Volcans du monde // Volcanoes of the world

Suite au shutdown aux États Unis, la Smithsonian Institution n’est pas en mesure de diffuser son bulletin hebdomadaire habituel sur l’activité volcanique dans le monde. Mes informations concernent donc un nombre limité de sites éruptifs.

Dernière minute : D’après les observations à partir des webcams, deux éruptions, d’une durée de quelques minutes chacune, se sont produites à 12 h 30 et à 18 h 40 le 30 novembre 2025 à White Island (Nouvelle-Zélande). Aucune autre éruption n’a été observée depuis. Le niveau d’alerte volcanique a été relevé à 3 et la couleur de l’alerte aérienne est passée à l’Orange.
Source : GeoNet.

Photo: C. Grandpey

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Une petite explosion  a été détectée le 29 octobre 2025 sur le Korovin (complexe volcanique de l’Atka (Aléoutiennes/Alaska) par des données sismiques et infrasonores le 29 octobre 2025. La couleur de l’alerte aérienne et le niveau d’alerte volcanique sont passés respectivement à l’Orange et à Advisory (surveillance conseillée). De brèves explosions peuvent se produire sur le Korovin sans signes avant-coureurs significatifs.

Source : AVO.

Vue du Korovin (à gauche) et du Kliuchef (à droite) dans le complexe volcanique de l’Atka (Crédit photo: AVO) 

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Le PHIVOLCS indique qu’une éruption phréatomagmatique mineure s’est produite au Main Crater du Taal (Philippines) dans l’après-midi du 25 octobre 2025. L’événement a généré des panaches qui se sont élevés à 1 200 mètres au-dessus du cratère.

Quatre autres éruptions de courte durée ont été enregistrées dans la partie nord-est du Main Crater du Taal entre les 25 et 26 octobre 2025, avec des panaches denses de 1 200 à 2 100 m de hauteur et de légères retombées de cendres sur les zones environnantes. Le Phivolcs explique qu’il s’agit d’éruptions phréatiques et phréatomagmatiques mineures, associées à des ondes de choc et à des coulées pyroclastiques très localisées.

Le niveau d’alerte 1 reste en vigueur sur le volcan, signe d’une activité de faible intensité.

 

Éruption du 25 octobre 2025 (Source : Phivolcs)

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Comme je l’ai expliqué à la fin de l’épisode 35 du Kilauea (Hawaï), l’inflation a repris au sommet et se poursuit, accompagnée de séquences de tremor et d’une lueur dans les bouches éruptives, ce qui confirme la probabilité d’un nouvel épisode. Les modèles montrent une fenêtre de prévision probable pour l’Épisode 36 du 5 au 11 novembre 2025 ; la période la plus probable se situe entre le 6 et le 9 novembre.
Source : HVO.

Double fontaine de lave de l’Épisode 35 (image webcam)

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Dans sa dernière mise à jour (28 octobre 2025), le MetOffice islandais indique qu’environ 14 millions de mètres cubes de magma se sont accumulés sous Svartsengi depuis la dernière éruption. Compte tenu des événements précédents le long de la chaîne de cratères de Sundhnúkur, la probabilité d’une nouvelle éruption augmente lorsqu’un volume de magma semblable à celui émis lors de la dernière éruption s’est accumulé sous Svartsengi. Depuis mars 2024, la quantité de magma émise sur la chaîne de cratères de Sundhnúkur a considérablement varié, de 12 à 31 millions de mètres cubes. Par conséquent, il est impossible de définir la date de la prochaine éruption.
L’activité sismique près de Krýsuvík se poursuit, avec de nombreux petits séismes enregistrés quotidiennement. Le 22 octobre 2025, deux séismes de magnitude 3,1 et 3,6 se sont produits à l’ouest de Kleifarvatn. L’affaissement du sol observé depuis l’été se poursuit également dans la région, mais a ralenti ces dernières semaines.

Source: Met Office

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Afin de calmer les angoisses de ceux qui redoutent une éruption des Champs Phlégréens (Italie), voici les dernières informations publiées par l’INGV le 28 octobre 2025.

Durant la semaine du 20 au 26 octobre 2025, 178 séismes d’une magnitude maximale de M2,8 ± 0,3 ont été enregistrés dans la région des Champs Phlégréens. 66 événements ont été enregistrés dans la seule région de Pouzzoles-Agnano Pisciarelli.

