l’océan Arctique disparaîtrait en été dès les années 2030, soit une décennie plus tôt que prévu.

Ne voulant sans doute pas affoler l’opinion, la chaîne de radio France Info a publié sur son site web l’interview de Heïdi Sevestre, une glaciologue française, qui « veut croire que la disparition annoncée de la banquise de l’Arctique en été va jouer le rôle d’un électrochoc. » La glaciologue explique à France Info comment la planète et ses occupants vont subir les conséquences de ce grand chamboulement dans l’océan le plus septentrional du monde. « Un message d’alerte mais aussi d’espoir, alors que les humains détiennent la solution au réchauffement climatique : réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre. »

Désolé, mais je ne suis pas d’accord. Il faut arrêter de lancer ces messages d’espoir auxquels les scientifiques eux-mêmes ne croient plus. Il faut arrêter de se bercer d’illusions. Je suppose que cette glaciologue a, comme moi, visité les terres arctiques et les glaciers alpins. Il n’y a pas besoin d’avoir fait les grandes écoles pour se rendre compte à quel point la situation est catastrophique.

La grande question que le public me pose à l’occasion de mes conférences est : que pouvons-nous faire ? Les solutions suggérées au niveau de notre vie quotidienne (économie de l’eau, par exemple) sont louables, mais elles ne seront pas suffisantes. Seules des mesures prises à l’échelle de la planète apporteraient un embryon de solution, en sachant qu’il faudra des décennies pour que notre planète retrouve un semblant d’équilibre climatique.
Je ne cesse de le répéter : c’est le rôle des Conferences of the Parties – les COP – de prendre des mesures drastiques, ce qu’elles ne font pas et n’ont jamais fait. Ces réunions sont des gouffres financiers au bilan carbone désastreux. Les participants émettent des promesses, mais aucune décision contraignante n’est prise !!! Chaque pays fait à sa guise. La dernière COP 27 en Egypte a tout juste daigné accorder quelques compensations aux pays en voie de développement qui subissent les conséquences du réchauffement climatique sans en être la cause.

Je suis d’un très grand pessimisme pour l’avenir. La crise climatique va en générer d’autres. Une guerre de l’eau, par exemple, sera inévitable. Nos dirigeants pratiquent à la fois la politique de l’autruche et celle de la patate chaude. Les jeunes générations les remercient d’avance !

De l’océan Arctique au Groenland…..

De l’Alaska aux Alpes….

….la catastrophe glaciaire est partout (Photos: C. Grandpey)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fausse alerte volcanique sur l’Iliamna (Alaska) // False volcanic alert on Iliamna (Alaska)

Dans plusieurs notes publiées sur ce blog en mai 2012 et mai 2016, j’ai indiqué que la sismicité augmentait sur l’Iliamna (3 053), un stratovolcan recouvert de glaciers sur la rive ouest de Cook Inlet, à environ 225 km au sud-ouest d’Anchorage.
L’Observatoire Volcanologique d’Alaska m’a envoyé un e-mail le 5 juin 2023 indiquant qu’une nouvelle hausse de la sismicité avait été observée sur l’Iliamna, à partir de 20h00 (UTC). En conséquence, l’Observatoire a relevé la couleur de l’alerte aérienne au Jaune et le niveau d’alerte volcanique à Advisory (surveillance conseillée)
Les événements sismiques ont d’abord été enregistrés à des intervalles d’une minute et sont devenus plus rapprochés. L’Observatoire a pensé que la sismicité pourrait être liée au mouvement de magma ou de fluides hydrothermaux sous le volcan. L’activité sismique a atteint son maximum au moment où une avalanche de glace et de roches s’est déclenchée un peu avant 01h14 (UTC) le 6 juin. Il ne s’agissait donc pas d’un événement d’origine volcanique. Les signaux sismiques correspondaient à l’une des avalanches qui se produisent périodiquement sur le Red Glacier, sur le flanc est de l’Iliamna. La sismicité a ensuite décliné et retrouvé son niveau normal. L’AVO a logiquement abaissé les niveaux d’alerte mentionnés ci-dessus.
Contrairement au volcan Redoubt qui se dresse à proximité, l’Iliamna n’a pas une histoire d’éruptions majeuress. Selon la Smithsonian Institution, seules quelques éruptions explosives se sont produites pendant l’Holocène sur le volcan qui n’a pas de cratère bien défini. La plupart des rapports d’éruptions historiques font état de puissants panaches de fumerolles à l’est et au sud-est du sommet, souvent confondus avec des colonnes éruptives. Des éruptions avec coulées pyroclastiques remontent à 300 et 140 ans. Une sismicité élevée accompagnant la mise en place de dikes sous le volcan a été enregistrée en 1996.
Source : AVO, Smithsonian Institution.

