Il y a 110 ans, éruption du Novarupta (Alaska)… // 110 years ago, Novarupta (Alaska) erupted…

Il y a 110 ans, dans l’après-midi du 6 juin 1912, une puissante éruption a secoué la péninsule de l’Alaska. Par le volume de matériaux émis, l’éruption du Novarupta a été la plus importante du 20ème siècle et n’a été dépassée dans l’histoire que par celle du Tambora un siècle plus tôt. Le volume de matériaux expulsés par le Novarupta était 30 fois supérieur à celui de l’éruption du mont Saint Helens en 1980.

Cette région de l’Alaska était peu peuplée au début du 20ème siècle, donc personne ne se trouvait assez près pour voir l’éruption proprement dite. Elle a été observée pour la première fois par l’équipage d’un bateau postal, le Dora, qui a entendu une explosion puis a vu un panache de fumée s’élever dans le ciel derrière le mont Katmai. C’est pourquoi tout le monde a d’abord pensé que le mont Katmai était entré en éruption.

Photo du nuage de cendre de l’éruption de 1912 prise depuis le Dora (Source: Kodiak Historical Society)

Le panache de cendres a rapidement atteint une hauteur de 30 kilomètres. En moins de 2 heures de temps, le nuage a enveloppé le Dora. D’autres explosions se sont produites pendant trois jours. Les maisons de l’île de Kodiak, à 160 kilomètres de là, ont été recouvertes d’une couche de 30 cm de cendres. Les habitants se sont blottis à l’intérieur pour échapper à la cendre. Des milliers d’animaux ont péri, ainsi que les poissons dans les rivières et les lacs envahis par les sédiments. Dans les jours qui ont suivi l’éruption, le nuage de cendres s’est propagé à travers l’Amérique du Nord et la planète; il a atteint l’Algérie le 17 juin.
Une équipe d’explorateurs de la National Geographic Society, dirigée par Robert Griggs, s’est rendue sur le site en 1916. L’ancienne vallée en forme de V entourant le site de l’éruption était devenue une plaine plate et aride.

Photo: C. Grandpey

En raison des innombrables panaches de vapeur qui s’échappaient des bouches dans la région, Griggs a appelé le site la « Vallée des dix mille fumées ». Lorsqu’il a découvert un nouveau dôme de lave près du mont Katmai, Griggs l’a baptisé Novarupta. D’autres expéditions dans les années 1950 ont confirmé que le Novarupta, et non le mont Katmai, était la source de l’éruption.

Dôme de lave du Novarupta (Crédit photo : USGS)

Griggs et d’autres scientifiques étaient persuadés que la région présentait un grand intérêt scientifique. Ils ont réussi à convaincre le président Woodrow Wilson de créer le Monument national du Katmai le 24 septembre 1918. Le 18 mai 1980, le Monument national est devenu le Parc National du Katmai. Par coïncidence, c’est le jour où le mont Saint Helens est entré en éruption.

Des milliers de visiteurs viennent dans le Parc National chaque année, notamment pour observer les grizzlis qui se nourrissent de saumons dans la Brooks River. La découverte de la Vallée des 10 000 Fumées est aussi une expérience inoubliable.

Photos: C. Grandpey

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110 years ago, on the afternoon of June 6th, 1912, a powerful volcanic eruption occurred on the Alaskan Peninsula. The Novarupta eruption was the largest in volume in the 20th Century, and was surpassed in history only by the eruption of Mount Tambora about 100 years earlier. The volume of materials expelled was 30 times greater than that of the Mount Saint Helens eruption in 1980.

This area of Alaska was sparsely populated in the early years of the 20th century, so no one was close enough to actually see the eruption itself. It was first observed by the crew of a mail boat, the Dora, who heard an explosion and then observed a smoke plume rising in the sky behind Mount Katmai. This is why everyone assumed that Mount Katmai had erupted.

