Chaitén (Chili)

drapeaufrancais.jpgLa croissance du dôme de lave a continué au cours de la première quinzaine d’octobre. On pouvait voir sur la webcam située au sud du volcan des panaches de vapeur en provenance de la partie orientale du dôme ainsi que des nuages de vapeur et de cendre en provenance de la partie centrale du cratère. Une explosion a généré un volumineux nuage de cendre le 14 octobre et d’autres émissions semblables s’élevaient jusqu’à 2,4 km d’altitude le 21 octobre. Le niveau d’alerte est maintenu au Rouge, le maximum.

A noter qu’une séquence de l’émission Thalassa (20h35 sur FR3) sera consacrée ce soir au volcan chilien.

Source : Global Volcanism Program.

NB: Je viens de regarder l’émission. La séquence consacrée au Chaitén est excellente, avec de superbes images et des témoignages reflétant parfaitement la situation actuelle.

 

drapeau anglais.jpgChaitén’s lava dome continued to grow during the first half of October. Steam from the eastern part of the dome and ash-and-steam plumes from the centre were seen on  the webcam located south of the volcano. An explosion on October 14th produced a dense ash cloud  and more plumes were rising up to 2.4 km a.s.l. on October 21st. The Alert Level remains at Red.

Tonight, a sequence of the French TV programme Thalassa (on FR3 at 20:35) will be dedicated to the Chilean volcano.

Source : Global Volcanism Program.

NB: I have just watched the TV programme. The sequence about Chaitén is excellent: Great pictures illustrated by local inhabitants that give a perfect idea of the current situation.

Mt St Helens, Mt Rainier et Mt Adams (Etat de Washington / Etats Unis)

drapeaufrancais.jpgD’après une étude conduite par des scientifiques néo-zélandais et australiens et publiée dans la revue Nature Geoscience, il se pourrait que le Mt St Helens, le Mt Rainier et le Mt Adams soient tous trois alimentés par une même source magmatique qui se situerait à une trentaine de kilomètres de profondeur.

Toutefois, d’autres scientifiques contestent cette théorie et font remarquer que les études faites en surface n’ont pas révélé la présence d’une chambre magmatique géante sous la Chaîne des cascades au sud de l’Etat de Washington.

Cette étude (déjà signalée dans l’une de mes notes il y a quelques mois) a commencé en 2006 et a duré deux années pendant lesquelles les scientifiques néo-zélandais et australiens ont mesuré la conductivité électrique des couches géologiques du sous-sol.

Comme je l’ai écrit plus haut, la plupart des scientifiques sont persuadés que chaque volcan est alimenté par une chambre magmatique indépendante et plus petite que celle évoquée par leurs collègues. Il est vrai que si l’on considère l’histoire éruptive de chacun de ces trois volcans, cette dernière hypothèse semble la plus probable.

Personnellement, je pense que les scientifiques devraient tout d’abord étudier de manière exhaustive le comportement de chaque volcan avant de se chamailler autour de théories globales sur trois volcans. Un exemple récent conforte mon point de vue : Bien que l’éruption du Mont St Helens ait été soigneusement observée, les volcanologues se sont trompés en affirmant en mars 2007 que le dôme pourrait continuer à croître pendant des décennies car il était probablement alimenté par un « système ouvert ». Au lieu de cela, la croissance du dôme a pris fin courant 2008 !!

 

drapeau anglais.jpgAccording to a study published in the magazine Nature Geoscience, Mount St. Helens, Mount Adams and Mount Rainier could tap the same molten rock up to 30 kilometres underground.

Other scientists dispute the study and say there is no surface evidence of a giant magma body under the south Washington Cascades.

The two-year study (mentioned in a previous note a few months ago) began in 2006. It was conducted by scientists from New Zealand and Australia measuring the electrical conductivity of underground geologic layers.

However, most scientists believe each volcano is fed by a smaller separate magma chamber. Considering the eruptive history of each of the three volcanoes, this hypothesis seems to be the most likely.

In my opinion, scientists should thoroughly study the behaviour of one volcano at a time and stop squabbling about global theories on three volcanoes. For instance, even though the 1980 eruption of Mount St Helens was carefully observed, volcanologists were mistaken in March 2007 when they said the dome might keep growing for decades! Dome growth actually stopped in 2008 !!

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Une même chambre magmatique pour le Mt Rainier (au fond) et le Mt St Helens?
Photo: C. Grandpey 

Kilauea (Hawaii / Etats Unis)

drapeaufrancais.jpgLa webcam placée au-dessus de la bouche dans l’Halemauma’u montre des orifices incandescents par lesquels se fait le dégazage. Toutefois, aucun lac de lave actif n’est visible actuellement.

