Eruption du Sangay (Equateur / Ecuador)

Selon l’Instituto Geofisico de l’Équateur, un fort épisode éruptif a été observé sur le Sangay le mardi 9 juin 2020, avec une colonne de cendres qui s’est élevée jusqu’à 7 km d’altitude. Des retombées de cendres ont été observées dans plusieurs provinces et le trafic aérien a été perturbé. Plusieurs routes ont été fermées en raison de l’épaisse couche de cendre. Les habitants de la région, en particulier à Guayaquil,  ont été invités à porter des masques pour éviter les problèmes respiratoires et continuer à se protéger contre le coronavirus. En mars et avril, l’épidémie a été particulièrement sévère; les services de santé ont été débordés et il a fallu récupérer les personnes décédées à l’intérieur des habitations. Par bonheur, la situation s’est bien améliorée.
L’Instituto Geofisico indique que des coulées pyroclastiques ont dévalé le flanc sud-est du volcan. Le 9 juin au soir, le nuage de cendres s’étirait sur 400 km
Le Sangay a commencé à entrer en éruption en mai 2019. On observe en général des coulées de lave ainsi que des émissions de gaz et de cendres.
Source: Instituto Geofisico.

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According to Ecuador’s Institut Geofisico, a strong eruptive episode occurred at Sangay volcano on Tuesday, June 9th, 2020, with an ash column that that rose up to 7 km above sea level. Ashfall was observed in several provinces and air traffic was disrupted. Several roads were closed due to heavy ashfall. Residents living in affected regions, especially in Guayaquil, were advised to wear masks to avoid respiratory problems but also as a protection against coronavirus. Guayaquil in March and April suffered one of the region’s worst coronavirus outbreaks, which overwhelmed the health system and forced authorities to collect corpses in homes. Fortunately, the spread of the disease has now slowed significantly.

The Instituto Geofisico indicated that pyroclastic flows travelled down the southeastern flank of the volcano.On June 9th in the evening, the volcanic ash cloud was drifting over 400 km

Sangay started erupting in May 2019. The activity is characterized by the generation of lava flows as well as gas and ash emissions.

Source : Instituto Geofisico.

Panache de cendre du Sangay le 9 juin 2020 au matin vu depuis le flanc sud du Chimborazo (Crédit photo : Instituto Geofisico)

Sécheresse : du jamais vu dans le sud-ouest des Etats-Unis // A drought never seen before in southwestern U.S.

Conséquence du changement et du réchauffement climatiques, le sud-ouest des États-Unis connaît une sécheresse d’une intensité encore jamais vue.
Une étude récemment publiée dans la revue Science confirme que le sud-ouest des États-Unis est aux prises avec une ‘méga-sécheresse’ qui dure depuis une vingtaine d’années. Cette période sans la moindre pluie favorise les incendies de végétation, assèche les réservoirs et pose des problèmes d’approvisionnement en eau dans les Etats de la région.
Les conséquences de cette sécheresse sont visibles partout, dans les zones d’accumulation de neige des montagnes, le niveau des réservoirs, l’agriculture, les nappes phréatiques et la mortalité des arbres. Les chercheurs ont comparé le taux d’humidité du sol entre 2000 et 2019 à d’autres épisodes de sécheresse des 1200 dernières années. Ils ont constaté que la période actuelle est pire que les cinq anciennes périodes de sécheresse extrême – sauf une –  répertoriées dans leur étude. .
Contrairement aux épisodes de chaleur extrême du passé – causés par les variations climatiques sur Terre – la  sécheresse actuelle a été influencée dans des proportions de 30 à 60% par le changement climatique anthropique qui a «transformé ce qui aurait été une sécheresse modérée dans le sud-ouest de l’Amérique du Nord en une sécheresse de grande ampleur.»
Selon la NASA, 19 des 20 années les plus chaudes ont été enregistrées depuis 2001. Si rien n’est fait, le changement climatique frappera de plein fouet le sud-ouest des Etats Unis. Une préoccupation majeure concernant la sécheresse actuelle est son impact sur l’approvisionnement en eau. La consommation a connu une très forte augmentation car la moitié des États dont le développement est le plus rapide se trouvent dans le sud-ouest. Leur alimentation en eau a été rendue possible par des projets pharaoniques de détournement de cours d’eau et la construction d’énormes réservoirs.
Au cours des deux dernières décennies, le niveau des rivières a baissé à cause de la sécheresse et la croissance démographique. Cela a entraîné une forte baisse de niveau dans deux des plus grands réservoirs du pays, le Lac Mead et le Lac Powell, dont dépendent des dizaines de millions de personnes pour leur alimentation en eau.
Pour la première fois de l’histoire, l’eau en provenance du fleuve Colorado est rationnée cette année. La sécheresse s’est également manifestée au 21ème siècle par des incendies d’une ampleur jamais observée auparavant. En 2018, un incendie tempétueux a détruit en partie une ville du nord de la Californie, et presque toute la localité de Paradise où 85 personnes ont trouvé la mort.
Source: Yahoo News.