The ash plume rose rapidly to a height of 30 kilometers. Within 2 hours, the ash cloud had enveloped the Dora. Moreexplosions continued for three days.  Settlements on Kodiak Island, 160 kilometers away, were blanketed in a layer of 30 cm of ash. Local residents huddled indoors to escape the choking atmosphere. Wildlife died by the millions, as did fish swimming in sediment-filled rivers and lakes. In the following days, the ash cloud spread across North America and the world, reaching Algeria by June 17th.

A team of National Geographic Society explorers, led by Robert Griggs, investigated the site in 1916. The former v-shaped valley surrounding the eruption site had become a flat, barren plain. Because of innumerable steam plumes escaping from vents across the area, Griggs called the site the “Valley of Ten Thousand Smokes.” Discovering a new lava dome near Mount Katmai, Griggs named it Novarupta. Further expeditions in the 1950s confirmed that Novarupta, not Mount Katmai, was the source of the eruption.

Griggs and others  considered the area of great scientific value. They began a lobbying effort that soon convinced President Woodrow Wilson to create the Katmai National Monument on September 24th, 1918. It was only on May 18th, 1980, that th National Monument became Katmai National Park and Preserve. By coincidence, this was the same day that Mount Saint Helens erupted. Thousands of visitors comr to the Pak each year, in particular to observe the grizzly bears that come to feed on salmon in the Brooks River. Discovering the Valley of the Thousans Smokes is also a great experience.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

  Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

Situé à la frontière entre l’Équateur et la Colombie, le complexe volcanique Chiles-Cerro Negro montre des signes d’activité. L’Instituto Geofísico de la Escuela Politécnica Nacional (IGEPN) signale une augmentation de la sismicité dans la région. Elle a commencé le 27 mai 2022 pour atteindre près de 500 événements le 31 mai, avec une magnitude maximale de M 2,5.
On n’a pas connaissance d’activité éruptive récente pour les volcans Chiles et Cerro Negro. Cependant, il y a eu plusieurs épisodes de sismicité sous ce complexe volcanique ces dernières années. Le sommet le plus élevé, couvert de glaciers, du Chiles, à environ 4 km à l’ESE du Cerro Negro, est entré en éruption pour la dernière fois il y a environ 160 000 ans.
Source : IGEPN.

 

Récente sismicité sous le complexe Chiles-Cerro Negro (Source: IGEPN)

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L’éruption sommitale du Kilauea (Hawaï), dans le cratère de l’Halema’uma’u, se poursuit. Selon le HVO, les données actuelles indiquent que ce scénario ne devrait pas évoluer dans les prochains jours. Aucun changement significatif n’a été observé au sommet ou sur l’East Rift Zone.
La lave s’écoule d’une bouche dans la partie ouest de l’Halema’uma’u et se déverse dans le lac de lave. DE petites émissions sont également visibles sur le plancher du cratère. Le lac de lave montre une activité de surface continue.
Des mesures effectuées lors d’un survol le 10 mai 2022 ont indiqué que le fond du cratère s’était élevé d’environ 106 mètres et que 77 millions de mètres cubes de lave avaient été émis depuis le début de l’éruption le 29 septembre 2021.
Source : HVO.

 

Crédit photo: HVO

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Dans un bulletin émis le 7 juin 2022,l’INGV indique que de nouvelles fractures sont apparues sur l’Etna (Sicile) à la base de la paroi nord de la Valle del Bove, dans le secteur de Serracozzo. Une émission de lave est observée dans la partie la plus en aval de ce système de fractures. Le point d’émission est situé à une altitude d’environ 1800 m.
Le tremor montre une tendance à la baisse. il est passé de valeurs élevées à moyennes. La source du tremor se situe au niveau du Cratère SE à une altitude d’environ 2900 mètres.
Source: INGV.

 

La coulée de lave le 7 juin 2022 (capture écran webcam)

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Le CENAPRED indique que le Popocatepetl (Mexique) a connu un épisode éruptif à 05h36 (UTC) le 7 juin 2022, après plus d’un mois de calme relatif. Le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune, phase deux.

https://twitter.com/i/status/1534101399608475650

Le CENAPRED conseille fortement aux habitants et aux touristes de ne pas s’approcher du volcan et surtout du cratère, et de rester à l’écart des ravines en raison du risque de coulées de boue et de débris.

