Mise au point à propos du Katla (Islande) // Clarification about Katla volcano (Iceland)

drapeau-francaisUn séisme de magnitude 3.9 a été enregistré sous le glacier Mýrdalsjökull à 13h30 le 26 septembre, suivi de quelques répliques. La source du séisme a été localisée sur le flanc sud de la caldeira du Katla qui se cache sous la calotte glaciaire du Mýrdalsjökull.
On a observé moins d’activité sismique au niveau du Mýrdalsjökull la semaine dernière qu’au cours de la semaine précédente. Le 29 août dernier, deux séismes de M 4,5 ont été enregistrés dans la partie nord de la caldeira. Ce sont les événements les plus significatifs depuis 1977.
Le Met Office islandais indique toutefois qu’il n’y a aucun signe d’activité volcanique dans la région.
Pendant ce temps, le Daily Star annonce dans son titre qu’ « un séisme monstrueux secoue un volcan tout près de la Grande Bretagne, au milieu des craintes d’un nuage de cendre. »  Ce n’est pas la première fois que le tabloïd britannique écrit de telles idioties. Il y a quelques semaines, le Met Office islandais a dû publier une mise au point pour contrer les absurdités publiées dans la presse à sensation britannique.
Il est vrai qu’une éruption du Katla pourrait générer un nuage de cendre semblable à celui émis par l’Eyjafjallajökull en 2010, mais les paramètres volcaniques actuels n’annoncent pas un tel événement. Il serait souhaitable que les journalistes britanniques se mêlent de leurs affaires et arrêtent d’alerter les populations avec des articles dénués de tout fondement.

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drapeau-anglaisAn M 3.9 earthquake hit Mýrdalsjökull glacier at 1:30 pm on September 26th, followed by a few aftershocks. The source of the quake was the south side of the Katla volcano caldera, which is under the ice cap of Mýrdalsjökull glacier.

There was less seismic activity in Mýrdalsjökull glacier last week than during the previous week. On August 29th, two M 4.5 earthquakes were registered in the northern part of the caldera. Those were the largest quakes since 1977.

The Icelandic Met Office indicates there is no sign of volcanic activity in the area.

Meantime, the Daily Star’s headline goes like this: “ Monster earthquake rocks volcano on Britain’s doorstep amid fears of ash cloud eruption”. This is not the first time the newspaper has written idiotic articles. A few weeks ago, the Icelandic Met Office had to release a special statement to counter the nonsense published in the British yellow press.

Sure, an eruption of Katla volcano might generate the same kind of ash cloud as Eyjafjallajökull in 2010, but the current volcanic parameters do not announce such an event. It would be great if British journalists minded their own business.

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): Une nouvelle éruption à court terme? // A new eruption in the short term?

drapeau-francaisDans un bulletin diffusé le 26 septembre, l’OVPF indique que la sismicité reste relativement soutenue au niveau du Piton de la Fournaise. Entre le 18 septembre (fin de l’éruption) et le 25 septembre, on a enregistré 70 séismes volcano-tectoniques superficiels (moins de 2 km de profondeur).sous les cratères sommitaux.

S’agissant de la déformation de l’édifice volcanique, suite à la légère déflation observée au cours de l’éruption, une inflation de l’édifice est de nouveau observée depuis le 18 septembre, signifiant la mise en pression et l’accumulation de magma en profondeur. Les taux d’élongation sommitale (environ 1mm/jour) est comparable à ceux observés lors des phases d’inflation de 2015 et 2016.

S’ajoutant à ces paramètres, depuis deux jours, la station de mesure géochimique située au sommet du volcan enregistre une hausse des concentrations en H2S et SO2 dans les fumerolles sommitales.

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drapeau-anglaisIn an update released on September 26th, OVPF indicates that seismicity remains relatively high at the Piton de la Fournaise. Between September 18th (end of the eruption) and September 25th, there were 70 shallow volcano-tectonic earthquakes (less than 2 km deep) beneath the summit craters.
Regarding the deformation of the volcanic edifice, following the slight deflation observed during the eruption, inflation of the edifice has again been observed since September 18th, meaning pressurization and magma accumulation in depth. The rate of elongation at the summit (about 1 mm per day) is comparable to the rate observed during the inflation phases in 2015 and 2016.
In addition to these parameters, for two days, the geochemical measuring station at the top of the volcano has recorded an increase in H2S and SO2 concentrations in the summit fumaroles.

 

Hawaii: Survol de l’éruption // Hawaii: Overflight of the eruption

drapeau-francaisEn cliquant sur le lien ci-dessous, vous aurez accès à une bonne vidéo réalisée le 22 septembre à partir d’un hélicoptère de la compagnie Paradise Helicopters.
https://youtu.be/jgEkFYqQcek

On y voit que de nouvelles lucarnes sont apparues le long de la coulée 61g. A l’intérieur de l’un des tunnels, on se rend compte que la coulée est bien alimentée et que la lave avance rapidement en direction de l’océan.
Toutes les entrées de lave se trouvent à l’intérieur du Parc National. L’entrée la plus à l’est est particulièrement fournie tandis que celle située à l’ouest montre un débit relativement stable.