Source: INGV

S’agissant de la déformation du sol et du bradyséisme, la région traverse actuellement une phase de soulèvement. Les données postérieures à l’essaim sismique du 15 au 19 février 2025 ont montré une augmentation de la vitesse de soulèvement du sol, avec une valeur moyenne mensuelle d’environ 30 ± 5 mm/mois jusqu’à fin mars. À partir du début avril 2025, le soulèvement du sol s’est poursuivi, avec une valeur moyenne mensuelle d’environ 15 ± 3 mm/mois. Les données des 15 derniers jours montrent une augmentation du soulèvement du sol, avec soulèvement moyen préliminaire d’environ 20 ± 5
mm/mois. Cette valeur sera à affiner dans les prochaines semaines. À noter qu’on est loin du soulèvement de 1,80 m qui a entrainé l’évacuation du quartier de Rione Terra en 1983. Aucune éruption n’avat suivi cet événement.

Les paramètres géochimiques confirment la tendance à long terme au réchauffement du système hydrothermal. La fumerolle de la Bocca Grande dans la Solfatara confirme cette tendance à la hausse, avec une valeur moyenne d’environ 166 °C et des valeurs maximales d’environ
170 °C. Comme je l’ai indiqué précédemment, j’avais mesuré une température d’environ 140°C dans les années 1990.

Dans la conclusion de son rapport, l’INGV précise qu’aucun élément n’indique une évolution significative à court terme.

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Au Pérou, la situation est stable sur le Sabancaya. Aucune explosion n’est enregistrée ; toutefois, des émissions de vapeur d’eau et de gaz sont observées, atteignant une hauteur maximale de 1 100 m au-dessus du sommet du volcan.

Source : IGP.

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La situation est également relativement stable au Kamtchatka où la couleur de l’alerte aérienne reste Orange sur le Sheveluch et le Krasheninnikov. Elle est Jaune sur la Bezymianny et le Klyuchevskoy.

Source : KVERT.

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Due to the shutdown in the United States, the Smithsonian Institution is unable to release its usual weekly bulletin on global volcanic activity. My information therefore concerns a limited number of eruption sites.

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Last minute : Based on webcam observations two distinct eruptions lasting a dew minutes occurred at 12:30 pm and 6:40 pm on November 30, 2025 at White Island (New Zealand). No further eruption has been observed since. The Volcanic Alert Level was raised to level 3 and the Aviation Colour Code raised to Orange.

Source : GeoNet.

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A small explosion from Korovin Volcano (Atka volcanic complex (Aleutians / Alaska) was detected in seismic and infrasound data on October 29, 2025. The Aviation Color Code and Alert Level were raised to YELLOW/ADVISORY. Brief explosive events at Korovin Volcano can occur without significant precursory unrest.

Source: AVO.

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PHIVOLCS indicates that a minor phreatomagmatic eruption occurred at Taal‘s Main Crater (Philippines) in the afternoon of October 25 2025. The event generated plumes that rose 1,200 meters above the crater.

Four other short-lived eruptions were recorded at the northeastern portion of the Taal Main Crater between October 25 and 26, 2025, producing dense plumes 1 200–2 100 m high and minor ashfall over nearby areas. The events were minor phreatic and phreatomagmatic eruptions, with associated shockwaves and localized pyroclastic flows

The Alert Level 1 remains in effect over Taal Volcano, indicating low-level unrest.

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As I explained at the end of Kilauea‘s Episode 35 (Hawaii), inflation started again at the summit and continues along with seismic tremor and vent glow indicating that another episode is probable. Models suggest a likely forecast window of November 5–11 for Episode 36 with November 6-9 most probable.

Source : HVO.

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In its latest update (October 28 2025), the Icelandic Met Office indicates that about 14 million cubic meters of magma have accumulated beneath Svartsengi since the last eruption. Based on previous events in the Sundhnúkur crater row, the likelihood of a new eruption increases once a similar volume of magma has recharged beneath Svartsengi as was released during the last event. Looking at eruptions in the Sundhnúkur crater row since March 2024, the amount of magma that was released from Svartsengi each time has varied considerably, from 12 million to 31 million cubic meters. Therefore, there is still considerable uncertainty about the exact timing of the next event.

