Islande: Le Jökulsarlon en sursis? // Iceland: Is Jökulsarlon condemned to disappear?

drapeau-francaisL’Islande n’échappe pas au réchauffement climatique. Des observations récentes ont révélé que les glaciers islandais couvrent 12% de moins qu’on le pensait. Beaucoup de glaciers ont reculé de plusieurs centaines de mètres, certains même de plusieurs kilomètres. Officiellement, la superficie totale des glaciers islandais est de 11 922 km2, soit 11 à 12% de la surface totale de l’Islande. Toutefois, ces chiffres semblent s’appuyer sur des mesures anciennes qu’il faudrait mettre à jour. Le glacier Hofsjökull, par exemple, couvre officiellement 925 km2. Les images du satellite Spot en 2006 ont montré que sa superficie n’était plus que de 864 km2. Les dernières photos de l’été 2014 donnent une superficie de 827 km2. Le Hofsjökull a donc perdu 10% par rapport aux chiffres officiels.
De la même façon, selon les chercheurs du South East Iceland Nature Research Centre, le célèbre Jökulsarlon n’aura probablement plus le même aspect dans 4 ou 5 ans. Pour s’en rendre compte, il suffit d’observer l’Esjufjallarönd, une moraine qui longe le glacier Breiðamerkurjökull et le sépare d’une autre langue glaciaire, le Norðlingalægðarjökull qui vient finir sa course dans les eaux du Jökulsarlon en donnant naissance à une foule de petits icebergs. Le Breiðamerkurjökull est en train de reculer rapidement sous l’effet du réchauffement climatique. Au fur et à mesure que le Norðlingalægðarjökull déverse ses icebergs dans le lagon, le niveau de la glace diminue et le glacier voisin a tendance à se déplacer vers la dépression ainsi créée. Il en résulte que la moraine Esjufjallarönd se déplace régulièrement vers l’est. (voir le document ci-dessous) et cette amas de débris va probablement atteindre le Jökulsarlon d’ici 3 à 5 ans. Le spectacle ne sera plus du tout le même !

Source : Iceland Review.

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drapeau-anglaisIceland is not immune to global warming. Recent observations have revealed that the Icelandic Glaciers cover 12% less than previously thought. Many glaciers have retreated several hundred metres, some even several kilometres. Officially, the total area of ​​glaciers in Iceland is 11 922 km2, or 11-12% of the total area of ​​Iceland. However, these figures seem to rely on old data that should be updated. The Hofsjökull glacier, for example, officially covers 925 km2. SPOT satellite imagery in 2006 showed that its area was only 864 km2. The latest pictures of the summer of 2014 give an area of ​​827 km2. Hofsjökull has lost 10% compared to official figures.
Similarly, according to researchers from the South East Iceland Nature Research Centre, the famous Jokulsarlon will probably not look the same in 4 or 5 years. To realize this, one needs to observe Esjufjallarönd, a moraine along the Breidamerkurjokull glacier and that separates it from another glacial tongue, Norðlingalægðarjökull, which ends up in the waters of Jökulsarlon, giving birth to a host of small icebergs. Breidamerkurjokull is retreating quickly under the effect of global warming. Gradually, as Norðlingalægðarjökull pours its icebergs into the lagoon, the ice level falls and the nearby glacier tends to fill the depression that was created. As a consequence, the Esjufjallarönd moraine regularly moves eastward. (see document below) and the ridge of debris will probably reach the Jökulsarlon in the next 3-5 years. The show will be quite different!
Source: Iceland Review.

Les mouvements glaciaires autour du Jökulsarlon (Source: SE Iceland Nature Research Center)

La beauté du Jökulsarlon (Photo: C. Grandpey)

Cotopaxi (Equateur)

drapeau-francaisL’activité éruptive du Cotopaxi continue. L’Institut Géophysique indique que depuis le début de l’apparition d’un tremor continu pendant la soirée du 22 août, il y a eu très peu de pauses dans les émissions de cendre et de gaz. Au cours de la dernière semaine d’août, ces émissions s’élevaient à environ 2 km au-dessus du cratère avant de s’étirer vers le NO, l’O et le SO. A noter que le 26 août, le panache a atteint 9 km d’altitude. Des retombées de cendre ont été signalées dans une vaste zone à l’OSO du volcan, avec plusieurs millimètres d’épaisseur dans certains secteurs. La cendre affecte l’élevage, les cultures et les serres. Selon l’IG, les observations sur le terrain ont révélé que le volume de cendre émis depuis le début de l’éruption atteignait 56 000 mètres cubes le 14 août et 19 500 mètres cubes entre le 15 et le 21 août. Les images thermiques obtenues durant les survols des 18 et 26 août ont révélé une augmentation significative de la température des émissions (150 ° C le 26 août) ainsi que dans différentes parties du cratère.

