Eruption du Cumbre Vieja (La Palma): accès interdit au site impacté par la lave // No access to the site impacted by the lava

Quatre Britanniques vont faire l’objet de poursuites après avoir enfreint les interdictions d’accès au site éruptif de La Palma pour prendre des photos qui ont ensuite été publiées sur les réseaux sociaux.
Il semble que les quatre hommes aient voyagé en bateau depuis Tenerife pour atteindre des zones interdites à La Palma. Selon les médias locaux, ils devraient être poursuivis en justice après avoir mis en danger leur vie et celle des forces de sécurité en danger. L’un des hommes a publié sur les réseaux sociaux un selfie, vêtu d’un t-shirt et un short non loin de la lave en fusion.
Les photos prises par le groupe auraient été utilisées par la Garde civile à La Palma pour identifier les hommes.Un rapport a été adressé aux autorités de La Palma, demandant d’engager des poursuites pour non respect de la loi.

Bien que l’île ait été dévastée par le volcan, il n’y a eu aucune victime grâce à des évacuations rapides et la mise en place de mesures efficaces pour éloigner les curieux. Toutes les routes et points d’accès sont rigoureusement contrôlés et l’éruption ne peut être observée que depuis quelques kilomètres par les touristes présents sur l’île. Seuls les scientifiques et les journalistes accrédités sont autorisés à pénétrer sur le site impacté. Plus de 2000 bâtiments ont été détruits par la lave depuis le début de l’éruption il y a un mois et 7500 habitants ont dû quitter leur domicile. Il est bien sûr nécessaire de protéger les biens qui n’ont pas été détruits par la lave.
Source : Presse britannique.

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Four British men will be facing prosecution after breaching police warnings along the active La Palma volcano to take photos which were later posted on social media.

The four Brits are believed to have travelled by boat from Tenerife to reach the forbidden areas in La Palma. According to local media, the men now face possible court action after putting their lives and the lives of security forces at risk. One of the men posted a photo of himself on social media wearing a t-shirt and shorts not far from the burning lava.

The photos the group took are understood to have been used by Civil Guard officers in La Palma to identify the men. The police sent a report to government officials, with prosecutors proposing possible disobedience charges.

Although the island was devastated by the volcano, there have been no casualties due to prompt and robust evacuations and strong efforts to keep people away from the volcano. All roads and access points are drastically controlled and the eruption can only be observed a few kilometers away by the tourists on the island. Only scientists ansd authorised journalists are allowed to enter the eruption site. More than 2000 buildings have been destroyed by lava since the start of the eruption a month ago and 7500 residents had to leave their homes. It is of course necessary to protect the properties that have not been destroyed by lava.

Source: British newspapers.

Coulées de lave sur la péninsule de Reykjanes : zone protégée // Lava flows on the Reykjanes Peninsula are a protected area

Les personnes qui se rendent sur le site de l’éruption sur la péninsule de Reykjanes sont priées de ne pas marcher sur la nouvelle lave et de ne pas y jeter des pierres. L’Agence Islandaise pour l’Environnement rappelle aux touristes que la nouvelle lave est une formation géologique qui est protégée en vertu de la loi sur la conservation de la nature. En conséquence, y jeter des pierres ou la vandaliser de toute autre manière est considéré comme une infraction.

Les visiteurs de l’éruption ont probablement remarqué que de la chaleur s’échappe de la coulée de lave, même de la bordure du champ de lave qui semble solide. L’Agence pour l’Environnement explique que « la lave est encore très chaude et peut mettre beaucoup de temps à se refroidir, d’autant plus que l’éruption peut continuer même si on ne voit pas d’activité dans le cratère proprement dit ; la lave peut encore s’écouler sous la croûte. Cette dernière peut facilement se briser et en dessous il peut y avoir de la lave jusqu’à 1200°C. Non seulement marcher sur la lave est dangereux, mais cela peut endommager les formations qui sont protégées.»

Le personnel de l’Agence pour l’Environnement est en poste au départ du sentier d’accès au site éruptif pour informer les visiteurs et leur expliquer comment profiter de l’éruption de manière sûre et respectueuse. Il y a quelques jours, deux touristes français (!!) ont été aperçus sur la coulée de lave encore chaude en train de faire griller des guimauves. Ce n’est qu’un cas parmi d’autres de personnes qui ne tiennent pas compte de la loi qui stipule qu’il est interdit de marcher sur le champ de lave.