Earthquake activity near Krýsuvík continues, with numerous small earthquakes recorded daily. On October 22 2025, two earthquakes measuring M3.1 and M3.6 occurred west of Kleifarvatn. Subsidence, observed since the summer, also continues in the region, but has decreased in recent weeks.

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To allay the fears of those concerned about an eruption of the Phlegraean Fields (Italy), here is the latest information published by the INGV on October 28, 2025.

During the week of October 20-26, 2025, 178 earthquakes with a maximum magnitude of M2.8 ± 0.3 were recorded in the Phlegraean Fields region. 66 of these events were recorded in the Pozzuoli-Agnano Pisciarelli area alone.

Regarding ground deformation and bradyseism, the region is cuttently experiencing a phase of uplift. Data collected after the seismic swarm of February 15-19, 2025, showed an increase in the rate of ground uplift, with an average monthly value of approximately 30 ± 5 mm/month until the end of March. From the beginning of April 2025, ground uplift continued, with an average monthly value of approximately 15 ± 3 mm/month. Data from the last 15 days show an increase in ground uplift, with a preliminary average uplift of approximately 20 ± 5 mm/month. This value will be refined in the coming weeks. It should be noted that this is far from the 1.80 m uplift that led to the evacuation of the Rione Terra neighborhood in 1983. No eruption followed that event.

Geochemical parameters confirm the long-term warming trend of the hydrothermal system. The Bocca Grande fumarole in the Solfatara confirms this upward trend, with an average value of approximately 166 °C and maximum values ​​of approximately 170 °C. As I mentioned earlier, I measured a temperature of approximately 140°C in the 1990s.

In the conclusion of its report, the INGV states that there is no indication of a significant change in the short term.

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In Peru, the situation is stableat Sabancaya. No explosions are recorded ; however, water vapor and gas emissions are observed, reaching a maximum height of 1,100 m above the volcano’s summit.

Source : KVERT.

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The situation is also relatively stable in Kamtchatka where the aviation color code remains Orange for Sheveluch and Krasheninnikov. It is Yellow for Bezymianny and Klyuchevskoy.

Source : KVERT.

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Des dépôts de glace dans la région équatoriale de la planète Mars ? // Ice deposits in the equatorial region of Mars ?

Selon une nouvelle étude publiée le 14 octobre 2025 dans la revue Nature Communications, d’anciennes éruptions volcaniques explosives sur Mars pourraient expliquer la possible présence de glace enfouie dans la région équatoriale de la Planète rouge.
Des recherches antérieures ont montré que la surface de Mars est riche en glace. La plupart de ces dépôts se situent au niveau des pôles, comme on peut l’observer sur Terre.

Source: NASA / Hubble telescope

Cependant, récemment, les sondes spatiales Mars Odyssey et ExoMars Trace Gas Orbiter ont détecté des niveaux élevés d’hydrogène près du sol dans les régions équatoriales de Mars. Il se peut que cette glace soit là depuis fort longtemps si elle était enfouie sous de la poussière ou des matériaux volcaniques, et il est donc possible qu’elle soit toujours présente sous la surface de la région équatoriale de la Planète rouge.

Traces de glace près de la formation Medusae Fossae (MFF) au niveau de l’équateur martien, vues par la sonde Mars Express de l’Agence spatiale européenne.

Les scientifiques s’interrogent désormais sur l’origine de cette glace dans une zone où ils ne l’attendaient pas. Des travaux antérieurs avaient laissé supposer que l’une des origines possibles de cette glace était le volcanisme. En effet, les éruptions peuvent générer de grandes quantités de vapeur d’eau. À l’aide de modèles informatiques du climat martien, des chercheurs ont simulé des éruptions volcaniques explosives qui, selon des recherches antérieures, se seraient produites sur la Planète rouge il y a entre 4,1 et 3 milliards d’années. Ces modèles montrent que ces éruptions ont envoyé de la vapeur d’eau à haute altitude, et cette vapeur a pu geler dans l’atmosphère très froide de Mars avant de retomber sous forme de glace.

