Kilauea (Hawaï) : L’éruption de 2018 a déclenché la plus grande prolifération de phytoplancton du Pacifique // Kilauea (Hawaii) : The 2018 eruption triggered the biggest Pacific phytoplankton bloom

En mai 2018, le Kīlauea (Hawaï) est entré en éruption*, avec un panache de cendres de près de 8 km de hauteur. Cette éruption, parmi les plus importantes depuis plus de 200 ans, a émis environ 50 kilotonnes de dioxyde de soufre et 77 kilotonnes de dioxyde de carbone par jour.

Crédit photo: USGS

Soufflant de l’est, les alizés ont transporté les cendres vers l’ouest et les ont déposées dans le gyre subtropical du Pacifique Nord, pauvre en nutriments, à environ 2 000 km du volcan. [NDLR : Un gyre océanique (gyre : du grec « rotation ») est un gigantesque tourbillon d’eau océanique formé d’un ensemble de courants marins. Ces vortex sont provoqués par la force de Coriolis. Le gyre subtropical du Pacifique nord est situé entre l’équateur et la latitude 50° N et occupe une surface d’environ 3,4 millions de km². Son courant suit le sens des aiguilles d’une montre. ]
Une étude menée par des scientifiques de l’Université d’Hawaï à Mānoa, de l’Universiti Malaya et de l’Université océanique nationale de Taïwan, publiée en mars 2025 dans le Journal of Geophysical Research: Oceans, fournit des informations sur cet événement qui a déclenché une très importante prolifération de phytoplancton.
Des observations satellitaires ont révélé une importante prolifération de phytoplancton en juin 2018, sur une surface de 1,5 million de km². Cette prolifération, identifiée par les changements de couleur de l’océan, a culminé en juillet et s’est poursuivie jusqu’au début août. À titre de comparaison, la superficie de la prolifération avait environ 5 fois la taille de la Malaisie ou cinquante fois celle de Taïwan.

Les cendres du Kilauea (image du haut) se sont déposées dans la zone où la prolifération de phytoplancton a eu lieu (image du bas) [Source : Université d’Hawaï à Mānoa]

Les cendres ont apporté des nutriments essentiels, notamment du fer et du phosphate, qui ont stimulé la croissance du phytoplancton. Les microbes fixateurs d’azote, capables de survivre sans sources externes d’azote, ont été les principaux responsables de la prolifération. Les eaux pauvres en nutriments du gyre subtropical du Pacifique Nord, combinées à l’apport de cendres, ont créé des conditions favorables à l’événement.
Les facteurs atmosphériques, notamment les précipitations, ont favorisé le dépôt de cendres dans l’océan. Les précipitations locales et les régimes de vent ont influencé la répartition des cendres, contribuant à l’apparition de la prolifération de phytoplancton, à environ 5° au nord de la zone où les cendres s’étaient déposées.
Les conditions océaniques ont également contribué au maintien de la prolifération qui a eu une influence significative sur le cycle du carbone océanique. Les estimations satellitaires ont indiqué qu’elle a produit 1,91 Tg de carbone net, dont 0,34 Tg exporté de la zone euphotique vers des eaux plus profondes. Cette exportation a éliminé près de la moitié du dioxyde de carbone initialement émis par l’éruption, le séquestrant dans l’océan. [NDLR :1 téragramme (Tg) = 1012 grammes ou 106 tonnes.]

Les précédentes éruptions du Kīlauea n’avaient pas provoqué d’efflorescences phytoplanctoniques en haute mer, malgré une activité volcanique régulière au cours des 40 dernières années. Des recherches ont montré que la lave de l’éruption de 2018 a réchauffé les eaux profondes riches en nutriments près de la Grande Île d’Hawaï, déclenchant également un panache phytoplanctonique à proximité. Le transport de cendres sur de longues distances a caractérisé l’événement de 2018.