Les piétons ne sont pas les seuls causes de dégâts sur le champ de lave actif. La police a récemment arrêté un homme qui traçait un sentier dans la lave sans autorisation. Il semblerait que l’homme ait été mandaté par des propriétaires terriens, mais il n’avait pas de licence pour opérer et les autorités n’avaient pas été informées. Elles ont installé un panneau indiquant aux visiteurs que le sentier A est fermé et s’inquiètent de voir certains touristes faire fi de l’interdiction. L’accès à ancien point de vue au sommet de la colline est également dangereux car de nouvelles crevasses se sont formées, probablement par des mouvements de terrain dus à la pression changeante du magma sous la surface.

Source : Médias d’information islandaise.

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Visitors to the ongoing eruption on the Reykjanes peninsula are urged not to walk on the new lava at the site or throw rocks onto it. The Environment Agency of Iceland reminds tourists that the new lava is a unique geological formation that is protected under the Nature Conservation Act. As a consequence, throwing rocks on it or vandalising it in any other way is considered a violation.

Visitors to the eruption may have noticed the heat that emanates from the site, even from the edge of lava fields that appear solid. The Environment Agency adds that « the lava is extremely hot and can take a long time to cool, especially as the eruption can continue even though we don’t see movement in the crater itself. The lava then flows under the black shell in lava caves or domes. The lava shell can easily break and underneath it there can be lava up to 1200°C. Not only is walking on the lava dangerous, it can damage the formations, which are protected. »

Environment Agency rangers are manning the start of the hiking trail to inform and educate visitors on how to enjoy the eruption in a safe and respectful way.

A pair of French tourists were spotted a few days ago on top of the still-warm lava, using the glowing hot rock to toast marshmallows. This is just one of many instances where visitors disregard official warnings to not walk on the lava field around the eruption site.

Rocks and pedestrians are not the only damage that the active lava field has faced since the eruption began last March. The police recently stopped a man that was ploughing a path through the lava without a permit. The man is believed to have been sent by landowners but there was no licence for the operation and authorities were not informed. Authorities have put up a sign to inform visitors that the path is closed, but expressed concern that some visitors might take it anyway.

The former look-out slope is also unsafe because new crevasses have formed on the slope. They were probably caused by tensile stress and may have been caused by small earthquakes or land movement due to changing pressure of magma below the surface.

Source : Icelandic news media.

 

Photos: C. Grandpey

 

 

L’Argentine protège ses glaciers // Argentina protects its glaciers

La Cour suprême argentine a réaffirmé le 4 juin 2019 la constitutionnalité de la loi pour la protection des glaciers. Cette décision remet en cause 44 projets d’exploitation minière et touche directement les intérêts politiques et économiques du pays. Cette décision de la Cour suprême est un revers pour les géants de l’exploitation aurifère. En effet, la loi pour la protection des glaciers interdit toute exploitation minière dans des espaces protégés. Les sociétés Barrick Gold et Minera Argentina Gold, qui avaient déposé en 2011 une plainte auprès de la Cour fédérale pour rendre inconstitutionnelle cette loi, ont été déboutées.
Il faut savoir que 75 % des 2 % d’eau douce de la planète proviennent des glaciers. En Argentine 8 484 km2 sont concernés par des projets d’exploitation minière détruisant des glaciers. En 2007, à l’initiative de la Ministre argentine de l’Environnement, le gouvernement avait fait voter une loi de protection des espaces glaciers; elle est entrée en vigueur en 2010, devenant ainsi la première loi de ce type au monde. La société canadienne Barrick Gold, acteur majeur de l’exploitation minière sur le territoire argentin, avait déposé une plainte auprès de la Cour fédérale afin de faire réviser la loi et ainsi poursuivre certaines de ses activités, qui avaient été suspendues. Depuis, même si la loi est restée en vigueur, elle est peu appliquée et les ONG et associations écologistes militent pour en faire respecter les principes.
Cela fait huit ans que les militants écologistes attendent que la justice se prononce sur cette question. Ils espèrent que la loi ne restera pas lettre morte, mais rien n’est moins sûr dans un pays émergent comme l’Argentine, où l’extraction minière est au cœur des intérêts économiques et politiques. Depuis 2010, les multinationales de l’extraction ont tout fait pour freiner l’application de la loi et ont continué leurs activités, notamment dans la mine d’or et d’argent à ciel ouvert de Veladero, dans la province de San Juan. Propriété de Barrick Gold depuis 2005, le site a également connu le plus grand accident minier du pays, en 2015. L’effondrement d’un bloc de glace avait provoqué la fuite d’une solution de cyanure, polluant ainsi cinq cours d’eau. La catastrophe ne s’était pourtant pas soldée par la fermeture du site.
Aujourd’hui, les projets d’exploitation continuent de se multiplier. Sur le papier, les textes prévoient l’obligation d’un inventaire de tous les glaciers argentins. Des études de terrain sont également censées être réalisées avant tout projet et ce dans un délai de 180 jours. Le problème, c’est que cette réglementation est gangrenée par la corruption. Des glaciologues réalisent les études, mais ils travaillent également pour les entreprises. Au final, ils ont imposé une mesure minimale pour qu’un glacier soit considéré comme tel, laissant ainsi une marge de manœuvre aux entreprises pour exploiter une partie de ces glaciers.

