Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

En Islande, l’éruption sur la chaîne de cratères de Sundhnúkagígar a pris fin le 8 ou le 9 décembre 2024. Elle avait commencé le 20 novembre 2024 et a duré 18 jours. Le soulèvement du sol a repris dans le secteur de Svartsengi, annonçant une probable éruption dans plusieurs semaines.
Source : Met Office.

Crédit photo : Iceland Monitor

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Toujours en Islande, selon le Met Office, l’inflation et la sismicité semblent indiquer une importante arrivée de magma sous le Bárðarbunga.
Le Met Office indique qu’il y a des signes d’inflation sur le volcan depuis la fin de l’éruption dans l’Holuhraun en février 2015. En 2022, la vitesse de l’inflation a légèrement ralenti mais a repris par la suite. Les changements ne sont pas significatifs, mais l’inflation se poursuit depuis dix ans.
Un séisme de magnitude M5,1 a frappé le Bárðarbunga le 8 décembre 2024 dans la soirée. Il s’agit de la quatrième secousse de magnitude M5,0 ou plus cette année.
La sismicité et l’inflation tendent donc à montrer qu’il y a une arrivée de magma depuis la fin de la dernière éruption.
Après la dernière éruption du Bárðarbunga, la caldeira s’est affaissée de 65 à 70 mètres, mais le Met Office ne dispose pas de mesures indiquant si la caldeira a recommencé à se soulever.
Au cours des dernières semaines, le Met Office islandais a commis quelques erreurs dans ses prévisions éruptives sur la péninsule de Reykjanes. Il est préférable d’attendre et voir si une activité éruptive est susceptible de démarrer sur le Bárðarbunga dans les prochains jours ou les prochaines semaines.

Image de l’éruption de 2014 dans l’Holuhraun (Crédit photo: Protection Civile)

Affaissement de la caldeira après la dernière éruption (Crédit photo: Garde côtière)

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Comme je l’ai indiqué au moment de l’événement, une puissante éruption d’une durée de 7 minutes a eu lieu sur le Kanlaon (Philippines) à 15h03 (heure locale) le 9 décembre 2024, avec un très volumineux panache de cendres qui s’est élevé à environ 6,7 km au-dessus du niveau de la mer, et des coulées pyroclastiques. Le niveau d’alerte a été relevé de 2 à 3. Les autorités philippines ont ordonné l’évacuation d’urgence de 87 000 personnes vivant dans un rayon de 6 km autour du sommet du volcan. En milieu de semaine, le PHIVOLCS signalait encore des séquences d’émissions de cendres durant plusieurs dizaines de minutes.
L’Institut a averti qu’une exposition prolongée aux cendres et au SO2, en particulier dans les localités proches des zones d’accumulation, peut irriter les yeux, la gorge et les voies respiratoires. Les personnes particulièrement sensibles sont celles souffrant d’asthme, de maladies pulmonaires, de problèmes cardiaques, les personnes âgées, les femmes enceintes et les enfants. Il est conseillé aux habitants des zones concernées de limiter leur exposition en évitant les activités de plein air. Il est également conseillé d’utiliser des masques N95 pour sortir et de boire beaucoup d’eau pour soulager l’irritation de la gorge.

Source : PHIVOLCS.

Crédit photo : PHIVOLCS

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Toujours aux Philippines, l’activité éruptive se poursuit sur le Taal. Les émissions de vapeur et de cendres montent entre 300 mètres et 1,2 km au-dessus du cratère. On enregistre des périodes de tremor volcanique. Un séisme d’origine volcanique a été enregistré le 8 décembre 2024. Les émissions de SO2 atteignent en moyenne 1 207 à 3 964 tonnes par jour. Le niveau d’alerte reste à 1 (sur une échelle de 0 à 5) ; le PHIVOLCS rappelle au public que l’ensemble de Taal Volcano Island est une zone de danger permanent (PDZ).
Source : PHIVOLCS.