Une incandescence plus ou moins forte peut être discernée à travers les volutes de gaz qui s’échappent du Pu’uO’o. Il ne semble pas, toutefois, qu’un lac de lave soit réapparu dans le cratère.

La lave continue à s’écouler en tunnels ou en surface entre sa source au Thanksgiving Eve Breakout et le Pacifique, 12 km en aval. Le débit varie en fonction des phases de gonflement et de dégonflement qui affectent périodiquement le volcan. Le 23 octobre, une coulée a coupé l’ancienne route d’accès à Kalapana (voir photo ci-dessous)

Toutes les zones que je viens de mentionner sont interdites au public qui n’est admis que sur la plateforme d’observation d’arrivée de la lave en mer à l’ouest de Kalapana, plateforme autour de laquelle s’est bien sûr installée une activité commerciale !!

 

drapeau anglais.jpgThe webcam above the Halemau’ma’u vent allows to see incandescent vents through which lava is degassing. However, no active lava pond can be seen for the moment.

Glow with a variable intensity can be discerned through the gas plumes that come out of Pu’uO’o. However, it looks as if no lava pond has reappeared in the crater.

Lava is still flowing in tunnels or on the surface between the Thanksgiving Eve Breakout and the Pacific Ocean, 12 km farther downslope. Lava output varies with the D/I events that periodically occur on the volcano. On October 23rd, a lava flow crossed the former Kalapana access road (see photo here below).

Access to all the places I have just mentioned is forbidden to the public. Visitors are only allowed to stand on the viewing platform near the site where lava arrives in the ocean. Unfortunately, a commercial area has been set up around the place. Money is money!!

Lave Kalapana.jpg
Avec l’aimable autorisation du HVO

Le Piton se fait attendre ! (Ile de la Réunion)

Le Piton se fait attendre ! Près de trois semaines se sont écoulées depuis les premiers frémissements du volcan et toujours pas la moindre lave à se mettre sous la dent (façon de parler, bien sûr) ! Tous les signes pré-éruptifs sont pourtant rassemblés : sismicité (18 nouveaux séismes sous le sommet le 22 octobre, 31 le 24/10, 23 le 25/10, 16 seulement le 26/10) ; petits éboulements dans le cratère, signes que le volcan est en train de se déformer ; apparition de nouvelles fumerolles ; modifications de la composition des gaz. Et pourtant, aucune sortie de lave ! Ce comportement du volcan n’est pas nouveau. Par le passé, on a déjà assisté à une telle attente, parfois pendant plusieurs semaines. La volcanologie actuelle a ses limites et est incapable d’aller plus loin en matière de prévision. Nous sommes pourtant dans le cadre d’un volcanisme de point chaud, celui que nous contrôlons le mieux, ou plutôt le moins mal. Dans le cas du Piton de la Fournaise, ce n’est pas très grave, car les phénomènes pré-éruptifs se concentrent dans la zone sommitale et aucune zone habitée n’est donc menacée. La prévision prendrait une autre importance si le risque éruptif se situait à la limite de l’Enclos ou hors Enclos, avec des zones habituées à faire évacuer….ou pas ! 

Cette attente sur le Piton de la Fournaise me rappelle une expérience vécue en 1990 en Islande. Je me trouvais dans la région du volcan Krafla, dans le NE du pays, et les signes pré-éruptifs étaient évidents. Les sismomètres s’agitaient et on avait enregistré une forte élévation du sol, en particulier dans le secteur de l’usine géothermique. Je campais à Reykjalid et des ondes de choc faisaient parfois vibrer le sol. J’ai retardé mon départ d’une journée, dans l’espoir de voir un rideau de fontaines de lave jaillir du sol, mais rien ne se produisit. A mon retour, j’écoutai les bulletins d’information (Internet n’existait pas encore) à la radio et je parcourus la presse écrite pour savoir si l’éruption avait eu lieu. Rien ! Il m’a fallu attendre une extraordinaire rencontre avec le regretté Maurice Krafft (de passage à Limoges dans le cadre de Connaissances du Monde) pour apprendre que l’éruption avait avorté. Avec sa fougue habituelle, Maurice m’a expliqué que le magma avait trouvé un passage dans le réseau de fractures qui déchire les profondeurs du rift islandais et la lave n’était pas apparue en surface. Je n’avais donc rien raté !  Que je sache, aucune éruption avortée n’a été observée sur l’Ile de la Réunion, mais il y a un début à tout !