Kilauea (Hawaii / Etats Unis)

drapeau francais.jpgLa lave en provenance du TEB continue à s’écouler en tunnels en alimentant plusieurs coulées de surface à l’ouest du point d’observation réservé au public et qui vient d’être fermé. Elle continue à entrer dans l’océan sur le site de Puhi-o-Kalaikini.

La bouche qui s’est ouverte à proximité de Kalapana le 20 novembre alimente des petites coulées qui se dirigent vers le sud sans menacer les habitations. En revanche, la bouche qui s’est ouverte le 24 novembre continue à progresser vers l’est. Ce matin (heure locale), le front de coulée se trouvait à quelques mètres seulement de la construction la plus proche qui était encerclée par la lave.

Source : HVO.

 

drapeau anglais.jpgLava from the TEB vent keeps flowing through tubes down slope to feed several active surface flows issuing from the tube west of the County Viewing Area (which has just been closed) and a single ocean entry on the Puhi-o-Kalaikini delta. The November 20th breakout continues to inflate with a few small expansions to the south away from the nearest structures. The November 24th breakout continues to advance eastward. This morning (local time), the front was a few metres from the nearest structure, with lava activity all around.

Source: HVO.

Merapi: un appel à l’aide

drapeau francais.jpgL’éruption du Merapi est en phase terminale, mais les problèmes autour du volcan sont très loin d’être résolus. Rappelons que l’éruption a fait plus de 320 morts et que plusieurs centaines de milliers de personnes ont été évacuées de villages dont beaucoup ont été détruits par les nuées ardentes. Je vous livre dans son intégralité le courrier que je viens de recevoir d’un concitoyen qui vit dans la province de Sleman, durement affectée par l’éruption du Merapi :

 

Bonjour. Je m’appelle Jean François Castan. Je vis en Indonésie depuis plus d’un an, au pied du volcan Merapi. J’ai vécu l’éruption, et maintenant, je vois la détresse des gens de la région. Je cherche par tous les moyens à attirer l’attention pour obtenir de l’aide. La situation de nombreux villages touchés par l’éruption devient critique. L’aide promise par le gouvernement indonésien n’arrive pas. Arrivera t-elle un jour ? Certains attendent encore l’aide promise en 2002. Mais la réalité est que certains villages seront bientôt à court de nourriture et d’eau. Les gens sont désespérés. La plupart vivent de la culture du « snake fruit », mais les champs sont ravagés, et le commerce pratiquement au point mort.

Comment les aider ? Ils se tournent vers moi, car je suis un occidental (Français), mais moi tout seul, que puis-je faire ? Les dons faits par les pays tiers et acheminés vers des organisations indonésiennes sont pratiquement tous détournés par une administration très corrompue.

Avez vous des suggestions ? Quelque chose que je puisse leur dire, qui puisse les aider ?

S’il vous plait, aidez moi à aider ces gens.

 Jean François Castan. Commune de Turi- Sleman  »

 

drapeau anglais.jpgThe eruption of Mount Merapi is coming to an end but the problems around the volcano are far from being solved. Let’s bear in mind that more than 320 people have died and hundreds of thousands have been evacuated from villages many of which have been destroyed by pyroclastic flows. Here is a letter I have just received from a French citizen living in the Sleman province that was badly affected by the eruption:

 

Hello! My name is Jean-François Castan. I have been living in Indonesia for more than a year at the foot of Mount Merapi. I lived through the eruption and I now see the misery of the people in the region. I am doing my best to try and draw people’s attention in order to get some help. The situation of many villages affected by the eruption is now desperate. The help promised by the government has not come yet. Will it come some day? Some people are still waiting for the help that had been promised in 2002. But the real thing is that some villages will soon be short of food and water. People are at a loss. Most of them are living on the culture of « snake fruit » but the fields have been devastated and commerce is at a standstill.

How can I help them? They are turning towards me because I am a Westerner (I’m French) but what can I do if noboby helps me? The donations made by other countries and sent to Indonesian organisations have almost all been diverted by a corrupted administration.

Do you have any suggestions? Something I can tell them which could help them? Please help me to help these people.

Jean-François Castan. Sub-district of Turi-Sleman.

 

Bromo (Ile de Java / Indonésie)

drapeau francais.jpgSelon les autorités indonésiennes, le Bromo a expulsé de la cendre vendredi jusqu’à une hauteur de 500 mètres au cours d’une crise éruptive mineure qui n’a pas fait de blessés. Il faut se souvenir qu’au début de la semaine le niveau d’alerte avait été élevé au maximum. Il avait été demandé aux villageois et aux touristes de ne pas s’approcher du volcan dont l’éruption avait tué deux personnes en 2004Le Bromo s’inscrit dans le monde de traditions indonésiennes que je mentionnais à propos du Merapi. En août, des milliers d’habitants de la caldeira du Tengger – enclave hindouiste – se rassemblent  sur la lèvre du volcan et jettent dans le cratère des offrandes de riz, fruits, légumes, fleurs, volailles, etc. pour s’attirer les bonnes grâces du dieu de la montagne au cours de la cérémonie du Kesodo. L’origine de cet événement semble remonter au 15ème siècle, époque où une princesse nommée Roro Anteng a créé la principauté avec son mari Joko Seger. Le couple qui n’avait pas d’enfants sollicita l’aide des dieux de la montagne. La légende raconte que ces derniers leur en accordèrent 24, mais que le 25ème devait être jeté dans le cratère du volcan en guise de sacrifice. Après un premier refus des parents, le 25ème enfant prénommé Kesuma fut précipité dans la gueule du monstre. C’est depuis cette époque que s’est perpétuée cette tradition de jeter des offrandes dans le cratère du Bromo afin d’apaiser les dieux de la montagne…

 

drapeau anglais.jpgAccording to Indonesian officials, Mount Bromo shot ash 500 metres into the air on Friday in a minor eruption that caused no injuries. Earlier this week the alert level had been raised to its highest level. Villagers and tourists had been asked to stay away from the volcano whose eruption killed two people in 2004.

