Vulcano (Îles Éoliennes) : Bains de boue et érosion littorale // Vulcano (Aeolian Islands) : mud baths and coastal erosion

Quand on débarque de l’aliscaphe ou du bateau sur l’île de Vulcano, la première odeur que l’on perçoit le plus souvent est celles de l’hydrogène sulfuré en provenance d’une mare de boue à proximité de Porto Levante. Cette boue attire chaque année des milliers de touristes parmi lesquels certains espèrent soigner des maladies de peau, tandis que d’autre préfèrent profiter des jacuzzi naturels alimentés par des remontées de gaz depuis le fond de la mer. En général, les gaz volcaniques sont emportés par le vent qui balaye régulièrement les bien nommées Iles Eoliennes.

Photos: C. Grandpey

Après plusieurs années de fermeture et une série de procédures judiciaires, les bains de boue de Vulcano sont de nouveau accessibles pour la saison touristique 2026. Les habitants et les professionnels du tourisme ont accueilli cette nouvelle avec enthousiasme. La zone thermale, gérée par la société Geoterme, attirait chaque année des milliers de touristes du monde entier en quête des bienfaits de la boue dans ce bassin situé à proximité de la mer, dans le secteur de Levante. Le tourisme à Vulcano peut désormais reprendre, même en basse saison, après avoir été complètement interrompu par la fermeture des bains de boue.

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Parallèlement, sur l’île de Vulcano, le comité « Amici delle Sabbie Nere » (« Amis des Sables Noirs ») a été créé afin d’inciter les autorités à lutter contre l’érosion côtière. Cette érosion ronge progressivement le littoral de la magnifique baie des Sables Noirs (Baia delle Sabbie Nere). Ce qui, jusqu’à l’année dernière, était une destination prisée des touristes du monde entier – la reine Élisabeth figure parmi ses premières visiteuses en 1961 – a été profondément bouleversé par l’érosion. La mer a progressé au centre de la baie et séparé la plage en deux parties désormais séparées par une bande de mer d’une vingtaine de mètres.

Crédit photo : réseaux sociaux

Il y a quelques jours, la municipalité de Lipari a alloué 10 000 euros destinés à la remise en état et au nivellement de la plage. Malheureusement, cette intervention est impossible dans la zone envahie par la mer. Sans intervention immédiate, notamment par le réensablement de la plage, il y a le risque que le recul du rivage s’étende progressivement et devienne irréversible. L’érosion menacerait alors d’endommageant également les habitations, les hébergements et la jetée voisine.
L’association « Amici delle Sabbie Nere » regroupe des visiteurs réguliers de l’île de Vulcano et des habitants. Elle a contacté le maire de Lipari, le conseil municipal et l’ Agenzia del Demanio (Agence des biens de l’État) afin de s’enquérir des mesures prises ou envisagées pour remédier à l’érosion de la baie, notamment en mobilisant les ressources disponibles telles que les recettes de la taxe de débarquement, les fonds alloués à l’instabilité hydrogéologique, le PNRR et tout autre financement possible.
Source : Presse italienne

Je conseille la lecture du hors-série « L’Ile de Vulcano » (2005) dont je suis l’auteur et qui a été édité par L’Association Volcanologique Européenne (L.A.V.E.). J’y explique les bienfaits thérapeutiques des bains de boue. Le hors-série est disponible (prix: 5 euros) auprès de l’association :

https://www.lave-volcans.com/lave_gp/index.php?action=024

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When you step out of the hydrofoil or the boat on the island of Vulcano, the first smell you usually perceive is that of hydrogen sulfide from the mud baths near Porto Levante. This mud each year attracts thousands of tourists including some who hope of cure skin diseases, while others prefer to enjoy the natural hot tubs fed by gases rising from the bottom of the sea. Generally, these volcanic gases are blown away by the wind which regularly sweeps the aptly named Aeolian Islands.