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drapeau anglaisEruptive activity at Cotopaxi continues. The Geophysics Institute indicates that since the onset of continuous tremor on the evening of August 22nd, there have been very few breaks in ash-and-gas emissions. During the last week of August, these emissions were observed rising at most 2 km above the crater and drifting NW, W, and SW. However, on August 26th, the plume rose as high as 9 km a.s.l. Ahfall was reported in a wide area to the WSW, millimetres thick in some areas. There are impacts on livestock, crops, and greenhouses. According to IG, fieldwork revealed that the volume of material ejected since the onset of the eruption at Cotopaxi was an estimated 56,000 cubic metres on August 14th and 19,500 cubic metres between August 15th and 21st. Thermal images obtained during overflights on August 18th and 26th revealed a significant increase in the temperatures of emissions (150°C on August 26th) and at different areas in the crater.

Crédit photo: Instituto Geofisico

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

drapeau-francaisL’éruption continue. Une reconnaissance pédestre réalisée le 3 septembre par l’Observatoire montre que l’activité reste soutenue et le tremor montre qu’elle a même tendance à s’intensifier. On observe toujours de nombreuses projections et les coulées continuent à épaissir le champ de lave sur environ 2 km de longueur. De nombreuses bouches éphémères sont périodiquement visibles tout du long du tunnel qui occupe la coulée sur les premiers 50 à 100 mètres.
Ce soir, le temps est bien dégagé et la webcam du Piton de Bert donne une bonne image de l’éruption.
Source : OVPF.

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drapeau anglaisThe eruption continues. On-the-field observations on September 3rd by the Observatory showed that the activity remains strong and the tremor shows that it even tends to increase. There are still numerous ejections and the flows continue to thicken the lava field over about 2 km. Many breakouts can periodically be seen all along the tunnel that holds the flow over the first 50-100 meters.
Tonight, the weather is clear and the Piton de Bert webcam gives a good image of the eruption.
Source: OVPF.

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L’éruption vue depuis le Piton de Bert

Histoire de noms de lieux // About names of places

drapeau-francaisComme je l’ai écrit précédemment, désormais la plus haute montagne des États-Unis ne s’appellera plus Mont Mc Kinley. A la veille de son voyage en Alaska, le président Obama lui a redonné son nom d’origine, Denali, pour faire plaisir aux Alaskiens autochtones qui faisaient campagne depuis longtemps pour renommer la montagne.

NDLR : En acceptant de donner au Mont Mc Kinley son nom d’origine, Obama fait une fleur aux peuplades autochtones dont plusieurs villages côtiers subissent les effets du réchauffement climatique. En amadouant ces peuplades, en les relogeant si nécessaire, il sera bien sûr  plus facile au Président de conduire à sa guise la politique dans l’Océan Arctique, que ce soit au niveau du trafic maritime ou dans le domaine des forages pétroliers.

La décision de donner un nouveau nom à un lieu est généralement prise par le Board on Geographic Names – Conseil américain sur les noms géographiques – qui reçoit des centaines de demandes chaque année pour changer des noms d’entités géographiques dans le pays. Dans chaque cas, le Conseil sollicite les avis des communautés locales, du gouvernement local, de l’Etat et des gestionnaires des terres concernées, telles que les parcs ou les services forestiers. Le Conseil examine aussi les données cadastrales passées et actuelles et vote sur le changement de nom proposé.
Les Alaskiens demandaient au Conseil de renommer le mont McKinley depuis 1975. A cause de la pression politique de l’Ohio, l’Etat où est né le président William McKinley, aucune décision n’avait été prise sur le changement de nom jusqu’à cette semaine. La secrétaire américaine de l’Intérieur a alors exercé son droit d’agir sans l’avis du Conseil. On en devine facilement la raison !

