Réchauffement climatique : cratères d’explosion dans la toundra // Global warming : explosion craters in the tundra

Un chapitre de ma conférence « Glaciers en péril » est consacré au dégel du permafrost dans l’Arctique. J’explique que cette situation peut conduire à des phénomènes étranges comme les cratères découverts il y a une dizaine d’années en Sibérie. Au début, les gens se demandaient ce qui avait pu les provoquer. Toutes sortes d’hypothèses ont été émises, y compris des théories sur les extraterrestres. Certains cratères sont impressionnants et assez profonds pour contenir un immeuble de 15 étages. Les scientifiques ont observé le premier cratère en 2014 et en ont découvert une vingtaine d’autres dans les années qui ont suivi.
Il était évident, dès le début, que ces cratères étaient causés par des explosions dans le sous-sol. Leur cause est vite devenue un sujet de débat, mais tout le monde était d’accord pour dire que ce type de cratères d’explosion était rare et ne se formait que dans des conditions géologiques spécifiques. Il était également clair que ces puissantes explosions étaient liées au réchauffement climatique. Donc, comme la planète continue de se réchauffer, d’autres cratères allaient probablement apparaître. Lorsque les explosions se produisent, elles libèrent dans l’atmosphère du méthane, un gaz à effet de serre extrêmement puissant, qui contribue à son tour au réchauffement climatique.
On rencontre ces cratères dans des régions du monde recouvertes de pergélisol, comme la Sibérie et le nord du Canada, là où le sol est gelé en permanence depuis des millénaires. À mesure que la température de la planète augmente, des poches de pergélisol dégèlent partout dans le monde. Cela a permis la découvertes de mammouths et d’autres animaux préhistoriques.
Des concentrations de méthane sont piégées profondément sous terre dans le pergélisol dans des hydrates de méthane, c’est à dire des composés solides, résultat de la cristallisation d’un mélange d’eau et de méthane sous certaines conditions de température et de pression. Les chercheurs s’accordent largement à dire que lorsque ces hydrates sont endommagés, ils libèrent du méthane. C’est ce qui, très probablement, a déclenché les explosions en Sibérie.
Les scientifiques ne savent pas comment les hydrates peuvent être endommagés. Au début, ils pensaient que le réchauffement du pergélisol, résultant du réchauffement de l’Arctique, pouvait à terme déstabiliser la couche d’hydrates et libérer ainsi du méthane explosif, mais aucun modèle physique n’a été présenté pour expliquer cette hypothèse. De plus, les scientifiques ont découvert qu’il faudrait des siècles pour que ce processus déclenche une explosion, alors que l’Arctique ne s’est considérablement réchauffé que depuis quelques décennies.
Cela signifie que quelque chose d’autre s’est produit. Les scientifiques ont trouvé la pièce manquante de leur puzzle en passant au peigne fin les études géologiques du passé. Elles avaient identifié des cryopegs, juste au-dessus des hydrates de méthane en Sibérie. Un ‘cryopeg‘ est une couche de sol non gelé, mais faisant partie du pergélisol, dans laquelle la congélation est empêchée par une dépression du point de congélation due à la teneur en solides dissous de l’eau interstitielle. Normalement, les cryopegs sont stables, mais les chercheurs ont réalisé que la chaleur de l’été était susceptible de menacer cette stabilité. En été, le sol dégèle et, selon les scientifiques, cette eau de fonte serait ensuite attirée vers les cryopegs par osmose, autrement dit en suivant le même processus qui permet à l’eau de grimper, en faisant fi de la gravité, dans les plantes hautes.
Toujours selon les chercheurs, l’eau de fonte augmente la pression à l’intérieur des cryopegs. Cette pression fissure le sol vers la surface, ce qui déclenche une inversion drastique de pression. C’est ce changement de pression qui endommagerait les hydrates de méthane et déclencherait une explosion.
La Sibérie aura probablement davantage de cratères d’explosion dans les années à venir avec la hausse des températures dans le monde. C’est un problème car le méthane libéré par ces explosions est un gaz à effet de serre extrêmement puissant.
On ne sait pas exactement quelle quantité de méthane est libérée par ces explosions, mais si l’on se place dans le contexte global du réchauffement climatique, cette quantité est minime. Le dégel du pergélisol est un problème beaucoup plus important car il contient des concentrations non seulement de méthane mais aussi de dioxyde de carbone qui sont libérées dans l’atmosphère lorsqu’il dégèle.
Source : Business Insider via Yahoo News.

