Il y a 92 ans, le Kelut (Indonésie)…

Si le 18 mai marquait le 31ème anniversaire du début de l’éruption du Mont St Helens, la journée d’hier, 20 mai, nous rappelait que ce jour-là en 1919, le Kelut entrait dans une phase éruptive particulièrement meurtrière puisque 5160 personnes ont trouvé la mort pendant cet événement, contre une soixantaine seulement pendant l’éruption du St Helens.

Le Kelut – Gunung Kelut en indonésien – est sans aucun doute l’un des volcans les plus redoutables d’Indonésie, voire du monde, bien que sa taille (1730 mètres d’altitude) soit relativement modeste. Situé à 90 kilomètres de Surabaya, ses éruptions sont en général brèves mais extrêmement violentes et destructrices. Elles commencent en général par l’expulsion de l’eau du lac qui emplit le cratère, ce qui produit inévitablement des coulées de boue. On estime qu’au cours des six derniers siècles il est entré au moins trente fois en éruption et a été responsable de la mort de quelque 15 000 personnes.  

L’éruption de 1919 compte parmi les plus meurtrières des temps historiques et elle se déroule selon un scénario bien connu des volcanologues. Le monstre se réveille brutalement pendant la nuit du 19 au 20 mai. Le magma visqueux issu des profondeurs entre en contact avec l’eau du lac, ce qui produit immédiatement une activité phréatomagmatique. Le Kelut expulse hors de son cratère la plus grande partie de l’eau qui s’y trouve. Elle est estimée à 38 millions de mètres cubes. Les lahars qui se forment alors dévalent à vive allure le flanc du volcan. Ils parcourent près de quarante kilomètres en moins d’une heure. La boue va recouvrir 30 km2 de terres cultivées et 9000 maisons, de sorte que 104 villages sont rayés de la carte. Le phénomène est bref mais le bilan est terrible : 5160 personnes trouvent la mort pendant l’éruption. Le panache, formé par l’activité phréatomagmatique est suivi de retombées de cendres observées aussi bien à Bandung, à 500 kilomètres à l’ouest, qu’à Bali, à 300 kilomètres à l’est.

Cette catastrophe a au moins deux conséquences positives.

D’une part, elle fait prendre conscience aux autorités indonésiennes de la nécessité de créer un observatoire volcanologique national. C’est ainsi qu’apparaît le Volcanological Survey of Indonesia (V.S.I.).

D’autre part, afin d’éviter que le lac de cratère soit la source de lahars dévastateurs à chaque éruption, il est décidé de mettre en place un système de drainage qui permettra une vidange permanente du lac.  

Les années qui ont suivi la mise en place du système de vidange du lac ont montré qu’il est très efficace et permet d’éviter d’autres catastrophes.

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(Avec l’aimable autorisation de Wikipedia)