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En Indonésie, le niveau d’alerte reste à 2 pour le Dempo et à 3 pour l’Ibu. Il est également maintenu à 2 pour le Dukono mais pour ce volcan la zone d’exclusion a été étendue à 4 km du cratère Malupang Warirang.
Le niveau d’alerte est maintenu à 4 (le maximum) pour le Lewotobi. Le 6 décembre 2024, la zone d’exclusion a été modifiée, interdisant l’entrée dans un rayon de 6 km du sommet du Laki-laki et de 7 km dans un demi-cercle dans le sens inverse des aiguilles d’une montre du NE au SO.
Source : PVMBG.

Vue du Lewotobi (Crédit photo: GVN)

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L’activité éruptive continue sur le Stromboli (Sicile). Les images de la webcam montrent une activité strombolienne dans quatre bouches de la zone N, dans la partie supérieure de la Sciara del Fuoco et dans trois bouches de la zone C-S (centre-sud). Les bouches de la zone N produisent des explosions d’intensité faible à moyenne à un rythme de 9 à 13 événements par heure, avec des projections de lapilli et de bombes à moins de 150 m de hauteur. Les explosions des bouches de la zone C-S éjectent des matériaux à plus de 250 m de hauteur à un rythme de 3 à 8 événements par heure. Des épisodes de spattering intenses dans la zone N ont provoqué un débordement de lave le 4 décembre 2024 et la formation d’une coulée de lave qui est descendue dans la partie supérieure de la Sciara del Fuoco. Elle est restée active pendant environ deux heures.
Source : INGV.

Source: INGV

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Une nouvelle éruption a été observée sur le volcan sous-marin Home Reef (îles Tonga centrales) grâce à des images satellite acquises le 7 décembre 2024. C’est la deuxième activité éruptive sur ce volcan cette année. Les images satellite Sentinel-2 ont montré une forte anomalie thermique, correspondant à des coulées de lave récentes sur les versants nord et ouest du volcan. L’éruption a généré un panache de cendres qui s’est étiré sur 8 km.

Le volcan se trouve sur l’arc volcanique de Tofua, une zone de subduction caractérisée par une croûte océanique de moins de 15 km d’épaisseur.

Source : Tonga Services.

 

Home Reef le 7 décembre 2024 (Source : satellite-2 Copernicus)

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Le nombre de séismes peu profonds, d’origine volcanique, a augmenté sous le cratère Furudake de Kuchinoerabujima (Arc volcanique Ryukyu / Japon) avec 30 événements les 5 et 6 décembre 2024. Aucun changement n’a été observé dans les zones géothermales. Les émissions de SO2 sont faibles et fluctuent entre 30 et 60 tonnes par jour. Aucune déformation du sol n’a été détectée depuis novembre 2023. Le niveau d’alerte a été relevé à 2 (sur une échelle de 1 à 5) le 6 décembre 2024 et le public est invité à faire preuve de prudence dans un rayon de 1 km des cratères Shindake et Furudake et dans un rayon de 2 km sur le flanc ouest du cratère Shindake.
Source : JMA.

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Une image satellite du 7 décembre 2024 a montré que l’activité persiste sur le Nyamuragira (RDC). Une anomalie thermique est visible dans le cratère sommital. La zone la plus intense se situe juste au NE de la partie centrale du cratère.
Source : Copernicus.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity in the world:

In Iceland, the eruption at the Sundhnúkagígar crater row ended on 8 or 9 December 2024. It had started on 20 November 2024 and lasted 18 days. Ground uplift has resumed in the Svartsengi area, indicating a probable eruption in several weeks.
Source: Met Office.

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Still in Iceland, according to the Met Office, inflation and seismicity sems to indicate active magma inflow into Bárðarbunga.

The Met Office says there have been clear signs of inflation at the volcano since the Holuhraun eruption ended in February 2015. In 2022, the speed of inflation slowed slightly but has begun to increase again. The changes have not been significant, but the inflation has been ongoing for ten years.

An M 5.1 earthquake struck Bárðarbunga on December 8th, 2024 in the evening. This is the fourth M5.0 or above earthquake this year.

Both seismicity and inflation tend to show that there has been magma inflow since the last eruption ended.