Cratères d’explosion en Sibérie (Crédit photo: The Siberian Times)

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A chapter of my conference « Glaciers at risk » is dedicated to the thawing of the permafrost in the Arctic. I explain that this situation may lead to strange phenomena like the craters that were discivered about ten years ago in Siberia. At the beginning, people wondred what could have caused them to happen. All sorts of hypotheses were released, including theories about aliens. Some of them are are giant craters, deep enough to fit a 15-story building. Scientists observed the first crater in 2014 and have found about 20 more in the years since.

It was clear from the beginning that the craters were caused by some type of explosion deep underground. What’s triggering the explosions became a topic of debate but it became obvious thzt these types of exploding craters were rare and only formed under specific geologic conditions. It was also clear that these massive eruptions were linked to global warming, and as the planet continues to warm, more craters will likely erupt. When the explosions happen, they release methane, a highly potent greenhouse gas into the atmosphere, which in turn contributes to global warming.

The craters are found in regions of the world covered with permafrost, like Siberia and northern Canada where the soil has been permanently frozen for millennia. As global temperatures climb, pockets of permafrost are thawing worldwide. This has led to some spectacular discoveries of mammoths and other prehistoric animals.

Concentrated amounts of the highly explosive greenhouse gas methane are trapped deep underground in the permafrost in ice-like solids called methane hydrates. Researchers widely agree that when these hydrates are damaged, they release methane gas, which is what is triggering the explosions in Siberia.

How the hydrates are damaged, though, is less clear. Initial theories suggested that warming permafrost, as a result of the warming Arctic, could ultimately destabilize the hydrate layer, releasing explosive methane gas. But no physical model was presented to explain this hypothesis. Scientists found that it would take centuries for the process to trigger an explosion, whereas the Arctic had only been significantly warming over decades.

This means something else was happening or magnifying this effect. Scientists found the missing piece to their puzzle when they scrutinized past geological surveys that had identified pools of liquid water, called cryopegs, just above the methane hydrates in Siberia. A cryopeg is a layer of unfrozen ground that is perennially cryotic (forming part of the permafrost), in which freezing is prevented by freezing-point depression due to the dissolved-solids content of the pore water. Normally, the cryopegs are stable, but the researchers realized that the summer would threaten this stability. In summer, frozen soil at the surface thaws. That meltwater is then pulled down toward the cryopegs via osmosis, the same process that helps water climb against gravity through tall plants.

The meltwater increases the pressure inside the cryopegs. That pressure cracks the soil leading to the surface, which triggers a drastic reverse in pressure. And that pressure change is what damages the methane hydrates, triggering an explosion.

Siberia will likely have more explosive craters in the coming years as global temperatures continue to warm. This a problem because the methane these explosions release is a highly potent greenhouse gas.

It’s unclear exactly how much methane these explosions release, but in the global climate change, they are a small matter. Thawing permafrost is a larger concern because it contains concentrations of not only methane but also carbon dioxide that is released into the atmosphere when it thaws.

Source : Business Insider via Yahoo News.