Capture d’écran d’une des caméras du CENAPRED

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L’incendie qui s’est déclaré sur l’île de Stromboli (Sicile) le 25 mai 2022 a détruit quelque 250 hectares de végétation sur le flanc NE du volcan. Voici deux images satellites montrant Stromboli avant et après le désastre.

 

Source: Copernicus Satellite-2.

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Une nouvelle éruption s’est produite sur l’Anak Krakatau (Indonésie) à 06h05 (UTC) le 8 juin 2022, avec une colonne de cendres qui s’est élevée à environ 500 m au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 3 et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue à Orange.
Il est conseillé aux visiteurs de ne pas s’approcher du volcan à moins de 5 km du cratère actif.
On se souvient que l’activité volcanique de Anak Krakatau s’était intensifiée en avril 2022, avec de violents événements explosifs le 24 avril.
Source : CVGHM.

 

Capture d’écran de la webcam

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Ces derniers jours, les carabiniers de la compagnie Milazzo ont effectué des contrôles sévères dans les îles Éoliennes. En plus des contrôles classiques d’alcoolémie ou téléphone au volant, possession de stupéfiants et troubles à l’ordre public, les carabiniers ont verbalisé à Vulcano cinq touristes, qui ont dû payer chacun 500 euros pour avoir violé l’actuelle ordonnance émise par le maire de Lipari qui, pour des raisons de sécurité, interdit l’accès du cratère de la Fossa aux visiteurs et randonneurs. Ce n’est pas la première fois que les carabiniers verbalisent des contrevenants sur le volcan. A noter que l’accès aux bains de boue et à la plage de Levante est également interdit.

Source: Eolie News.

Photo: C. Grandpey

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Le 2 juin 2022, le Met Office islandais (IMO) a indiqué que l’inflation du sol sur la péninsule de Reykjanes (Islande) avait considérablement diminué et que la sismicité était en baisse, elle aussi, avec seulement environ 150 événements enregistrés la veille. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne a été abaissée au Vert car les données n’indiquaient aucun mouvement de magma.
Source : IMO.

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L’Observatoire volcanologique de Rabaul (RVO) indique que le 2 juin 2022, une petite éruption a été observée sur l’Ulawun (Papouasie-Nouvelle-Guinée) avec des panaches de cendres qui sont montés à environ 3 km au-dessus du sommet. La crise éruptive a duré 10-15 minutes. De petites retombées de cendres ont été signalées dans les zones sous le vent.
Source : RVO.

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

Located on the border of Ecuador and Colombia, the Chiles-Cerro Negro volcanic complex is shoning signs of activity. The Instituto Geofísico de la Escuela Politécnica Nacional (IGEPN) is reporting an increase in seismicity in the area. It started on May 27th, 2022, reaching almost 500 events on May 31st with a maximum magnitude of M 2.5.

There are no confirmed historical records of eruptive activity for the Chiles and Cerro Negro volcanoes. However, there were several episodes of increased seismicity under this volcanic complex in recent years. The higher, glacier-covered summit of Chiles, about 4 km ESE of Cerro Negro, last erupted about 160 000 years ago.

Source: IGEPN.

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The summit eruption of Kilauea (Hawaii), within Halemaʻumaʻu crater, continues. According to HVO, current data indicate that this scenario is likely to continue. No significant changes have been noted at the summit or in the East Rift Zone.
Lava is flowing from Halemaʻumaʻu western vent into the active lava lake and ooze-outs are observed onto the crater floor. The active lava lake shows continuous surface activity.

Overflight measurements on May 10th, 2022 indicated that the crater floor had seen a total rise of about 106 meters and that 77 million cubic meters of lava had been emitted since the beginning of the eruption on September 29th, 2021.

Source: HVO.

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In an update issued on June 7th, 2022, INGV indicates that new fractures have appeared on Mt Etna (Sicily) at the base of the north wall of the Valle del Bove, in the Serracozzo area. A lava emission is observed in the most downslope part of this fracture system. The emission point is located at an altitude of about 1800 m.
The tremor shows a downward trend, from high to medium values. The source of the tremor is located at the SE Crater at an altitude of about 2900 meters.
Source: INGV.

