Les choux-fleurs de la planète Mars // The cauliflowers of Mars

drapeau-francaisLes images de Mars envoyées par les différentes sondes et autres robots semblent donner la preuve qu’il y a eu un jour de l’eau et un climat plus chaud et plus humide sur la planète rouge, mais les scientifiques ne savent toujours pas si la vie a laissé son empreinte à sa surface.
Les roches recueillies par le rover (en français l’astromobile) Spirit en 2008 près de l’affleurement rocheux Home Plate, dans le cratère Gusev, pourraient apporter une réponse. Leurs protubérances bosselées ressemblent étrangement à un chou-fleur ou du corail.

CauliflowerGros plan sur des roches silicatées recueillies par le rover Spirit

(Crédit photo: NASA)

La question est de savoir si ces roches ont été façonnées par des microbes, par le vent ou un autre processus.
Les analyses effectuées par le spectromètre à émission thermique Mini-TES à bord de Spirit ont révélé qu’elles sont composées de silice presque pure (SiO2), un minéral qui est très répandu dans les environnements volcaniques à haute température. Sa formation est bien connue: l’eau de pluie s’infiltre dans les fissures du sol et entre en contact avec des roches chauffées par le magma en profondeur. Portée à des centaines de degrés, l’eau devient dynamique et remonte en direction de la surface en dissolvant en chemin la silice et d’autres minéraux avant de les déposer autour d’une bouche ou une fumerolle. Ces dépôts se rencontrent autour des sources chaudes dans le Parc National de Yellowstone aux États-Unis, dans la zone volcanique de Taupo en Nouvelle-Zélande, ou encore en Islande.

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Dépôts de geysérite à Yellowstone et en Nouvelle Zélande

(Photos: C. Grandpey)

Dans ces sites, les bactéries sont intimement impliquées dans la création de curieux bulbes et d’étranges ramifications dans des formations de silice qui ressemblent fortement aux roches martiennes en forme de chou-fleur. C’est la raison pour laquelle plusieurs chercheurs de l’Université de l’Arizona étudient la possibilité de l’implication des microbes dans l’élaboration des roches martiennes.
Source: Universe Today : http://www.universetoday.com/

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drapeau anglaisThe images of Mars sent by the different probes and rovers tend to give evidence of water and a warmer, wetter climate on the Red Planet, but scientists still do not know whether life ever put its stamp on its surface.
Rocks collected by the Spirit Rover in 2008 near the rock outcrop Home Plate in Gusev Crater might give some answer. Their knobby protuberances look like cauliflower or coral.

The question is to know whether these rocks were sculpted by microbes, wind or some other process.
Analyses performed by the Spirit Rover’s Mini-Thermal Emission Spectrometer (or Mini-TES) revealed they were made of nearly pure silica (SiO2), a mineral that is very common in hot, volcanic environments. Its formation is well-known: Rainwater seeps into cracks in the ground and comes in contact with rocks heated by magma from below. Heated to hundreds of degrees, the water becomes buoyant and rises back toward the surface, dissolving silica and other minerals along the way before depositing them around a vent or fumarole. Such deposits are to be seen around the hot springs in Yellowstone National Park in the U.S., in the Taupo Volcanic Zone in New Zealand, or else in Iceland.

In such places, bacteria are intimately involved in creating curious bulbous and branching shapes in silica formations that strongly resemble the Martian cauliflower rocks. This is the reason why several researchers of Arizona State University are exploring the possibility that microbes might have been involved in fashioning the Martian rocks, too.
Source: Universe Today : http://www.universetoday.com/

Réchauffement climatique et prétentions arctiques de la Russie // Global warming and Russia’s Arctic claims