Olympus Mons et d’autres édifices montrent que le volcanisme a été très actif sur la planète Mars (Source: NASA)

Cela signifie qu’un volume considérable de glace a pu se déposer après des éruptions répétées pendant des millions d’années. Le volcanisme explosif a pu provoquer de tels dépôts de glace et de cendres à plusieurs reprises sur les basses latitudes de la planète. Cela expliquerait les signaux d’hydrogène significatifs mesurés près de l’équateur.
Cependant, les chercheurs ont averti qu’il existe d’autres possibilités et que l’hydrogène détecté par les sondes spatiales autour de l’équateur martien peut ne pas provenir de dépôts de glace, mais de divers minéraux. Les recherches futures devront rechercher des signes de glace recouverte de cendres dans les régions équatoriales de Mars afin de confirmer ou d’infirmer la présence de glace à cet endroit. Si ces poches de glace équatoriales existent vraiment sur Mars, elles pourraient s’avérer précieuses pour les futures explorations par l’Homme. Une autre hypothèse est que des éruptions volcaniques ont pu envoyer de l’acide sulfurique dans l’atmosphère martienne. Cela a pu générer des aérosols qui ont réfléchi la lumière solaire et refroidi la Planète rouge, la plongeant dans un hiver global, ce qui a pu entraîner une accumulation prolongée de glace.
Il se peut aussi que ces anciennes éruptions volcaniques martiennes aient également généré de la chaleur et des substances chimiques susceptibles de créer des environnements habitables de courte durée. Ces régions ont alors pu offrir des conditions transitoires, mais potentiellement propices à la vie. Comprendre où et comment ces dépôts de glace et de cendres se sont formés pourrait contribuer à la recherche de biosignatures passées sur Mars.
Source : space.com.

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According to a new study published on October14 2025 in the journal Nature Communications, ancient explosive volcanic eruptions on Mars could help explain mysterious hints of buried ice from the Red Planet’s equator.

Previous research found that the surface of Mars is rich in ice. Most of these deposits are located at its poles, just as seen on Earth. However, recently the Mars Odyssey and the ExoMars Trace Gas Orbiter spacecraft detected elevated levels of hydrogen near the ground on the equatorial regions of Mars. This ice could have lasted for long spans of time if buried under dust or volcanic debris, and still might exist below the surface of equatorial regions on the Red Planet.

Scientists are now wondering how this ice might have originated in this unexpected area. Prior work noted one possible origin of this ice was volcanism, which could generate large amounts of water vapor.

Using computer models of the Martian climate, researchers simulated explosive volcanic eruptions that previous research found happened on the Red Planet between 4.1 billion and 3 billion years ago. The models suggested that the eruptions released water vapor into high altitudes, which could have frozen in the cold Martian atmosphere and later fallen as ice.

This means that a huge volume of ice could have been delivered after repeated eruptions over the course of millions of years. Explosive volcanism could have repeatedly seeded low latitudes with ice and ash, producing buried or insulated ice deposits that help explain the excess hydrogen signals measured near the equator.

However, the researchers cautioned that the hydrogen that spacecraft have detected around the Martian equator might not come from deposits of ice, but a range of minerals, among other possibilities. Future research will need to look for signs of ash-covered ice in the equatorial regions of Mars to support or refute the chances of ice there. If these equatorial ice pockets exist on Mars, they could prove valuable for human explorers there.

Another hypothesis is that volcanic eruptions could have spewed out sulfuric acid into the Martian atmosphere. This could have generated sunlight-reflecting aerosols that cooled the Red Planet, plunging it into a global winter that could in turn have let ice accumulate for a prolonged time.

But these ancient Martian volcanic eruptions might have also generated heat and chemicals that could create short-lived habitable environments. Those regions might have offered transient but potentially life-supporting conditions. Understanding where and how these ice–ash deposits formed could help guide the search for past biosignatures on Mars.

Source : space.com.

https://www.space.com/

Colère à Grindavik (Islande) // Anger in Grindavik (Iceland)

La BBC, média d’information britannique réputé pour son sérieux, a essuyé de vives critiques de la part des autorités et des habitants de Grindavík après la publication d’un article intitulé « La ville fantôme d’Islande ensevelie sous la lave ».
Dans les commentaires publiés sur la page Facebook de la BBC, de nombreux Islandais et étrangers soulignent que les informations présentées sont trompeuses, voire carrément fausses. L’article explique la situation de Grindavík au lendemain de l’éruption de novembre 2023. On se souvient que la ville avait été profondément meurtrie par des séismes et avait été menacée par la lave. Deux maisons avaient même été détruites par une coulée.