After several years of closure and a series of legal proceedings, the « mud baths’ of Vulcano reopened for the 2026 tourist season. The islanders and tourism operators welcomed the news of the reopening of the thermal center, which during its operational years always attracted thousands of tourists from all over the world seeking the benefits of immersing themselves in the pond located near the sea, in Levante. The pond is managed by the company “Geoterme”. Now, tourism in Vulcano can restart even in the off-season, which had come to a halt after the closure of the mud pond.

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Meanwhile, on the island of Vulcano, the committee “Amici delle Sabbie Nere” (“Friends of the Black Sands”) has been formed to urge the authorities to prevent beach erosion. Coastal erosion is progressively erasing the shoreline of the beautiful Baia delle Sabbie Nere (Bay of Black Sands). What until last year was a pleasant destination for tourists from around the world, with Queen Elisabeth among its first visitors in1961, today appears deeply disfigured. The sea has advanced along the central area of the bay and has separated the beach into two isolated sections now divided by a stretch of sea of about twenty meters.

Just a few days ago, the Municipality of Lipari allocated 10,000.00 euros for the “grooming” and leveling of the beach. Unfortunately, this intervention will not be feasible in the area invaded by the sea. If immediate action is not taken, with a beach nourishment, there is a real and concrete risk that without such intervention the state of beach retreat may progressively and permanently extend, becoming irrecoverable, with damage also to homes, accommodation facilities, and the nearby pier.

The Committee “Amici delle Sabbie Nere” is made up of regular visitors to the island of Vulcano and locals. It has reached out to the Mayor of Lipari, the City Council, and the Agency of State Property to inquire about what actions have been taken or are intended to be taken to address the serious state of erosion of the bay and its infrastructure, potentially utilizing available resources such as the proceeds from the landing tax, funds allocated for hydrogeological instability, PNRR, and any other possible financing.

Source : Italian news media.

Érosion côtière en Islande // Coastal erosion in Iceland

J’ai déjà mis en garde à plusieurs reprises sur ce blog contre le danger des vagues à la plage de sable noir de Reynisfjara, dans le sud de l’Islande. Mais aujourd’hui, le message d’alerte est différent. Ces dernières semaines, la force inhabituelle des vagues a provoqué une importante érosion côtière à Reynisfjara, modifiant radicalement l’aspect et l’accessibilité de cette célèbre plage.
Des portions des colonnes de basalte qui se dressent au-dessus du rivage et sont un élément caractéristique de Reynisfjara, se retrouvent les pieds dans l’eau. Normalement, ces colonnes se dressent au ras du rivage, mais la forte houle et les vents persistants ont déplacé le sable et la roche de façon si spectaculaire que ce n’est plus le cas. Le sable qui protégeait le pied des falaises a été emporté, laissant les rochers et les colonnes à l’air libre et transformant le paysage d’une manière inédite. Un habitant a estimé que l’océan avait érodé l’intérieur des terres de plusieurs dizaines de mètres par endroits, faisant disparaître la plage dans sa totalité.

Reynisfjara en 2022 (Photo: C. Grandpey)

Vue du littoral à Reynisfjara Beach le 9 février 2026 (Crédit photo : réseaux sociaux)

Selon les services météorologiques et côtiers, la cause de cette érosion littorale se trouve dans une période prolongée de forts vents d’est et une forte houle en janvier et début février. Ce régime météorologique a généré à plusieurs reprises de puissantes vagues qui ont frappé la côte sud. Ce phénomène a intensifié les processus côtiers naturels et déplacé le sable et les pierres bien plus que d’habitude à cette période de l’année.
L’érosion est si importante que certains sentiers pédestres et accès à la plage sont désormais plus proches du rivage que d’ordinaire, et que, par endroits, des zones auparavant accessibles ne sont plus praticables en toute sécurité.
Experts et habitants soulignent que si l’érosion côtière est un processus naturel le long des côtes islandaises, façonnées au fil des millénaires par l’activité volcanique et les puissantes vagues de l’Atlantique Nord, le niveau de changement actuel est exceptionnellement rapide et étendu. Là encore, du jamais vu !
Face à ces changements récents subis par le littoral islandais, les autorités et les organisations locales continuent de surveiller la situation et rappellent aux visiteurs de rester sur les sentiers balisés et les points de vue aménagés, et de respecter la signalisation de sécurité qui a récemment été renforcée. Compte tenu du paysage modifié et de la houle imprévisible, s’approcher de l’ancien rivage ou marcher près des falaises est dangereux et fortement déconseillé.