drapeau-francaisLe réchauffement climatique actuel et la fonte de la banquise qui l’accompagne vont modifier l’accès aux ressources minérales dans l’Arctique. Il semble que Russie soit en train de planter des jalons sur cette partie du globe. Le 9 février 2016, un représentant du gouvernement russe a officiellement présenté aux Nations Unies une demande de son pays visant à acquérir des fonds marins dans l’Océan Arctique, y compris dans une zone sous le pôle Nord.
Cette demande fait suite à des tentatives répétées de la Russie pour mettre la main sur ce territoire sous la calotte polaire, et les droits miniers qui vont avec. La Russie avait déjà présenté une demande écrite en août, après que la commission des Nations Unies qui arbitre les différends sur les frontières maritimes ait rejeté en 2002, pour des raisons techniques, une demande identique à propos du pôle Nord.
Dans un communiqué, le représentant du gouvernement russe a exposé les arguments de la Russie. Ils s’appuient sur des données scientifiques selon lesquelles le plateau continental se prolonge au nord du continent eurasien jusque loin sous la calotte glaciaire de la planète. La Russie demande d’acquérir « les fonds marins au-delà de la zone de 200 milles qui couvre l’ensemble du secteur polaire russe, y compris la zone sous le pôle Nord. »
En vertu d’une convention des Nations Unies signée en 1982 – le Droit de la Mer – une nation peut prétendre à une zone économique exclusive sur le plateau continental contiguë à ses rivages. Si la plateforme géologique se prolonge en mer, la nation peut prétendre aux ressources minérales dans les fonds marins au-delà de cette zone.
Si la commission des Nations Unies accepte la demande de la Russie, les fonds marins sous le pôle Nord seront sous le contrôle de Moscou pour des activités comme le forage pétrolier, même si la Russie n’aura pas la souveraineté sur l’eau ou la glace.
Le Canada, la Norvège et le Danemark ont également déposé de telles demandes, et ces pays ont tous intensifié leurs activités militaires dans ce qui était autrefois une zone recouverte par la glace et visitée uniquement par les explorateurs et les ours polaires.
Dans un communiqué publié mardi, un militant de Greenpeace a déclaré que «le gouvernement russe veut poursuivre son expansion sur le plateau continental arctique, sans doute dans le but d’exploiter de nouvelles ressources en combustibles fossiles et au mépris des risques importants que cela représente pour l’environnement local et le climat. »
La Russie a également intensifié ses activités militaires ainsi que l’exploration pétrolière et gazière dans le Grand Nord. Elle a réhabilité des bases navales et des pistes d’atterrissage datant de la Guerre Froide sur les îles de Nouvelle Sibérie, dans la Mer des Tchouktches et la Mer de Sibérie Orientale
Source: The New York Times.

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drapeau anglaisThe current global warming and the accompanying melting of sea ice will modify the access to mineral resources in the Arctic. It seems Russia is anticipating the future. On February 9th 2016, a Russian government official formally presented to the United Nations his country’s claim to Arctic Ocean seabed, including an area under the North Pole.
The presentation followed a long Russian effort to secure the territory — and mineral rights — under the polar ice cap. Russia had already presented a written claim in August, after the U.N. committee that arbitrates disputes over sea boundaries had rejected on technical grounds an earlier application by Russia for the North Pole, submitted in 2002.
In a statement, the Russian official said he would lay out Russia’s arguments, based on scientific evidence that the continental shelf extends north from the Eurasian land mass far under the planet’s ice cap. Russia is staking a claim “to the seabed beyond the 200-mile zone along the entire Russian polar sector including the zone under the North Pole.”
Under a 1982 U.N. convention – the Law of the Sea – a nation may claim an exclusive economic zone over the continental shelf abutting its shores. If the geological shelf extends far out to sea, the nation can claim mineral resources in the seabed beyond that zone.
If the U.N. committee accepts Russia’s claim, the seabed under the North Pole would be subject to Moscow’s oversight for activities like oil drilling, though Russia will not have sovereignty over the water or the ice.
Canada, Norway and Denmark have also filed claims, and all have stepped up military activity in what were once icy areas, visited only by explorers and polar bears.
In a statement Tuesday, a Greenpeace campaigner said that “as the Russian government pursues its claim for expansion of the Arctic shelf, presumably in pursuit of additional fossil fuel resources, they ignore the substantial risks to the local environment and our climate.”
Russia has also stepped up military activities and oil and gas exploration in the far north, including rebuilding Cold War-era naval bases and airstrips on the New Siberian islands, across the Chukchi and East Siberian seas.
Source : The New York Times.