Source: Libération.

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On 4 June 2019, the Argentinean Supreme Court reaffirmed the constitutionality of the law for the protection of glaciers. This decision calls into question 44 mining projects and directly affects the political and economic interests of the country. This decision of the Supreme Court is a setback for the gold mining giants. Indeed, the law for the protection of glaciers prohibits all mining in protected areas. The Barrick Gold and Minera Argentina Gold companies, which filed a complaint in 2011 with the Federal Court to make the law unconstitutional, were dismissed.
You should know that 75% of the 2% of fresh water on the planet comes from glaciers. In Argentina 8 484 square kilometres are affected by mining projects destroying glaciers. In 2007, at the initiative of the Argentine Minister of the Environment, the government had passed a law protecting glacial spaces; it came into force in 2010, becoming the first law of its kind in the world. The Canadian company Barrick Gold, a major player in mining in Argentina, had filed a complaint with the Federal Court to have the law reviewed and to continue some of its activities, which had been suspended. Since then, even though the law has remained in force, it has not been applied enough and environmental NGOs and associations are campaigning to uphold its principles.
For eight years environmental activists have been waiting for justice to rule on this issue. They hope that the law will not remain a dead letter, but nothing is less certain in an emerging country like Argentina, where mining is at the heart of economic and political interests. Since 2010, multinational extractive companies have done everything to curb law enforcement and have continued to operate, including in the Veladero open-pit gold and silver mine in the province of San Juan. Owned by Barrick Gold since 2005, the site also experienced the largest mining accident in the country, in 2015. The collapse of a block of ice caused a solution of cyanide to escape, polluting five rivers . The disaster did not end in the closure of the site.
Today, the projects of exploitation continue to multiply. On paper, the texts provide for the obligation of an inventory of all Argentine glaciers. Field studies are also supposed to be carried out before any project and within 180 days. The problem is that this regulation is riddled with corruption. Glaciologists do the studies, but they also work for the companies. In the end, they imposed a minimum measure for a glacier to be considered as such, leaving a margin of maneuver for companies to exploit some of these glaciers.

Source: Liberation.

Le Perito Moreno est l’un des glaciers les plus populaires en Argentine. Comme ses homologues à travers le monde, il subit les effets du réchauffement climatique. (Crédit photo: Wikipedia)

Un nouveau plan de protection des ours polaires // A new conservation plan for the polar bears

drapeau-francaisA quelques jours de la cérémonie d’investiture de Donald Trump qui prétend que le changement climatique est un canular, l’administration Obama vient de diffuser une nouvelle mouture du Conservation and Recovery Plan (CRP) dont le but principal est de protéger l’ours polaire, icône du réchauffement de l’Arctique. Ce plan de gestion et de conservation des espèces décrit les mesures qui aideront l’ours polaire à se maintenir à l’état sauvage à court terme, tout en prenant en compte les menaces qui pèsent sur le plantigrade et qui demanderont des mesures sur le long terme. Le plan identifie le réchauffement climatique comme la seule et unique menace pour les ours polaires. Il indique que la réduction rapide et efficace des émissions mondiales de gaz à effet de serre est «la mesure la plus importante pour la conservation et la protection des ours polaires».
Etant donné que le président élu Donald Trump méprise la climatologie et pousse à une utilisation accrue des combustibles fossiles émettant du carbone, on peut se demander si ce plan survivra, mais ses défenseurs restent optimistes. En effet, le plan a force de loi. La Loi sur les espèces en voie de disparition, qui protège les ours polaires depuis qu’ils ont été classés comme espèce menacée en 2008, prévoit un plan de protection des plantigrades, au même titre que la Loi sur la protection des mammifères marins. Au final, le plan répond à ces deux obligations juridiques dans un document unique. Il reflète également un consensus parmi un large éventail de personnes concernées, en particulier les autochtones de l’Alaska qui chassent les ours polaires, mais aussi les représentants de l’industrie pétrolière dont les entreprises opèrent dans l’habitat des ours polaires.
Pour lutter directement contre les émissions de carbone, le plan demande au Fish and Wildlife Service des Etats-Unis et aux autre structures du même type de cautionner les efforts du gouvernement fédéral pour maintenir le réchauffement climatique au-dessous de 2 degrés Celsius, objectif fixé par la COP 21 de Paris à la fin de l’année 2015. Même si Donald Trump continue à vouloir retirer les États-Unis de l’accord climatique de Paris, les réductions de carbone par d’autres pays auront un effet positif sur l’Arctique et les ours polaires de l’Alaska.
En attendant, plusieurs tâches à court terme peuvent être accomplies pour venir en aide aux ours polaires de l’Alaska, comme la réduction des interactions entre l’homme et l’animal, la protection des endroits où les ourses creusent des tanières pour donner naissance à leurs petits et la réduction des risques pollution par les hydrocarbures. Au total, ces mesures coûteraient environ 13 millions de dollars par an.
Entre le milieu des années 1980 et le milieu des années 1990, environ deux tiers des tanières d’ours polaires se trouvaient sur la banquise. Toutefois, au cours de la dernière décennie, environ 60 pour cent des tanières ont migré vers la terre ferme. Pour protéger les ours polaires, il faudra identifier les lieux où se trouvent les mères et leurs petits et éviter toute perturbation.
Comme les ours polaires d’Alaska franchissent les frontières entre les pays, le plan prévoit également une coopération accrue avec la Russie et le Canada.
La gestion continue de la chasse de subsistance est un autre élément du plan de conservation de l’ours polaire. Aux États-Unis, seuls les autochtones de l’Alaska sont autorisés à chasser les ours polaires, en vertu du Marine Mammal Protection Act. La loi, signée par le président Nixon en 1972, interdit la chasse des ours polaires pour les trophées aux États-Unis, activité qui constituait la plus grande menace pour les populations américaines d’ours polaires dans le passé. La chasse de subsistance en Alaska est très limitée et ne saurait avoir un impact négatif sur la population de plantigrades.
D’autres éléments du plan de conservation concernent la recherche, en particulier les efforts de tous  les pays pour prévenir la pollution de la mer par les hydrocarbures.
Source: U.S. Fish and Wildlife Service.