Islande : renforcement des digues de terre autour de Svartsengi // Iceland : protective barriers being reinforced around Svartsengi

Des travaux sont en cours pour ériger des digues de terre au nord-est et au nord-ouest de la centrale électrique de Svartsengi afin de protéger les infrastructures contre les prochaines éruptions. Le soulèvement du sol a repris dans la zone, ce qui indique une nouvelle accumulation de magma avec la probabilité d’une éruption dans les prochains mois.
Les travaux sont entrepris sur la base de modèles scientifiques. Après chaque éruption, la situation doit être réévaluée. Les volcanologues islandais ont créé des modèles de coulées de lave qui indiquent que si une éruption semblable à la précédente se produit, la centrale électrique sera en danger. Les autorités islandaises soulignent que toutes les mesures nécessaires seront prises pour protéger le site et l’érection des digues de terre en fait partie. Elles doivent être surélevées de quatre à six mètres, ce qui nécessite 250 000 mètres cubes de matériaux pour cet ajout.
Le projet devrait coûter entre 8,5 et 10,2 millions d’euros. Le coût total de la construction de ces remparts a déjà dépassé les 69 millions d’euros. Le coût de la mise en place des digues de terre semble très élevé, mais si la centrale est détruite par une éruption, la perte pourrait se chiffrer en milliards par jour. Par conséquent, il s’agit d’une mesure de protection civile nécessaire pour assurer à la fois la sécurité des personnes et la poursuite du fonctionnement normal des entreprises dans la région de Reykjanes.
Source : Iceland Review.

Source: Protection Civile

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Efforts are underway to raise protective barriers to the northeast and northwest of the Svartsengi Power Plant to mitigate risks from potential future eruptions. Signs of land uplift in the area indicate renewed magma accumulation and another eruption is likely in the next months.

The work is undertaken on the basis of scientific models. After each eruption, the situation needs to be reassessed. Icelandic volcanologists have created lava flow models, and all of these models indicate that if an eruption occurs that is similar to the last one, the power plant will be at risk. Icelandic authorities emphasise that all necessary measures will be taken to safeguard the power plant, with the raising of barriers being one such response. The barriers are to be raised by four to six metres, which requires 250,000 cubic meters of material for this addition.

The project is expected to cost an estimated 8.5-10.2 million euros. The total cost of constructing the barriers has already exceeded 69 million euros. The cost of raising barriers looks very high but if the power plant gets destroyed by an eruption, the resulting cost could run into billions per day. As a consequence, it is a necessary civil protection measure to ensure both the safety of lives and the continued operation of businesses in the Reykjanes area in a normal manner.

Source : Iceland Review.

Le dégel inquiétant de la toundra // The worrying thaw of the tundra

Après avoir emprisonné du dioxyde de carbone (CO2) dans son sol gelé pendant des millénaires, la toundra arctique est en train de connaître une transformation spectaculaire, accélérée par de fréquents incendies de végétation qui la transforment en une source d’émissions de CO2. Elle émet désormais plus de carbone qu’elle n’en stocke, ce qui aggravera les effets du réchauffement climatique. C’est la conclusion du rapport 2024 sur l’Arctique de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA). Le rapport révèle que la température annuelle de l’air à la surface de l’Arctique en 2024 a été la deuxième plus chaude jamais enregistrée depuis 1900.
Le rapport se base sur la moyenne des observations effectuées et consignées entre 2001 et 2020. Ses auteurs expliquent que le réchauffement climatique exerce un double effet sur l’Arctique. S’il stimule la productivité et la croissance des plantes, ce qui élimine le dioxyde de carbone de l’atmosphère, il entraîne également une augmentation de la température de l’air à la surface qui provoque le dégel du pergélisol. Le dégel du permafrost libère du carbone auparavant piégé dans le sol gelé sous forme de dioxyde de carbone et de méthane – deux puissants gaz à effet de serre – par décomposition microbienne.