Les coulées pahoehoe recouvrent la nouvelle route d’accès sur près de deux kilomètres. Elle permet d’accéder à la zone active après une longue marche qui ne présente pas de réelles difficultés.
Les touristes vont assister au spectacle à pied, en bateau, ou en hélicoptère. Bien que la zone active ait été balisée et soit officiellement interdite d’accès, de nombreux photographes et autres curieux franchissent les cordons de sécurité.
Le HVO met constamment en garde les visiteurs contre les dangers qui les attendent sur la zone active, que ce soit la difficulté du terrain ou l’approche des falaises littorales. Il convient de noter que de grandes fractures sont apparues sur le delta de lave le plus à l’est, ce qui annonce probablement un effondrement qui peut se produire à tout moment, avec les dangers que j’ai mentionnés précédemment.
En plus de la coulée de lave et des lucarnes, la virée en hélicoptère permet de jeter un coup d’œil au lac de lave qui s’agite à l’intérieur d’une bouche dans le cratère du Pu’uO’o. Il est moins spectaculaire que le lac de lave de l’Halema’uma’u – dont le niveau se trouve en ce moment à une vingtaine de mètres sous la lèvre du cratère – mais son observation est très intéressante.
Source: Big Island Now.

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drapeau-anglaisBy clicking on the link below, you will have access to a nice video shot from a Paradise helicopter on September 22nd.

https://youtu.be/jgEkFYqQcek

We can see that new skylights have appeared along the 61g lava flow. By peering into one of them, one can see that the flow is well fed and that lava travels quite fast inside the lava tubes.

All ocean entries are within Hawai‘i Volcanoes National Park. The lava entry is strong to the east, but steady to the west as well.

The pahoehoe flows now cover about a mile of the new access road, which now gives visitors a lengthy, but reasonably easy path directly to the ocean entry.

Tourists continue to make their way on foot and by boat to take in the spectacle. Although the safe viewing area has been laid out well back from the active ocean entry, many photographers and curiosity seekers still enter the restricted areas.

The USGS Hawaiian Volcano Observatory keeps cautioning visitors viewing the 61G flow ocean entry as there are additional significant hazards besides walking on uneven surfaces and around unstable, extremely steep sea cliffs.  It should be noted that large cracks have appeared on the eastern lava delta, the likely precursor to a collapse that could occur at any time, with the dangers I mentioned previously.

Beside the lava flow and the skylights, the helicopter tour allows to have a look at the lava lake within a vent in Pu’uO’o crater. It is less dramatic than Halema’uma’u – whose level has dropped to 20 metres below the crater rim – but is quite interesting to observe. .

Source: Big Island Now.

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Photo: C. Grandpey

Hausse du niveau d’alerte du Bromo (Indonésie) // Indonesia: Mt Bromo’s alert level has been raised

drapeau-francaisSuite à une augmentation de la sismicité, le niveau d’alerte du Bromo est passé de 2 à 3 (Siaga) le 26 septembre. Le VSI indique qu’un tremor permanent a été enregistré dans le secteur du volcan entre le 1er et le 25 septembre. De plus, au cours de cette même période, le cratère émettait de forts grondements accompagnés de volumineux panaches de cendre.

En conséquence, l’accès au Bromo est désormais interdit dans un rayon de 2,5 km par rapport au cratère.

Source : VSI.

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drapeau-anglaisDue to an increase in seismic activity, the alert level of Mount Brom was raised from 2 to 3 (Siaga) on September 26th. Constant tremor was recorded around the volcano between September 1st and September 25th. Thundering sounds could also be heard coming from the crater, followed by a thick amount of smoke, during the same period.

As a consequence, people living around the area of Mount Bromo and visitors or tourists are forbidden from entering an area with a 2.5-kilometer radius volcano’s from the crater.

Source: VSI.

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Photo: C. Grandpey

L’Indonésie et l’énergie géothermique // Indonesia and geothermal energy

drapeau-francaisL’Indonésie, avec ses innombrables volcans, détient environ 40 pour cent des réserves géothermiques mondiales, mais le pays a pris beaucoup de retard dans leur exploitation. Aujourd’hui, le gouvernement indonésien a l’intention de multiplier par cinq la production géothermique dans la prochaine décennie, bien que les obstacles soient énormes dans un pays qui croule sous le fardeau de la paperasserie et où les grands projets sont souvent retardés, voire annulés.
En Indonésie, la majeure partie de l’énergie électrique est générée à partir de ses abondantes réserves de charbon et de pétrole. A côté de cela, le pays a actuellement une capacité installée pour produire environ 1400 mégawatts d’électricité à partir de la géothermie. C’est suffisant pour fournir de l’énergie à 1,4 millions de foyers dans un pays où on en compte plus de 255 millions. Cela représente moins de cinq pour cent du potentiel géothermique estimé et place l’Indonésie loin derrière les deux principaux producteurs mondiaux que sont les États-Unis et les Philippines.
Toutefois, le gouvernement vise à accroître la capacité de production géothermique de l’Indonésie à près de 7200 mégawatts d’ici 2025, dans le cadre d’un plan plus vaste visant à stimuler le secteur des énergies renouvelables.