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CENAPRED indicates that Popocatepetl (Mexico) went through an eruptive episode at 05:36 (UTC) on June 7th, 2022, after more than a month of relative quiescence. The Alert Level remains at Yellow, Phase Two.

https://twitter.com/i/status/1534101399608475650

CENAPRED urges residents and tourists not to approach the volcano and especially the crater, and to stay away from the bottoms of ravines due to the danger of mud and debris flows.

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The fire that started on the island of Stromboli ‘(Sicily) on May 25th, 2022 destroyed about 250 hectares of vegetation on the NE flank of the volcano. See above two satellite views of Stromboli before and after the disaster.

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A new eruption occurred at Anak Krakatau (Indonesia) at 06:05 (UTC) on June 8th, 2022, with an ash column that rose about 500 m above the summit. The Alert Level remains at 3 and the Aviation Color Code at Orange.

Visitors are advised not to approach the volcano within a 5-km radius of the active crater.

One can remember that volcanic activity at Anak Krakatau had intensified in April 2022, culminating with intense explosive eruptions on April 24th.
Source: CVGHM.

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In recent days, the carabinieri of the Milazzo company have carried out checks in the Aeolian Islands. In addition to the conventional controls of alcohol or telephone while driving, possession of narcotics and disturbing public order, the carabinieri fined at Vulcano five tourists who had to pay 500 euros each for having violated the current ordinance issued by the mayor of Lipari which, for security reasons, prohibits access to the Fossa crater to visitors and hikers. This is not the first time that the carabinieri have fined offenders on the volcano. Note that access to the mud baths and Levante beach is also prohibited.
Source: Eolie News.

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On June 2nd, 2022, the Icelandic Met Office (IMO) reported that the rate of uplift on the Reykjanes Peninsula (Iceland) had significantly decreased, and seismicity had been declining, with only about 150 earthquakes recorded the previous day. The Aviation Color Code was lowered to Green because the data indicated no magma movement.

Source: IMO.

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The Rabaul Volcano Observatory (RVO) indicates that on June 2nd, 2022 a small eruption at Ulawun (Papua New Guinea) produced dense ash plumes that rose about 3 km above the summit. The eruptive crisis lasted 10-15 minutes. Minor ashfall was reported in areas downwind,

Source: RVO.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Nouvelles mesures sur le Kilauea (Hawaii) // New measurements on Kilauea Volcano (Hawaii)

Alors que l’éruption sommitale du Kilauea se poursuit dans le cratère de l’Halema’uma’u, les géologues du HVO sont impliqués dans deux projets qui devraient leur permettre de mieux comprendre comment fonctionne le volcan, ainsi que le déroulement de l’éruption et l’effondrement du sommet du Kīlauea en 2018.
Les deux projets qui débuteront cet été mettent en jeu le transport aérien d’une boucle de fil oblongue d’une part, et l’enfouissement de bobines de fil d’autre part. La zone cible est l’ensemble du Kilauea, depuis la pointe orientale de Kumukahi au sud-ouest, jusqu’à Punaluʻu. Les deux projets détermineront la distribution des résistivités électriques sous la surface, ce qui peut être utilisé pour cartographier le magma. Le projet aéroporté cartographiera également les variations du champ magnétique pour déterminer dans quelle mesure le champ terrestre est présent dans les minéraux magnétiques du Kilauea.
Le premier projet consistera à enfouir des électrodes et des bobines de fil à faible profondeur pour mesurer l’énergie électromagnétique (EM) générée par la foudre autour de l’équateur. Les orages accompagnés de foudre sont courants dans les régions équatoriales. Ils produisent un bruit électromagnétique constant qui se déplace autour du globe dans l’atmosphère entre la surface de la Terre et l’ionosphère. La réponse de la Terre à cette stimulation EM distante peut indiquer aux géologues les propriétés électriques de la Terre sous les bobines à des profondeurs d’environ 10 km. Le système, d’une surface d’un mètre carré, sera déplacé vers quelque 125 emplacements au sol sur le volcan. Les données obtenues serviront à mettre au point une image détaillée du fonctionnement interne de Kilauea. Cette étude s’étalera sur deux saisons : la première en 2022 durant les mois de mai et juin; la deuxième à l’été 2023.
La deuxième partie du projet utilisera une boucle de fil de forme ovale de 15 m par 25 m suspendue à 30 m sous un hélicoptère survolant la majeure partie du volcan.