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 A consequence of climate change and global warming, the south-west of the United States is going through a severe drought with an intensity never seen before.

A recent study published in the journal Science confirms that the south-western US is in the grip of a 20-year megadrought, a period of severe aridity that is stoking fires, depleting reservoirs and putting a strain on water supplies to the states of the region.

The impacts of the drought can be seen everywhere, in snowpacks, reservoir levels, agriculture, groundwater and tree mortality. Researchers compared soil moisture records from 2000-2019 to other drought events from the past 1,200 years. They found that the current period is worse than all but one of five megadroughts identified in the record.

Unlike past megadroughts – caused by natural fluctuations in the Earth’s climate – the study explains that the current drought has been influenced in proportions of 30-60% by human-induced climate change, “turning what would have been a moderate drought in south-western North America into megadrought territory.”

Accordingto NASA, 19 of the 20 warmest years on record have occurred since 2001. Climate change, if unchecked, will hit the American south-west particularly hard. A major concern is the current drought is its impact on water supplies in the region. It has experienced explosive growth – half of the nation’s fastest-growing states are in the south-west – made possible by elaborate river diversion projects and massive reservoirs.

Over the past two decades, drought-depleted rivers, and population growth has led to steep declines in two of the nation’s largest reservoirs, Lake Mead and Lake Powell, on which which tens of millions of people depend.

Water deliveries from the Colorado River are also being rationed this year, for the first time. Moreover, the drought has manifested itself in furious 21st-century fires never seen before. In 2018, a fire tornado destroyed part of one northern California town, and almost the entire community of Paradise, California, was wiped out by a fire that claimed 85 victims.

Source : Yahoo News.

Vues du lac Powell (Photos : C. Grandpey)

La fonte du permafrost et ses conséquences // Permafrost thawing and its consequences

Suite à la pollution majeure provoquée par le déversement d’une cuve de mazout dans une rivière de Sibérie, la Russie a ordonné une vérification complète des infrastructures à risque bâties sur le permafrost qui est en train de fondre sous l’effet du réchauffement climatique. Les piliers qui soutenaient le réservoir de stockage du mazout se sont enfoncés dans le sol qui a perdu de sa rigidité avec la fonte du pergélisol.

Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, la fonte du permafrost est prise très au sérieux par les autorités russes car elle fragilise les villes et les infrastructures, notamment minières, gazières et pétrolières. Le gouvernement russe considère ce dégel dans l’Arctique, où l’exploitation des ressources naturelles est une priorité stratégique du Kremlin, comme un risque majeur aux conséquences imprévisibles.

Les autorités russes disent avoir enfin stoppé la progression des hydrocarbures qui se sont déversés en particulier dans la rivière Ambarnaïa. Un barrage de confinement flottant a rapidement été mis en place et les polluants ont commencé à être pompés de cette rivière qui alimente le lac et le fleuve Piassino, très importants pour l’écosystème et les populations locales. Il est prévu de pomper les hydrocarbures et de les stocker sur place dans des conteneurs en attendant l’hiver, lorsque le gel aura rendu le terrain plus praticable.

Source : The Siberian Times.

Un point positif de cette pollution en Sibérie pourrait être une prise de conscience de la fonte du permafrost et de ses conséquences pour la planète. Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, la fonte du sol gelé est une bombe à retardement sanitaire et écologique qui menace d’accélérer le réchauffement climatique.

