Quand le Santiaguito (Guatemala) se met en colère… // When Santiaguito volcano (Guatemala) gets angry…

drapeau-francaisLe Santiaguito a connu un violent épisode éruptif à 12h15 (TU) le 11 avril, 2016, avec des coulées pyroclastiques et un panache de cendre jusqu’à 6 km d’altitude. L’éruption s’est accompagnée d’un fort grondement. Des retombées de cendre ont affecté les zones proches du volcan, en particulier San Marcos.
La semaine dernière, l’INSIVUMEH a indiqué qu’entre le 30 mars et le 3 avril la couverture nuageuse a empêché d’observer le dôme Caliente, mais que de petites avalanches pyroclastiques avaient été détectées.
A 10h00 (heure locale) le 3 avril, une forte explosion a été enregistrée et des écoulements pyroclastiques ont parcouru les flancs E et SE du cône. Certains rebords du dôme se sont effondrés et un nuage de cendres en forme de champignon est monté jusqu’à 4 km de hauteur avant de s’étirer sur plus de 30 km. Les 4 et 5 avril, des panaches blancs se dirigeaient vers le SO et le SE tandis que de petites avalanches parcouraient de courtes distances sur les flancs du volcan.
Source: INSIVUMEH.

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drapeau-anglaisSantiaguito volcano went through an eruptive episode at 12:15 UTC on April 11th, 2016, generating pyroclastic flows and sending ash up to 6 km a.s.l. The eruption was accompanied by loud rumbling and pyroclastic flows. Ashfall may have affected nearby communities, especially San Marcos.

Last week, INSIVUMEH reported that during March 30th – April 3rd cloud cover prevented visual observations of the Caliente dome, though sounds of small avalanches were noted.

At 10:00 (local time) on April 3rd, a strong explosion occurred, and pyroclastic flows descended the E and SE flanks of the cone. Parts of the E and W crater rim collapsed, and a mushroom-shaped ash cloud rose 4 km and drifted over 30 km. During April 4th – 5th white plumes drifted SW and SE, and weak avalanches travelled short distances.

Source: INSIVUMEH.

Santiaguito 11 avril

Panache éruptif du 11 avril 2016 (Crédit photo: INSIVUMEH)

Le Bromo (Indonésie) perturbe encore le trafic aérien // Mt Bromo (Indonesia) still disturbs air traffic

drapeau-francaisSuite à une augmentation de l’activité éruptive du Bromo, l’aéroport de Malang a dû être fermé provisoirement le 10 avril 2016. Le site a déjà été fermé à plusieurs reprises depuis le mois de novembre, époque où le volcan est entré en éruption. Un vol de la compagnie Batik Air et un autre de Sriwijaya Air, tous deux en provenance de Djakarta, ont été déroutés vers l’aéroport de Surabaya, à 90 km. Tous les autres vols au départ et à l’arrivée de Malang ont été annulés. L’aéroport se trouve à une trentaine de kilomètres du Bromo.

Source : The Jakarta Globe.

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drapeau-anglaisIncreased volcanic activity at Mount Bromo led to the temporary closure of the nearby Malang airport on April 10th 2016. The airport has already had to close on several occasions since November. A Batik Air flight and one by Sriwijaya Air, both from Jakarta, had to be redirected to Surabaya airport, 90 kilometres away. All other flights to and from Malang airport, some 30 kilometres from the volcano, had to be cancelled.

Source : The Jakarta Globe.

Craters of the Moon (Idaho / Etats Unis)

drapeau-francaisL’Idaho est un état particulièrement riche d’un point de vue volcanique, même si les Américains le connaissent surtout pour ses savoureuses pommes de terre. On peut y observer de nombreux témoignages de l’activité volcanique le long des routes, avec de spectaculaires entablements d’orgues basaltiques ou de vieux édifices comme les Three Buttes qui se dressent le long de la Route 26 au sud-est d’Arco.

