Sakura-jima (Japon)

drapeau francais.jpgLe Sakurajima reste actif, avec des explosions qui génèrent des nuages de cendre montant jusqu’à 4 km d’altitude. Le panache éruptif s’étire ensuite vers l’E ou le SE. Il est parfaitement visible sur l’image satellite ci-dessous, mise en ligne par la NASA.

 

drapeau anglais.jpgSakurajima is still quite active with explosions that produce ash clouds up to 4 km a.s.l. Then, the eruptive plume drifts E or SE as can be seen on the satellite image here below, released by NASA.

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(Avec l’aimable autorisation de la NASA)

Dernier bilan de l’éruption du Merapi (Ile de Java / Indonésie)

drapeau francais.jpgLe dernier bilan officiel de l’éruption du Merapi fait état de 240 morts et plus de 390 000 personnes évacuées. L’augmentation du nombre de victimes n’est pas due à de nouvelles crises du volcan mais au fait que les sauveteurs ont découvert de nouveaux corps enfouis dans la cendre. Le bilan va probablement s’alourdir encore dans les prochains jours car il y a dans les hôpitaux des personnes qui ont été très sévèrement brûlées par les coulées pyroclastiques. De plus, les recherches de nouvelles victimes dans les villages sinistrés sont loin d’être terminées. Les autorités incluent dans le bilan les personnes qui sont mortes suite à des problèmes respiratoires ou cardiaques liés à l’éruption.

Hier, les émissions de cendre du Merapi montaient jusqu’à environ 1000 mètres au-dessus du sommet. On a observé deux coulées pyroclastiques. La première, à 12h54, a duré trois minutes et a parcouru 4 km. Des lahars ont atteint des villages se trouvant à 16 km du volcan. Les images satellites montrent que le panache s’étire sur 280 km en direction du SO et atteint une hauteur de 7,5 km.

 

drapeau anglais.jpgMount Merapi volcano has officially killed 240 people since it began erupting late last month, with more than 390,000 people in makeshift camps. The toll has not risen because of new volcanic explosions but after rescuers recovered more bodies. That figure is likely to rise as people with severe burns die from their wounds and officials count those who have died from respiratory problems, heart attacks and other illnesses related to the blasts.  

On Friday ash emissions at Merapi volcano, Indonesia reached 1000 m above the summit. Two pyroclastic flows were recorded. The first occurred at 12:54; it lasted 3 minutes and travelled 4 km. Lahars have reached villages 16 km from the volcano. Satellite images show an ash plume extending 280 km SW of the volcano to a height of 7,5 km.

Une aide scientifique bien tardive! (Merapi / Indonésie)

Trois volcanologues japonais viennent d’arriver à Yogyakarta pour épauler leurs collègues indonésiens face à la crise du Merapi. Des Américains et des Français devraient les suivre dans les prochaines heures alors que le volcan semble en train de se calmer. Cette arrivée tardive est quelque peu surprenante ! Ce n’est sûrement pas en arrivant « comme Gugus au cirque », quand l’éruption est en train de décliner, que les choses vont avancer ! Un travail plus en amont aurait été bien préférable. Certes, des études seront faites sur les cendres émises par le volcan, on examinera les tracés sismiques, mais Haroun Tazieff aurait dit que rien ne vaut une étude sur le terrain quand on observe les prémices de l’éruption et quand elle bat son plein !  

Si l’on étudie la gestion de l’éruption du Merapi par les volcanologues indonésiens, on peut dire qu’elle est loin d’avoir été catastrophique. Leur principale erreur est de ne pas avoir prévu dès le début une zone de sécurité plus importante. L’histoire éruptive du Merapi montre suffisamment à quel point le volcan peut être destructeur.  Toutefois, à la décharge des volcanologues indonésiens, le nombre de victimes (actuellement 206 morts) est avant tout dû au refus des populations d’évacuer les lieux. C’est là que le bât blesse et que les autorités indonésiennes devraient faire preuve d’une plus grande autorité pour mettre les habitants hors de danger.