After the last eruption of Bárðarbunga, the caldera sank by about 65-70 meters, but the Met Office does not have measurements that show whether the caldera has started to rise again.

In the past weeks, the Icelandic Met Office made some errors in its eruptive prediction. We just need to wait and see if some eruptive activity may start at Bárðarbunga in the next days or weeks.

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As I put it when the event occurred, a powerful explosive eruption lasting 7 minutes took place at Kanlaon (Philippines) at 15:03 (local time) on December 9th, 2024, producing a massive ash plume that rose to about 6.7 km above sea level and pyroclastic flows. The Alert Level was raised from 2 to 3. Philippine authorities ordered the urgent evacuation of 87 000 people living in a 6 km radius from the summit of the volcano.

By mid-week, PHIVOLCS still reported instances of ash emissions lasting several tens of minutes.

It warned that prolonged exposure to ash and SO2, especially for communities near accumulation zones, can irritate the eyes, throat, and respiratory tract. Those particularly sensitive include individuals with asthma, lung disease, heart conditions, the elderly, pregnant women, and children. Residents in affected areas are advised to limit their exposure by avoiding outdoor activities. It is also advised to use an N95 facemask if going outside and drink plenty of water to alleviate throat irritation.

Source : PHIVOLCS.

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Still in the Philippines, eruptive activity continues at Taal. Daily emissions rise 0.3-1.2 km above the crater. There are periods of volcanic tremor. A volcanic earthquake was recorded on 8 December 2024. SO2 emissions average 1,207-3,964 tonnes per day. The Alert Level remains at 1 (on a scale of 0-5); PHIVOLCS reminds the public that the entire Taal Volcano Island is a Permanent Danger Zone (PDZ).

Source : PHIVOLCS.

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In Indonesia, the alert level remains at 2 for Dempo and at 3 for Ibu. It is also kept at 2 for Dukono but for this volcano the exclusion zone was increased to 4 km from the Malupang Warirang Crater.

The alert level is kept at 4 (the maximum) for Lewotobi. On 6 December 2024, the exclusion zone was modified, prohibiting entry within a radius of 6 km from the center of Laki-laki and 7 km in a semicircle counterclockwise from the NE to the SW.

Source : PVMBG.

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Eruptive activity continues at Stromboli (Sicily). Webcam images show Strombolian activity at four vents in Area N within the upper part of the Sciara del Fuoco and at three vents in Area C-S (South-Central Crater) on the crater terrace. The vents in Area N produce low-to-medium intensity explosions at a rate of 9-13 events per hour, ejecting lapilli and bombs less than 150 m above the vents. Explosions at the vents in Area C-S eject material more than 250 m above the vent at a rate of 3-8 events per hour. Intense spattering at Area N triggered a lava overflow on 4 December 2024 and the formation of a lava flow that descended the upper part of the Sciara del Fuoco and was active for about two hours.

Source : INGV.

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A new eruption was observed at Home Reef submarine volcano (central Tonga islands) through satellite imagery acquired on December 7th, 2024. This was the second eruptive activity at this volcano this year. Sentinel-2 satellite images showed a strong thermal anomaly, indicating fresh lava flows along the northern and western slopes of the volcano. The eruption produced an ash plume extending over 8 km.

The volcano is located along the Tofua Volcanic Arc, a subduction zone characterized by oceanic crust less than 15 km thick.

Source : Tonga Services.

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The number of shallow volcanic earthquakes increased beneath Kuchinoerabujima’s Furudake Crater (Ryukyu Volcanic Arc / Japan) with 30 earthquakes recorded during 5-6 December 2024. No changes were observed to geothermal areas. SO2 emissions were low, fluctuating between 30 and 60 tons per day, and no ground deformation has been detected since November 2023. The Alert Level was raised to 2 (on a scale of 1-5) on 6 December 2024 and the public was asked to be cautious within a 1 km radius of the Shindake and Furudake craters and within 2 km on the W flank of Shindake Crater.

Source : JMA.

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A 7 December 2024 satellite image showed continuing activity at Nyamuragira (DRC). A thermal anomaly can be seen in the summit crater. The most intense area lies just NE of the central part of the crater.