 

Source: USGS

La boucle transmettra et recevra de l’énergie EM à très basse fréquence et devra voler à 35–50 m au-dessus du sol ou de la cime des arbres. Un petit capteur mesurera également l’intensité du champ magnétique. Il s’agit de cartographie électromagnétique et magnétique aéroportée (AEM).
Les données AEM permettront d’obtenir une image de la structure peu profonde (600 m de profondeur) du volcan, y compris les eaux souterraines et les schémas d’altération causés par les fluides hydrothermaux comme ceux qui se sont infiltrés dans le lac d’eau de l’Halema’uma’u en 2019-2020. Le champ magnétique terrestre le long de la trajectoire de vol permettra de cartographier également la signature du dyke qui a acheminé le magma vers le district de Puna en 2018. Cette partie du projet est également prévue au cours des mois de juin et juillet 2022.
Les survols actuels ne concernent aucune zone résidentielle ni aucune autre région interdite par la Federal Aviation Administration (FAA) ou le Parc national des volcans d’Hawaï. En revanche, les prochains vols auront lieu de jour et seront coordonnés avec la FAA. Des pilotes expérimentés spécialement formés pour le vol à basse altitude piloteront l’hélicoptère. Aucun des instruments utilisés pendant le projet ne présente de risque pour la santé des personnes ou des animaux.
L’AEM et le champ magnétique terrestre ont été cartographiés pour la dernière fois en 1978 sur le Kilauea et le Mauna Loa. Les résultats ont montré que l’East Rift Zone du Kilauea présentait une forte aberration de champ magnétique typique des dykes verticaux qui alimentent d’innombrables éruptions latérales à partir de la zone sommitale.
L’équipement et le logiciel utilisés pour ces projets ont été beaucoup améliorés au cours des 20 dernières années et les géophysiciens qui supervisent le projet actuel ont utilisé avec succès les nouvelles techniques pour cartographier d’autres volcans aux Etats Unis. La finalité du projet en cours est de produire une image de l’ensemble du système magmatique du Kilauea.
Source : USGS, HVO.

A noter que l’étude aéroportée du volcan a déjà été mise en oeuvre sur le Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion). Voir ma note du 22 décembre 2019:

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2019/12/22/nouvelle-approche-de-lile-de-la-reunion-et-son-volcan-new-approach-of-reunion-island-and-its-volcano/

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While the summit eruption of Kilauea is continuing within Halema’uma’u Crater, HVO geologists are involved in two projects that will help scientists better understand how the volcano works and how the 2018 eruption and collapse of Kīlauea summit happened.

The two projects that will start this summer employ flying an oblong wire loop and burying wire coils. The target area is the entire volcano of Kilauea, from the eastern point of Kumukahi southwest almost to Punaluʻu. Both project will determine the distribution of electrical resistivities below the surface, which can be used to map magma. The airborne project will also map variations in the magnetic field to determine how well the Earth’s field is frozen into Kīlauea’s magnetic minerals.

The first project will deploy electrodes and wire coils buried at shallow depths to passively measure the electromagnetic (EM) energy generated by lightning strikes around the equator.. Lightning storms are common in equatorial regions and those storms produce surprisingly constant electromagnetic noise that travels around the globe in the atmosphere between the Earth’s surface and the ionosphere. The response of the earth to this distant EM stimulation can tell geologists the electrical properties of the earth below the coils to depths of about 10 km. The one-square-meter setup will be moved to about 125 ground locations on the volcano. The resulting data will be used to develop a detailed picture of Kilauea’s inner workings. This study will be done over two field seasons with the first season in 2022 during the months of May and June. The second season will be in the summer of 2023.