Aujourd’hui, alors que le calme n’est pas revenu sur le volcan, un grand nombre de villageois ont quitté les camps pour retourner travailler dans leurs fermes. Ainsi, les 1200 réfugiés d’un camp dans le village de Tlogo et 600 réfugiés de celui de Boyoli sont repartis sur les flancs du Merapi. Certains n’ont pas hésité à signer des décharges pour aller retrouver leurs biens et leurs animaux, convaincus que le volcan n’allait pas  entrer de nouveau en éruption.    

Les autorités commencent déjà à faire un bilan économique de l’éruption. Comme d’habitude, il faudra s’attendre à des batailles de chiffres ! A l’heure actuelle, on estime que les pertes agricoles s’élèvent à 26 millions de dollars et plusieurs autres millions se sont envolés avec les forêts et la pisciculture.

 

Le séisme de 2009 en Arabie Saoudite (suite)

drapeau francais.jpgLa revue Science et Avenir revient ce mois-ci sur un événement que j’avais mentionné sur ce blog, mais qui est passé relativement inaperçu à l’époque. Il pourrait cependant prochainement défrayer la chronique car ce qui s’est passé est loin d’être anodin.

Souvenez-vous : en mai 2009, l’Arabie Saoudite a été secouée au nord-ouest de Medine par un séisme de magnitude 5,4 qui a entraîné l’évacuation de 40 000 personnes. Les scientifiques pensent aujourd’hui qu’il pourrait annoncer d’autres événements. Ainsi, une équipe de géologues arabes et américains explique dans la revue Nature Geoscience que cette région du Harrat Lunnayyir n’a pas connu pareil phénomène depuis plus de sept siècles.
Le séisme aurait été précédé dès avril de milliers de micro-secousses qui n’ont cessé qu’à la fin juin 2009. 

Selon les chercheurs, cette sismicité correspondrait à une brusque remontée du magma au travers du vieux bouclier cristallin de l’ouest du pays, région déjà parsemée de jeunes cônes basaltiques. Comme je l’avais indiqué à l’époque, les relevés satellitaires ont détecté un bombement de 40 centimètres de la région et on a noté l’apparition d’une faille de 8 kilomètres de long et de 45 cm de large. Ceci serait dû à une forte intrusion de magma qui ne s’est arrêtée qu’à 2 km de la surface.

Selon les scientifiques, la cause de cette activité tectonique se situe à 200 km à l’ouest, au cœur de la mer Rouge, où le jeune plancher océanique avec une dorsale très active prépare un futur océan. Il faudra rester vigilant à l’avenir car l’intrusion magmatique récente montre que des éruptions sont susceptibles de se produire.

 

drapeau anglais.jpgThe November issue of the French magazine Science et Avenir tackles an event I mentioned in this weblog but which was little debated at that time. It could make the headlines in the short term as what happened should not be neglected.

Just remember: In May 2009, Saudi Arabia was rattled to the NW of Medina by a M 5.4 earthquake which caused the evacuation of 40,000 people. Today, scientists believe it could herald more events. A team of Arab and American geologists explains in the review Nature Geoscience that the region of Harrat Lunnayyir has not gone through such an event for more than seven centuries. Besides, the earthquake was preceded as soon as April by a swarm of micro seisms which stopped by the end of June 2009.

According to the researchers this seismicity might correspond to a rise of magma through the crystalline shield to the west of the country, an area with quite a lot of young volcanic cones. As I put it previously, satellite data revealed a 40-centimetre inflation of the area. An 8-km-long and 45-centimetre-wide fault was also observed. This could be due to some magma intrusion that stopped 2 km below the surface.

Scientists think the cause of the tectonic activity lies 200 km to the west, at the heart of the Red Sea where the young oceanic floor with a very active ridge is paving the way for a future ocean. One should be careful as the recent magma intrusion could be the sign of future eruptions.