Crédit photo: presse islandaise

Dans son article, la BBC affirme que la ville est « essentiellement une ville fantôme » et que les visiteurs peuvent désormais participer à des visites organisées à travers la ville ensevelie sous la lave.
Les autorités du port de pêche sont furieuses car l’article va à l’encontre de l’un de leurs principaux objectifs, à savoir « montrer aux gens que la vie ici continue normalement. Des centaines de personnes viennent travailler à Grindavík chaque jour. » Selon les autorités, ce type de couverture médiatique nuit non seulement à Grindavík, mais à tout le pays, et pourrait nuire à l’industrie touristique islandaise.
On ignore quelle sera la réponse officielle, bien que la question ait été abordée lors d’une récente réunion du conseil municipal. Les autorités ajoutent que la BBC aurait dû consulter le nouveau site web de la ville, VisitGrindavik.is, qui vise à fournir des informations précises sur la vie dans le port de pêche.
« C’est du mauvais journalisme.» En réalité, sur les quelque 1 200 maisons de Grindavík, seules 80 environ sont inhabitables, soit environ 7 %. Aujourd’hui, la ville est pleine d’habitants et de visiteurs chaque jour, et il est profondément irresponsable pour un média comme la BBC de laisser entendre que la ville est presque déserte. De nombreux habitants vivent encore à Grindavík, et la ville n’est en aucun cas abandonnée, contrairement à ce que prétend l’article. Plusieurs autres personnes ont exprimé de la désapprobation, qualifiant l’article de la BBC de profondément trompeur et d’exemple de fausses nouvelles (fake news).
Source : Iceland Monitor.

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The BBC, the British news media that is said to be very serious, has come under heavy criticism from residents of Grindavík after publishing a story under the headline “Iceland’s ghost town buried by lava.”

In comments on the BBC’s Facebook page, many Icelandic and foreign readers point out that the information presented is misleading and, in some cases, plainly incorrect. The article discusses Grindavík in the aftermath of the volcanic eruptions of November 2023. One can remember that Grindavik was deeply affected by earthquakes and that the town was under the threat of lava. Two houses waere destroyed by a lava flow. In its article, the BBC is claiming that the town is “essentially a ghost town” and that visitors can now join organized tours through the town buried under lava.

Authorities in the fishing port are furious because the article goes against one of their main challenges, namely « to help people understand that life here goes on as normal. Hundreds of people come to work in Grindavík every single day. » They say that news coverage like this harms not only Grindavík but the whole country, potentially damaging Iceland’s tourism industry.

It is unclear how the town authorities will formally respond, though the issue was discussed at a recent town council meeting. They add that the BBC should have referred to the town’s new website, VisitGrindavik.is, which aims to provide accurate information about the community.

« This is unbelievable journalism. » The truth is that out of the nearly 1,200 houses in Grindavík, only about 80 are uninhabitable, roughly seven percent. Today, the town is full of residents and visitors every day, and it is deeply irresponsible for a major outlet like the BBC to imply the town is nearly deserted. Many residents still live in Grindavík, and the town is by no means abandoned, contrary to what the article suggests.

Several other persons expressed similar disappointment, calling the BBC article deeply misleading and an example of fake news.

Source : Iceland Monitor.

Deux éruptions jumelles au 15ème siècle ont déclenché des décennies de froid autour de la Terre // Twin 15th-century eruptions triggered decades of cold around Earth

Une nouvelle analyse de carottes de glace prélevées en Antarctique révèle qu’il y a près de 600 ans, vers 1458-1459, deux volcans sont entrés en éruption presque simultanément, enveloppant la planète d’un voile de cendres et de soufre. Ce phénomène a déclenché l’une des décennies les plus froides du dernier millénaire et modifié le climat dans les deux hémisphères.
De nouvelles preuves qui se dissimulaient dans la glace de l’Antarctique montrent aujourd’hui que l’événement, longtemps attribué à un seul volcan du Pacifique, était en réalité le résultat d’une double éruption. L’une provenait du Kuwae, un volcan sous-marin situé entre les îles Epi et Tongoa au Vanuatu, l’autre d’un volcan non identifié quelque part dans l’hémisphère sud.