Source : Journal of Geophysical Research : Oceans – 15 mars 2025, relayé par le site web The Watchers.

*[NDLR : L’éruption de 2018 fut très spectaculaire, mais frustrante pour les volcanophiles. Jugée trop dangereuse par les scientifiques, son accès a été interdit. La plateforme d’observation promise par les autorités n’a jamais existé.]

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Dernière minute : Le HVO vient de m’envoyer un message indiquant que l’activité annonciatrice de l’Episode 24 a débuté dans l’Halemaʻumaʻu le matin du 3 juin 2025. Un dégazage important de SO2, une lueur nocturne et une activité de spattering dans la bouche nord indiquent que le magma est proche de la surface. L’Episode 24 devrait commencer aujourd’hui ou demain.

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In May 2018, Kīlauea volcano (Hawaii) erupted, releasing a plume of ash nearly 8 km high. The eruption, among the largest in over 200 years, emitted about 50 kilotons of sulfur dioxide and 77 kilotons of carbon dioxide per day. The easterly trade winds transported the ash westward, depositing it into the nutrient-poor North Pacific Subtropical Gyre, approximately 2 000 km from the volcano. [Editor’s note: An ocean gyre (from the Greek « rotation ») is a gigantic whirlpool of ocean water formed by a set of ocean currents. These vortices are caused by the Coriolis force. The North Pacific Subtropical Gyre is located between the equator and latitude 50° N and occupies an area of ​​approximately 3.4 million km². Its current follows a clockwise direction.]

A study by scientists from the University of Hawaiʻi at Mānoa, Universiti Malaya, and National Taiwan Ocean University, published in March 2025 in the Journal of Geophysical Research: Oceans, gives information about the event which triggered a massive phytoplankton bloom.

Satellite observations revealed a large phytoplankton bloom in June 2018, covering 1.5 million km2. The bloom, identified by changes in ocean color, peaked in July and continued until early August. As a comparison, researchers reported that the bloom’s area was approximately five times that of Malaysia or 50 times that of Taiwan.

The ash provided essential nutrients, particularly iron and phosphate, which stimulated phytoplankton growth. Nitrogen-fixing microbes, capable of surviving without external nitrogen sources, were primarily responsible for the bloom. The nutrient-poor waters of the North Pacific Subtropical Gyre, combined with the ash input, created favorable conditions for the event.

Atmospheric factors, including precipitation, aided the deposition of ash into the ocean. Local rainfall and wind patterns influenced ash distribution, contributing to the bloom’s occurrence about 5° north of the deposition site.

Oceanic conditions also contributed to the bloom’s maintenance. The bloom significantly influenced the ocean’s carbon cycle. Satellite estimates indicated it produced 1.91 Tg of net carbon, with 0.34 Tg exported from the euphotic zone to deeper waters. This export removed nearly half of the carbon dioxide initially emitted by the eruption, sequestering it in the ocean.

Prior eruptions of Kīlauea had not been connected to open ocean phytoplankton blooms, despite regular volcanic activity over the past 40 years. However, previous research found that lava from the 2018 eruption warmed nutrient-rich deep waters near Hawaiʻi Island, initiating a local phytoplankton plume. The long-distance transport of ash distinguished the 2018 event.

Source : Journal of Geophysical Research: Oceans – March 15, 2025, relayed by the website The Watchers.

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Breaking news : HVO has just sent me a message indicating that Episode 24 precursory activity started within Halemaʻumaʻu during the morning of June 3 2025. Vigorous SO2 degassing, nighttime glow, and intermittent lava spattering in the north vent indicate that magma is close to the surface. Episode 24 is likely to begin today or tomorrow.

Etna (Sicile) : l’éruption du 2 juin 2025 : une piqûre de rappel ! (suite) // Mt Etna (Sicily) : the eruption of June 2nd, 2025 : a wake-up call ! (continued)

Comme je l’ai indiqué précédemment, l’épisode éruptif qui a secoué l’Etna le 2 juin 2025 est terminé, mais l’INGV n’exclut pas une reprise de l’activité dans les prochains jours. Après une chute rapide à la fin de l’activité éruptive, le tremor a montré des irrégularités suivies d’une nouvelle tendance à la hausse.

