L’éruption se poursuit calmement sur l’Ile de la Réunion. La lave continue à s’écouler à l’intérieur du Dolomieu où elle vient recouvrir les coulées de l’éruption de 2008. Comme je l’indiquais précédemment, l’Enclos est à nouveau ouvert au public qui peut accéder librement à la plateforme d’observation aménagée sur la lèvre du cratère. Il est à noter un fait nouveau qui ne s’était pas produit depuis décembre 2003 : il est possible d’assister DE NUIT au spectacle de l’éruption !
Cette autorisation préfectorale est en rupture complète avec les politiques précédentes.
On a bien sûr en toile de fond l’éternel débat sur le libre accès à la montagne quand des risques sont signalés C’est ce qui se passe en métropole quand des avalanches sont susceptibles d’emporter des skieurs qui font du hors-piste. Deux points de vue s’affrontent en général. Il y a ceux qui disent que la montagne est un espace de liberté et que toute interdiction serait un sacrilège. D’autres pensent qu’il faut avant tout protéger la santé des gens et interdire le ski hors-piste quand le danger est présent.
C’est un peu la même chose sur un volcan, sauf que – contrairement aux Alpes par exemple – des interdictions sont mises en place quand une éruption se déclenche. A Hawaii par exemple, pas question d’aller au bord de l’Halema’uma’u ou du Pu’uO’o en ce moment, au risque de se faire arrêter et verbaliser par les rangers. L’Etna est libre d’accès, mais si une éruption se produit, nul doute que le Préfet interdira de pénétrer dans la zone active. Plus récemment, un périmètre de sécurité – interdit d’accès – et une évacuation de la population ont été décidés autour du Mayon aux Philippines.
Difficile d’avoir une position tranchée à ce sujet. Personnellement, je suis très frustré de ne pouvoir approcher un volcan en période d’éruption et je dois humblement reconnaître que je me suis rendu sur des zones actives en dépit des interdictions, que ce soit à Hawaii ou sur l’Etna. Le risque zéro n’existe pas, mais je ne pense pas avoir commis de grosses imprudences en m’aventurant dans ces zones chaudes. De plus, aujourd’hui, le GPS évite de se perdre. A côté de cela, il m’est arrivé de voir des touristes inconscients et dépourvus de tout équipement de montagne s’aventurer sur l’Etna dans des secteurs où je n’aurais pas osé mettre les pieds !
Au final, je pense que si un volcan explosif comme le Mayon est vraiment menaçant (avec évacuation des populations), son accès doit être interdit à tout le monde, sans exception. Dans le cas d’un volcan comme le Piton de la Fournaise à la Réunion (ou le Kilauea à Hawaii), il faut se comporter comme pour le ski hors-piste et laisser les gens prendre leurs responsabilités. Cela évitera les passe-droits et permettra en particulier de mettre tout le monde à égalité sur le plan de la photographie volcanique…. En revanche, si une personne a un pépin et doit être secourue en utilisant des moyens coûteux (hélicoptère par exemple), je trouverais normal qu’elle participe aux frais d’évacuation. Mais ce n’est qu’un point de vue personnel. La liberté de pensée et d’expression existant encore dans notre belle démocratie, chacun d’entre nous est libre de défendre son point de vue !

Comme d’habitude: je suis d’accord avec tous les points de vue développés dans l’article!
Et effectivement quand un volcan a un comportement intermédiaire (Stromboli) on imagine combien il est difficile de trancher :-))) (surtout quand des arguments économiques peuvent venir se mêler…)
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Dans un autre domaine, en canyonning il y 15 ans la Sierra de Guara en Espagne était peu fréquenté, et l’accès était libre. Il y a 10 ans, j’ai passé 1h à attendre sur un rappel de 5m car certain débutait cette activité dans un canyon dont la descente prenait 6h !!
Depuis, devant l’afflux de gens et leur méconnaissance du milieu, la guardia civile vérifie les équipement, fixe des quotas, et colle des amendes. Un peu comme Stromboli.
J’espère que le panneau sur l’Etna à la cote 1900m indiquant « au delà de cette limite votre responsabilité est engagée » aura toujours un sens (on pourrait mettre le même au pas de Bellecombe, pour que les gens prennent les risques « en conscience »)
Après pour le paiement des secours, il y a le « pas de chance » alors que l’équipement et l’entrainement est correct (fracture, chute de sérac en montagne à 6h du matin, rupture de corniche…), et la vrai inconscience (pas de vêtements chauds, pas de vivre, des sandales au pied…). Je ferai une différence entre les 2, sachant que les secours sont de toute façons obligé de s’entrainer, donc de faire des manœuvres en hélico ou autre, ce qui coûte dans tous les cas.
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Bonjour Claude,
Je suis tout aussi contrarié que vous lorsqu’on freine mon appétence à voir et sentir des volcans débordants de vitalité. Heureusement qu’il nous reste encore quelques volcans libres d’accès ou il faut malgré tout faire preuve de beaucoup de prudence, d’humilité pour les approcher au plus près et sentir un peu de leurs puissances potentielles. Je pense à ces voyages bien orchestrés par ‘Aventure & Volcans’ qui m’ont tellement enjoué d’être à la fois sur la lèvre du Yasur en belle activité strombolienne mais aussi au coeur du volcan Dallol sans oublier cette nuit magique à observer en tout tranquillité les fontaines de lave du légendaire et mythique Erta Ale. Un bonheur immense… Certes, ce ne sont là que des endroits reculés ou résident vraiment très peu de population.
Je profite de cet e-mail pour vous souhaiter une excellente année 2010, une très bonne santé ainsi que de beaux voyages agrémentés de volcans vifs et démonstratifs.
Cordialement,
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