Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

drapeaufrancais.jpgUn contact local vient de m’informer que l’alerte de niveau 1 (éruption imminente) est déclenchée à la Fournaise depuis 10 heures (heure locale),  mais que la crise sismique s’est calmée. L’Observatoire indiquait en fin de matinée que le magma, de toute façon, est très loin encore de la surface.
Comme cela s’est produit en 2008, il se peut très bien qu’il y ait une succession de crises de ce type avant l’éruption attendue.
En 2008, cette situation s’était prolongée plusieurs semaines.
 

drapeau anglais.jpgI have just been informed that the alert level 1 (imminent eruption) has just been triggered (since 10 a.m. local time), but the seismic crisis has sharply decreased. By the end of the morning, the Observatory indicated that magma was still far from the surface.

Just like in 2008, there could be a series of similar crises before the start of the eruption. In 2008, the situation lasted several weeks!

Soufriere Hills (Ile de Montserrat)

drapeaufrancais.jpgLe volcan a connu une nouvelle phase éruptive le 5 octobre. D’après le Monserrat Volcano Observatory (MVO), un pilote a déclaré qu’une première explosion a généré un nuage de cendre de 3,5 km de hauteur tandis que le deuxième nuage montait jusqu’à 3 – 4,5 km.

Les retombées de cendre associées à ces deux événements ont surtout affecté la partie sud de l’île qui est inhabitée.

Aucun signal particulier n’a annoncé les deux événements, ce qui montre bien que les éruptions peuvent se produire à l’improviste et que nous ne sommes toujours pas en mesure de prévoir les éruptions sur un volcan de ce type qui est pourtant bien surveillé.  

Aucune coulée pyroclastique n’a par ailleurs été observée. D’après le MVO d’autres événements similaires sont susceptibles de se produire à nouveau dans les prochains jours

 

drapeau anglais.jpgThe volcano started erupting again on October 5th. According to the MVO website, a pilot reported that the first event sent an ash plume to 3,5 km and the second event reached to between 3 km and 4,5 km.  
Ash fall associated with both events was largely confined to the south of inhabited areas.
There were no precursory signals associated with either of these two events, demonstrating that activity frequently occurs without any warning and that we are still unable to predict eruptions on such a volcano, however well monitored it can be.
There was no evidence of pyroclastic flows associated with either of the events. Further similar episodes are likely in the coming days.

Un super volcan en Italie!

 Les « super volcans » constituent depuis quelques années un sujet récurrent en volcanologie. On estime qu’il existe une dizaine d’exemplaires de ces monstres à travers le monde, dont celui de Yellowstone à propos duquel tant de choses ont été dites et tant de prédictions ont été faites… S’il venait à exploser de nouveau, il devrait couvrir de cendre l’ensemble des Etats Unis…

Il y a deux ans, des scientifiques américains de l’Université du Texas, aidés par des collègues de Stanford University (Californie) et de l’Université de Trieste (Italie), ont découvert dans les Alpes italiennes – dans la vallée de Sesia – les restes fossilisés d’un super volcan qui serait entré en éruption il y a 280 millions d’années. Présentant aujourd’hui une caldeira de 13 km de large, il aurait émis 500 kilomètres cubes de cendre. Les chercheurs font remarquer que le Yellowstone a projeté 1000 kilomètres cubes de matériaux il y a 630 000 ans.

Le gros avantage du volcan de Sesia est de permettre aux scientifiques d’observer sa structure interne. En effet, il se situe à un endroit où la croûte terrestre est relevée sous l’effet de la collision entre la plaque africaine et la plaque européenne, collision qui a commencé il y a 30 millions d’années. Suite (et grâce) à ce soulèvement, il est facile d’étudier la croûte terrestre jusqu’à une grande profondeur (25 km dans le cas du super volcan italien) alors qu’auparavant, cette profondeur n’excédait pas 4 ou 5 km. C’est pourquoi à Sesia, les chercheurs peuvent étudier le trajet du magma entre sa source et sa sortie à la surface de la croûte. En particulier, ils peuvent voir en profondeur à quel moment les magmas se sont cristallisés pour devenir des granits, puis, à un niveau supérieur, comment se sont formés les matériaux émis lors de l’éruption. 

Même si le super volcan italien est aujourd’hui éteint, son étude pourrait aider à mieux comprendre le comportement de ceux qui sone encore susceptibles d’entrer en éruption, comme celui de Yellowstone.

L’étude des scientifiques américains a été publiée en juillet dans la revue Geology.