Sources : ARCTIC PORTAL.org.

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I have warned several times on this blog about the danger of the waves at Reynisfjara Black Sand Beach in southern Iceland.But today, the warning is different. Unusually strong ocean forces over recent weeks have caused extensive coastal erosion at Reynisfjara, dramatically changing the appearance and accessibility of the famous Black Beach.

Sections of the basalt column formations have been pushed out into the ocean by wave action. Normally these columns stand right at the shoreline, but heavy seas and persistent winds have shifted sand and rock so dramatically that this is no longer the case. The sand that normally protects the base of the cliffs has been swept away, leaving the rocks and columns more exposed and altering the landscape in ways they have never seen before. One resident estimated that the ocean has eroded inland by dozens of metres in some places, removing the usual beach area entirely.

Meteorological and coastal experts have pointed to a sustained period of strong easterly winds and high wave activity in January and early February as key factors driving the change. This weather pattern has repeatedly pushed powerful surf against the South Coast, intensifying natural coastal processes and moving sand and stones far more than is typical for this time of year.

The erosion has been so significant that some walking paths and beach access areas are now closer to the waterline than usual, and in some spots previously accessible areas are no longer safely reachable.

Experts and locals emphasise that while coastal erosion is a natural process along Iceland’s shores, shaped over millennia by volcanic activity and the North Atlantic’s powerful waves, the current level of change appears exceptionally rapid and extensive.

With the recent changes, authorities and local organisations are continuing to monitor conditions and remind visitors to stay on marked paths and designated lookout areas, and to respect safety signage. Given the altered landscape and unpredictable surf, approaching the old shoreline or walking closer to the cliffs is hazardous and strongly discouraged.

Sources: ARCTIC PORTAL.org.

https://arcticportal.org/

Nouvelles disparitions de maisons en Caroline du Nord // New collapses of houses in North Carolina

Dans une note publiée le 25 novembre 2024, j’indiquais qu’une tempête côtière en Caroline du Nord avait précipité une maison inoccupée dans l’océan, dans le village de Rodanthe, dans le comté de Dare, au large de l’île de Hatteras, le 15 novembre 2024. Il s’agissait de la sixième disparition de maison dans la région cette année-là. Une portion de la Route 12 a été temporairement fermée près du site de l’événement, ainsi que la plage face à Rodanthe, en raison de la présence de débris dangereux. Les visiteurs ont été priés de rester à l’écart de la zone. Le Service météorologique national avait prévu des rafales de vent pouvant atteindre 80 km/h le long de l’île, tout en avertissant d’un risque de submersion par l’océan.
Le 25 novembre 2024, six maisons avaient été avalées par l’océan à Rodanthe depuis mai de la même année. Fin septembre, trois maisons en bord de mer ont disparu en une semaine en raison de violentes tempêtes et de la montée du niveau de la mer. Le village de Rodanthe, ainsi que d’autres villages adjacents au littoral, est particulièrement exposé à l’érosion côtière causée par la combinaison des vents, des vagues, des marées et de la montée des eaux.

Les maisons de plage surélevées, posées sur pilotis, étaient autrefois protégées par les dunes et le sable sec. Mais ces dernières années, les fondations de nombre de ces maisons ont été régulièrement recouvertes, partiellement ou totalement, par l’eau de mer. Lorsque les maisons sont battues par des vents violents et de fortes vagues, l’eau érode le sable qui les soutient, augmentant ainsi les risques d’effondrement.