 

Source : Oregon State University

L’étude, publiée dans Communications Earth & Environment en 2025, est le fruit d’une collaboration entre des scientifiques coréens et russes qui ont analysé du verre volcanique microscopique emprisonné au cœur de la glace antarctique. Ces fragments contiennent des indices chimiques qui révèlent à la fois la chronologie et l’origine des éruptions anciennes.
Les années 1450 comptaient déjà parmi les décennies les plus froides de notre ère. Les archives historiques décrivent de très mauvaises récoltes, l’avancée des glaciers et des gelées soudaines de l’Europe à l’Asie.

Pendant des décennies, ces anomalies ont été imputées à l’éruption du Kuwae dont l’éruption remonterait à 1452. Cependant, les carottes de glace de l’Antarctique et du Groenland révèlent deux pics de soufre bien distincts : l’un en 1452 et l’autre en 1458. Le signal le plus fort de 1458 laisse supposer que le refroidissement principal a commencé plusieurs années plus tard qu’on ne le pensait. Les scientifiques ont alors émis l’hypothèse qu’un autre volcan en était responsable.
La dernière étude confirme ces soupçons. Ses auteurs ont découvert que les éclats de verre présents dans la glace antarctique de 1458-1459 présentaient deux compositions chimiques distinctes : l’une dacitique, correspondant à Kuwae, et l’autre rhyolitique, donc d’origine différente. Cela signifie que deux grandes éruptions ont eu lieu sur la planète à quelques mois d’intervalle. Elles ont épaissi le voile d’aérosols qui recouvrait la Terre et amplifié le refroidissement qui a suivi.
Ensemble, ces deux panaches ont réduit les températures mondiales d’environ 0,4 °C pendant plusieurs années. Les cernes des arbres d’Asie, d’Europe et d’Amérique du Nord confirment une période de croissance raccourcie et des étés exceptionnellement froids qui a duré jusqu’à la fin des années 1460.
Les preuves de cette double éruption proviennent d’une carotte de 30,18 m prélevée près de la station Vostok, en Antarctique oriental, en 2021.

 Vue de la station Vostok (Crédit photo : Arctic and Antarctic Research Institute)

La glace à cette profondeur s’est formée il y a environ six siècles tout en capturant les empreintes chimiques de l’événement de 1458-1459. Les scientifiques ont extrait 14 éclats de verre volcanique de cette glace. Chaque particule étant trop petite pour être analysée avec les techniques de laboratoire conventionnelles, les chercheurs ont eu recours à la microscopie électronique avec spectrométrie de rayons X à dispersion d’énergie. Ils ont mesuré la composition chimique de chaque éclat de verre volcanique. La moitié des éclats présentait une composition dacitique typique de Kuwae, tandis que les autres étaient rhyolitiques, ce qui ne correspondait pas, non plus, aux échantillons du Reclus, un volcan chilien autrefois soupçonné d’être la deuxième source éruptive. Cela signifiait que les éclats rhyolitiques provenaient d’un volcan non répertorié, situé dans l’extrême sud. Les candidats probables se trouvent dans le sud de l’Amérique du Sud, dans les îles subantarctiques, voire dans la péninsule Antarctique proprement dite.
L’analyse des cendres et du dioxyde de soufre (SO2) émis dans l’atmosphère a révélé un schéma compatible avec deux éruptions distinctes. Au final, les preuves plaident en faveur d’un scénario d’éruptions quasi simultanées, où la charge atmosphérique combinée a intensifié le refroidissement au-delà de ce que chacune des éruptions aurait pu produire individuellement.

Concernant l’effet sur le climat, ces éruptions jumelles ont prolongé le refroidissement en bloquant simultanément la lumière du soleil dans les deux hémisphères. Cela explique pourquoi le refroidissement des années 1450 a été plus fort et plus durable. L’intégration du comportement du double panache dans les modèles climatiques pourrait améliorer les prévisions des variations de température et des délais de récupération de l’atmosphère après une éruption. L’étude montre également qu’il est important de combiner les données des deux régions polaires.
Source : The Watchers.