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In several posts released in May 2012 and May 2016, I indicated that seismicity was increasing at Mt Iliamna (3 053) a glacier-covered stratovolcano on the western side of Cook Inlet, about 225 km SW of Anchorage.

The Alaska Volcano Observatory sent me an e-mail on June 5th, 2023 indicating that a new increase in seismicity had been observed at Iliamna, beginning at 20:00 UTC. As a result, the Observatory raised the Aviation Color Code and the Volcano Alert level for Iliamna to Yellow and Advisory.

The rate of earthquakes initially occurred in 1-minute intervals and became more closely spaced. The Observatory thought the seismicity might be related to magmatic movement or hydrothermal fluids beneath the volcano. The seismic activity culminated in an ice-rock avalanche slightly before 01:14 UTC on June 6th. The seismic signals matched historic observations of avalanches associated with Red Glacier on Iliamna Volcano’s eastern flank. Seismicity later declined to background levels and the Aviation Color Code and Volcano Alert Level were lowered to Green and Normal.

Contrary to neighbouring Mount Redoubt, Iliamna does not have a history of powerful eruptions. According to the Smithsonian Institution, only a few Holocene explosive eruptions have occurred at the volcano, which lacks a distinct crater. Most of the reports of historical eruptions include plumes from vigorous fumaroles east and SE of the summit, which have often been mistaken for eruption columns. Eruptions producing pyroclastic flows have been dated at about 300 and 140 years ago and elevated seismicity accompanying dike emplacement beneath the volcano was recorded in 1996.

Source : AVO, Smithsonian Institution.

Source: AVO

Photo: C. Grandpey

Glissements de terrain et avalanches sont fréquents sur les versants pentus de l’Iliamna (Source: AVO)

 

Erosion côtière en Alaska : causes et conséquences // Coastal erosion in Alaska : causes and consequences

Au cours de ma conférence « Glaciers en péril, les effets du réchauffement climatique », j’insiste sur les conséquences de la fonte de la glace de mer en Alaska. À mesure que la banquise arctique fond, les côtes déjà fragiles deviennent vulnérables ; elles se trouvent exposées aux vagues au moment des tempêtes. On assiste alors à une accélération de l’érosion qui affecte les personnes et la faune.
Jusqu’à ces dernières années, la glace de mer empêchait les vagues de l’océan de se fracasser contre la côte. Une épaisse couche de glace de mer absorbait la puissance des grosses vagues et les empêchait de déferler sur les plages et contre les falaises. Aujourd’hui, la glace de mer fond et s’éloigne du rivage. L’océan a donc le champ libre pour venir à sa guise saper les côtes et inonder les villages côtiers.

Crédit photo: Wikipedia

Contrairement aux rivages des latitudes moyennes, ceux de l’Arctique sont constitués de pergélisol. Avec des températures plus élevées en été, ce sol dégèle, rendant les côtes arctiques particulièrement sensibles à l’érosion. Le réchauffement de l’eau et l’élévation du niveau de la mer aggravent encore le problème, avec de plus grosses vagues qui viennent frapper les côtes.

Dégel du permafrost dans la toundra (Photo: C. Grandpey)

Deux événements se combinent souvent à l’automne dans l’Arctique : les tempêtes les plus fortes et la plus faible étendue de glace de mer. Après un été de fonte de la glace de mer qui ouvre de vastes étendues d’eau libre, les grosses tempêtes peuvent causer des dégâts considérables, contribuer à l’érosion du littoral et à la perte d’habitat terrestre.
Par exemple, en septembre 2022, le reliquat du typhon Merbok a frappé la côte ouest de l’Alaska avec des vents de force ouragan qui ont obligé à des évacuations, arraché des bâtiments de leurs fondations, sculpté de nouveaux rivages et envoyé entre un et deux mètres d’eau le long de 1 600 kilomètres de côtes. Pour de nombreuses communautés, les dégâts aux infrastructures ont été immédiats. Comme ces communautés dépendent également d’une économie de subsistance, la perte des ressources de la terre a laissé certains habitants dépourvus de réserves pour l’hiver.
Le sol de l’Arctique, autrefois gelé toute l’année, fait maintenant face à plusieurs mois de dégel. Certaines régions dégèlent plus rapidement et plus substantiellement que d’autres. Depuis les années 1990, les températures dans l’Arctique ont augmenté d’environ 0,6 °C par décennie, soit le double de la moyenne mondiale. Les données des services météorologiques de l’Alaska indiquent que de 1971 à 2019, le réchauffement de l’Arctique a été trois fois plus rapide que la moyenne mondiale. Une étude fait même état d’un réchauffement quatre fois plus rapide. Certaines estimations montrent un été sans glace de mer dès 2035. Avec moins de glace de mer pour empêcher les grosses vagues de s’écraser contre les côtes, l’érosion côtière va certainement s’amplifier.
Les températures plus chaudes de l’Arctique font également dégeler le pergélisol. La terre autrefois rigide et solide sous l’effet du gel devient un sol mou et humide qui s’effrite plus facilement sous les assauts des vagues. Le dégel du pergélisol libère également dans les eaux voisines et dans l’atmosphère des gaz à effet de serre autrefois emprisonnés, ce qui accélère le réchauffement climatique. Certaines estimations indiquent que les zones de pergélisol stockent environ 1 700 milliards de tonnes de gaz à effet de serre sous forme de méthane et de dioxyde de carbone ; c’est environ le double du total actuel dans l’atmosphère. Un autre sous-produit du dégel du permafrost est le mercure. Autrefois congelé, il s’échappe désormais dans le sol et les eaux avoisinantes, avec un effet désastreux sur la chaîne alimentaire.