 

Source : INGV

Une vidéo publiée sur la page Facebook Etna3340 montre comment l’effondrement d’une partie de flanc NE du Cratère sud-est a modifié le profil du volcan.

https://www.lasicilia.it/video/etna-come-e-cambiato-lo-sky-line-dopo-il-crollo-della-parete-del-cratere-di-sud-est-il-video-dallelicottero-2516110/

L’Etna n’est pas considéré comme un volcan aussi dangereux que certains de ses homologues explosifs de la Ceinture de Feu du Pacifique, mais il peut se manifester soudainement et devenir alors dangereux. Comme je l’ai rappelé dans ma dernière note, le phénomène d’hier n’est pas nouveau sur l’Etna. Des événements similaires se sont déjà produits ces dernières années, comme les coulées pyroclastiques du 10 février 2022 et du 11 février 2014. Reste à savoir comment vont réagir la Protection Civile et les autorités locales à l’approche de la saison estivale, avec des milliers de touristes qui veulent grimper sur le volcan.

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As I previously reported, the eruptive episode that shook Mt Etna on June 2, 2025, is over, but INGV does not rule out a resumption of activity in the coming days. After a rapid drop at the end of the eruptive activity, the tremor showed irregularities followed by a new upward trend (see above).

A video posted on the Facebook page Etna3340 shows how the collapse of part of the NE flank of the Southeast Crater altered the volcano’s profile (see link above).

Mt Etna is not considered as dangerous a volcano as some of its explosive counterparts along the Pacific Ring of Fire, but it can erupt suddenly and become dangerous. As I mentioned in my last post, yesterday’s phenomenon is not new to Mt Etna. Similar events have already occurred in recent years, such as the pyroclastic flows of February 10, 2022, and February 11, 2014. It remains to be seen how the Civil Protection and local authorities will react as the summer season approaches, with thousands of tourists planning to climb the volcano.

La nouvelle vie des ours polaires // The new life of polar bears

Avec la hausse des températures en Arctique, plus rapide qu’ailleurs dans le monde, la banquise disparaît, ce qui affecte le mode de vie des animaux de cette partie du monde. L’ours polaire est l’espèce la plus menacée. Avec le manque de glace, les plantigrades sont de plus en plus souvent obligés de vivre sur terre et de changer leur régime alimentaire. J’ai indiqué dans des articles précédents qu’ils se nourrissent d’oies polaires, par exemple. Une équipe de biologistes canadiens s’est rendue à Churchill, au Manitoba, surnommée la « capitale de l’ours polaire », en novembre 2018, où ils ont commencé une étude sur les ours polaires de la région.

Ours polaire (Photo: C. Grandpey)