Frontières arctiques

Carte topographique de l’Arctique (Source: Wikipedia)

Mission sous-marine à El Hierro (Iles Canaries / Espagne) // Submarine mission at El Hierro (Canary Islands / Spain)

drapeau-francaisEntre le 10 octobre 2011 et le 5 mars 2012, une éruption sous-marine a été observée au large de l’île canarienne El Hierro. Cette semaine, une équipe de scientifiques descend dans un petit sous-marin afin d’étudier le plancher océanique qui a été le site de l’éruption. Le Jago mesure seulement 3,20 mètres de long et 2,50 mètres de haut. Il est capable d’atteindre 400 mètres de profondeur et peut rester pendant quatre jours en immersion.
Le but de la mission est d’observer scrupuleusement le volcan qui a déclenché l’éruption de 2011, mais aussi de déterminer les meilleurs endroits pour effectuer des mesures et recueillir des échantillons. Les scientifiques espèrent pouvoir quantifier les effets des gaz qui s’échappent toujours sous la surface de l’Atlantique. La mission permettra également de récupérer les sismomètres de haute précision qui ont été installés sur le site au cours de l’année dernière.
L’analyse de toutes ces informations devrait aider les chercheurs à en savoir plus sur la formation de El Hierro.
Source: Spanish News Today.

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drapeau anglaisBetween October 10th 2011 and March 5th 2012, a submarine eruption was observed off the Canary island of El Hierro. This week a team of scientists is descending by means of a submarine to study the sea bed that was the site of the eruption. The Jago craft is just 3.2 metres long and 2.5 metres high. It can reach depths of 400 metres and can stay underwater as long as four days.
The purpose of the mission is to have a close observation of the volcano that triggered the 2011 eruption but also to determine the best places to make measurements and collect samples. The scientists expect to quantify the effects of the gases that are still released beneath the surface of the Atlantic. The mission will also allow them to retrieve high-precision seismometers which were installed at the location last year.
The analysis of all this information should help the researchers to learn more about the formation of El Hierro.
Source: Spanish News Today.

El Hierro

Matériaux émis par l’éruption et flottant à la surface de l’océan en novembre 2011.

(Crédit photo : INVOLCAN)

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): Reprise de l’inflation // The volcano is inflating again

drapeau-francaisLe dernier bulletin de l’OVPF en date du 10 février 2016 donne les dernières nouvelles du Piton de la Fournaise.
S’agissant de la sismicité, elle est restée élevée jusqu’à la mi-novembre 2015, avant de décroître et d’atteindre son niveau faible actuel.

Piton sismicité

S’agissant de la déformation de l’édifice, une reprise de l’inflation a été observée après la dernière éruption, suivie d’un ralentissement significatif en décembre. Toutefois, l’Observatoire fait remarquer que depuis le 24 janvier 2016, les réseaux GPS enregistrent de nouveau une accélération de l’inflation, avec jusqu’à 1cm de dilatation de la zone sommitale en 15 jours. La source de cette inflation est localisée à 1500-2000 m sous le cratère Dolomieu. Les taux d’inflation sont comparables à ceux observés avant les éruptions de juillet et août 2015.
S’agissant des gaz, le réseau géochimique enregistre depuis fin janvier 2016 une hausse modérée du flux de CO2 par le sol au niveau des stations distales et une augmentation des émissions soufrées (SO2 et H2S) ainsi que de CO2 au niveau des fumerolles sommitales.

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drapeau anglaisYesterday’s update released by OVPF (February 10th 2016) gives the latest news of the Piton de la Fournaise.
Seismicity remained fairly high until mid-November 2015, before decreasing and reaching its current low level.
Regarding the deformation of the edifice, a new increase in inflation was observed after the last eruption, followed by a significant slowdown in December. However, the Observatory notes that since 24 January 2016, the GPS systems has recorded a new acceleration of inflation, with up to 1cm expansion of the summit area in 15 days. The source of that inflation is located at 1500-2000 metres beneath the Dolomieu Crater. Inflation rates are comparable to those observed before the eruptions of July and August 2015.
Concerning the gases, since the end of January 2016 the geochemical network has recorded a moderate increase in the CO2 flow through the soil at the distal stations and increased sulfur (SO2 and H2S) and CO2 emissions at the summit fumaroles.

Piton Fournaise

Crédit photo: Wikipedia