Photo: C. Grandpey

En 2024, l’Alaska a enregistré la deuxième plus chaude température du pergélisol jamais enregistrée. Le réchauffement climatique d’origine anthropique intensifie également les feux de de végétation dans les hautes latitudes ; ils ont augmenté en superficie brûlée, en intensité et en émissions de carbone associées. Ces incendies brûlent non seulement la végétation et la matière organique du sol, tout en libérant du carbone dans l’atmosphère, mais ils font disparaître également les couches isolantes du sol, ce qui accélère le dégel du pergélisol à long terme et les émissions de carbone qui y sont associées. Le rapport précise que depuis 2003, les émissions des feux de forêt dans l’Arctique ont atteint en moyenne 207 millions de tonnes de carbone par an. 2023 a été l’année où on a observé les feux de forêt les plus importantes jamais enregistrées.C’est en raison de ceux du Canada qui ont brûlé plus de deux fois plus de végétation que pendant toute autre année. Les incendies ont émis au Canada près de 400 millions de tonnes de carbone, soit plus de deux fois et demie les émissions en provenance de tous les autres secteurs.

Les feux ‘zombies’ viennent s’ajouter aux incendies de végétation traditionnels (Crédit photo: The Siberian Times)

Les températures plus chaudes ont également un impact sur la faune sauvage. Le rapport révèle que le nombre de caribous a diminué de 65 % dans la toundra au cours des deux à trois dernières décennies. La chaleur estivale perturbe leurs déplacements et leurs conditions de vie, tout comme les changements dans les conditions de neige et de glace en hiver.

Rennes dans la toundra (Photo: C. Grandpey)

À côté de cela, les populations de phoques en Alaska restent en bonne santé. Le rapport n’a constaté aucun impact négatif à long terme sur la condition physique, l’âge de maturité, le nombre de grossesses ou la survie des petits parmi les quatre espèces de phoques vivant sur la banquise dans les mers de Béring, des Tchouktches et de Beaufort.
Source : NOAA, AFP.

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After locking carbon dioxide CO2) in its frozen soil for millennia, the Arctic tundra is undergoing a dramatic transformation, driven by frequent wildfires that are turning it into a net source of CO2 emissions. It is now emitting more carbon than it stores, which will worsen global warming impacts,This is the conclusion of the National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA)’s 2024 Arctic Report Card, which reveals that annual surface air temperatures in the Arctic in 2024 were the second-warmest on record since 1900.

The report is based on an average of observations recorded from 2001-2020. Its authors say that climate warming exerts dual effects on the Arctic. While it stimulates plant productivity and growth, which removes carbon dioxide from the atmosphere, it also leads to increased surface air temperatures that cause permafrost to thaw. Thawing permafrost releases carbon previously trapped in frozen soil as carbon dioxide and methane — two potent greenhouse gases — through microbial decomposition.

In 2024, Alaska recorded its second-warmest permafrost temperatures on record. Human-caused global warming is also intensifying high-latitude wildfires, which have increased in burned area, intensity, and associated carbon emissions. Wildfires not only combust vegetation and soil organic matter, releasing carbon into the atmosphere, but they also strip away insulating soil layers, accelerating long-term permafrost thaw and its associated carbon emissions. The report specifies that since 2003, circumpolar wildfire emissions have averaged 207 million tons of carbon annually. 2023, was the largest fire year on record due to Canadian wildfires, which burned more than twice any other year on record in Canada. The fires emitted nearly 400 million tons of carbon, more than two-and-a-half times the emissions from all other sectors in Canada combined.

Warmer temperatures are impacting wildlife too, with the report finding tundra caribou numbers have decreased by 65 percent over the past two to three decades. The summer heat is disrupting their movements and survival, alongside changes to winter snow and ice conditions.

Surprisingly, however, Alaska’s ice seal populations remain healthy. The report found no long-term negative impacts on body condition, age of maturity, pregnancy rates, or pup survival for the four species of ice seals inhabiting the Bering, Chukchi, and Beaufort seas.

Source : NOAA, AFP.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

En Islande, l’éruption sur la chaîne de cratères de Sundhnúkagígar a pris fin le 8 ou le 9 décembre 2024. Elle avait commencé le 20 novembre 2024 et a duré 18 jours. Le soulèvement du sol a repris dans le secteur de Svartsengi, annonçant une probable éruption dans plusieurs semaines.
Source : Met Office.

