Ça m’agace !

Dimanche soir, la chaîne Ushuaia TV diffusait un documentaire intitulé « L’anneau de feu du Pacifique ». Réalisé par les Américains, son but était de montrer les risques encourus par les pays qui bordent cette ceinture où les forces créées par la subduction des plaques tectoniques est énorme. Je dois dire que je suis resté sur ma faim !

Les séquences purement volcaniques, en particulier celles montrant la lave, ont été tournées à Hawaii dont le volcanisme intraplaque n’a aucun point commun avec celui de la Chaîne des Cascades qui servait de point de référence au documentaire. Quitte à vouloir faire du spectaculaire, il aurait fallu montrer des images d’explosions et de nuées ardentes. Il en existe des tas dans les archives !

Il a été bien sûr été question du Mont St Helens dont il n’est pas du tout certain, contrairement à ce qui a été affirmé dans le documentaire, que la prochaine éruption soit aussi cataclysmale que celle de 1980. Par contre, aucune allusion au Mont Rainier qui se dresse à proximité de Seattle !

S’agissant de cette ville, le risque majeur présenté par le documentaire était surtout sismique car une pression énorme s’accumule le long de la ligne de faille située à 80 km des côtes. Des simulations « à l’américaine » montraient la destruction des édifices et des voies de communication. Un tel scénario avait déjà été présenté quelques minutes plus tôt à propos du Japon.

Je suis tout à fait d’accord sur le fait qu’il faille montrer les risques volcaniques et sismiques. Ils sont réels le long de la Chaîne des Cascades.  Le problème avec les Américains, c’est que l’on sombre tout de suite dans le film-catastrophe dans la lignée du Pic de Dante et de Vulcano et leurs images surréalistes.

Je n’ai pas regardé le film sur l’éruption de l’Eyjafjöll samedi soir sur la chaîne du National Geographic mais, comme je l’ai indiqué lors de sa diffusion, la bande-annonce sentait le film- catastrophe avec l’équipage d’un avion qui paniquait dans un nuage de cendre.

Il n’est pas besoin d’avoir recours à de tels effets spéciaux pour montrer au public les risques sismiques ou volcaniques ! A la limite, ces effets ont tellement gros qu’on a davantage envie de rire que d’avoir peur. Je ne suis pas certain qu’au final, le but recherché par les réalisateurs soit atteint. A mes yeux, rien ne vaut un documentaire avec des images filmées sur le terrain et sans artifices, avec des explications fiables à partir de travaux effectués, eux aussi, sur le terrain. Le public a besoin de preuves pour être convaincu. Si un documentaire lui montre ce qu’il a déjà vu, truffé d’effets spéciaux, au cinéma, le message ne passe pas !

Ce n’est bien sûr qu’une opinion toute personnelle. Tout le monde n’est pas forcément agacé par ce genre de documentaire !

Mont-Rainier-blog.jpg
Le Mont Rainier (Chaîne des Cascades)
[Photo: C. Grandpey]

Eyjafjöll (Islande)

drapeau francais.jpgLe dernier bulletin du Met Office publié hier en fin d’après-midi indique que la hauteur du panache de cendre varie entre 5 et 6 km de hauteur et que des retombées de cendre sont observées au sud du site éruptif. La coulée de lave est peu alimentée est invisible sur les webcams.

Le niveau du tremor reste inchangé et se maintient à un niveau bas. Un essaim sismique a débuté hier matin vers 11 heures et d’autres secousses ont été enregistrées toute la journée (voir graphique ci-dessous). Ces secousses, entre M 1 et M 2, avaient, pour la plupart, leur origine à une profondeur de 18 – 20 km, ce qui montre que l’éruption est toujours alimentée depuis le manteau. Il n’y a aucune indication que l’éruption va se terminer.

 

drapeau anglais.jpgThe Met Office’s latest report released yesterday late in the afternoon indicates that the height of the eruption plume is 5 – 6 km and that ashfall was reported south of the eruption.  

The lava flow is low and not visible on cameras.  

Seismic tremor has not changed, at low values. A sesmic swarm started around 11:00 yesterday morning, with more earthquakes all through the day. They were located at depths of 18 – 20 km, with a magnitude range 1 – 2. This indicates that magma is still flowing in from the mantle.

There are no indications that the eruption is about to end.

Sismicité-Islande.jpg

Eyjafjöll (Islande)

drapeau francais.jpgLe dernier bulletin du Met Office islandais en date du 9 mai à 15 heures indique que le panache éruptif est de couleur grise et s’élève le plus souvent à une hauteur de 4 ou 5 km. Des retombées de cendre noire ont été observées hier matin au sud du site éruptif. La phase de dégonflement de l’édifice volcanique se poursuit. Comparée aux sept derniers jours, l’émission de cendre décline lentement, mais l’activité connaît des sautes d’humeur et il n’est pas impossible que des variations d’activité se produisent ultérieurement.  

La sismicité ainsi que le tremor éruptif restent à des niveaux bas.

Au vu de l’activité actuelle, le panache de cendre ne devrait pas perturber le trafic aérien pendant très longtemps, même s’il reste relativement dense,  comme on peut le voir sur la capture d’image de webcam effectuée ce matin à 7 heures.

 

drapeau anglais.jpgThe Met Office’s latest update (May 9th at 15:00) indicates that the eruption plume is grey and mostly 4-5 km high. Black ashfall was detected yesterday morning south of the eruption site.  

Deflation of the volcano continues. Compared to the last seven days, the output from the volcano has been slowly decreasing but the activity has been pulsating and further changes in overall activity can be expected.

The steam plume that could be seen at the Gigjökull glacier has disappeared.

Seismicity and the eruptive tremor are at low levels.

Considering the current activity, the eruptive plume should not disrupt air traffic for a long time, even if it is still dense, as can be seen on this webcam image captured at 7:00 this morning.

Panache-Islande.jpg

  

Toujours plus fou! (suite)

Après la montre en roche volcanique, c’est au tour de la cendre du volcan d’être commercialisée !!

Une boutique islandaise en ligne a commencé à vendre la cendre de l’Eyjafjöll afin d’aider les équipes qui assurent la sécurité et la remise en état des sites affectés par les rejets du volcan. Des commandes arrivent de toute la planète. Au début, la plupart provenaient d’Australie et des Etats-Unis, autrement de pays qui n’avaient pas connu les problèmes de leurs homologues européens. Maintenant, ce sont essentiellement les Britanniques et les Scandinaves qui sont intéressés. La cendre n’est pas donnée. Vous devrez débourser 24 euros pour 160 grammes, mais les Islandais font remarquer que c’est pour la bonne cause ! Tout l’argent récolté ira à ICE-SAR, une équipe de secours nationale composée de bénévoles et qui est sur le pied de guerre depuis le début de l’éruption. Ses membres sont venus en aide aux fermiers pour protéger bétail et pâturages et pour nettoyer les fermes après les pluies de cendre.  

Reste à savoir comment vont réagir les elfes et les trolls ! A Hawaii, Madame Pélé accepte très mal que l’on prélève un morceau de lave pour le rapporter chez soi. Comme je l’indique dans l’une de mes Volcanecdotes, une adresse spéciale est mise à la disposition de ceux qui auraient commis ce crime, afin qu’ils restituent à sa propriétaire l’objet du délit. Il ne faudrait pas que la vente de la cendre irrite le peuple souterrain de l’Islande et qu’il déclenche, par exemple, une éruption du Katla pour se venger…

Source : Iceland Review.