Crédit photo: USA Today

Aujourd’hui, en octobre 2025, nous apprenons qu’une neuvième maison a été avalée par l’océan sous l’effet de l’érosion accentuée par les vagues générées par les ouragans Humberto et Imelda. L’événement s’est produit plus au nord que les huit précédents.
Une vingtaine d’équipes ont été dépêchées à Buxton pour évacuer les matériaux accumulés. En effet, plusieurs autres maisons risquent encore de s’effondrer car les vagues continuent d’éroder leurs fondations. La hauteur des vagues a atteint jusqu’à 4,20 m le 2 octobre. Des années d’érosion côtière, combinées au passage au large des ouragans Humberto et Imelda, ont provoqué les derniers effondrements.
Depuis 2020, 21 maisons de plage ont ainsi disparu du littoral du Cap Hatteras. Neuf de ces effondrements se sont produits à Buxton depuis la mi-septembre. Les 12 autres ont eu lieu à Rodanthe, le plus récent avant le dernier effondrement a eu lieu en novembre 2024.

https://youtu.be/dD_A3UBrnlM

Source : Médias américains.

La France n’est pas à l’abri de telles disparitions d’habitations dans la mer lorsque surviennent des tempêtes au moment où les coefficients de marée sont élevés et supérieurs à 100. Si une tempête se produit dans de telles conditions, le danger devient très élevé pour la côte, comme on a pu l’observer à plusieurs reprises dans le passé. Dans de nombreux endroits, des enrochements ont été installés mais ils ne sont qu’une protection très provisoire car de puissantes vagues les détruisent rapidement. La seule solution pour lutter contre l’érosion côtière est de s’attaquer à la cause, à savoir le réchauffement climatique et les émissions de gaz à effet de serre.

Les prochaines grandes marées auront lieu du 6 au 10 octobre 2025 avec un coefficient maximal de 110, puis du 5 au 7 décembre 2025 avec un coefficient maximal de 98. Croisons les doigts pour que la mer soit calme…

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In a post released on 25 November 2024, I indicated a North Carolina coastal storm had sent an unoccupied house into the ocean in the village of Rodanthe in Dare County, off the island of Hatteras, on November 15th, 2024, marking the sixth house collapse in the area that year. A portion of Highway 12 was temporarily closed near the collapse, as well as the beach in front of Rodanthe due hazardous debris. Visitors were urged to stay clear of the area The National Weather Service had forecasted wind gusts up to 80 km per hour along the island while also warning of ocean overwash.

On 25 Novemver 2024, a total of six houses had collapsed in Rodanthe since May if that year. In late September, three beachfront houses had collapsed within a week due to intense storms and rising sea levels.

The village of Rodanthe, as well as others adjacent to the seashore, have been especially susceptible to coastal erosion caused by a combination of winds, waves, tides and rising seas. Elevated beach-style homes sitting atop pilings were once protected by dunes and dry sand. But in recent years, the bases of many of these homes have been regularly, either partially or fully, covered with ocean water. When the houses are battered by strong winds and large waves, the water erodes the sand supporting the homes, increasing the chance of collapse.

Today, in October 2025, we learn that a ninth home collapsed unto the ocean due to erosion from waves generated by hurricanes Humberto and Imelda. The event occurred farther north than any of the previous eight.

Around two dozen crews have been dispatched to Buxton for cleanup, as several other homes remain at risk of collapse as surf continues to erode their foundations. Wave heights reached up to 4.2 m on October 2. Years of coastal erosion, combined with the offshore passage of hurricanes Humberto and Imelda, led to the most recent collapses.

Since 2020, 21 privately owned beach homes have collapsed within Cape Hatteras National Seashore. Nine of those collapses occurred in Buxton since mid-September. The remaining 12 took place in Rodanthe, with the most recent before the latest collapse recorded in November 2024.

https://youtu.be/dD_A3UBrnlM

Source : U.S. News media.