Crédit photo : Iceland Monitor

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Toujours en Islande, selon le Met Office, l’inflation et la sismicité semblent indiquer une importante arrivée de magma sous le Bárðarbunga.
Le Met Office indique qu’il y a des signes d’inflation sur le volcan depuis la fin de l’éruption dans l’Holuhraun en février 2015. En 2022, la vitesse de l’inflation a légèrement ralenti mais a repris par la suite. Les changements ne sont pas significatifs, mais l’inflation se poursuit depuis dix ans.
Un séisme de magnitude M5,1 a frappé le Bárðarbunga le 8 décembre 2024 dans la soirée. Il s’agit de la quatrième secousse de magnitude M5,0 ou plus cette année.
La sismicité et l’inflation tendent donc à montrer qu’il y a une arrivée de magma depuis la fin de la dernière éruption.
Après la dernière éruption du Bárðarbunga, la caldeira s’est affaissée de 65 à 70 mètres, mais le Met Office ne dispose pas de mesures indiquant si la caldeira a recommencé à se soulever.
Au cours des dernières semaines, le Met Office islandais a commis quelques erreurs dans ses prévisions éruptives sur la péninsule de Reykjanes. Il est préférable d’attendre et voir si une activité éruptive est susceptible de démarrer sur le Bárðarbunga dans les prochains jours ou les prochaines semaines.

Image de l’éruption de 2014 dans l’Holuhraun (Crédit photo: Protection Civile)

Affaissement de la caldeira après la dernière éruption (Crédit photo: Garde côtière)

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Comme je l’ai indiqué au moment de l’événement, une puissante éruption d’une durée de 7 minutes a eu lieu sur le Kanlaon (Philippines) à 15h03 (heure locale) le 9 décembre 2024, avec un très volumineux panache de cendres qui s’est élevé à environ 6,7 km au-dessus du niveau de la mer, et des coulées pyroclastiques. Le niveau d’alerte a été relevé de 2 à 3. Les autorités philippines ont ordonné l’évacuation d’urgence de 87 000 personnes vivant dans un rayon de 6 km autour du sommet du volcan. En milieu de semaine, le PHIVOLCS signalait encore des séquences d’émissions de cendres durant plusieurs dizaines de minutes.
L’Institut a averti qu’une exposition prolongée aux cendres et au SO2, en particulier dans les localités proches des zones d’accumulation, peut irriter les yeux, la gorge et les voies respiratoires. Les personnes particulièrement sensibles sont celles souffrant d’asthme, de maladies pulmonaires, de problèmes cardiaques, les personnes âgées, les femmes enceintes et les enfants. Il est conseillé aux habitants des zones concernées de limiter leur exposition en évitant les activités de plein air. Il est également conseillé d’utiliser des masques N95 pour sortir et de boire beaucoup d’eau pour soulager l’irritation de la gorge.

Source : PHIVOLCS.

Crédit photo : PHIVOLCS

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Toujours aux Philippines, l’activité éruptive se poursuit sur le Taal. Les émissions de vapeur et de cendres montent entre 300 mètres et 1,2 km au-dessus du cratère. On enregistre des périodes de tremor volcanique. Un séisme d’origine volcanique a été enregistré le 8 décembre 2024. Les émissions de SO2 atteignent en moyenne 1 207 à 3 964 tonnes par jour. Le niveau d’alerte reste à 1 (sur une échelle de 0 à 5) ; le PHIVOLCS rappelle au public que l’ensemble de Taal Volcano Island est une zone de danger permanent (PDZ).
Source : PHIVOLCS.

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En Indonésie, le niveau d’alerte reste à 2 pour le Dempo et à 3 pour l’Ibu. Il est également maintenu à 2 pour le Dukono mais pour ce volcan la zone d’exclusion a été étendue à 4 km du cratère Malupang Warirang.
Le niveau d’alerte est maintenu à 4 (le maximum) pour le Lewotobi. Le 6 décembre 2024, la zone d’exclusion a été modifiée, interdisant l’entrée dans un rayon de 6 km du sommet du Laki-laki et de 7 km dans un demi-cercle dans le sens inverse des aiguilles d’une montre du NE au SO.
Source : PVMBG.