Source : Copernicus.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Protection Civile et Champs Phlégréens (Campanie / Italie) // Civil Protection and Campi Flegrei (Italy)

Il y a quelques jours, j’indiquais sur ce blog qu’en ce moment la situation n’avait rien d’alarmant dans les Champs Phlégréens.

Sur son site web, la Protection Civile de Pouzzoles donne, dans deux opuscules, une foule d’explications sur les zones à risques et sur les procédures à suivre en cas d’éruption.

https://www.halleyweb.com/c063060/zf/index.php/servizi-aggiuntivi/index/index/idtesto/318

Un chapitre est consacré au scénario éruptif dans les Champs Phlégréens. On peut lire que, compte tenu de la complexité du système volcanique dans la région, caractérisé par la présence de nombreux cratères et en l’absence d’éruptions récentes, il n’est pas possible de prédire avec certitude quand, comment et où aura lieu la prochaine éruption, ni prédire la durée de l’activité.
Une étude a montré qu’en cas de réactivation du volcan, il y aurait environ 95% de probabilité qu’une éruption inférieure ou égale à un événement de taille moyenne se produise. La probabilité d’une éruption plus importante (grande ou très grande). est inférieur à 5 %.
Les phénomènes possibles suivants sont attendus en cas d’éruption :
• formation d’une colonne éruptive composée de gaz et de lambeaux de lave incandescents, jusqu’à des dizaines de kilomètres de hauteur ;
• chute de matériaux volcaniques importante dans la zone la plus proche de la bouche éruptive, et même à plusieurs dizaines de kilomètres, en fonction de la direction du vent;
• coulées pyroclastiques générées par l’effondrement de la colonne éruptive. Ces phénomènes ont des vitesses et des températures élevées et peuvent atteindre plusieurs kilomètres.
En outre, des explosions phréatiques, peuvent survenir dans les Campi Flegrei à cause de l’implication de sources d’eau externe (zone Solfatara/Pisciarelli), ou là où il existe actuellement une disponibilité importante en eau, tels que les milieux lacustres (Agnano), les lacs de cratères (Averno) et marins (Golfe de Pouzzoles).

La Solfatara est une zone très sensible des Champs Phlégréens (Photo: C. Grandpey)

Vue du lac d’Averno (Photo: C. Grandpey)

Sur la base de l’ampleur de l’événement éruptif de référence et des scénarios associés, des zones rouge et jaune sont envisagées.

La zone rouge comprend la zone exposée au danger d’invasion de coulées pyroclastiques qui, en raison de leurs températures élevées et de leur vitesse représentent le phénomène le plus dangereux pour la vie humaine.

La zone jaune concerne les zones exposées aux retombées de lapilli et de cendres volcaniques. Seront également pris en compte les effets liés aux phénomènes d’invasion par des coulées de boue rapides (lahar).

Par ailleurs, on peut lire dans les opuscules rédigés par la Protection Civile que toute personne qui habite ou se trouve dans une zone volcanique doit s’informer sur le plan d’urgence pour pouvoir adopter, en cas d’éruption, les comportements indiqués par la Protection Civile et mettre en œuvre correctement les opérations d’évacuation, si elles sont prévues.
Le plan pour le risque volcanique de la zone des Champs Phlégrées implique l’évacuation d’un tel nombre de personnes et d’un si vaste territoire (la zone rouge) qu’il doit nécessairement être coordonné par un organisme supérieur, en l’occurrence le Département de la Protection Civile.
Ce qu’il est important de savoir, c’est que le plan comprend deux méthodes d’évacuation, Les deux doivent être activées pendant la phase d’alerte, bien avant le début d’une éventuelle éruption :
• une évacuation avec ses propres moyens, contrôlée et régulée par le plan et les structures territoriales ;
• une évacuation assistée, pour ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas s’éloigner en utilisant leur propre voiture

La Protection Civile a effectué un énorme travail pour définir les procédures à suivre en cas d’éruption. Au terme de leur lecture, je me pose plusieurs questions :

– La population très dense qui vit dans la zone des Champs Phlégérens est elle au courant de toutes les mesures et procédures prévues par la Protection Civile ?

