Katla (Islande)

On peut lire dans l’Iceland Review Online une information quelque peu surprenante : Un géophysicien islandais est persuadé qu’une petite éruption s’est produite sur le Katla en juillet dernier lors de l’inondation provoquée par la rivière Múlakvísl qui prend da source au niveau du glacier Myrdalsjökull sous lequel se cache le volcan.

Après l’inondation provoquée par cette rivière, les scientifiques ont remarqué que des dépressions s’étaient creusées en quatre points du glacier, ainsi qu’une cinquième au centre du graben qui s’était formé rapidement pendant l’événement.

D’après le scientifique islandais, ce phénomène tend à montrer qu’il s’est produit une fonte très rapide sous le glacier et que seule une petite éruption volcanique peut en être la cause. Cette hypothèse se trouverait confirmée par l’activité sismique qui a été enregistrée le jour de l’inondation. Son niveau était semblable a celui observé pendant une éruption volcanique et même supérieur à celui qui a accompagné l’éruption au col de Fimmvörduhals en 2010.

Le scientifique conclut en affirmant qu’une petite éruption ne saurait faire disparaître le risque d’un événement plus important.

 

Cette analyse de la situation du Katla en juillet dernier est assez surprenante. D’une part, l’histoire éruptive du volcan ne fait guère état de mini éruptions. D’autre part, si éruption il y a eu, il est très étonnant qu’aucun panache de vapeur n’ait été observé au moment de la fonte du glacier. Comme je l’ai indiqué précédemment, il n’est pas rare de voir en Islande des fontes de glaciers provoquées par une activité géothermale en profondeur, sans que cela soit causé par une éruption volcanique. Ce n’est pas parce que le Katla est un volcan un peu mythique qui fait l’objet de toutes les attentions en ce moment qu’il faut voir des éruptions se profiler tous les quatre matins !

El Hierro (Iles Canaries / Espagne)

drapeau francais.jpgL’activité sismique à El Hierro a été particulièrement intense au cours de la journée d’aujourd’hui. Il ne serait pas surprenant que le niveau d’alerte – qui vient de passer au Jaune – soit élevé une nouvelle fois. Il semble de plus en plus probable qu’une éruption aura lieu dans un futur proche.

 

drapeau anglais.jpgSeismic activity has been increasing at El Hierro since this morning. The current alert level (Yellow) might be elevated again. An eruption might occur in a near future.

Kilauea (Hawaii / Etats Unis)

drapeau francais.jpgAlors que la courbe du tiltmètre de l’Halema’uma’u est stable avec le niveau du lac de lave à une profondeur relativement importante, la courbe du Pu’uo’o marque un dégonflement régulier du cône depuis le 21 septembre. La coulée de lave qui s’est échappée ce jour-là d’une fracture sur le versant E semble marquer le pas et ne plus menacer la subdivision des Jardins Royaux. Les derniers bulletins du HVO indiquent que la coulée de lave (pahoehoe à sa source) s’étale ensuite au sud et à l’ouest du Pu’u Halulu (à environ 1,3 km au NE du Pu’uO’o) en devenant une lave de type a’a qui montre sa difficulté à progresser plus en aval. Dans le même temps, hormis quelques points d’incandescence, aucune activité particulière n’est observée à l’intérieur du cratère proprement dit dont le plancher a tendance à s’affaisser lentement.

 

drapeau anglais.jpgWhile the tiltmeter of Halema’uma’u is stable with the lava pond dropping slowly at a fairly great depth, the tiltmeter of Pu’uO’o has shown a steady deflation of the cone since September 21st. The lava flow that came out of a fissure on the eastern flank seems to have stalled and is no longer a threat to the Royal gardens subdivision. HVO’s latest reports indicate that the flow (pahoehoe at its source) is spreading out south and west of Pu’u Halulu (1.3 km northeast of Pu’u ‘O’o) and becoming a’a, which shows its difficulty to move any further. Meantime, a few glowing spots can be seen within the crater whose floor is slowly subsiding.