Vue du Lewotobi (Crédit photo: GVN)

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L’activité éruptive continue sur le Stromboli (Sicile). Les images de la webcam montrent une activité strombolienne dans quatre bouches de la zone N, dans la partie supérieure de la Sciara del Fuoco et dans trois bouches de la zone C-S (centre-sud). Les bouches de la zone N produisent des explosions d’intensité faible à moyenne à un rythme de 9 à 13 événements par heure, avec des projections de lapilli et de bombes à moins de 150 m de hauteur. Les explosions des bouches de la zone C-S éjectent des matériaux à plus de 250 m de hauteur à un rythme de 3 à 8 événements par heure. Des épisodes de spattering intenses dans la zone N ont provoqué un débordement de lave le 4 décembre 2024 et la formation d’une coulée de lave qui est descendue dans la partie supérieure de la Sciara del Fuoco. Elle est restée active pendant environ deux heures.
Source : INGV.

Source: INGV

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Une nouvelle éruption a été observée sur le volcan sous-marin Home Reef (îles Tonga centrales) grâce à des images satellite acquises le 7 décembre 2024. C’est la deuxième activité éruptive sur ce volcan cette année. Les images satellite Sentinel-2 ont montré une forte anomalie thermique, correspondant à des coulées de lave récentes sur les versants nord et ouest du volcan. L’éruption a généré un panache de cendres qui s’est étiré sur 8 km.

Le volcan se trouve sur l’arc volcanique de Tofua, une zone de subduction caractérisée par une croûte océanique de moins de 15 km d’épaisseur.

Source : Tonga Services.

 

Home Reef le 7 décembre 2024 (Source : satellite-2 Copernicus)

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Le nombre de séismes peu profonds, d’origine volcanique, a augmenté sous le cratère Furudake de Kuchinoerabujima (Arc volcanique Ryukyu / Japon) avec 30 événements les 5 et 6 décembre 2024. Aucun changement n’a été observé dans les zones géothermales. Les émissions de SO2 sont faibles et fluctuent entre 30 et 60 tonnes par jour. Aucune déformation du sol n’a été détectée depuis novembre 2023. Le niveau d’alerte a été relevé à 2 (sur une échelle de 1 à 5) le 6 décembre 2024 et le public est invité à faire preuve de prudence dans un rayon de 1 km des cratères Shindake et Furudake et dans un rayon de 2 km sur le flanc ouest du cratère Shindake.
Source : JMA.

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Une image satellite du 7 décembre 2024 a montré que l’activité persiste sur le Nyamuragira (RDC). Une anomalie thermique est visible dans le cratère sommital. La zone la plus intense se situe juste au NE de la partie centrale du cratère.
Source : Copernicus.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity in the world:

In Iceland, the eruption at the Sundhnúkagígar crater row ended on 8 or 9 December 2024. It had started on 20 November 2024 and lasted 18 days. Ground uplift has resumed in the Svartsengi area, indicating a probable eruption in several weeks.
Source: Met Office.

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Still in Iceland, according to the Met Office, inflation and seismicity sems to indicate active magma inflow into Bárðarbunga.

The Met Office says there have been clear signs of inflation at the volcano since the Holuhraun eruption ended in February 2015. In 2022, the speed of inflation slowed slightly but has begun to increase again. The changes have not been significant, but the inflation has been ongoing for ten years.

An M 5.1 earthquake struck Bárðarbunga on December 8th, 2024 in the evening. This is the fourth M5.0 or above earthquake this year.

Both seismicity and inflation tend to show that there has been magma inflow since the last eruption ended.

After the last eruption of Bárðarbunga, the caldera sank by about 65-70 meters, but the Met Office does not have measurements that show whether the caldera has started to rise again.

