Réchauffement climatique : on bâche les glaciers !

Grâce aux glaciers, le marché de la toile blanche doit bien se porter en ce moment. Plusieurs stations de montagne utilisent cette toile blanche pour freiner la fonte de leurs glaciers. C’est le cas de la Mer de Glace en France et du Glacier du Rhône en Suisse où de grandes bâches ont été installées pour protéger les grottes creusées dans la glace et empêcher qu’elles disparaissent avant la fin des étés.

En Italie, près de 100.000 mètres carrés de toile ont été installés sur le glacier de Presena, à cheval entre le Trentin Haut-Adige et la Lombardie. Situé à une altitude comprise entre 2700 et  3000 m. au sud du Passo Tonale, il est connu pour être l’un des quelques glaciers sur lesquels on pratique le ski d’été. Sa protection est donc essentielle, voire vitale, pour le tourisme et l’économie locale.
L’opération de bâchage du glacier de Presena a lieu chaque année depuis 2008 ; des milliers de mètres carrés de toile sont déployés et posés sur la neige. A l’image de ses homologues alpins, la fonte du glacier de Presena est impressionnante. Depuis 1993, il a perdu plus du tiers de son volume.

La toile est une bâche géotextile qui favorise l’albédo en réfléchissant la lumière, tout en maintenant en dessous une température inférieure à la température ambiante, et qui donc aide à la préservation de la neige.

Le projet a débuté en 2008, avec près de 30.000 mètres carrés de toile. En 2020, la surface couverte atteint 100.000 mètres carrés. Des ouvriers déroulent de longues bandes de bâche blanche qui donnent à ce flanc de montagne emballé des allures de cadeau géant. Il faut coudre les bandes méthodiquement pour éviter qu’elles ne glissent au bas de la pente ou qu’elles se disjoignent sous l’effet du temps. Chacune de ces bandes mesure 70 mètres de long sur 5 mètres de large, pour un coût de fabrication de 400 euros. Il faut près de six semaines pour les installer à la fin du printemps, et autant à l’automne pour les enlever.

Source : BFMTV.

Glacier de Presena en 2013, avec sa couverture géotextile (Source : Wikipedia)

Bâche sur l’entrée de la Mer de Glace (Photo : C. Grandpey)

Bâche sur le Glacier du Rhône (Photo : C. Grandpey)

Avalanche de records de chaleur en Sibérie // Avalanche of heat records in Siberia

Une chaleur inquiétante s’est abattue sur la Sibérie le 20 juin 2020. Une température de 37,7°C a été enregistrée dans la petite ville de Verkhoyansk (67,5° de latitude N), 17 degrés au-dessus de la normale à cette époque de l’année. C’est probablement la température la plus chaude jamais enregistrée en Sibérie et aussi la température la plus chaude jamais enregistrée au nord du cercle polaire arctique (66,5° N). Par comparaison, la ville de Miami, en Floride, n’a atteint 37,7°C qu’une seule fois depuis le début des relevés de température dans cette ville en 1896. Ce qui se passe en Sibérie cette année est le type de temps qui était prévu en 2100, mais qui arrive 80 ans plus tôt.
Une température de  37°C est du jamais vu dans l’Arctique ou le proche Arctique. Il se dit, mais ce n’est pas sûr, qu’en 1915 la ville de Prospect Creek en Alaska, à une latitude plus basse que Verkhoyansk, a presque atteint cette température. En 2010, une ville à quelques kilomètres au sud du cercle polaire arctique en Russie a atteint, elle aussi, 37,7°C. En raison des conditions chaudes et sèches, de nombreux incendies se sont déclarés en Sibérie et leur fumée est visible sur des milliers de kilomètres sur les images satellite.
Verkhoyansk n’est pas un événement isolé. Certaines parties de la Sibérie connaissent des températures supérieures à la normale depuis le mois de janvier. En mai, certaines températures en Sibérie occidentale étaient supérieures de 10 degrés Celsius à la normale, pas seulement pour une journée, mais pour l’ensemble du mois. Dans son ensemble, la Sibérie occidentale s’est située en moyenne à plus de cinq degrés Celsius au-dessus de la normale en mai, effaçant ainsi tous les records précédents.
Les événements extrêmes de ces dernières années dans l’Arctique sont dus à la fois à des modèles météorologiques naturels et des changements climatiques d’origine humaine. Le modèle météorologique à l’origine de cette vague de chaleur est une dorsale de hautes pressions remarquablement immobile, un mur de chaleur qui se dresse verticalement dans l’atmosphère. La chaleur étouffante observée actuellement devrait persister pendant au moins la semaine prochaine, avec des températures atteignant facilement les 30°C dans l’est de la Sibérie.
Cette vague de chaleur n’est pas un phénomène météorologique isolé. L’été dernier, la ville de Markusvinsa au nord de la Suède, juste au sud du cercle polaire, a enregistré une température de 34,4°C.

Comme je l’ai expliqué précédemment, au cours des quatre dernières décennies, le volume de glace de mer dans l’Arctique a diminué de 50%. L’absence de blancheur de la glace et l’augmentation de surface sombre des océans et des terres signifie que moins de lumière est réfléchie, ce qui crée la une boucle de rétroaction que j’ai expliquées dans mes notes précédentes. Tandis que le climat global de la planète continue de se réchauffer, des extrêmes comme la vague de chaleur actuelle deviendront plus fréquents et s’intensifieront.
Source: Yahoo News.