The second part of the project will use a 15 by 25 m oval-shaped wire loop suspended 30 m beneath a helicopter flying over most of the volcano. (see image above) The loop assembly will transmit and receive very low frequency EM energy and will need to be flown 35–50 m above the ground or treetops. A small sensor will also be measuring magnetic field strength. The technique is called airborne electromagnetic and magnetic (AEM) mapping.

AEM data will allow imaging of the shallow (upper 600 m) structure of the volcano including groundwater and patterns of alteration caused by hydrothermal fluids like those that seeped into Halemaʻumaʻu water lake in 2019–2020. Earth’s magnetic field along the flight path will also map the signature of the cooling dike that transported magma to lower Puna in 2018. This part of the project is also scheduled for 2022 in the months of June and July.

Currently planned flight lines do not fly over any residential areas or other regions excluded by the Federal Aviation Administration (FAA) or Hawaiʻi Volcanoes National Park. Flights will occur during daylight hours and be coordinated with the FAA. Experienced pilots specially trained and approved for low-level flying will operate the helicopter. None of the instruments in either part of the project pose a health risk to people or animals.

AEM and Earth’s magnetic field were last mapped in 1978 over both Kilauea and Mauna Loa. The 1978 results showed that Kilauea’s East Rift Zone was clearly outlined by a strong magnetic field aberration typical of vertical dikes that fed countless eruptions laterally from the summit area.

The equipment and software have been much improved in the past 20 years and the geophysicists overseeing the current project have successfully used the technique to map other US volcanoes. Their hope is now to produce a picture of the entire magmatic system of Kilauea.

Source: USGS, HVO.

It should be noted that the airborne technology was already used on Piton de la Fournaise (Reunion Island). See my post of December 22nd, 2019:

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2019/12/22/nouvelle-approche-de-lile-de-la-reunion-et-son-volcan-new-approach-of-reunion-island-and-its-volcano/

Vue de la zone couverte par la campagne de mesures ‘Source: HVO)

Faut-il construire des barrières de protection sur la péninsule de Reykjanes? // Should they build protective barriers on the Reykjanes Peninsula?

Au cours d’une nouvelle réunion publique qui s’est tenue à Grindavik le 2 juin 2022, il a été proposé d’ériger des barrières de protection sur la péninsule de Reykjanes. Un géophysicien de la Protection Civile a toutefois exprimé son scepticisme car il sera difficile de déterminer leur bon emplacement en cas d’éruption.
Bien que le Met Office islandais ait indiqué qu’aucun soulèvement du sol ne s’était produit au cours des trois à quatre derniers jours dans la région de Svartsengi, le département de Protection Civile a décidé de maintenir la réunion publique à Grindavík.
Il a été rappelé au public qu’à la fin mai, le sol autour de la centrale de Svartsengi s’était soulevé de près de cinq centimètres, probablement en raison d’une intrusion magmatique à 4-5 km sous la surface, et qu’un essaim sismique était toujours en cours, sans le moindre signe d’activité volcanique. Ces événements rappellent ce qui s’est passé dans la région avant l’éruption de Fagradalsfjall en 2021. Bien que l’éruption de Fagradalsfjall n’ait pas menacé les infrastructures dans la région, l’intrusion magmatique actuelle est différente car elle se situe au niveau de la centrale géothermique.
Outre des professeurs de géologie, la réunion publique de Grindavík a rassemblédes policiers et des services de secours de la péninsule de Reykjanes, ainsi que des représentants du département de la Protection Civile des localités voisines. Etaient également présents des représentants d’entreprises qui possèdent d’importants infrastructures dans la région.
Les quelques ingénieurs présents ont présenté les propositions d’un groupe de travail, créé en mars 2021 et chargé de protéger les importantes infrastructures en cas d’éruption.
Bien que les propositions du groupe de travail ne soient pas mises à la disposition des médias avant d’être examinées par les administrateurs publics, on sait d’ores et déjà que le groupe a proposé l’érection de barrières de protection contre la lave. Cependant, la proposition est sujette à un examen plus approfondi pour examiner son impact sur l’environnement, et déterminer le type de barrières (d’un seul tenant ou en plusieurs parties).
Selon un géophysicien du département de la Protection Civile, « étant donné que l’on a affaire à une zone ouverte avec de longues fissures, il est difficile de prévoir si une barrière de protection érigée avant une éruption sera implantée du bon côté de l’éruption… ou du mauvais côté. »
Même s’il n’y a actuellement aucun signe d’activité volcanique, un professeur de géologie et de volcanologie à l’Université d’Islande a déclaré que le calme relatif sur la péninsule au cours des derniers jours devait être considéré comme une « pause temporaire » ; cela ne veut pas dire que l’activité géologique a cessé. . Il a ajouté : « De toute évidence, l’intrusion magmatique n’a pas eu lieu à la profondeur précédente, et il n’y a donc pas de soulèvement, ce qui signifie que la menace immédiate d’une éruption a diminué ; il n’y aura pas d’éruption à brève échéance », Lorsqu’un journaliste lui a demandé : « Pas cet été ? », le professeur a répondu : »Je ne le pense pas. Je ne l’espère pas.