In the past weeks, the Icelandic Met Office made some errors in its eruptive prediction. We just need to wait and see if some eruptive activity may start at Bárðarbunga in the next days or weeks.

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As I put it when the event occurred, a powerful explosive eruption lasting 7 minutes took place at Kanlaon (Philippines) at 15:03 (local time) on December 9th, 2024, producing a massive ash plume that rose to about 6.7 km above sea level and pyroclastic flows. The Alert Level was raised from 2 to 3. Philippine authorities ordered the urgent evacuation of 87 000 people living in a 6 km radius from the summit of the volcano.

By mid-week, PHIVOLCS still reported instances of ash emissions lasting several tens of minutes.

It warned that prolonged exposure to ash and SO2, especially for communities near accumulation zones, can irritate the eyes, throat, and respiratory tract. Those particularly sensitive include individuals with asthma, lung disease, heart conditions, the elderly, pregnant women, and children. Residents in affected areas are advised to limit their exposure by avoiding outdoor activities. It is also advised to use an N95 facemask if going outside and drink plenty of water to alleviate throat irritation.

Source : PHIVOLCS.

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Still in the Philippines, eruptive activity continues at Taal. Daily emissions rise 0.3-1.2 km above the crater. There are periods of volcanic tremor. A volcanic earthquake was recorded on 8 December 2024. SO2 emissions average 1,207-3,964 tonnes per day. The Alert Level remains at 1 (on a scale of 0-5); PHIVOLCS reminds the public that the entire Taal Volcano Island is a Permanent Danger Zone (PDZ).

Source : PHIVOLCS.

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In Indonesia, the alert level remains at 2 for Dempo and at 3 for Ibu. It is also kept at 2 for Dukono but for this volcano the exclusion zone was increased to 4 km from the Malupang Warirang Crater.

The alert level is kept at 4 (the maximum) for Lewotobi. On 6 December 2024, the exclusion zone was modified, prohibiting entry within a radius of 6 km from the center of Laki-laki and 7 km in a semicircle counterclockwise from the NE to the SW.

Source : PVMBG.

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Eruptive activity continues at Stromboli (Sicily). Webcam images show Strombolian activity at four vents in Area N within the upper part of the Sciara del Fuoco and at three vents in Area C-S (South-Central Crater) on the crater terrace. The vents in Area N produce low-to-medium intensity explosions at a rate of 9-13 events per hour, ejecting lapilli and bombs less than 150 m above the vents. Explosions at the vents in Area C-S eject material more than 250 m above the vent at a rate of 3-8 events per hour. Intense spattering at Area N triggered a lava overflow on 4 December 2024 and the formation of a lava flow that descended the upper part of the Sciara del Fuoco and was active for about two hours.

Source : INGV.

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A new eruption was observed at Home Reef submarine volcano (central Tonga islands) through satellite imagery acquired on December 7th, 2024. This was the second eruptive activity at this volcano this year. Sentinel-2 satellite images showed a strong thermal anomaly, indicating fresh lava flows along the northern and western slopes of the volcano. The eruption produced an ash plume extending over 8 km.

The volcano is located along the Tofua Volcanic Arc, a subduction zone characterized by oceanic crust less than 15 km thick.

Source : Tonga Services.

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The number of shallow volcanic earthquakes increased beneath Kuchinoerabujima’s Furudake Crater (Ryukyu Volcanic Arc / Japan) with 30 earthquakes recorded during 5-6 December 2024. No changes were observed to geothermal areas. SO2 emissions were low, fluctuating between 30 and 60 tons per day, and no ground deformation has been detected since November 2023. The Alert Level was raised to 2 (on a scale of 1-5) on 6 December 2024 and the public was asked to be cautious within a 1 km radius of the Shindake and Furudake craters and within 2 km on the W flank of Shindake Crater.

Source : JMA.

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A 7 December 2024 satellite image showed continuing activity at Nyamuragira (DRC). A thermal anomaly can be seen in the summit crater. The most intense area lies just NE of the central part of the crater.

Source : Copernicus.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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