Erosion côtière en Alaska : causes et conséquences // Coastal erosion in Alaska : causes and consequences

Au cours de ma conférence « Glaciers en péril, les effets du réchauffement climatique », j’insiste sur les conséquences de la fonte de la glace de mer en Alaska. À mesure que la banquise arctique fond, les côtes déjà fragiles deviennent vulnérables ; elles se trouvent exposées aux vagues au moment des tempêtes. On assiste alors à une accélération de l’érosion qui affecte les personnes et la faune.
Jusqu’à ces dernières années, la glace de mer empêchait les vagues de l’océan de se fracasser contre la côte. Une épaisse couche de glace de mer absorbait la puissance des grosses vagues et les empêchait de déferler sur les plages et contre les falaises. Aujourd’hui, la glace de mer fond et s’éloigne du rivage. L’océan a donc le champ libre pour venir à sa guise saper les côtes et inonder les villages côtiers.

Crédit photo: Wikipedia

Contrairement aux rivages des latitudes moyennes, ceux de l’Arctique sont constitués de pergélisol. Avec des températures plus élevées en été, ce sol dégèle, rendant les côtes arctiques particulièrement sensibles à l’érosion. Le réchauffement de l’eau et l’élévation du niveau de la mer aggravent encore le problème, avec de plus grosses vagues qui viennent frapper les côtes.

Dégel du permafrost dans la toundra (Photo: C. Grandpey)

Deux événements se combinent souvent à l’automne dans l’Arctique : les tempêtes les plus fortes et la plus faible étendue de glace de mer. Après un été de fonte de la glace de mer qui ouvre de vastes étendues d’eau libre, les grosses tempêtes peuvent causer des dégâts considérables, contribuer à l’érosion du littoral et à la perte d’habitat terrestre.
Par exemple, en septembre 2022, le reliquat du typhon Merbok a frappé la côte ouest de l’Alaska avec des vents de force ouragan qui ont obligé à des évacuations, arraché des bâtiments de leurs fondations, sculpté de nouveaux rivages et envoyé entre un et deux mètres d’eau le long de 1 600 kilomètres de côtes. Pour de nombreuses communautés, les dégâts aux infrastructures ont été immédiats. Comme ces communautés dépendent également d’une économie de subsistance, la perte des ressources de la terre a laissé certains habitants dépourvus de réserves pour l’hiver.
Le sol de l’Arctique, autrefois gelé toute l’année, fait maintenant face à plusieurs mois de dégel. Certaines régions dégèlent plus rapidement et plus substantiellement que d’autres. Depuis les années 1990, les températures dans l’Arctique ont augmenté d’environ 0,6 °C par décennie, soit le double de la moyenne mondiale. Les données des services météorologiques de l’Alaska indiquent que de 1971 à 2019, le réchauffement de l’Arctique a été trois fois plus rapide que la moyenne mondiale. Une étude fait même état d’un réchauffement quatre fois plus rapide. Certaines estimations montrent un été sans glace de mer dès 2035. Avec moins de glace de mer pour empêcher les grosses vagues de s’écraser contre les côtes, l’érosion côtière va certainement s’amplifier.
Les températures plus chaudes de l’Arctique font également dégeler le pergélisol. La terre autrefois rigide et solide sous l’effet du gel devient un sol mou et humide qui s’effrite plus facilement sous les assauts des vagues. Le dégel du pergélisol libère également dans les eaux voisines et dans l’atmosphère des gaz à effet de serre autrefois emprisonnés, ce qui accélère le réchauffement climatique. Certaines estimations indiquent que les zones de pergélisol stockent environ 1 700 milliards de tonnes de gaz à effet de serre sous forme de méthane et de dioxyde de carbone ; c’est environ le double du total actuel dans l’atmosphère. Un autre sous-produit du dégel du permafrost est le mercure. Autrefois congelé, il s’échappe désormais dans le sol et les eaux avoisinantes, avec un effet désastreux sur la chaîne alimentaire.