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Alarming heat scorched Siberia on June 20th, 2020. A temperature of 37.7°C was recorded in the small town of Verkhoyansk (67.5°N latitude), 17 degrees above the normal high temperature. It might be the hottest temperature ever recorded in Siberia and also the hottest temperature ever recorded north of the Arctic Circle (66.5°N). To put this into perspective, the city of Miami, Florida, has only reached 37.7°C one time since the city began keeping temperature records in 1896. What is happening in Siberia this year is the kind of weather that is expected by 2100, 80 years early.

Reaching 37°C in or near the Arctic is almost unheard of. It is said, but not sure, that in 1915 the town of Prospect Creek, Alaska, not quite as far north as Verkhoyansk nearly reached this temperature. And in 2010 a town a few kilometres south of the Arctic Circle in Russia reached 37.7°C. As a result of the hot-dry conditions, numerous fires are raging in Siberia, and smoke is visible for thousands of kilometres on satellite images.

Verkhoyansk  is not an isolated occurrence. Parts of Siberia have had temperatures above normal since January. In May some temperatures in western Siberia were 10 degrees Celsius above normal, not just for a day, but for the month. As a whole, western Siberia averaged more than five degrees above normal for May, obliterating anything previously experienced.

The extreme events of recent years are due to a combination of natural weather patterns and human-caused climate change. The weather pattern giving rise to this heat wave is an incredibly persistent ridge of high pressure, a dome of heat which extends vertically upward through the atmosphere. The sweltering heat is forecast to remain in place for at least the next week, catapulting temperatures easily about 30°C in eastern Siberia.

This heat wave can not be viewed as an isolated weather pattern. Last summer, the town of Markusvinsa, a village in northern Sweden on the southern edge of the Arctic Circle, hit 34.4°C.

As I have explained before, over the past four decades, sea ice volume has decreased by 50%. The lack of white ice, and corresponding increase in dark ocean and land areas, means less light is reflected and more is absorbed, creating a feedback loop. As the average climate continues to heat up, extremes like the current heat wave will become more frequent and intensify.

Source: Yahoo News.

Vous voulez bronzer? Allez en Sibérie!

Islande : la sismicité persiste sur la Zone de fracture de Tjörnes // Iceland : seismicity still high on the Tjörnes Fracture Zone

Je n’ai jamais vu une sismicité aussi intense en Islande. L’essaim qui secoue la zone de fracture de Tjörnes continue, avec de nouveaux événements au-dessus de M 5,0. Un séisme fort et superficiel enregistré par l’USGS avec une magnitude  de M 6.0 et de M 5.7 par l’IMO a secoué la zone à 19h07 UTC le 21 juin 2020. L’épicentre était situé à 50 km au NNE de Siglufjörður (1190 habitants) et 101 km N d’Akureyri (17693 habitants). L’hypocentre a été localisé à une profondeur de 10 km, comme la plupart des événements précédents. Plus de 2000 secousses ont été enregistrées depuis le 19 juin 2020.

Selon des témoins, les personnes qui ont ressenti les plus fortes secousses ont décrit comment les choses tremblaient dans leurs maisons et les objets tombaient des étagères. Le patron d’un bateau d’observation des baleines a déclaré que lorsque l’une des secousses s’est produite, il a ressenti comme un coup sur le bateau. Il a pensé que le moteur avait un problème ou que quelque chose s’était coincé dans l’hélice. Une autre personne qui vit au troisième étage d’une maison en bois a dit qu’elle avait l’impression que quelqu’un avait percuté la maison avec son véhicule ; la maison a tremblé pendant une trentaine se secondes. Aucun blessé et aucun dégât matériel majeur n’a été signalé, à l’exception de chutes de pierres dans les montagnes près de Siglufjörður et Ólafsfjörður.
Cette activité sismique devrait se poursuivre au cours des prochains jours, et il a été demandé aux gens d’éviter de randonner dans les montagnes autour de Siglufjörður et Ólafsfjörður jusqu’à ce que la crise soit terminée. L’Icelandic Met Office indique qu’il existe toujours un risque de séismes plus importants dans la région.

Source : Icelandic Met Office (IMO), Iceland Review.

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 I have never seen such an intense seismicity in Iceland. The swarm that is shaking the Tjörnes fracture zone continues with more events above M 5.0. A strong and shallow earthquake registered by the USGS as M6.0 and by IMO as 5.7 hit the area at 19:07 UTC on June 21st, 2020. The epicentre was located 50 km NNE of Siglufjörður (pop. 1 190) and 101 km N of Akureyri (pop.17693). The hypocentre was located at a depth of 10 km, like most of the previous events. More than 2 000 earthquakes have been recorded since June 19th.

According to witnesses, people who felt the largest earthquakes described how things trembled in their houses and items fell from shelves. The skipper of a whale watching boat said that when a quake occurred, there was a blow to the boat. He thought the engine had malfunctioned, or something had got stuck in the propeller. Another person who lives on the third floor of a wooden house said it felt like someone had driven into the house, which shook for about half a minute. No injuries or major property damage have been reported, except a substantial amount of falling rocks in mountains near Siglufjörður and Ólafsfjörður.

This seismic activity is likely to continue for the coming days, and people have been asked to avoid hiking in the mountains around Siglufjörður and Ólafsfjörður until it is over. The Icelandic Met Office indicates there is a chance of more large earthquakes in the area.

Source: IMO, Iceland Review.

Source : IMO

Carte montrant la répartition de la sismicité à travers l’Islande, avec une orientation typique SO / NE. Les zones sismiques les plus actives (Péninsule de Reykjanes et Zone de fracture de Tjörnes) sont parfaitement visibles (Source : CSEM / EMSC)