Le site le plus connu et le plus visité est incontestablement Craters of the Moon qui a été érigé en National Monument en 1924 et probablement baptisé ainsi un an auparavant. La dernière activité éruptive ayant eu lieu il y a environ 2100 ans, il se peut que les tribus Shoshone qui vivaient dans la région aient assisté aux derniers épanchements de lave. Une légende indienne parle d’un serpent vivant sur une montagne qui, irrité par les éclairs, l’enroula avec les anneaux de son corps et la pressa jusqu’à ce que de la roche liquide s’en échappe. Le feu jaillit des fractures et la montagne explosa….

Les géologues américains pensent que l’activité volcanique a été provoquée il y a environ 15 millions d’années par la présence d’un point chaud qui, par la suite, aurait migré en direction du nord-est en même temps que la plaque nord-américaine se déplaçait vers le sud-ouest. Il se trouverait aujourd’hui sous la caldeira de Yellowstone. Comme dans de nombreux sites volcaniques de la planète, les scientifiques s’accordent pour dire que le volcanisme des Craters of the Moon est au repos et l’activité est susceptible de reprendre au cours des prochains siècles ou millénaires.

La visite du site fait découvrir de beaux cônes de scories comme celui de Cinder Cone, des tunnels de lave et de splendides hornitos qui jalonnent la fracture éruptive. Comme dans la Grotta del Gelo sur l’Etna ou dans la cheire du Puy de Côme en Auvergne, on trouve des amas de glace au fond des tunnels et des spatter cones au cœur de l’été !

Craters of the Moon présente donc un intérêt pédagogique certain pour une personne qui n’a encore jamais fréquenté le milieu volcanique.

Vous trouverez une petite galerie de photos de Craters of the Moon dans la colonne de droite de ce blog.

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drapeau-anglaisIdaho is quite rich from a volcanic point of view, even if American people mostly know it for its tasty potatoes. Much evidence of past volcanic activity can be observed along the roads, with spectacular colonnades of basalt organs or old structures like the Three Buttes that stand along Highway 26 southeast of Arco.
The best known and most visited site is undoubtedly Craters of the Moon, which became a National Monument in 1924 and probably got its name a year earlier. As the latest eruptive activity took place about 2,100 years, the Shoshone tribes living in the region may have seen the last lava flows. An Indian legend tells about a snake that lived on a mountain; made angry by the flashes of lightning, it wrapped the mountain with the rings of its body and pressed it until the liquid rock came out. Fire burst out of the fractures and the mountain exploded ….
American geologists believe that volcanic activity started about 15 million years with the presence of a hot spot which subsequently migrated northeast while the north-American plate was moving southwest. Today, the hot spot probably lies beneath the Yellowstone caldera. As with many volcanic sites on the planet, scientists agree that volcanism at the Craters of the Moon is at rest and activity might resume in the next few centuries or millennia.
While visiting the site, you will discover nice cinder cones, lava tubes and beautiful hornitos that dot the eruptive fracture. As in the Grotta del Gelo on Mount Etna or in the cheire of the Puy de Come in Auvergne, you will see some ice in the tunnels and at the bottom of the spatter cones at the heart of the summer!
Craters of the Moon is therefore of some educational value to someone who has never visited the volcanic environment.
I have inserted a small gallery of photos of Craters of the Moon in the right-hand column of this blog.

Craters Moon 12

L’une des Three Buttes, le long de la Route 26 (Photo: C. Grandpey)

10 avril 1815, un jour à ne pas oublier! // April 10th 1815, a day to remember!

