Coût de la prévention d’un tsunami à Hilo (Hawaii / Etats Unis)

Le 25 février dernier, un séisme de magnitude de 8,8 a frappé le Chili et déclenché une alerte tsunami dans tout le Pacifique. Hawaii a été touché par une vague modeste qui n’a pas provoqué une catastrophe comme à Hilo en 1960. Les 23 mai de cette année-là, le tsunami avait été généré par un autre séisme en Amérique du sud. Des vagues d’une dizaine de mètres de hauteur avaient déferlé dans la baie d’Hilo 15 heures plus tard, tuant 61 personnes et détruisant 540 maisons.

Cette fois, les autorités hawaiiennes s’étaient préparées au pire et elles font aujourd’hui les comptes des mesures de prévention, en insistant sur le fait que l’argent dépensé pour protéger des vies a une valeur inestimable. La facture s’élève à 330 000 dollars pour Honolulu et ses environs et à 274 067 dollars pour la Grande Ile.

C’est la mobilisation du personnel qui justifie avant tout ces dépenses. Au total, 873 personnes de 16 services différents ont été réquisitionnées et payées en heures supplémentaires, soit une fois et demie le salaire horaire habituel. Il a fallu en outre fournir des repas et louer un hélicoptère privé. La facture ne prend pas en compte les remboursements faits aux campeurs qui ont été évacués, ni aux personnes qui avaient loué leurs résidences à des vacanciers et qui ont été évacuées elles aussi. C’est la police qui a coûté le plus cher, avec plus de 106 000 dollars d’heures supplémentaires payées à 324 employés. A noter que ces sommes ne pourront pas être remboursées par l’Etat fédéral dans la mesure où il n’y a pas eu promulgation d’état de catastrophe naturelle. Les pertes subies par les commerçants – qui ont dû baisser leurs rideaux un jour de grande affluence – n’ont pas encore été estimées par la Chambre de Commerce.     

Même si aucun tsunami n’a été observé, cet état d’alerte aura servi de bon exercice d’entraînement dans la perspective d’une vague plus dévastatrice. Il a montré que tous les secteurs concernés ont réagi de manière positive, en particulier l’hôpital d’Hilo qui a su adapter ses structures à la situation, avec une capacité à fonctionner en cas de panne d’électricité.

La seule critique formulée concerne les sirènes qui ont été actionnées très fréquemment et ont rendu la menace de tsunami plus grande qu’elle ne l’était en réalité.

 

Pour qui connaît la ville d’Hilo sur la Grande Ile, il ne fait aucun doute qu’une telle répétition générale sera bénéfique et permettra de corriger d’éventuelles erreurs. Comme je l’ai écrit au début de cette note, le tsunami de 1960 a causé de lourds dégâts. On peut voir dans plusieurs maisons d’Hilo le niveau atteint par la mer et le Pacific Tsunami Museum au cœur de la ville a affiché un grand nombre de photos de la catastrophe. On peut aussi y voir la carte à risques et les secteurs à évacuer en priorité. Aujourd’hui, les instruments de mesure et de détection des séismes et des tsunamis sont beaucoup plus performants qu’en 1960 et on peut raisonnablement penser que le nombre de victimes d’un raz-de-marée sera moins important. 

Source : Hawaii Tribune Herald.