En Alaska, des villages entiers sont déjà confrontés à la nécessité de se déplacer à cause de l’érosion côtière. Le dégel du pergélisol et les vagues érodent le littoral arctique à raison de 50 centimètres par an en moyenne. Dans le nord de l’Alaska, le chiffre atteint 1,40 mètre par an. Sur certains zones littorales comme à Drew Point, en Alaska, l’érosion atteint 20 mètres par an.
Une étude de février 2022 explique que l’érosion pourrait doubler dans l’Arctique d’ici la fin du 21ème siècle. Au fur et à mesure que les scientifiques en sauront davantage sur le moment et l’ampleur de l’érosion côtière dans l’Arctique, les collectivités pourront prendre les mesures nécessaires pour essayer d’y faire face.
Source : National Snow and Ice Data Center (NSIDC).

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During my conference « Glaciers at risk », I insist on the consequences of the melting of the sea ice in Alaska. As Arctic sea ice melts, fragile coastlines become vulnerable to bigger waves from storms, leading to accelerated erosion that impacts people and wildlife.

Up to recent years, sea ice keeps the churning ocean from splashing up against the coast. A thick layer of sea ice absorbs the power of big waves, preventing them from slamming into beaches and sea cliffs. But as sea ice melts and recedes away from shore, the ocean can wear away coastlines and flood seaside villages.

Unlike shorelines in the mid-latitudes, Arctic shorelines have permafrost. With higher temperatures in the summer, these soils are thawing, making Arctic coasts especially sensitive to erosion. Warming water and sea level rise compound the issue further as bigger waves pound the coasts.

Two events often collide in the autumn in the Arctic: the strongest storms and lowest sea ice extent. After a summer of sea ice melt, with large areas of open water, large storms can do considerable damage and contribute to shoreline erosion and terrestrial habitat loss.

For example, in September 2022, remnants of Typhoon Merbok battered Alaska’s western coast with hurricane-force winds, forcing evacuations, uprooting buildings, carving out new shores, and surging one ti two meters of water along 1,600 kilometers of coastline. For many communities, the impact from damage to infrastructures was immediate. However, as these communities also rely on subsistence living, the loss of resources from the land left several residents vulnerable without stocks for the winter.

The Arctic’s soil, once frozen all year round, now faces several months of thaw, with some regions thawing faster and more substantially than others. Since the 1990s, temperatures in the Arctic have been increasing at roughly 0.6°C per decade, twice the rate of the global average. Data from Alaskan weather services indicaate that from 1971 to 2019, the rate of Arctic warming was three times as fast as the global average. Another study suggests a four-fold warming. Some estimates showi a summer free of sea ice as early as 2035. With less sea ice preventing big waves from crashing against the shores, coastal erosion is sure to increase.

Warmer Arctic temperatures are also thawing permafrost, turning once frozen-solid land into soft, wet soil that crumbles more easily with wave attacks. Permafrost thaw also releases once-frozen greenhouse gases into nearby waters and the atmosphere, feeding further warming. Some estimates state that permafrost zones store about 1,700 billion metric tons of carbon, both in methane and carbon dioxide form ; this is about twice the current total within the atmosphere. Another byproduct is the release of once-frozen mercury into soil and nearby waters, polluting the food chain.

In Alaska, entire villages are already facing the need for relocation from coastal erosion. Together, thawing permafrost and waves erode the Arctic coastline at an average rate of 50 centimeters per year. In northern Alaska, the rates are 1.4 meters per year, with some sections, like Drew Point, Alaska, eroding much as 20 meters per year.

A study from February 2022 suggests that erosion may double in the Arctic by the end of the 21st century. As scientists learn more about the timing and magnitude of coastal erosion in the Arctic, communities can develop necessary mitigation and adaptation resources.

Source : National Snow and Ice Data Center (NSIDC).