Mount Bromo goes well with Indonesian traditions I mentioned about Mount Merapi. In August, hundreds of thousands Tenggerese gather at the active crater of Mount Bromo to present offerings of rice, fruit, vegetables, flowers, poultry and other local produce to the God of the Mountain in a ceremony called the Kesodo Ceremony. The origin of the festival lies in the 15th century when a princess named Roro Anteng started the principality of Tengger with her husband Joko Seger, and the childless couple asked the mountain Gods for help in bearing children. The legend says the Gods granted them 24 children but on the provision that the 25th must be tossed into the volcano in sacrifice. The 25th child, Kesuma, was finally sacrificed in this way after initial refusal, and the tradition of throwing sacrifices into the crater to appease the mountain Gods continues today.

Merapi (Ile de Java / Indonésie)

Pour ceux qui ne l’auraient pas aperçu et lu, je ne peux résister à la tentation de diffuser intégralement en page centrale de mon blog le commentaire que j’ai reçu hier de la part d’un compatriote vivant en Indonésie, suite à mon article « Merapi: un volcan et des hommes ».

 

« Cher Claude, votre article décrit bien (trop gentiment à mon goût… sans offense, bien sûr) le contexte culturo-social de la population voisine du Merapi. Personnellement, je me bats chaque jour pour convaincre certains de mes amis javanais que la « tradition » a sa limite. Cette limite a été atteinte le 5 novembre. Je pense que finalement, le saint homme Mbah Maridjan, gardien spirituel du volcan, a fait beaucoup de mal, la population ayant placé sa protection dans son pouvoir d’apaiser le volcan. Le résultat est celui là: http://indonesia-zamrud-khatulistiwa.blogspot.com/2010/11/ngepringan-valley-of-death.html . Le village de Ngepringan fut balayé par la coulée du 5 novembre, ensevelissant maisons, voitures, personnes, sous des tonnes de lave et de cendre, la chaleur intense brûlant tout. De nombreux cadavres de vaches sont encore fumants, 10 jours après. Une femme que j’ai rencontrée lors de ma visite du village est la seule rescapée de toute sa famille. Le système des évacuations est aussi responsable. Totalement inefficace. J’ai rencontré le responsable d’un camp, pourtant un militaire supposé avoir toute la logistique nécessaire, la veille de la terrible éruption. Dès qu’il m’a aperçu dans son camp, sans doute parce que je suis un occidental, il a foncé sur moi, et la première chose qu’il m’a dite: « Pouvez vous m’aider ? » J’en ai encore les larmes aux yeux. Ce camp était à moins de 10 km du volcan, presque sur le chemin de la coulée. J’ai vu des scènes de panique, en pleine nuit, d’une population fuyant dans le plus grand désordre. Parfois à 5 sur une petite moto. Des enfants en bas âge sous la pluie de cendre et de petites pierres… La police n’est arrivée sur zone que 30 minutes après… trop tard. Rien n’était prêt. La population complètement inapte à ce genre d’événement, et l’administration dépassée par l’ampleur. Par contre, les chefs en tout genre n’oublient pas de venir parader dans les camps, dans leur cortège de voitures toute neuves, avec chauffeur, et leurs femmes en costume traditionnel qui viennent signer les registres, comme pour dire, « Vous voyez, J’y étais ! » Ce sont ceux-là mêmes qui vont s’emparer des fonds d’aide aux victimes. J’ai un ami qui attend toujours les 5 millions de roupies promis par le gouvernement en 2002, après que sa maison fut détruite par un tremblement de terre. Certains autres, qui attendaient 15 millions, n’ont reçu que 2,5 millions, en 3 versements… Comme vous le voyez, cher Claude. Je suis moins « diplomate » que vous à décrire la réalité de Java. Une population sous-éduquée où la superstition fait office de savoir, et une élite qui détourne tout ce qu’elle peut pour s’enrichir… Mon coeur saigne encore de ce que j’ai vu avant hier, dans ce village de Ngepringan… »

 

Je cautionne à 100% ce témoignage. Il est bien évident que je suis obligé de faire preuve d’une certaine retenue quand j’écris des articles où je mets indirectement en cause les autorités, qu’elles soient gouvernementales, scientifiques ou religieuses. J’ai à plusieurs reprises mis en garde sur l’influence que pourraient avoir les gardiens des volcans indonésiens, que ce soit lors de la crise du Kelud il y a quelque temps ou au début de l’éruption actuelle du Merapi. S’agissant de la corruption, elle est monnaie courante dans le sud-est asiatique. L’argent prévu pour venir en aide aux sinistrés n’arrive jamais à destination dans sa totalité. Il y a des personnes qui se goinfrent en cours de route. Il suffit de se souvenir de la catastrophe générée par le volcan de boue Lusi ou du terrible tsunami de la fin 2004 pour s’en rendre compte. Tout l’argent donné par les pays occidentaux n’a pas atteint son but !