Le changement en matière de politique géothermique est dû à une nouvelle loi adoptée il y a deux ans et qui stipule que l’exploration géothermique n’est plus considérée comme une activité minière, comme c’était le cas auparavant. L’ancienne loi indiquait que l’industrie minière ne saurait être réalisée dans les vastes étendues de forêts protégées, censées contenir environ les deux tiers des réserves géothermiques de l’Indonésie.
Le gouvernement cherche également à amadouer les administrations locales en leur offrant jusqu’à un pour cent des recettes provenant de toute installation géothermique dans leur région.
Pourtant, les obstacles à la géothermie en Indonésie sont considérables. Bien que l’objectif prévu pour 2025 ne soit pas inaccessible, il sera extrêmement difficile à atteindre. L’un des problèmes les plus importants réside dans le coût d’exploration élevé. En effet, l’exploration de réserves géothermiques potentielles est une entreprise complexe qui demande beaucoup de temps et qui n’est pas toujours couronnée de succès. La construction d’une centrale géothermique coûte l’équivalent de 4 à 5 millions de dollars par mégawatt, contre 1,5 à 2 millions de dollars pour une centrale au charbon. Les investisseurs se sont également plaints du prix relativement bas offert par la compagnie d’électricité d’Etat pour acheter de l’électricité produite à partir d’une installation géothermique et qui, selon eux,  ne couvre pas la dépense initiale.
Pour couronner le tout, la bureaucratie compliquée de l’Indonésie réduit à néant de nombreux projet. 29 permis sont exigés de différents organismes gouvernementaux et ministères pour la construction d’une centrale géothermique. Les longues négociations avec de puissantes administrations locales peuvent également entraver le projet. L’article donne l’exemple d’une exploration géothermique qui a commencé sur un site en 1985 ; il a fallu attendre 15 ans pour que l’usine a commencé commercialiser de l’électricité. Les travaux sur une nouvelle unité pour accroître la production d’électricité ont été retardés en raison de négociations sur le coût .

Source : Phys.org.

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drapeau-anglaisIndonesia, with scores of volcanoes, holds an estimated 40 percent of the world’s geothermal energy reserves, but has long lagged behind in its use of the renewable power source.

Now the government is pushing to expand the sector five-fold in the next decade, although the challenges are huge in a country where the burden of red tape remains onerous, big projects are often delayed and targets missed.

The majority of Indonesia’s power is generated from its abundant reserves of coal and oil. It currently has installed capacity to produce about 1,400 megawatts of electricity from geothermal, enough to provide power to just 1.4 million households in the country off 255 million. That is less than five percent of geothermal’s estimated potential and behind the world’s two leading producers of the energy source, the United States and the Philippines.

But the government is aiming to increase Indonesia’s generating capacity to around 7,200 megawatts by 2025, as part of a broader plan to boost the renewables sector.

A major part of the drive is a law passed two years ago that means geothermal exploration is no longer considered mining activity, as it was previously. The old definition had held up the industry as mining cannot be carried out in the country’s vast tracts of protected forests, believed to contain about two-thirds of Indonesia’s geothermal reserves.

The government is also seeking to sweeten local administrations by offering them up to one percent of revenue from any geothermal plant in their area.

Still, the challenges are enormous. While achieving the 2025 target may be possible, it will be extremely difficult. One of the biggest problems is the high exploration costs needed at the outset, as checking for potential geothermal reserves is a complex, time-consuming business, that is not always successful. Building a geothermal plant costs the equivalent of $4 to $5 million dollars per megawatt, compared to $1.5 to $2 million for a coal-fired power station. Investors have also complained about what they say is the relatively low price offered by the state-run power company to buy electricity from a geothermal facility, which they claim usually doesn’t cover the large initial outlay.

To top it all, Indonesia’s complicated bureaucracy puts many projects off. 29 permits are required from different government agencies and ministries for a geothermal plant, and time-consuming negotiations with powerful local administrations can also hamper progress. The article gives the example of an exploration that first began at a site in 1985 but it was not until 15 years later that the plant began producing electricity commercially, while work on a new unit to boost power generation has been delayed due to negotiations over cost.

Source: Phys.org.

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Source: USGS.