Comme je l’ai déjà écrit, il est facile de faire des prévisions lorsque la lave coule dans une zone désertique. La situation devient plus compliquée lorsque des zones habitées ou des infrastructures sont en jeu. Notre capacité à prévoir les éruptions devient alors très faible…
Source : Iceland Review.

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Proposals to erect protective barriers on the Reykjanes peninsula were introduced at a new town hall meeting in Grindavík on June 2nd, 2022. A geophysicist with the Department of Civil Protection expressed scepticism that the barriers would be situated on the “right side” of a possible eruption.

Despite the Icelandic Met Office reporting that no uplift had occurred over the past three to four days in the Svartsengi area on the Reykjanes peninsula, the Department of Civil Protection held a town hall meeting in Grindavík.

The public was reminded that in late May the land around Svartsengi had risen almost five centimetres, likely owing to magma intrusion 4-5km below the surface, and an earthquake swarm had been ongoing, despite no signs of volcanic unrest. These geological events are reminiscent of similar disturbances in the area before the eruption near Fagradalsfjall in 2021. While the Fagradalsfjall eruption did not threaten infrastructure in the area, the current magma intrusion is located underneath a geothermal power plant.

In addition to professors in geology, the town hall meeting in Grindavík was also attended by police officers and search-and-rescue workers on the Reykjanes peninsula, along with representatives from the Department of Civil Protection from neighbouring municipalities, and from companies that operate important infrastructure in the area.

There were also a few engineers present who introduced the proposals of a task force, established in March of last year, entrusted with protecting important infrastructure in the event of an eruption.

Although the task force’s proposals will not be made available to the media prior to review by public administrators, it is known that, among other things, the task force had proposed the erection of preemptive protective barriers. However, the proposal is subject to further review, in regard to environmental impact, and in regard to just how complete these barriers will be.

According to aa geophysicist with the Department of Civil Protection, “given that we have an open area with long fissures, it’s uncertain whether a protective barrier that’s erected prior to an eruption will be situated on the right side of the eruption… or the wrong side.”

Despite no signs of volcanic unrest, a professor of geology and volcanology at the University of Iceland stated that the relative stillness on the peninsula over the past few days should be taken as a “temporary hiatus” as opposed to a sign that geological activity had ceased. He added : “Obviously, magma is no longer intruding at the former depth, and so there’s no uplift, which means that the immediate threat of an eruption has decreased; there won’t be an eruption any time soon,” When a reporter asked : “Not this summer?”, the professor answered :“I wouldn’t think so. I certainly don’t hope so.”

As I put it before, it is easy to make predictions when lava is flowing in a desert area. The situation becomes more serious when populated areas or infrastructure are at stake. Our ability to predict eruptions then becomes very low…

Source: Iceland Review.

En 2021, des barrières de terre avaient été érigées pour protéger la route et un câble fibre optique (Photo: C. Grandpey)