Références scientifiques :

1 Antarctic ice reveals two volcanoes erupting simultaneously may have caused 15th-century cooling – Phys.org – October 22, 2025

2 Origin of the 1458/59 CE volcanic eruption revealed through analysis of glass shards in the firn core from Antarctic Vostok station – Seokhyun Ro et al. – Nature – October 20, 2025 – https://doi.org/10.1038/s43247-025-02797-x – OPEN ACCESS.

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A new analysis of Antarctic ice cores reveals that nearly 600 years ago, around 1458–1459 CE, two massive volcanoes erupted almost simultaneously, shrouding the planet in a veil of ash and sulfur that triggered one of the coldest decades of the last millennium and altered weather across both hemispheres.

New evidence preserved in Antarctic ice now shows that the event long attributed to a single volcano in the Pacific was in fact a dual eruption, one from Kuwae in Vanuatu and another from an unidentified volcano somewhere in the Southern Hemisphere.

The study, published in Communications Earth & Environment in 2025, was the result of a collaboration between Korean and Russian scientists who analyzed microscopic volcanic glass trapped deep inside Antarctic ice. These fragments hold chemical clues that reveal both the timing and origin of ancient eruptions.

The 1450s were already one of the coldest decades in the Common Era. Historical records describe failed harvests, advancing glaciers, and sudden frosts stretching from Europe to Asia. For decades, these anomalies were blamed on the eruption of Kuwae, a massive submarine volcano in the Pacific, believed to have erupted in 1452

However, Antarctic and Greenland ice cores reveal two distinct sulfur spikes: one in 1452 and another in 1458. The stronger signal in 1458 suggestd the main cooling began several years later than previously thought. Scientists began to believe that another volcano, was responsible.

The new study confirms that suspicion. It found that glass shards in the 1458–1459 layer of Antarctic ice have two distinct chemical compositions: one dacitic, matching Kuwae, and another rhyolitic, belonging to a different source.This means two large eruptions struck the planet within months of each other, thickening the global aerosol haze and amplifying the cooling that followed.

Together, the twin plumes reduced global temperatures by roughly 0.4°C for several years. Tree rings from Asia, Europe, and North America confirm a period of shortened growing seasons and unusually cold summers that lasted well into the late 1460s.

The evidence comes from a 30.18 m firn core drilled near Vostok Station in East Antarctica in 2021. The ice at that depth formed roughly six centuries ago, capturing the chemical fingerprints of the 1458/59 event. Scientists in their labs later extracted 14 volcanic glass shards from that layer. As each particle was too small to analyze using conventional laboratory techniques, the researchers resorted to electron microscopy with energy-dispersive X-ray spectrometry. They measured the chemical composition of each shard. Half of the shards showed a dacitic composition typical of Kuwae, while the rest were rhyolitic, inconsistent with samples from Reclus, a Chilean volcano once suspected of being the second source. This meant the rhyolitic shards came from an undocumented volcano somewhere in the far south. The likely candidates lie in southern South America, the sub-Antarctic islands, or even the Antarctic Peninsula itself.

The analysis of the ash and sulfur dioxide (SO2) sent into the atmosphere revealed a pattern consistent with two separate eruptions. In the end, the evidence strongly supports a near-simultaneous eruption scenario, where the combined atmospheric load intensified cooling beyond what either eruption could have achieved alone.

As far as the effect on the climate is concerned, such dual eruptions prolong cooling by keeping sunlight blocked from both hemispheres simultaneously. This helps explain why the 1450s cooling was stronger and longer-lasting than expected from Kuwae alone. Including dual-plume behavior in climate models could improve predictions of post-eruption temperature changes and recovery times. The research also shows the importance of combining data from both polar regions.

Source : The Watchers.

Scientific references:

1 Antarctic ice reveals two volcanoes erupting simultaneously may have caused 15th-century cooling – Phys.org – October 22, 2025

2 Origin of the 1458/59 CE volcanic eruption revealed through analysis of glass shards in the firn core from Antarctic Vostok station – Seokhyun Ro et al. – Nature – October 20, 2025 – https://doi.org/10.1038/s43247-025-02797-x – OPEN ACCESS.