Le projet des biologistes canadiens visait à « mieux comprendre comment le réchauffement climatique, la captivité et les altérations alimentaires affectent le microbiome intestinal, le régime alimentaire et la santé globale des plantigrades. » Pour ce faire, ils devaient recueillir, via leurs excréments, le microbiome fécal, c’est-à-dire les microbes qui digèrent la nourriture. Ce sont de bons indicateurs de la santé des ours polaires en captivité et dans leur milieu naturel. Il suffit ensuite de comparer les excréments de ces deux univers.
Les scientifiques ont également recueilli des échantillons d’algues sur le rivage dans les zones fréquentées par les ours. Les animaux se nourrissent avec un régime alimentaire à base de maquereau plus riche en protéines et d’algues qui compensent les changements de nourriture auxquels les ours polaires peuvent être confrontés en raison du réchauffement climatique. En effet, le déclin de la glace de mer arctique les oblige à rester sur terre sans accès à leur régime alimentaire traditionnel à base de mammifères marins.
L’équipe scientifique a constaté que les ours polaires en captivité, qui suivent un régime alimentaire riche en protéines pendant longtemps, présentent un microbiome fécal différent et plus diversifié que leurs homologues sauvages, probablement en raison de changements dans leur régime alimentaire et leur habitat.
L’étude révèle que la diminution de la couverture de glace de mer arctique et l’allongement des saisons sans glace réduisent la zone et la fenêtre de temps pendant laquelle les ours polaires peuvent rester sur les plateformes glaciaires. Cela incite certaines populations d’ours à rester plus longtemps sur terre pour y chasser les animaux, ce qui entraîne le passage d’un régime alimentaire riche en graisse de phoque à un régime pauvre en graisse et riche en protéines pendant une période prolongée. S’ils deviennent contraints de rester sur terre en raison d’un manque de glace de mer et doivent survivre grâce à des sources de nourriture terrestres, le régime alimentaire des ours polaires, et donc leur microbiome intestinal, changeront.
L’étude montre que « s’ils parviennent à s’adapter et à survivre, les ours polaires que nous connaissons aujourd’hui seront des animaux très différents ».
Source : Phys.org.

J’ai également expliqué dans des notes précédentes que les ours polaires qui se nourrissent de carcasses de baleines sur le littoral sont souvent amenés à partager leur nourriture avec les grizzlis et qu’une interaction se produit entre les deux espèces.

Grizzly (Photo: C. Grandpey)

Les os de baleines boréales près du village de Kaktovik sont devenus en automne des lieux de rencontre pour les ours polaires ainsi que pour quelques grizzlis en provenance de North Slope. Les os de baleines et la viande qui y subsiste constituent pour les ours une source de nourriture riche en graisse qui fait défaut sur la banquise.

Un résultat inattendu de cette cohabitation entre ours polaires et grizzlis est l’apparition d’une nouvelle espèce d’ours née de l’accouplement entre deux espèces pourtant séparées par 500 000 ans d’évolution. Son nom est encore incertain car cet animal reste extrêmement rare : pizzly, grolar, nanulak [ours polaire (nanuk) et grizzly (aklak)]. Cela fait longtemps que l’on sait que le grizzly et l’ours polaire sont biologiquement et génétiquement compatibles, cette hybridation s’étant déjà produite dans des zoos. En 2009, on comptait 17 individus connus, dont un frère et une sœur au zoo allemand d’Osnabrück.

 Nanulak (Crédit photo: France Info)

Pour certains scientifiques, cet hybride plus adapté au mode de vie terrestre pourrait remplacer l’ours polaire. Cependant, cette évolution ne se fera pas en quelques années. Selon les chercheurs, il faudra des centaines de générations pour que nous observions un authentique nouveau type d’ours.

Pour mieux connaître l’ours.  Commande du livre à grandpeyc@club-internet.fr

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With temperatures in the Arctic rising faster tah elsewhere in the world, sea ice is disappearing, which affects the way of life of the animals in that part of the world. Polar bears is the most threatened species. With the lack of ice, they are more and more often obliged to live on land and change their food diets. I indicated in previous posts that they feed on polar geese, for instance. A team of Canadian biologists travelled to Churchill, Manitoba, dubbed the « Capital of Polar Bears, »in November 2018 where they started a research on polar bears in the region.

The biologists’ project was aimed at « better understanding how global warming, captivity and food alterations affect the gut microbiome, diet, and overall health of the plantigrades. To do that, they needed to collect the fecal microbiome, i.e. microbes that digest food and are a good indicator of health of captive and wild polar bears and compare them. »

The scientists also needed to gather seaweed samples from the shore in areas frequented by bears. The animals are fed a higher protein mackerel-based diet and the seaweed compensates for the changes polar bears may face due to global warming, particularly as the decline in Arctic Sea ice forces them to remain onshore without access to their traditional marine mammal-based diet.