– Les habitants de la zone menacée sauront-ils adopter le comportement adéquat pour se mettre hors de danger ? À ma connaissance, la Protection Civile n’a procédé à aucune simulation d’évacuation de la zone autour de Pouzzoles. Les mesures prises suite à la dernière activité sismique se ont limitées à une vérification de la solidité des bâtiments.

Au cours de séjours à Pouzzoles et dans sa région, je me suis demandé quelle serait la meilleure procédure d’évacuation. Au vu de l’urbanisme dans la région, avec des bourgades aux rues étroites et très vite encombrées, je ne suis pas certain qu’une évacuation terrestre sera la plus facile. L’indiscipline de la population risque également d’être un obstacle majeur. Au final, je me demande s’il ne faudrait pas prévoir également une évacuation par le mer.

Vue de Pouzzoles, zone à forte densité de population (Photo: C. Grandpey)

Quoi qu’il en soit, la tâche de la Protection Civile sera compliquée en cas d’éruption, d’autant plus qu’il faudra probablement agir vite. J’ai toujours en tête ce que me disait un jour Franco Barberi, alors en charge de la Protection Civile italienne, à propos de l’évacuation de Naples en cas d’éruption du Vésuve : « Si j’évacue et qu’il ne se passe rien, je passe pour un imbécile ; si je n’évacue pas et qu’une catastrophe se produit, je vais en prison. »

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A few days ago I indicated on this blog that at the moment the situation in the Phlegraean Fields was not alarming.
On its website, the Civil Protection of Pozzuoli provides, in two pamphlets, a wealth of explanations on the risk areas and the procedures to follow in the event of an eruption.

https://www.halleyweb.com/c063060/zf/index.php/servizi-aggiuntivi/index/index/idtesto/318

A chapter is dedicated to the eruptive scenario in the Phlegraean Fields. We can read that, given the complexity of the volcanic system in the area, characterized by the presence of numerous craters and in the absence of recent eruptions, it is not possible to predict with certainty when, how and where the next eruption will take place, nor to predict the duration of the activity.
A study has shown that in the event of a reactivation of the volcano, there would be about a 95% probability of an eruption less than or equal to a medium-sized event. The probability of a larger eruption (large or very large) is less than 5%.
The following possible phenomena are expected in the event of an eruption:
• formation of an eruptive column composed of gases and incandescent lava fragments, up to tens of kilometers high;
• significant fall of volcanic material in the area closest to the eruptive vent, and even several tens of kilometers, depending on the wind direction;
• pyroclastic flows generated by the collapse of the eruptive column. These phenomena have high speeds and temperatures and can reach several kilometers.
Furthermore, phreatic explosions may occur in the Campi Flegrei due to the involvement of external water sources (Solfatara/Pisciarelli area), or where there is currently significant water availability, such as lacustrine (Agnano), crater lakes (Averno) and marine (Gulf of Pozzuoli) environments.
Based on the magnitude of the reference eruptive event and the associated scenarios, red and yellow zones are considered (see images above) :