Certains Amérindiens ont demandé que d’autres lieux puissent retrouver officiellement leur nom d’origine. C’est le cas de Devils Tower dans le Wyoming. Le Conseil américain sur les noms géographiques examine en ce moment une proposition du chef spirituel amérindien Arvol Looking Horse de redonner à Devils Tower son nom sioux et cheyenne – Bear Lodge, la Demeure de l’Ours.
Elu au rang de premier Monument National aux Etats Unis en 1906, « Devils Tower » était la traduction erronée de « Bad God’s Tower. » Looking Horse, un Sioux, a affirmé que « Devils Tower » était offensant car cela revient à assimiler les traditions culturelles et religieuses pratiquées sur le site à un «culte du diable » et à considérer les peuples autochtones comme des «diables ».
D’autres noms ont été proposés pour Devils Tower par les autochtones, comme  Bear’s House (par les Crow), Bear’s Tipi (par les Arapaho), et Tree Rock (par les Kiowa).

Les Amérindiens ont également déposé des demandes visant à renommer le Mont Rainier, le point culminant de l’État de Washington. Le nom « Mt. Rainier » a été attribué au volcan par l’explorateur George Vancouver dans les années 1790 pour honorer un membre de la Marine Royale britannique. Parmi les alternatives proposées, on relève Tahoma ou Tacoma, qui signifie « sommet de montagne enneigé », ou Ti’Swaq, qui signifie « nettoyeur des cieux. »
Le Conseil a rejeté à plusieurs reprises de telles propositions car il n’était pas suffisamment prouvé que ces noms alternatifs étaient largement utilisés.

Certains Indiens d’Amérique ne sont pas satisfaits de l’appellation « Mont St. Helens », dans l’ouest du volcan l’État de Washington. Selon l’USGS, le Mont St. Helens était appelé Louwala-Clough, ou Montagne Fumante, par certains Amérindiens locaux. Mais en 1792, c’est encore George Vancouver qui lui a donné son nom actuel, cette fois en référence à l’ambassadeur britannique  en Espagne, Alleyne Fitzherbert, dont le titre était Baron St. Helens.
Le Conseil américain sur les noms géographiques indique qu’il n’a pas reçu suffisamment de soutien local pour prononcer un tel changement.
Source: National Geographic.

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drapeau anglaisAs I put it previously, the highest mountain of the United States will no longer be called Mount Mc Kinley. On the eve of his trip to Alaska, President Obama gave it back its native name, Denali, to please Native Alaskans who had been lobbying to rename the mountain.

Such a naming decision is usually made by the U.S. Board on Geographic Names which receives hundreds of requests each year to change the names of geographical features all over the country. In each case, it solicits input from the local community, local government, the state, and relevant land managers, such as the parks or forestry service. The board reviews past and current maps and votes on the proposed change.

Alaskans had been asking the board to rename Mount McKinley since 1975. In the face of political pressure from Ohio, the birthplace of President William McKinley, no decision had been made on the name change until this week, when the U.S. Secretary of Interior exercised her right to act without the board.

Some Native Americans have asked that the indigenous names of other peaks also be officially restored: One of them is Devil’s Tower. The board is considering a proposal from Native American spiritual leader Arvol Looking Horse to rename Devil’s Tower in Wyoming to the traditional Sioux and Cheyenne name, Bear Lodge.

Designated as the country’s first national monument in 1906, « Devils Tower » was a white man’s mistranslation of the words « Bad God’s Tower, » Looking Horse, a Sioux, said “Devils Tower” was offensive « because it equates cultural and faith traditions practiced at this site to ‘devil worship,’ in essence equating indigenous people to ‘devils.' »

Other Native names for Devil’s Tower include Bear’s House (Crow), Bear’s Tipi (Arapaho), and Tree Rock (Kiowa).

Native Americans have filed several requests over the years to rename Mount Rainier, the highest point in Washington State. The name Mt. Rainier was bestowed by explorer George Vancouver in the 1790s to honor a fellow member of the British Royal Navy (one who fought against the U.S. in the Revolution). Alternative names suggested include Tahoma or Tacoma, which mean “snowy mountain peak,” or Ti’Swaq, which means “sky wiper.”

The Board has repeatedly rejected the proposals because of insufficient evidence that alternative names are widely used.

Some American Indians have complained about the origin of the name Mt. St. Helens, the volcano in western Washington State. According to the United States Geological Survey, Mount St. Helens was called  Louwala-Clough, or Smoking Mountain, by some local Native Americans. But in 1792 it was also named by George Vancouver, this time for the British Ambassador to Spain, Alleyne Fitzherbert, whose title was Baron St. Helens.

The Board says it isn’t aware of much local support for such a change.

Source: National Geographic.

Photos: C. Grandpey