Sismicité en Islande (suite)

La sismicité présente un niveau encore élevé aujourd’hui au niveau de l’Eyjafjallajökull. On se demande, à juste titre, si le volcan Eyjafjoll qui sommeille sous le glacier ne va pas entrer en éruption. Une crise sismique semblable a eu lieu il y a peu de temps sous le Vatanjökull et on se demandait de la même façon si le volcan Bardabunga n’allait pas de réveiller. En fait, aucune activité majeure n’a été observée.

Je voyageais en Islande en 1988 et séjournais dans le NE de l’île à une époque où le volcan Krafla menaçait lui aussi d’entrer en éruption. La sismicité était très élevée. J’avais planté ma tente dans le camping de Reykjalid et une nuit on ressentait des ondes de choc dans le sol. Je pensais réellement que l’éruption était imminente et je suis monté au sommet d’une colline en espérant assister au jaillissement de la lave. La veille, j’avais appris que le sol s’était soulevé de près d’un mètre dans le secteur de la centrale électrique. Donc, tous les éléments semblaient réunis pour que débute une éruption. Je suis même resté une journée de plus dans le secteur, en espérant pouvoir réaliser un scoop photographique ! Pourtant, il ne s’est rien passé. Quelques semaines après mon retour en France, j’ai rencontré Maurice Krafft qui m’a dit que je n’avais rien raté car l’éruption avait avorté, le magma ayant probablement trouvé un autre passage dans les profondeurs de la Terre.

Tous ces événements montrent qu’une éruption islandaise est très difficile à prévoir. A la sismicité volcanique vient s’ajouter celle provoquée par la situation de l’Islande sur la dorsale médio-atlantique et il est quasiment impossible de savoir ce qui se passe réellement sous nos pieds dans cette partie du monde. 

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La sismicité de l’Eyjafjoll ce matin à 7 heures. Les secousses datant de moins de 24 heures sont en rouge. Les étoiles indiquent les événements d’une magnitude supérieure à M3.