An fondant, le permafrost se réchauffe et libère progressivement les gaz qu’il neutralisait jusque-là. Le phénomène devrait s’accélérer et les scientifiques décrivent un cercle vicieux : les gaz émis par le permafrost accélèrent le réchauffement, qui accélère la fonte du permafrost.

Selon un rapport du GIEC paru en septembre 2019, une fonte majeure du permafrost pourrait se produire d’ici 2100 si les émissions de CO2 ne sont pas réduites. Cela provoquerait l’émission de dizaines voire de centaines de milliards de tonnes de gaz à effet de serre.

Outre ses effets climatiques, la fonte du permafrost représente aussi une menace sanitaire car le sol gelé abrite des bactéries et virus parfois oubliés. Il est bon de rappeler que, pendant l’été 2016, un enfant est mort en Sibérie de la maladie du charbon (anthrax), pourtant disparue depuis 75 ans dans cette région. Les scientifiques ont alors expliqué que l’origine remontait très probablement au dégel d’un cadavre de renne mort de l’anthrax il y a plusieurs dizaines d’années. Libérée, la bactérie mortelle, qui se conserve dans le permafrost pendant plus d’un siècle, a réinfecté des troupeaux. La menace ne se limite pas à l’anthrax. Des chercheurs ont découvert ces dernières années deux types de virus géants, dont l’un vieux de 30 000 ans, conservés dans le permafrost.

Source : La Voix du Nord.

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Following major pollution caused by the spilling of an oil tank into a Siberian river, Russia has ordered a full monitoring of the infrastructure built on permafrost which is melting under the effect of global warming. The pillars that supported the diesel storage tank sank into the ground which had lost its rigidity with the thawing of permafrost.
As I have put it several occasions, the melting of permafrost is taken very seriously by the Russian authorities because it weakens cities as well as mining, gas and oil infrastructure. The Russian government considers permafrost melting in the Arctic, where the exploitation of natural resources is a strategic priority of the Kremlin, as a major risk with unforeseeable consequences.
Russian authorities say they have finally stopped the progression oil spill, in particular in the Ambarnaïa river. A floating containment dam was quickly put in place and pollutants began to be pumped from this river which feeds the lake and the Piassino river, which are very important for the ecosystem and local populations. It is planned to pump the hydrocarbons and store them on site in containers until winter, when the frost makes the ground more solid and practical.
Source: The Siberian Times.

A positive point of this pollution in Siberia could be an awareness of the melting of permafrost and its consequences for the planet. As I have said many times, the melting of frozen ground is a health and environmental time bomb that threatens to accelerate global warming.
As it melts, permafrost heats up and gradually releases the gases it previously neutralized. The phenomenon is expected to accelerate and scientists describe a vicious circle: the gases emitted by permafrost accelerate warming, which accelerates the melting of permafrost.
According to an IPCC report published in September 2019, a major melting of permafrost could occur by 2100 if the CO2 emissions are not reduced. This would cause the emission of tens or even hundreds of billions of tonnes of greenhouse gases.
In addition to its climatic effects, the melting of permafrost also represents a health threat because the frozen soil contains bacteria and viruses that are sometimes forgotten. It is worth recalling that, during the summer of 2016, a child died in Siberia from anthrax, which had disappeared in the region for 75 years. Scientists then explained that the origin most likely dates back to the thawing of a reindeer corpse that had died of anthrax several decades ago. Released, the deadly bacteria, which has been stored in permafrost for more than a century, reinfected herds. The threat is not limited to anthrax. Researchers have discovered in recent years two types of giant viruses; one of them is 30,000 years old and was stored in permafrost.
Source: La Voix du Nord.

Source: Woods Hole Research Center

Effets de la fonte du permafrost sur le réseau routier en Alaska (Photo : C. Grandpey)

 

Découverte de la Fracture n°8 de l’éruption de 2018 du Kilauea (Hawaii) // Discovery of Fissure 8 of the 2018 Kilauea eruption (Hawaii)

Voilà une vidéo comme je les aime. Elle n’est certes pas parfaite d’un point de vue technique mais elle présente une très bonne approche de la Fracture n°8, un des hauts lieux de l’éruption de 2018 sur la Lower East Rift Zone du Kilauea.