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drapeau-anglaisJust days before the inauguration of a Donald Trump who has dismissed climate change as a hoax, the Obama administration has just released a broad Conservation and Recovery Plan (CRP) aimed at helping an icon of Arctic warming – the polar bear. This final Conservation Management Plan (CMP) outlines actions that will help this revered symbol of the Arctic persist in the wild in the near-term, while also acknowledging the primary threat to the bear will entail longer-term actions.

The plan identifies climate warming as the single and overwhelming threat to polar bears. Prompt and aggressive reduction of the global greenhouse gas emissions is « the single most important action for conservation and recovery of polar bears, » the plan says.

But with President-elect Donald Trump disparaging climate science and pushing for expanded use of carbon-emitting fossil fuels, one can wonder whether this plan will survive. Its defenders think it will. The plan is a legal requirement.  The Endangered Species Act, which has protected polar bears since they were listed as threatened in 2008, mandates a recovery plan, and the Marine Mammal Protection Act, which also safeguards polar bears, mandates a conservation plan. The final plan meets both legal mandates in a single document. The plan also reflects a consensus among a wide range of affected people, including Alaska Natives who hunt polar bears and oil industry representatives whose companies operate in polar-bear habitat.

To directly tackle carbon emissions, the plan calls for the U.S. Fish and Wildlife Service and other agencies to support ongoing federal efforts to keep global warming below 2 degrees Celsius, the target set by the COP 21 in Paris at the end of 2015. Even if Trump follows through on his pledge to pull the United States out of the Paris climate agreement, other nations’ carbon reductions will benefit the Arctic and the polar bears of Alaska.

In the interim, there are several shorter-term tasks that should be undertaken to help Alaska’s polar bears, like reducing human-bear interactions, protecting the places where mother bears dig dens to give birth to cubs and reducing risks of oil spills. In all, the recommended actions would cost about $13 million a year, according to the document.

In previous times, from the mid-1980s to mid-1990s, about two-thirds of polar bear dens were established on the sea ice. But in about the past decade, about 60 percent of the dens are on land. Protecting polar bears will require identifying the places holding mother bears and their newborn cubs, and avoiding any disturbances to them.

Since Alaska’s polar bears roam across international borders, the plan also calls for stepped-up cooperation with Russia and Canada.

Continued management of subsistence hunting is another element of the conservation and recovery strategy. In the United States, only Alaska Natives are allowed to hunt polar bears, under the Marine Mammal Protection Act. The act, signed by President Nixon in 1972, outlawed trophy hunting of polar bears in the United States, an activity that was the biggest threat to U.S. populations in the past. The Alaska subsistence hunt is far too small to have any negative population impact.

Other elements of the recovery and conservation plan released on Monday are increased research, including international efforts, and continued work to prevent and respond to oil spills.

Source: U.S. Fish and Wildlife Service.

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Photo: C. Grandpey