The red zone includes the area exposed to the danger of invasion by pyroclastic flows which, due to their high temperatures and speed, represent the most dangerous phenomenon for human life.
The yellow zone concerns the areas exposed to the fallout of lapilli and volcanic ash. The effects related to the phenomena of invasion by rapid mudflows (lahar) will also be taken into account.
Furthermore, we can read in the pamphlets written by the Civil Protection that anyone who lives or is in a volcanic area must find out about the emergency plan in order to be able to adopt, in the event of an eruption, the behaviors indicated by the Civil Protection and to correctly implement the evacuation operations, if they are planned.
The volcanic risk plan for the Phlegrian Fields area involves the evacuation of such a number of people and such a vast territory (the red zone) that it must necessarily be coordinated by a higher body, in this case the Civil Protection Department.
What is important to know is that the plan includes two evacuation methods. Both must be activated during the alert phase, well before the start of a possible eruption:
• an evacuation with its own means, controlled and regulated by the plan and the territorial structures;
• an assisted evacuation, for those who cannot or do not want to move away using their own car
The Civil Protection has done a huge amount of work to define the procedures to follow in the event of an eruption. After reading them, I ask myself several questions:
– Is the very dense population living in the Phlegerian Fields area aware of all the measures and procedures planned by the Civil Protection?
– Will the inhabitants of the threatened area be able to adopt the appropriate behavior to get out of danger? To my knowledge, the Civil Protection has not carried out any simulation of evacuation of the area around Pozzuoli. The measures taken following the last seismic activity were limited to a check of the solidity of the buildings.
During several stays in Pozzuoli and its region, I wondered what the best evacuation procedure would be. Given the urban planning in the region, with small towns with narrow streets that quickly become congested, I am not sure that a land evacuation would be the easiest. The indiscipline of the population could also be a major obstacle. In the end, I wonder if the authorities should not also plan for an evacuation by sea. In any case, the task of the Civil Protection will be complicated in the event of an eruption, especially since it will probably be necessary to act quickly. I always remember what Franco Barberi, then in charge of the Italian Civil Protection, once told me about the evacuation of Naples in the event of an eruption of Vesuvius: « If I evacuate and nothing happens, I look like an idiot; if I don’t evacuate and a disaster occurs, I go to prison. »

Rien de nouveau sur le Kanlaon (Philippines) // Nothing new at Kanlaon volcano (Philippines)

Dans sa mise à jour du 10 décembre 2024, le PHIVOLCS décrit l’éruption d’hier mais ne donne pas plus d’informations sur l’activité volcanique du Kanlaon. L’Institut rappelle que l’éruption a produit un panache volumineux qui s’est rapidement élevé jusqu’à 4 000 mètres au-dessus du sommet et que des coulées pyroclastiques sont apparues à la base de la colonne éruptive et ont dévalé le flanc sud-sud-est du volcan. Le gouvernement philippin a déclaré disposer de fonds suffisants pour venir en aide aux familles (environ 87 000 personnes) qui ont été évacuées et qui sont actuellement hébergées loin de la zone dangereuse. Il convient de noter que les évacuations ont commencé APRES le début de l’éruption qui n’avait pas été annoncée, comme c’est souvent le cas pour les volcans explosifs de la Ceinture de Feu du Pacifique. Le PHIVOLCS surveille attentivement le Kanlaon, prêt à relever le niveau d’alerte au maximum si des éruptions plus puissantes devaient se produire.

Crédit photo: PHIVOLCS

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In its update of December 10th, 2024, PHIVOLCS desribes yesterday’s eruption but does not give more information about volcanic activity at Kanlaon. The Institute reminds us that the eruption produced a voluminous plume that rapidly rose to 4,000 meters above the summit and that ptroclastic flows were generated at the base of the eruption column and descended the south-southeastern sides of the volcano. The Philippine government said it has enough funds to support the families (about 87,000 persons) who have been evacuated and who are currently seeking shelter away from the danger zone. It should be noted that the evacuations started AFTER the start of the eruption that had not been predicted, as is often the case with explosive volcanoes along the Pacific Ring of Fire. PHIVOLCS is closely monitoring Kanlaon, ready to raise the alert level to the maximum if more powerful eruptions were to occur.

Îles volcaniques : Antilles, Polynésie, Réunion

On a pu lire le 30 novembre 2024 sur le site Guadeloupe la 1ère un article consacré à la surveillance des volcans des Petites Antilles, de l’archipel de la Société en Polynésie ou de l’île de La Réunion. Au travers de leurs éruptions, ils ont influencé la géographie, l’histoire et l’identité de ces régions. Aujourd’hui, les scientifiques cherchent à anticiper les éventuels aléas déclenchés par ces géants. Nous ne savons pas prévoir mes éruptions, mais les instruments dont sont truffés ces volcans permettent de mieux comprendre, voire d’anticiper, leur comportement.