En Alaska, des villages entiers sont déjà confrontés à la nécessité de se déplacer à cause de l’érosion côtière. Le dégel du pergélisol et les vagues érodent le littoral arctique à raison de 50 centimètres par an en moyenne. Dans le nord de l’Alaska, le chiffre atteint 1,40 mètre par an. Sur certains zones littorales comme à Drew Point, en Alaska, l’érosion atteint 20 mètres par an.
Une étude de février 2022 explique que l’érosion pourrait doubler dans l’Arctique d’ici la fin du 21ème siècle. Au fur et à mesure que les scientifiques en sauront davantage sur le moment et l’ampleur de l’érosion côtière dans l’Arctique, les collectivités pourront prendre les mesures nécessaires pour essayer d’y faire face.
Source : National Snow and Ice Data Center (NSIDC).

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During my conference « Glaciers at risk », I insist on the consequences of the melting of the sea ice in Alaska. As Arctic sea ice melts, fragile coastlines become vulnerable to bigger waves from storms, leading to accelerated erosion that impacts people and wildlife.

Up to recent years, sea ice keeps the churning ocean from splashing up against the coast. A thick layer of sea ice absorbs the power of big waves, preventing them from slamming into beaches and sea cliffs. But as sea ice melts and recedes away from shore, the ocean can wear away coastlines and flood seaside villages.

Unlike shorelines in the mid-latitudes, Arctic shorelines have permafrost. With higher temperatures in the summer, these soils are thawing, making Arctic coasts especially sensitive to erosion. Warming water and sea level rise compound the issue further as bigger waves pound the coasts.

Two events often collide in the autumn in the Arctic: the strongest storms and lowest sea ice extent. After a summer of sea ice melt, with large areas of open water, large storms can do considerable damage and contribute to shoreline erosion and terrestrial habitat loss.

For example, in September 2022, remnants of Typhoon Merbok battered Alaska’s western coast with hurricane-force winds, forcing evacuations, uprooting buildings, carving out new shores, and surging one ti two meters of water along 1,600 kilometers of coastline. For many communities, the impact from damage to infrastructures was immediate. However, as these communities also rely on subsistence living, the loss of resources from the land left several residents vulnerable without stocks for the winter.

The Arctic’s soil, once frozen all year round, now faces several months of thaw, with some regions thawing faster and more substantially than others. Since the 1990s, temperatures in the Arctic have been increasing at roughly 0.6°C per decade, twice the rate of the global average. Data from Alaskan weather services indicaate that from 1971 to 2019, the rate of Arctic warming was three times as fast as the global average. Another study suggests a four-fold warming. Some estimates showi a summer free of sea ice as early as 2035. With less sea ice preventing big waves from crashing against the shores, coastal erosion is sure to increase.

Warmer Arctic temperatures are also thawing permafrost, turning once frozen-solid land into soft, wet soil that crumbles more easily with wave attacks. Permafrost thaw also releases once-frozen greenhouse gases into nearby waters and the atmosphere, feeding further warming. Some estimates state that permafrost zones store about 1,700 billion metric tons of carbon, both in methane and carbon dioxide form ; this is about twice the current total within the atmosphere. Another byproduct is the release of once-frozen mercury into soil and nearby waters, polluting the food chain.

In Alaska, entire villages are already facing the need for relocation from coastal erosion. Together, thawing permafrost and waves erode the Arctic coastline at an average rate of 50 centimeters per year. In northern Alaska, the rates are 1.4 meters per year, with some sections, like Drew Point, Alaska, eroding much as 20 meters per year.

A study from February 2022 suggests that erosion may double in the Arctic by the end of the 21st century. As scientists learn more about the timing and magnitude of coastal erosion in the Arctic, communities can develop necessary mitigation and adaptation resources.

Source : National Snow and Ice Data Center (NSIDC).