 

Alaska & Yukon

J’aime – j’adore devrais-je dire – le monde des volcans, mais je pense que ce serait une erreur – comme le font certains de mes amis volcanophiles – de se focaliser uniquement sur les monstres de feu et d’occulter les autres beautés naturelles que nous offre notre planète.

C’est la raison pour laquelle j’avais décidé de me rendre une nouvelle fois en Alaska, en ajoutant à mon voyage une incursion dans le Yukon canadien. Ce territoire de la taille de l’Espagne a une population de quelque 30 000 habitants dont la moitié réside à Whitehorse, la capitale. Les rares routes font donc parcourir des immensités fréquentées essentiellement par les ours les élans et les loups. En traversant le Yukon, on relit par l’image les pages écrites par Jack London dont le buste trône dans la rue principale de Whitehorse.

Alaska et Yukon restent bien sûr associés à la célèbre Ruée vers l’or dont les vestiges sont encore visibles le long de certaines routes et dans certains villages dont plusieurs viennent tout juste de fêter leur centenaire.

S’agissant du relief, la partie sud-est de l’Alaska est dominée par les montagnes et les glaciers alors que les volcans se trouvent à l’ouest, le long de la célèbre chaîne des Aléoutiennes. Le seul regret de mon voyage cette année est de ne pas avoir pu survoler les volcans Illiamna et surtout Redoubt. Alors que la météo m’avait autorisé à découvrir l’Augustine il y a deux ans, les nuages sont restés scotchés sur la rive occidentale de Cook Inlet alors que le soleil éclairait la berge orientale où je me trouvais.

Comme je l’écrivais plus haut, les animaux sont presque plus nombreux que les hommes dans cette partie de l’Amérique. Il est vrai que la nourriture est abondante, surtout à l’automne, période pendant laquelle les ours peuvent accumuler les protéines nécessaires à l’hibernation. A l’aube et au crépuscule, il n’est pas rare de rencontrer des élans le long des routes, ce qui demande de ralentir car les collisions avec ces animaux sont fréquentes. 252 élans ont été tués par des véhicules sur la péninsule du Kenai pendant l’hiver dernier. Aux ours et aux élans, il faut ajouter les loups et d’autres carnassiers comme le redoutable glouton, sans oublier les phoques, loutres et autres lions de mer qui abondent le long des côtes. Deux sports sont pratiqués par les Alaskiens : la pêche et la chasse, auxquels il faut ajouter les sports de glisse pendant l’hiver. Il suffit de se rendre dans l’un des supermarchés proposant les équipements pour s’en rendre compte !

La population est certes clairsemée mais les Alaskiens sont des gens charmants qui réservent un accueil chaleureux dans leurs maisons où le confort indique que les mois d’hiver sont rigoureux. La solidarité est un maître mot dans le pays et vous ne serez jamais abandonnés si vous êtes confrontés un problème mécanique le long des routes. On observe chez ce peuple une très grande faculté d’adaptation à des conditions difficiles.

Conduire sur les routes de l’Alaska et du Yukon baignées par les couleurs de l’automne est un pur plaisir. On a vraiment l’impression que l’or du sous-sol a migré vers les feuilles des bouleaux qui illuminent le paysage. Les véhicules sont rares de sorte que la conduite est très reposante. Il suffit de caler le régulateur sur la vitesse adéquate et d’admirer le paysage en restant toutefois vigilant. Comme je l’ai écrit dans une note, la fonte du permafrost pose de gros problèmes et le réseau routier se dégrade parfois très vite.

 

Ce sont ces différentes raisons – entre autres – qui avaient motivé mon retour dans le Grand Nord. Le souvenir des loups hurlant sous les aurores boréales ou des oursons jouant le long de la Chilkoot River pourraient bien m’inciter à revenir d’ici quelque temps en Alaska…

 

Vous trouverez dans la colonne de droite de ce blog, sous le titre Alaska et Yukon, quelques images de ce périple.

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Couleurs du Yukon (Photo: C. Grandpey)