The scientific team found that the captive polar bears, who had been on a long-term high-protein diet, exhibited a more diverse and distinct fecal microbiome than their wild counterparts, likely due to dietary and habitat shifts.

The study reveals that shrinking Arctic Sea ice coverage and extended ice-free seasons reduce the area and window of time polar bears can spend on the ice platform. That is causing some populations to increase their land use to hunt for terrestrial animals, resulting in a switch from a fat-rich diet of seals to a low-fat, high protein diet for an extended period. Should they become landlocked due to a lack of sea ice and have to survive on terrestrial food sources, their diet and therefore gut microbiome will change.

The study shows that « if they are able to adapt and survive, the polar bears we know now will be very different animals. »

Source : Phys.org.

I also explained in previous posts that polar bears feeding on whale carcasses on the seashore are often led to share the food with grizzlies and that intraction occurs between the two species. The bowhead bone piles near the village of Kaktovik have become autumn gathering spots for polar bears and even some North Slope grizzlies. The piles give the bears a source of high-fat food that they are lacking on the ice.

An unexpected result of this cohabitation between polar bears and grizzlies is the appearance of a new species of bear born from the mating between two species separated by 500,000 years of evolution. Its name is still uncertain because this animal remains extremely rare: pizzly, grolar, nanulak [polar bear (nanuk) and grizzly bear (aklak)] … It has been known for a long time that grizzly and polar bears are biologically and genetically compatible as this hybridization already occurred in zoos. In 2009, there were 17 known individuals, including a brother and a sister in the German zoo of Osnabrück.
For some scientists, this more earth-friendly hybrid could replace the polar bear. However, this evolution will not happen in a few years. Researchers say it will take hundreds of generations to see an authentic new type of bear.

Etna (Sicile) : l’éruption du 2 juin 2025 : une piqûre de rappel ! // Mt Etna (Sicily) : the eruption of June 2nd, 2025 : a wake-up call !

Au cours des dernières heures, l’Etna a connu une nouvelle crise éruptive qui a mis en émoi les réseaux sociaux. En fait, l’événement n’a duré que quelques heures et la situation est redevenue normale sur le volcan. Voici le déroulement de l’épisode éruptif, tel qu’il a été décrit par l ‘ INGV :

À partir d’environ 1h50 UTC le 2 juin 2025, les images des caméras du système de surveillance ont montré une activité strombolienne au niveau du cratère Sud-Est.

À partir d’environ 22h00 UTC le 1er juin, l’amplitude moyenne du tremor volcanique a augmenté progressivement pour atteindre un niveau élevé, vers 0h50. La source du tremor se situait près du cratère Sud-Est, à une altitude d’environ 2800 m au-dessus du niveau de la mer.

Un communiqué de l’INGV émis à 02h14 UTC le 2 juin 2025 indiquait que les explosions stromboliennes se poursuivaient avec une intensité croissante, avec des retombées de cendres dans le secteur de Piano Vetore. L’activité alimentait un léger débordement de lave depuis le bord sud du Cratère Sud-Est, avec une modeste coulée de lave en direction de la Valle del Bove.

A 9h24 UTC, les images des caméras montraient une coulée pyroclastique probablement produite par un effondrement de matériaux au niveau du flanc nord du Cratère Sud-Est. La coulée n’a pas dépassé le bord de la Valle del Leone. Parallèlement, l’activité explosive du cratère Sud-Est s’est transformée en fontaine de lave. Le tremor a atteint des valeurs très élevées.

A 9h55 UTC ce 2 juin 2025, un bulletin de l’INGV indiquait que l’épisode éruptif était terminé. L’activité explosive du Cratère Sud-Est a généré trois coulées de lave : une vers le sud, une seconde vers l’est et la dernière, qui a pris naissance à la base du flanc nord du cratère Sud-Est, vers le nord. Toutes les coulées sont en cours de refroidissement. La coulée pyroclastique s’est propagée vers le nord-est, atteignant la paroi nord de la Valle del Bove. D’un point de vue sismique, le tremor est revenu à des valeurs faibles.