L’article rappelle que dans l’arc insulaire des Petites Antilles, émergé il y a plusieurs millions d’années grâce à la subduction de la plaque Amérique sous la plaque Caraïbe, tous les sommets sont d’origine volcanique. Près de vingt volcans sont considérés comme actifs dans les Petites Antilles.

On se souvient que l’île de Montserrat a été profondément affectée par le réveil du volcan Soufrière Hills en 1995, avec l’évacuation d’une partie de la population. En 1997, plusieurs éruptions ont ravagé l’aéroport. Plymouth, la capitale a été détruite et recouverte de cendres à 80%. Une grande partie de l’île est désormais une zone d’exclusion. En février 2010, une explosion a provoqué des nuées ardentes et un panache de cendres qui a atteint les îles voisines de la Guadeloupe et d’Antigua.

Crédit photo: Wikipedia

Une autre Soufrière domine la Guadeloupe. Le volcan a connu sa dernière activité importante en 1976-1977. En 1976, 70 000 personnes ont été déplacées à tort par ordre préfectoral, sur recommandation de Claude Allègre qui avait profité de l’absence d’Haroun Tazieff, alors en Équateur, pour interpréter faussement les résultats de l’équipe du volcanologue français. 25 000 avaient anticipé une possible catastrophe et trouvé refuge sur Grande-Terre. Beaucoup ne reviendront pas.

Crédit photo: Wikipedia

L’éruption la plus dramatique a été celle de la Montagne Pelée en 1902 à la Martinique. Ce réveil tragique a détruit Saint-Pierre et tué pas moins de 28 000 personnes. C’est l’éruption la plus meurtrière du 20ème siècle. À noter qu’elle a occulté une éruption du Santa Maria qui a eu lieu au même moment au Guatemala et qui a tué quelque 5 000 personnes. L’éruption de la Pelée a été remarquablement narrée par Alfred Lacroix dans son ouvrage Les éruptions de la Montagne Pelée. Il a été le premier à décrire avec précision le déroulement des coulées pyroclastiques. De nos jours, le volcan est surveillé par les scientifiques de l’Observatoire volcanologique et sismologique de la Martinique (OVSM).

Photo: C. Grandpey

La Dominique héberge neuf volcans actifs, dont le Morne aux Diables et le Morne Trois Pitons. L’activité volcanique a créé des sources chaudes. Le Boiling Lake est l’un des rares cratères bouillonnants au monde. Ravagée par d’autres catastrophes naturelles telles que les ouragans, « l’île nature des Caraïbes » se reconstruit. Les habitants acceptent avec fatalisme une prochaine catastrophe inéluctable.

Crédit photo: Geology Science

S’agissant de la Caraïbe, j’ajouterai Kick ’em Jenny, volcan sous-marin actif situé au fond de la mer des Caraïbes, à 8 km au nord de l’île de Grenade. L’édifice s’élève à 1 300 m au-dessus du fond de la mer. La première éruption historique ce volcan date de 1939 avec un nuage de vapeur et de débris et une série de tsunamis d’environ deux mètres de hauteur qui ont frappé les côtes du nord de la Grenade et du sud des Grenadines. Les habitants de la Caraïbe sont intrigués par ce volcan et m’ont posé plusieurs questions à l’issue de ma dernière conférence au CDST de Saint Pierre.

Source: Smithsonian Institution

L’île de La Réunion dans l’océan Indien et les îles de l’archipel de la Société en Polynésie française connaissent un autre contexte géologique. Elles sont situées sur des zones de points chauds où le magma remonte du manteau terrestre et perce la croûte océanique, créant ainsi des volcans qui émergent de l’océan et qui, peu à peu avec l’aide de l’érosion, disparaissent sous la surface de l’océan. Les récifs coralliens qui les entourent forment un anneau de corail créant un atoll.

Le Piton de la Fournaise entre régulièrement en éruption à La Réunion. C’est l’un des volcans les plus actifs de la planète. Les éruptions peuvent s’observer de loin – de trop loin selon beaucoup de gens – et elles attirent des foules de spectateurs fascinés par la beauté des colères de la Terre.

Photo: C. Grandpey