drapeau-francaisLe 10 avril 1815, le Tambora, sur l’île indonésienne de Sumbawa, décidait de se réveiller avec une éruption qui a provoqué une catastrophe climatique à l’échelle de la planète. Ce fut la plus puissante éruption volcanique du dernier millénaire, avec un Indice d’Explosivité (VEI) de 7 sur 8 et l’émission de quelque 150 kilomètres cubes de téphra.. C’est dix fois plus que le Pinatubo en 1991 et cent fois plus que le Mont St. Helens en 1980.
Sur l’île de Sumbawa, l’éruption a tué d’emblée au moins 10 000 personnes et peut-être plus de 90 000 si l’on prend en compte les effets collatéraux, avec l’exposition aux gaz brûlants et toxiques des coulées pyroclastiques. Mais les effets de l’éruption du Tambora ne s’arrêtent pas là. Le cataclysme a propulsé environ 100 mégatonnes d’aérosols de soufre dans la stratosphère et généré un voile de brume tout autour de la Terre. Cette brume a donné naissance à des couchers de soleil spectaculaires qui ont inspiré de nombreux artistes. Malheureusement,  elle a aussi réfléchi une partie des rayons du soleil, ce qui a entraîné un refroidissement de la Terre d’un demi degré Celsius et le dérèglement des conditions climatiques dans de nombreuses régions du monde.
Aux États-Unis, les gelées et le temps froid ont réduit à néant les récoltes en Nouvelle-Angleterre. Ce fut une «année sans été», avec une migration de la population vers les Etats de l’Ouest. Les basses températures ont également perturbé le cycle de la mousson en Asie, avec pour conséquence la famine en Inde et une épidémie de choléra d’une gravité sans précédent. L’été froid et les fortes pluies ont également détruit les rizières en Chine, avec un cortège de famine, d’infanticides, et même d’esclavage des enfants.
Malgré les progrès de la volcanologie, la Terre reste sous la menace d’une éruption majeure, celle d’un super volcan comme le Taupo en Nouvelle Zélande ou le Yellowstone aux Etats Unis. Il suffit de se souvenir de l’éruption de l’Eyjafjallajökull en Islande en 2010, avec des perturbations au trafic aérien qui ont coûté des milliards de dollars à l’économie mondiale. Quelques mois plus tard, l’éruption du Merapi (Indonésie) a tué plus de 300 personnes et des milliers d’autres ont été déplacées. L’éruption de 2010 n’avait qu’un VEI de 4.

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drapeau-anglaisApril 10th, 1815 was the day when Tambora volcano on Indonesia’s island of Sumbawa decided to erupt, triggering a widespread climate catastrophe. The Tambora eruption was the largest volcanic eruption in the last millennium with a Volcano Explosivity Index (VEI) of 7 out of 8 levels, and the emission of about 150 cubic kilometres of tephra. That’s ten times bigger than Mount Pinatubo in 1991 and a hundred times more powerful than Mount St. Helens in 1980.

On Sumbawa Island, the event killed at least 10,000 people and possibly more than 90,000, largely from exposure to the hot and toxic pyroclastic flows. But Tambora’s effects were felt much farther. The eruption injected about 100 megatons of sulphur aerosols into the stratosphere, causing a global haze around the Earth. Initially, this haze created dramatic sunsets that inspired many artists. But it also reflected back a fraction of incoming sunlight, cooling the Earth by half a degree Celsius—and wreaking havoc with regional climates for about three years.

In the U.S., frosts and cold weather ravaged the New England growing season. It was a “year without a summer,” with a migration into western states. The low temperatures broke the monsoon cycle in Asia, sending India into famine and triggering a cholera epidemic of unprecedented severity.

The cold summer and the rains also destroyed Chinese farmers’ rice paddies, driving many to starvation, infanticide, and even child slavery.

Despite the progress of volcanology, our planet is still under the threat of a major eruption, that of a super volcano, like Taupo in New Zealand or Yellowstone in the U.S.. We just need to remember the 2010 eruption of Iceland’s Eyjafjallajökull volcano which shut down European air travel, costing the global economy billions of dollars. A few months later, the eruption of Mt Merapi (Indonesia) killed more than 300 people and thousands were displaced. The 2010 eruption only had a VEI of 4.

Tambora-blog

L’éruption de 1815 a laissé une caldeira de 6 km de diamètre et 1100 mètres de profondeur.
(Crédit photo NASA – Photo prise le 6 mars 2009)