Image de l’éruption issue des réseaux sociaux

L’épisode éruptif est terminé. Il ne s’agit pas d’une éruption majeure, mais elle est survenue sans prévenir, comme cela se prduit assez fréquemment sur l’Etna, comme j’en ai fait l’expérience il y a quelques années. Des images publiées sur les réseaux sociaux montrent de longues files de personnes se précipitant sur le versant du volcan pour s’éloigner de l’explosion. Selon le propriétaire d’une agence de voyages, il y avait 40 personnes sur L’Etna au moment de l’éruption. Une douzaine d’agences de voyages conduisent leurs clients en permanence sur l’Etna. Tous les touristes et randonneurs présents sur le volcan au moment de l’éruption sont sains et saufs

Cet événement devra servir de piqûre de rappel aux autorités et aux guides; comme je l’ai indiqué plus haut, le volcan peut se manifester sans prévenir. Il y a déjà eu des morts pendant de tels réveils. Le 12 septembre 1979 un groupe de touristes s’est fait surprendre par un brutal réveil de la Bocca Nuova. 9 personnes sont mortes et 23 autres ont été blessées. Il est fort à parier que les restrictions d’accès vont être renforcées à l’aube de la saison estivale. Si un drame se produisait, la justice chercherait très vite les responsables…

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In the last few hours, Mount Etna experienced a new eruption that caused a stir on social media. In fact, the event lasted only a few hours, and the situation on the volcano has since returned to normal. Here is the sequence of events, as described by INGV:

Starting at approximately 1:50 UTC on June 2, 2025, images from the surveillance system cameras showed Strombolian activity in the Southeast Crater.

Starting at approximately 22:00 UTC on June 1, the average amplitude of the volcanic tremor gradually increased, reaching a high level around 0:50. The source of the tremor was located near the Southeast Crater, at an altitude of approximately 2,800 m above sea level.

An INGV statement issued at 02:14 UTC on June 2, 2025, indicated that Strombolian explosions continued with increasing intensity, with ashfall in the Piano Vetore area. The activity was feeding a slight lava overflow from the southern rim of the Southeast Crater, with a modest lava flow toward the Valle del Bove.

At 09:24 UTC, camera images showed a pyroclastic flow likely produced by a collapse of material on the northern flank of the Southeast Crater. The flow did not extend beyond the rim of the Valle del Leone. At the same time, the explosive activity in the Southeast Crater turned into a lava fountain. The tremor reached very high values.

At 9:55 UTC on June 2, 2025, an INGV bulletin indicated that the eruptive episode was over. The explosive activity at the Southeast Crater generated three lava flows: one toward the south, a second toward the east, and the last one, which originated at the base of the northern flank of the Southeast Crater, toward the north. All flows are currently cooling. The pyroclastic flow travelled northeast, reaching the northern wall of the Valle del Bove. From a seismic perspective, the tremor has returned to low values.

The eruptive episode is over. It wasn’t a major eruption, but it occurred without warning, as happens quite frequently on Mt Etna, as I experienced a few years ago. Images posted on social networks show long lines of people rushing down the slope of the volcano to get away from the explosion. According to the owner of a travel agency, there were 40 people on Mt Etna at the time of the eruption. A dozen travel agencies permanently take their clients to Mt Etna. All tourists and hikers present on the volcano at the time of the eruption are safe and sound.
This event should serve as a wake-up call to authorities and guides; as I mentioned above, the volcano can erupt without warning. There have already been deaths during such events. On September 12, 1979, a group of tourists were surprised by a sudden explosion of Bocca Nuova. Nine people died and 23 others were injured. It’s a safe bet that access restrictions will be tightened as the summer season approaches. If a tragedy were to occur, justice would quickly seek those responsible…