Bien que les ayant arpentés à plusieurs reprises, je suis toujours impressionné par l’immensité des champs de lave hawaiiens où il est facile de se perdre, même si le GPS apporte aujourd’hui une aide précieuse à la randonnée. Il y a quelques jours, beaucoup de gens ouvraient de grands yeux devant la quantité de lapilli qui a recouvert les abords du Piton Voulvoul sur le Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) pendant l’éruption du mois d’avril, mais à Hawaii on se trouve à une autre échelle de grandeur.

En visionnant les images de ces immensités de lapilli, j’avais en tête les impressionnantes fontaines et rivières de lave émises par la Fracture n°8. Malheureusement, l’éruption s’est déroulée à huis clos car le public n’a pas été autorisé à admirer le spectacle. La plateforme d’observation promise par les autorités hawaiiennes n’a jamais vu le jour.

Grâce à sa grande fluidité, il a fallu très peu de temps à la lave pour atteindre l’océan. Quelques gros plans confirment que cette lave est très pauvre en silice et on voit également qu’elle a donné naissance à une grande quantité de cheveux de Pélé.

Le gouffre laissé par l’éruption est impressionnant lui aussi. On remarquera les nuages de vapeur qui s’échappent toujours des coulées deux ans après l’éruption. La lave est un excellent auto-isolant et je pense qu’il ne faudrait pas gratter très profond pour atteindre des températures très élevées et peut-être même voir de l’incandescence car les coulées sont épaisses à leur source.

J’imagine aussi que de longs tunnels de lave se cachent sous la surface car ce sont eux qui ont acheminé la lave depuis l’Halema’uma’u et le Pu’uO’o.

La vidéo donne envie d’accompagner son auteur qui appartient  à l’agence ApauHawaiiTours ou est un client de cette agence.

Attention, ces champs de lave sont sur des terres privées et il est préférable d’avoir l’autorisation des propriétaires avant de s’y aventurer.

https://www.youtube.com/watch?v=CA-9V4n7fzA&fbclid=IwAR2TzgBUBXbYdYNPlMV-REjxY8qztve7KTnQu4mRTQ8rUFwL5Utp2KYTbrI

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Here is a video that I like. It is certainly not technically perfect but it presents a very good approach to Fissure n° 8, one of the highlights of the 2018 eruption on Kilauea’s Lower East Rift Zone.
Although I have walked across them several times, I am still impressed by the immensity of the Hawaiian lava fields where it is easy to get lost, even if the GPS now provides a precious hiking assistance. A few days ago, many people opened their eyes wide in front of the quantity of lapilli showered over the area around Piton Voulvoul on Piton de la Fournaise (Reunion Island) during the April eruption, but at Hawaii the scale of magnitude is different.
While viewing the images of the lapilli, I had in mind the impressive fountains and rivers of lava emitted by Fissure n°8. Unfortunately, the eruption took place behind closed doors because the public was not allowed to admire the show. The observation platform promised by the Hawaiian authorities never saw the light of day.
Thanks to its great fluidity, it took the lava very little time to reach the ocean. A few close-ups confirm that this lava is very poor in silica and we can also see that it gave birth to a large amount of Pele’s hair.
The abyss left by the eruption is also impressive. One can notice the vapour clouds that are still emitted by the flows two years after the eruption. The lava is an excellent self-insulator and I think we don’t need to scrape very deep to reach very high temperatures and maybe even see incandescence because the flows are thick at their source.
I also imagine that long lava tunnels are hiding beneath the surface because they are the ones that carried the lava from Halema’uma’u and Pu’uO’o.
On the video, you accompany its author who belongs to the ApauHawaiiTours agency or is one of its patrons..
One should keep in mind that these lava fields are on private land and it is advisable to have the authorization of the owners before venturing there.

https://www.youtube.com/watch?v=CA-9V4n7fzA&fbclid=IwAR2TzgBUBXbYdYNPlMV-REjxY8qztve7KTnQu4mRTQ8rUFwL5Utp2KYTbrI

Vue aérienne de la Fracture n°8 et des volumineuses coulées de lave qui s’en échappent (Crédit photo : USGS / HVO)